Crise psychologique


Crise psychologique

Psychose

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Dit simplement et sans-doute assez justement, la psychose est la folie(*), en ce qu'elle se structure (et dire par ailleurs: elle va à structurer le 'sujet', c'est-à-dire l'être en tant que personne, ou encore ...le 'je' du langage dont nous sommes empreints -psychan.-).

  • La psychose retrouve particulièrement et précisément son caractère de 'folie' dans son intrinsèque caractéristique d'épisodes ou passages psychotiques; dans la durée, (et par la nécessité vitale de vivre dans l'imaginaire...), les termes de folie et psychose sont similaires.

L'apparition du terme psychose date de la fin du XIXe siècle pour désigner la folie et l'aliénation intrinsèque à la maladie. Ce terme était parfois accolé d'un autre sois-dit désignant son origine (psychose infectueuse(?), constitutionnelle, sénile, infantile, etc.). Sigmund Freud apporte le soin de la maladie mentale... avec lui s'ouvre -par delà la distinction entre névrose et psychose- la possibilité du soin de la psychose. Il faudra cependant les travaux chimio-pharmacologiques d'Henri Laborit pour voir apparaître, au début des années 1950, les neuroleptiques, et avec eux une aide supplémentaire significative.

Difficulté, la psychose est complexe, inscrite de paradoxes.

Aujourd'hui, le terme trouve une acception en psychopathologie psychanalytique. Certains psychanalystes parlent alors de "structure psychotique"[1], de structuration à "pôle d'organisation psychotique"[2], ou encore de "partie psychotique de la personnalité" (PPP)[3].

Dans l'approche du DSM et celle du CIM le terme n'a plus de portée classificatoire aussi distinctive : la psychose n'est pas considérée comme un diagnostic en soi, mais comme un état associé à certaines pathologies psychiatriques ; le terme psychose est donc repris par de nombreux auteurs, courants théoriques, dans des acceptions parfois radicalement différentes, et parfois partiellement partagées... Il conviendrait de se référer à la théorie qui le sous-tend: psychanalytique, phénoménologique, comportementaliste (DSM - CIM), etc. La psychose se distingue des deliriums et des démences.

Au niveau phénoménologique, la ou les psychose(s) se manifeste(nt) par un ensemble de symptômes caractéristiques d'« épisodes psychotiques ». Au niveau comportemental, l'épisode psychotique se traduit par une altération du « sens de la réalité » : idées délirantes, hallucinations. Celui-ci, de durée variable, peut-être transitoire (plus d'un jour, moins d'un mois, hors traitement) ou prolongé.


L'enfant psychotique arrive dans une famille où l'environnement psychoaffectif apporté par les figures parentales est fondamentalement dans une carence considérable, alors que primordial: il s'ensuit qu'il s'échappe à cet invivable, là où cela est le plus possible, c-a-d dans l'imaginaire, où il peut heureusement se construire et générer une parole; celle-ci sera porteuse à son tour d'une parole, en la teneur d'un discours, vers l'entourage social en éligibilité (et là encore cette éligibilité est le manifeste du désir, et de construction).

En somme, l'insertion sociale existe dés le plus jeune âge, et participe bien sûr fondamentalement à l'édification de la personne, ainsi que pour tout autre enfant. Il n'y a pas particulièrement, comme on voudrait nous le faire croire, de passage à l'acte: parce que la construction se fait par l'usage de l'imaginaire principalement, et que c'est que la liberté prend pour lui d'abord corps; par ailleurs est à noter que l'usage de l'imaginaire n'est pas sans doute plus riche ou dense que chez un autre enfant, ce qui se révèlerait un mythe -une croyance-: simplement il y a là refuge, pour la survie de son intégrité et jusqu'à son édification(+): structure ...avec heureusement structurellement parole, et alors structuration.

(+): édificaton -en partie- en exo-génèse au milieu initial.

Comme un autre, l'enfant psychotique acquiert sa structuration, au bénéfice -et en réciprocité- de l'insertion sociale, mais le moyen primordial que devient en ce (source: site lacanien psyresp.), ...en ce but essentiel l'imaginaire la rend structurellement différente -elle est psychotique-ou-psychose.

