Andlau
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48° 23′ 14″ N 7° 25′ 07″ E / 48.387222, 7.418611

Andlau
Image illustrative de l'article Andlau
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Barr
Code commune 67010
Code postal 67140
Maire
Mandat en cours
Fabien Bonnet
2008 -2014
Intercommunalité C.C. du Piémont de Barr
Démographie
Population 1 838 hab. (2008)
Densité 78 hab./km²
Gentilé Andlaviens, Andlaviennes
Géographie
Coordonnées 48° 23′ 14″ Nord
       7° 25′ 07″ Est
/ 48.387222, 7.418611
Altitudes mini. 205 m — maxi. 795 m
Superficie 23,69 km2

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Voir la carte administrative

Andlau est une commune française, située dans le département du Bas-Rhin et la région Alsace.

Sommaire

Géographie

Petite ville du Bas-Rhin de l'arrondissement de Sélestat et du canton de Barr située dans la vallée de l'Andlau sur les contreforts des Vosges. La banlieue d'Andlau, entièrement occupée par les Vosges, dont un sommet, le Stosskopf, y atteint une hauteur de 700 mètres. Ses communes limitrophes sont Mittelbergheim au nord-est, Eichhoffen à l'est, Bernardvillé au sud, le Hohwald au nord-ouest et Barr. La commune possède une superficie de 23,69 km2 dont le point le plus haut culmine à 807 mètres vers la pointe nord du Niederberg.

Lieux-dits et écarts

Cours d'eau

L'Andlau : petite rivière qui prend sa source dans les Vosges, près du Champ du Feu, montagne située à l'extrémité orientale du Ban-de-la-Roche ; elle coule d'ouest en est, arrose Andlau, Eichhoffen, Saint-Pierre, Stotzheim, Zellwiller, Hindisheim, Lipsheim, Fegersheim et se jette dans l'Ill en aval de cette dernière commune, après avoir reçu en amont de Valff les eaux de la Kirneck et mis en mouvement près de 60 moulins et autres usines vers le XIXe siècle. Son cours est d'environ 45 kilomètres.

Toponymie

  • Andelaha
  • Andelelaha
  • Andeloïa
  • Andeloha, 999
  • Andelow
  • Andeloa
  • Andelow
  • Andelach, 1126

Origine du nom

Andlau est une déformation du mot Andelaha en Andelaw ou Andlaw. Le premier mot pourrait provenir du nom primitif de la rivière dont on trouve des traces dans les anciennes cartes établies aux XVe et XVIe siècles. Cette rivière de 42,8 km coule depuis le Champ du Feu jusqu'à l'Ill et se trouve être à l'origine du nom de la commune. La ville a ensuite pris le nom de la rivière. Le 30 juillet 1857, Andlau s’appelait Andlau-au-Val pour la distinguer de celui de Andelot en Haute-Marne. Au début du XXe siècle, le nom redevient Andlau.

Histoire

Héraldique

Blason d'Andlau

Les armes d'Andlau se blasonnent ainsi : « De gueules à la croix d'or[1] ».

Un domaine occupé dès l'époque gallo-romaine

Le village est sans doute déjà occupé à l'époque gallo-romaine. Ensuite, c'est autour de l'abbaye de moniales fondée en 880 par Richarde de Souabe, fille du comte d'Alsace connue sous le nom d'Erchangar, que se développe le village. Sainte Richarde[2] épouse par la suite l'empereur Charles le Gros, petit-fils de Louis le Débonnaire.

La fondation d'une abbaye

Cette abbaye fut placée initialement au Saint-Sauveur et suivait la règle de Saint-Benoît qui reçut la protection du pape. Elle fut autorisée à battre monnaie jusqu'en 1004. Elle fut dotée de biens considérables et reçut par la suite un grand nombre de privilèges. L'empereur Charles IV, en les confirmant en 1347, déclara l'abbaye exempte de toutes charges et contributions et accorda à l'abbesse Adélaïde de Géroldseck et à celles qui lui succédèrent, le titre de princesse de l'Empire. On ne connaît pas précisément l'époque précise de sa sécularisation; on croit qu'elle eut lieu entre les XIIe et XIVe siècles. Outre la charte de l'empereur Charles IV, un grand nombre d'autres diplômes antérieurs et postérieurs ont été concédés à cette abbaye, soit pour confirmer les privilèges qu'elle avait déjà obtenus, soit pour lui en accorder de nouveaux. Les récipiendaires étaient obligés de faire preuve de seize quartiers de noblesse sans mésalliance, et les familles les plus illustres d'Alsace et d'Allemagne briguaient l'honneur d'y faire admettre leurs filles; elles n'étaient assujetties à aucun vœu et pouvaient quand bon leur semblait, rentrer dans leurs familles et même se marier.