Quand la psychose se génère de l'autisme, ce qui advient comme un monde de possibles, l'enfant se reçoit en dénouant l'absence du discours: sujet (enfin) dans la (dé)nommination par l'autre, il est alors, 'autre de l'autre', (et autre que l'autre), sujet... au risque bénin de la disparité, ...à être, et à agir.


Sommaire

Historique

Le terme « psychose » fut employé pour la première fois par un médecin autrichien, le baron Ernst von Feuchtersleben en 1845[4], comme alternative aux termes folie et manie. Il dérive du grec psyche (esprit) et osis (condition maladive ou anormale)[5].

Dans l'histoire de la psychanalyse

Dans ses lettres à Wilhelm Fliess, Sigmund Freud propose dans le manuscrit H une proposition de classification des psychoses: « En psychiatrie, la représentation délirante est située à côté de la représentation de contrainte, en tant que trouble purement intellectuel, la paranoïa, elle, à côté de la folie de contrainte, en tant que psychose intellectuelle ». « Mais en fait, il en est ainsi, la paranoïa chronique dans sa forme classique est mode pathologique de défense, comme l'hystérie, la névrose obsessionnelle et la confusion hallucinatoire. On devient paranoïaque à propos de choses qu'on ne supporte pas, à condition de posséder la disposition psychique spécifique pour cela. » Plus tard, Freud fera l'étude d'un cas, le Président Schreber[6] qui est sans doute la tentative la plus aboutie de description qu'il a fait des mécanismes psychiques propres à la psychose, ...mais il convient autant de mentionner Lacan pour l'importance de son travail, bien des années plus tard. Pour une approche psychanalytique de la psychose, il est possible de parler de: Karl Abraham pour la mélancolie entre autres[7], Victor Tausk pour la schizophrénie[8] et Mélanie Klein[9] qui développera ses propres théories sur la psychose (qui ont ensuite eu influence sur le travail de psychanalystes traitant des psychoses de patients : Donald Meltzer[10], Salomon Resnik[11], Harold Searles[12], etc). En France, André Green et Jean-Luc Donnet ont proposé des théories sur la psychose à partir d'entretiens avec un patient : L'Enfant de ça[13], et Paul-Claude Racamier a de son côté particulièrment réfléchi aux dispositifs institutionnels pour les patients psychotiques[14]. Notons qu'il a rarement été question pour le psychanalyste de traiter les psychoses avec la cure psychanalytique-type mais, le plus souvent, par une adaptation, individuelle, en lien avec le soin psychiatrique dit « institutionnel », adapté. Cela est réalisable depuis l'apparition des neuroleptiques qui ont permis une diminution de l'égarement délirant du sujet, permettant à la cure analytique de déployer plus justement son pouvoir (cheminer en 'je-vous-dis, alors je-vous-(m')entends').

Classifications

La classification pychiatr. DSM-4-TR groupe les psychoses principalement sous le titre « schizophrénies et autres troubles psychotiques » et en partie dans les « troubles de l'humeur ». On y retrouve la « schizophrénie » et les « troubles schizophréniformes », le « trouble bipolaire », les « troubles délirants » (anciennement, délires chroniques paranoïaques), les « troubles psychotiques brefs » (anciennement considérés comme des bouffées délirantes aiguës sans évolution vers une pathologie chronique), les « troubles psychotiques dus à… » (toxiques, affection médicale générale) et enfin les « troubles psychotiques non-spécifiés » au sein desquels on retrouve notamment certaines formes de psychose puerpérale.

L'épisode psychotique, proprement intrinsèque (rappel: épisodiquement (!)) à la structuration du même nom réside en -ou amène- un dysfonctionnement du système dopaminergique ascendant diffus (voir hypothèse dopaminergique des psychoses)... avec alors nosographiquement -selon classif.- caractéristique de 'schizophrénie' (1,2 % de la population), sinon 'maladie bipolaire', et les formes observables de transition. Certains, s'inspirant de nosographies alternatives (autres que celles servant de référence internationale : DSM-4-TR, CIM-10), considèrent le terme de psychose dans une acception différente ; soit descriptif d'un groupe de maladie comprenant schizophrénie, psychose maniaco-dépressive (actuellement maladie bipolaire), délires chroniques paranoïaques, psychose puerpérale, paraphrénie et psychose hallucinatoire chronique (trois entités dont l'existence est discutée). La nosographie dérivée des paradigmes -théories fondées- psychanalytiques considère pour elle qu'une structuration "psychotique" de la personnalité -(dont) exogénèse partielle au milieu familial initial -, définie par opposition aux névroses est interprétable de fait de mécanismes psychopathologiques, à l'origine des symptômes de ces pathologies. Dans cette perspective, l'autisme est reconduit à être considéré comme une « psychose infantile ».

Ces nosographies alternatives représentent un regard davantage clinique que statistique et ne cherchent pas forcement à valider ces diagnostics à travers une recherche dite « scientifique », relevant exclusivement de l'observable cérébral ou de l'interpolation génétique... le débat sur la pertinence de l'application de critères issus des sciences (dites) exactes au champ des sciences (dites) humaines reste vivace, et le resterait aussi longtemps que du refus absolu de l'efficience du soin freudien.

Certains auteurs et recherches mettent en avant des facteurs génétiques - comme le montre une étude entre les enfants biologiques et adoptés de familles comportant un parent ayant eu des antécédents psychotiques -, cependant, il convient de noter que la primordialité (de la structuration psychotique) est amenée par ce que l'on nomme une 'hérédité-psychologique', - milieu dit-aussi: 'psychogène', et npc 'hérédité'... -. Il est indispensable de pondérer toute assertion: (il faut) faire la part relative à l'environnement et à l'hérédité dans la détermination de la maladie, ces maladies étant dites multifactorielles, cad dépendantes de composantes génétiques, développementales et environnementales; c'est le modèle « bio-psycho-social» de la psychose, ou modèle dit « vulnérabilité-stress », modèle introduit pour décrire la schizophrénie (et c'est pour cette pathologie qu'il est le mieux validé). En conclusion de tout, la psychose n'est (à ce jour) une 'maladie génétique', hypothèse à-contrario du clinique et du soin fondé sur le clinique.

Expérience psychotique

Hallucination

Article détaillé : hallucination.

Les hallucinations[15] sont définies comme des perceptions en l'absence de stimuli externes. Elles doivent être distinguées des illusions, qui résultent de perceptions altérées de stimuli externes existant, et des hallucinoses, qui sont des perceptions en l'absence de stimuli externes mais avec conservation de la conscience de la nature endogène de la perception. Si celles-ci -ces dernières- peuvent affecter toutes les modalités sensorielles (vision, audition, olfaction, goût, toucher), il faut convenir que l'essentiel des hallucinations, en ce qu'elles concernent la psychose (cf structuration), en restent pour elles à être-dites 'auditives'; la prégnance de l'image peut faire partie de la construction délirante, mais, parce que non-inscrite dans le langage, n'y a certes pas le même poids... pour ce qui est de l'odeur imaginaire qui capte l'attention du sujet, c'est une expérience vécue (cf Proust...), et rien de très anormal. La personne en période délirante hallucinée, psychotique, pense comprendre un sens complet et précis du discours qu'elle (se) perçoit, dans un processus d'aller-retour entre des bribes réellement entendues... et la construction dense et inébranlable de son esprit (cf compréhension lacanienne). Dans la paranoïa, fréquente en corrélaire, elle croit interagir sur le monde qui l'entoure, se voyant possiblement détentrice d'un pouvoir, au nom de tous les mystères.

Une forme particulièrement classique d'hallucination est donc (réf. psychiatr.) la perception d'une ou plusieurs voix hallucinées, commentaire apparent de la vie du patient (en fait, c'est -...possiblement dit- la composante-névrotique de son être-ds-le-langage ...qui lui parle ainsi). L'expérience est d'autant plus perturbante et source de détresse pour le patient que le contenu des hallucinations reste fréquemment (évidemment) partiellement 'positif' (éloge narcissique). Parcequ'elle atteint, altère, l'intégrité individuelle et sociale du sujet, l'hallucination est l'une des raisons impérieuses nécessitant absolument l'engagement dans la consultation.

Enfin, il faut préciser que certaines hallucinations peuvent ou pourraient se présenter dans le fonctionnement normal du sujet, c'est le cas des hallucinations hypnagogiques, qui apparaissent à l'endormissement, ou au réveil, et qui sont décrites comme le reste imagé ou auditif d'un rêve commencé ou pas terminé... mais la prudence est de mise, et c'est peut-être parfois, l'expression d'un certain trouble de la personne...