Cette abbaye reçut, presque dès son origine, une illustration qui n'a pas peu contribué à sa prospérité et à sa considération. On sait que l'empereur Charles-le-Gros, trop faible pour gouverner le vaste empire qu'il avait réuni sous son sceptre par la mort de ses deux frères, en laissa les soins à l'impératrice Richarde, son épouse; elle avait pour conseiller Liutward, évêque de Verceil. Les courtisans, jaloux de l'autorité de l'évêque et de la confiance que lui accordait l'impératrice, méditaient depuis longtemps sa ruine et trouvèrent le moyen d'allumer dans le cœur du faible monarque une jalousie que la piété, les talents, les éminentes qualités de son épouse et vingt-cinq ans de mariage constamment heureux furent impuissants à écarter. Liutward fut chassé de la cour; l'impératrice répudiée se retira dans le monastère d'Andlau. La légende de sainte Richarde porte qu'elle subit l'épreuve du feu, et que revêtue d'une chemise enduite de cire, à laquelle ont mis le feu en quatre endroits, elle ne fut point atteinte par les flammes qui s'éteignirent miraculeusement. Quoi qu'il en soit, ce fut dans cette abbaye que l'épouse de Charles-le-Gros finit ses jours dans la prière et les bonnes œuvres. Elle trouva aussi une source de consolations dans les lettres, qu'elle cultivait avec une grande distinction; plusieurs belles poésies, qui sont parvenues jusqu'à nous, peignent sa résignation et la pureté de son âme. Elle mourut avant la fin du IXe siècle et fut enterrée dans une chapelle latérale de l'église d'Andlau; un siècle et demi plus tard, elle fut canonisée par le pape Léon IX, qui s'étant trouvé en Alsace, sa patrie, vint à Andlau bénir l'église nouvellement construite sou l'abbesse Mathilde, sœur de l'empereur Henri III.

La famille d'Andlau

On trouve les premières références à la maison d'Andlau au XIIe siècle, ce qui fait de cette famille une des lignées les plus anciennes de France. La ligne d'Andlau fait partie des 0,5 % de la noblesse française dont les origines remontent au bas Moyen-Age ; elle est ainsi considérée comme noblesse d'épée - noblesse de race ou noblesse ancienne -. Les nobles d'Andlau ont peut-être donné leur nom à la ville. Selon certaines sources, la famille d'Andlau serait arrivée en Alsace à l'époque romaine avec une autre famille, les Dandolo de Venise. Cette famille aurait fondé le château du Bas-d'Andlau. Une autre version attribue à un dénommé Balthasard d'Andolo natif de Bologne la création de la ville. Il aurait suivi Charlemagne qui se dirigeait vers le nord vers le VIIIe siècle. Il se serait alors fixé au val d'Eléon et pourrait donc être à l'origine de la fondation de la lignée de la famille noble des Andlau qui a donné le nom à Andlau. Bathasard et son fils auraient fondé un petit couvent dans la vallée, près de la rivière Andlau. Cette théorie irait donc à l'encontre de la version qui veut que ce soit Sainte Richarde qui ait fondé l'abbaye. Une autre proposition parle d'un chevalier d'Andlau qui aurait aidé Richarde à trouver l'emplacement où l'ours grattait le sol. La famille des Andlau accédera au statut de chevaliers à partir du IXe siècle. Ils prendront le nom de la cité et feront ainsi des legs à l'abbaye. Mais on peut aussi prétendre que cette famille a pris le nom de la ville, qui par la suite lui a donné ses armoiries. Le premier personnage, Gunther d'Andalau, cité en 1141, devient abbé de Saint-Blaise. Les sires d'Andlau s'illustrent durant la bataille de Sempach, le 9 juillet 1386, durant laquelle le comte d'Andlau perd quatre de ses fils. Elle est particulièrement affectée par la guerre de trente ans.