Idées délirantes

Article détaillé : idée délirante.

Les idées délirantes peuvent avoir des thèmes variés : persécution, mystique/messianique, grandeur, filiation, érotomanie... Leur émergence correspond à des mécanismes également variables : interprétation, intuition... Celles-ci reflètent fréquemment le contenu du système de croyance du patient et sont d'appartenance socio-culturelle. Enfin, un aspect important des idées délirantes est leur aspect structuré (paranoïaque) ou flou (paranoïde).

Troubles du cours de la pensée

Ceux-ci traduisent des altérations des mécanismes de pensée et sont classifiés en fonction des modifications du discours qu'ils entraînent. On note de manière non exhaustive : la tachypsychie, la logorrhée, les digressions, la diffluence ou relâchement des associations, les circonlocutions, le rationalisme morbide, et à l'opposé de ce dernier : la pauvreté du discours spontané, les barrages, les fadings.

Anosognosie

Article détaillé : Anosognosie.

Une des caractéristiques importantes de l'état psychotique est -fréquemment, et autant traversées les premières crises que seulement au tout-début d'une ouverture de sa "fracture" interne- ... l'absence de prise de conscience suffisante de la nature pathologique des symptômes. Classiquement, les patients, lors de ces épisodes, pensent que leur comportement, le contenu de leur pensée et les expériences hallucinatoires qu'ils vivent ne sont en aucune manière bizarres, inhabituelles ou étranges. Cependant, plus le temps passe, plus une critique – partielle – des symptômes devient possible.

Singularité de l'expérience psychotique

Pathologie sous-jacente

Les symptômes présentés lors des épisodes psychotiques peuvent être altérés de manière significative lorsque ceux-ci sont associés à un trouble de l'humeur. Par exemple, lors d'épisodes dépressifs majeurs avec caractéristiques psychotiques, les patients présentent fréquemment des idées délirantes de culpabilité ou de persécution. À l'inverse, lors d'épisodes maniaques délirants, les patients présentent des idées délirantes de grandeur, de filiation illustre.

Contexte socio-culturel et expériences de vie

Souvent, le contenu des idées délirantes ou des hallucinations reflète les croyances du patient, ses préoccupations et ses expériences de vie. Cela rend le vécu de l'état psychotique unique pour chaque patient, malgré des mécanismes physiopathologiques communs.

Toutefois, la validité transculturelle des catégories psychopathologiques est souvent contestée du fait que la formulation d'un diagnostic au sens du DSM-4 par exemple ne tient pas compte des processus sociaux, des dynamiques interactionnelles et de la fonction que remplissent certains phénomènes culturels. De nombreux travaux ethnographiques ont ainsi décrit plusieurs formes de croyances et de pratiques comme la possession et le chamanisme à travers lesquelles l'état modifié de conscience, la transe ou l'extase, qui pourraient être associés à des troubles psychotiques ou à une forme de trouble de la personnalité multiple, sont en fait, dans une culture donnée, des états recherchés qui font l'objet de plusieurs jours de préparation mentale. Cependant, cela ne signifie pas que les possédés ou les chamanes ne soient pas enclins à vivre certains épisodes de détresse psychologique. Encore une fois, l'ethnologie ou l'anthropologie sociale renseignent que la possession, dans sa forme maléfique, peut comprendre une dynamique transférielle liée à l'accumulation de tensions intérieures ou à l'effet d'un contexte social anxiogène. On rapporte également que certains spécialistes de ces cultes de possession et de chamanisme sont souvent des individus qui ont vécu des épisodes de détresse personnelle et qui ont réussi à transformer une expérience négative en expérience positive, reconnue ainsi par les autres membres de la société. Certains auteurs comme L. Peters identifient ces pratiques à une forme primitive de psychothérapie, d'autres comme I. M. Lewis y voient une religion des opprimés : la possession permet de pallier des conditions d'oppression, joue un rôle dans la résolution des conflits personnels, modifie son statut social par la maîtrise de certains pouvoirs "spirituels" ou par l'expression, par l'entremise des dieux ou des démons qui sont impliqués, des plaintes qu'il serait difficile d'exprimer autrement. Ces phénomènes culturels sont beaucoup plus complexes qu'ils n'y paraissent de prime abord. Il semble donc réducteur de les traduire dans les termes d'une réponse culturellement construite à un phénomène universel d'ordre neurophysiologique et ce, même si l'existence de processus dissociatifs et neurophysiologiques doivent être pris en compte.

Pathologies associées aux états psychotiques aigus

Pathologies psychiatriques et neuropsychiatriques

Schizophrénie

Article détaillé : Schizophrénie.

Les schizophrénies touchent 1 à 3% de la population mondiale, sans variations notables d'un pays, d'une culture ou d'une époque à l'autre... (cf formation du psyché de l'enfant). L’hérédité-psychologique (du milieu familial, et Npc:hérédité... elle, bien sûr, génétique) suffit quasiment à elle-seule à expliquer la survenue d'une pathologie schizophrène, même si le comptage quantificateur dans la 'sociologie de la famille' préciserait les risques ((?)en fait il les vérifie, bien-sûr) … L'empreinte organique de la maladie psychique est indéniable, et, parfaitement compréhensible, justifie l'existence même de la médecine psychiatrique (nous sommes des êtres de langage dans un corps). La reconductibilité intergénérationnelle de la névrose, via l'hérédité-psychologique, s'induit sporadiquement dans la psychose à la crucialité d'une gravité de contexte psycho-socio-familiaux, seul échappatoire possible dans le 'fonctionnement' de l'enfant en cause, ...dans un ensemble de facteurs non formellement génétiques, à ce qu'en atteste la science... (et tant qu'elle ne se laisse pas dérouter dans un cheminement discursif arborescent complexe -autre.../...). Dans le langage courant, et aussi peu-cerné par le locuteur (dans la règle générale), qui s'en réfère au sens-en-usage, 'psychose' et 'schizophrénie' désignent deux aspects assez proches d'un trouble psycho-psychiatrique.

Maladie bipolaire

Article détaillé : Trouble bipolaire.

Troubles schizoaffectifs

Le diagnostic appartient au médecin.

Troubles du sommeil

Démences à corps de Lewy

Il s'agit d'une affection neuro-dégénérative de type démence sous-corticale, qui représente 15 à 25% des démences du sujet âgé. Cliniquement son évolution est fluctuante et cette démence associe déclin cognitif progressif, trouble de la vigilance et de l'attention, des hallucinations visuelles et un syndrome parkinsonien akinéto-hypertonique symétrique et DOPA-résistant.

Histologiquement, il existe des inclusions éosinophiles au sein du cytoplame des neurones lésés (les corps de Lewy). Des dépôts fibrillaires de synucléine intraneuronaux et intragliaux participent à l'apparition de cette maladie.

Une diminution de synthèse de deux neuro-médiateurs: acétyl-choline (ganglion basal de Meynert) et dopamine (substance noire)contribue à la genèse des symptômes cognitifs et extrapyramidaux, respectivement.

L'atteinte spécifique du cortex occipital en scintigraphie cérébrale peut orienter le diagnostic vers cette démence.

Toxiques : intoxication et sevrage

Amphétamines : intoxication chronique

Voir (en)Psychose amphétaminique.

Cannabis : intoxication aiguë et chronique

Un lien significatif entre consommation de cannabis et vulnérabilité à la psychose est étayé par un grand nombre d'études scientifiques[16].

La consommation chronique de cannabis est corrélée à une augmentation de la vulnérabilité aux épisodes psychotiques brefs et à la schizophrénie. Cela signifie que certaines personnes présentant une vulnérabilité à la schizophrénie (par exemple), mais qui n'auraient pas présenté de symptômes de cette maladie durant leur vie dans des conditions de stress habituelles, vont décompenser et entrer dans cette pathologie du fait de leur consommation de cannabis. Le risque relatif est de l'ordre de 4, ce qui signifie que a priori (sans connaître le degré de vulnérabilité d'une personne), une personne a 4 fois plus de risques de présenter une schizophrénie que si elle ne consommait pas de cannabis de manière régulière.