La famille d'Andlau est liée à de nombreux personnages de l'histoire de France, comme par exemple Claude-Adrien Helvétius, Jacques Necker, Germaine de Staël, Jean Le Marois, Hardouin-Gustave d'Andlau ou encore Albert de Mun.

Le village se forme autour de l'abbaye

Peu à peu, il se forma aux alentours de l'abbaye une petite ville que l'abbesse donna en fief, en 1364, à la famille noble d'Andlau, une des plus illustres de l'Alsace, dont l'histoire fait mention pour la première fois en 1141 : Ganthier d'Andlau fut abbé de Saint-Blaise. Neuf ans après, Othon, comte d'Andlau (Otto de Andelaha comes) paraît comme témoin dans un diplôme donné par l'empereur Conrad III en faveur de l'abbaye de Saint-Blaise. Cette famille a produit un grand nombre d'hommes distingués, et ce qui prouve la haute considération dont elle jouissait, c'est qu'en vertu d'un antique privilège, renouvelé par Charles Quint, en 1550, l'aîné portait le titre de chevalier héréditaire du Saint-Empire.

Andlau une ville de pèlerinage

Un pèlerinage fut dédié très tôt à la Vierge Marie dans la crypte de l'église où les chanoinesses se réunissaient chaque jour pour prier. Au XIVe siècle une tour — souvent confondue avec le château de Spesbourg - est attestée appartenir aux nobles de Dicka. Entre le XIIIe et le XIVe siècle quatre châteaux sont édifiés à Andlau. L'un de ces château est celui du Wibelsberg-Crax dont il ne subsiste que quelques vestiges. Construit entre 1232 et 1249 il est démoli une première fois par Eberhard d'Andlau, puis reconstruit à partir de 1293. Il prend alors le nom de château de Crax, mais est définitivement démoli en 1298 sur ordre de l'évêque de Strasbourg. Les sires d'Andlau fortifient la ville au XVe siècle. En 1695 le garde forestier d'Andlau, Frantz Ettighoffen, tue l'un des derniers ours des Vosges. Au milieu du XIXe siècle, Andlau compte encore dix-huit moulins. La commune est entourée de forêts et de vignes.

Administration

Andlau et ses vignobles
Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul (XIe-XVIIIe siècles)
Fontaine Sainte-Richarde (1876)
Statue de sainte Richarde réalisée par un artiste du Tyrol
Crypte de l'abbatiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul(XIe siècle)
Statues de saint Fabien et de saint Sébastien (XVIIe-XVIIIe siècle) se trouvant dans la crypte de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul


Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1882 1902 Wach Emile    
1902 1914 A. Bohn    
1914 1918 Kientz Victor Alfred    
1918 1919 Bohn Alex    
1919 1921 Wach Jules    
1921 1940 Meyer Jérôme    
1941 1942 Bass Paul    
1943 1944 Enaux Charles    
1945 1946 Roth Charles (qui a assuré l'intérim après la Libération)    
1946 1947 Traeger Jules    
1947 1950 Moritz Alphonse    
1950 1971 Gresser Auguste    
1971 1989 Allenbach Pierre    
1989 1994 Caffiau Emile    
1994 1995 Vogt Lucien    
1995 2008 Maurice Laugner    
mars 2008 en cours Fabien Bonnet[3]    
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[4],[5])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008
1529 1584 1919 1744 1632 1654 1844 1838
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes


Jumelage

Lieux et monuments

La basilique Saint-Pierre-et-Saint-Paul des XIIe et XVIIIe siècles

Son porche roman constitue l'un des chefs-d'œuvre de l'art sculptural médiéval alsacien. Crypte du XIe siècle. Vierge des XVe et XVIe siècles. Chaire de 1715 portée par Samson. Tombeau de sainte Richarde. Stalles du XVe siècle. L'église actuelle a été reconstruite au XVIIe siècle. La frise sculptée du massif occidental, sur 30 m de long et 0,60 de haut, déroule motifs animaux, personnages (héros de chevalerie, histoire de Richarde, etc.) ; au portail, le Christ, les saints Pierre et Paul, les premières scènes de la Genèse.

La chapelle Saint-André, son cimetière avec ses tombes remarquables

Anciennement chapelle du saint Sauveur, l'édifice primitif remonte à l'époque carolingienne. On peut encore voir, à travers une grille au ras du sol, les fondations romanes. Cette église est encore appelée chapelle du cimetière par certains villageois. Cette église servait aussi aux habitants de Eichhoffen qui ne disposait pas d'église jusqu'en 1865. Entre 1777 et 1780 la chapelle Saint-André est agrandie pour répondre à la forte demande des communiants qui fréquentaient alors l'église. Les personnes décédées de Eichoffen étaient enterrées dans le cimetière à côté de l'église. Beaucoup d'anciennes tombes du cimetière ne sont donc pas ceux des habitants d'Andlau mais d'Eichhoffen. Après plusieurs années d'imbroglios entre Andlau et Eichhoffen, les catholiques de cette dernière cité front construire leur propre église. La construction de cette chapelle est le fruit de plusieurs transformations. Le clocher de la chapelle est de forme octogonale. Dans le chœur médiéval, il existe encore des peintures murales qui datent du XVe siècle. Concernant le cimetière qui se trouve à côté de la chapelle, le commandeur Marx Cromer (Kremmer) fera élever à ses frais le mur qui entour la chapelle, entre 1495 et 1537. La chapelle Saint-André doit beaucoup à de généreux donateurs. En 1896, grâce au docteur Stoltz elle sera restaurée. À la fin du XXe siècle des travaux de soutènement et de drainage seront entrepris pour éviter l'écroulement du mur qui donne sur la route. Au cours de la rénovation de 1974-1975, des lucarnes seront aménagées dans le beffroi puis enlevées. Pendant longtemps les processions s'arrêtaient devant la chapelle au même titre que les oratoires qui se trouvaient sur le parcours.


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Chapelle Saint-André

Personnalités liées à la commune

Notes et références

Voir aussi

Source

L'article a été tiré en grande partie de l'Alsace ancienne et moderne: dictionnaire topographique, historique et statistique du Haut-Rhin et du Bas-Rhin édité en 1865. Les textes ont pu être modifiés depuis.

Bibliographie

  • Baquol : L'Alsace ancienne et moderne : dictionnaire topographique, historique et statistique du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, 1865.
  • Eugène Bécourt, Andlau, son abbaye - son hôpital - Ses bienfaiteurs, Imprimerie alsacienne, 1914-1921 
  • Mlle M. Corbet, Sainte Richarde, sa vie, son abbaye, son église, son pèlerinage et la petite ville d'Andlau, Sélestat, Imprimerie Alsatia, 1932 
  • Jérôme Do bentzinger Éditeur, Andlaud,Regard sur le XXe siècle, 2000 (ISBN 978-2-906238-98-5) 
  • Loïc Minor, Andlau, ses vieilles pierres, leurs histoires, Éditions du Kappellenbaum, 2007 (ISBN 978-2-9528866-0-4) (OCLC 470955907) 
  • Hubert Bendert, Andlau la magnifique, Strasbourg, Édtions Coprur, 2007 (ISBN 978-2-84208-171-3) 
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et fortifications de la France au Moyen Âge, Strasbourg, éditions Publitotal, 1978, reprint 1991 (ISBN 978-2-86535-070-4) 
    Une vision d’ensemble de l’architecture castrale. Pages 35 à 39 Andlau
  • René Dinkel, L'Encyclopédie du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bâti et naturel - Protection, restauration, réglementation. Doctrines - Techniques - Pratiques), Paris, éditions Les Encyclopédies du patrimoine, septembre 1997, 1re éd., 1512 p. (ISBN 978-2-911200-00-7) 
    Chapitre I, Les partis et les choix de conservation du patrimoine architectural. 1. La promotion et la valorisation de l’identité régionale : Histoire des restaurations : des choix contemporains de conservation ? : L’église Sainte-Richarde à Andlau, Bas-Rhin, pp.16-17

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