L'intoxication cannabique aiguë est également associée à des états psychotiques aigus. En effet, des décompensations durant des épisodes d'intoxication aiguë cannabique sont décrits. Cependant, il ne s'agit pas de la forme la plus courante de décompensation psychiatrique lors d'intoxication aiguë cannabique. En effet les attaques de panique (ou crise d'angoisse aiguë) sont plus fréquentes.

LSD, PCP, kétamine, scopolamine : intoxication aiguë

Le LSD (diéthylamide de l'acide lysergique) est connu pour provoquer des expériences proches de la psychose. Il peut ainsi être à l'origine de problèmes psychiatriques, par exemple en provoquant une décompensation qui peut donner lieu à des épisodes délirants passagers ou durables, en révélant des problèmes psychologiques sous-jacents provoquer l'émergence de problèmes psychiatriques.

Une expérience de type psychotique vécue sous LSD, appelée souvent vulgairement horror trip[17], peut provoquer un traumatisme à l'origine de troubles psychiques ou de maladies mentales de type psychotique. Ceux-ci peuvent être passagers ou durables en fonction d'un certain nombre de facteurs (environnement, sens donné aux troubles ou à la maladie par la personne et son entourage, ce que la personne fait de son expérience, prise en charge, etc.).

Le fait que le LSD puisse faire vivre des expériences de type psychotique, a poussé, dans les années qui ont suivi sa découverte, des médecins, des psychiatres et des psychologues à en expérimenter l'usage et ainsi pouvoir vivre de telles expériences afin de mieux comprendre les mécanismes de la psychose.

Les effets du LSD étant très larges et les expériences qu'il fait vivre étant multiples et complexes, ils ne peuvent se résumer à des effets faisant vivre des états proches de la psychose (on parle de « psychose artificielle »). Ces effets font partie du panel d'effets provoqués par cette substance et qui est en rapport avec l'état de la personne qui en prend, son histoire de vie, l'environnement dans lequel il le prend, etc.

Ils peuvent également constituer un « passage », un moment de l'expérience, et ensuite déboucher sur d'autres expériences et sensations beaucoup plus agréables.

En effet, pour faire le lien avec le chamanisme, ces états transitoires peuvent être assimilés à une traversée de la folie ou une traversée de la mort qui n'est pas sans rappeler certains rituels initiatiques de passage à l'âge adulte, de renaissance ou de guérison présents dans certains peuples dit « primitifs ». Les rites chamaniques font parfois vivre de tels épisodes de traversée de la folie ou de la mort, parfois avec l'aide de substances psycho-actives locales. Ces traversées sont guidées par les chamans ou sorciers, ce qui permet de les vivre de manière plus sécurisée et avec l'assurance d'en revenir – ce qui n'est pas toujours le cas dans les cultures occidentales où la prise de LSD n'induit pas forcément la présence d'un guide expérimenté, d'où le fait qu'il y ait plus de cas de personnes restées « bloquées » à un état de type psychotique.

Les vécus qui en découlent sont en rapport avec la culture qui les porte, qui induit et donne des explications et interprétations au sujet de l'expérience vécue. Ainsi, les figures rencontrées lors de ces voyages sont souvent en rapport avec ladite culture, ce qui permet de lui donner du sens : Dieux, démons, etc. On pourrait dire que ces substances ou les états qui y sont associés, qu'ils soient induits ou non par les substances, mettent en lien avec l'inconscient collectif de la culture d'origine, voire plus largement l'inconscient collectif planétaire, humain, décrit par Jung ou la version appelée noosphère par Pierre Teilhard de Chardin.

Ainsi dans les psychoses vécues par les sujets européens de culture judéo-chrétienne, ce sont les grandes figures historiques et religieuses qui reviennent : Jésus, Napoléon, etc. Ceci est illustré par la phrase du philosophe Gilles Deleuze à propos de son livre écrit conjointement avec le psychiatre Félix Guattari, L'Anti-Œdipe, schizophrénie et capitalisme : « L'inconscient ne délire pas sur papa-maman, il délire sur les races, les tribus, les continents, l'histoire et la géographie, toujours un champ social »[18].

Cocaïne : intoxication aiguë

Benzodiazépine : intoxication aiguë, sevrage, place dans la cure du trouble...

Les benzodiazépines sont une classe de médicaments psychotropes. De ce fait, ils agissent sur le psyché, sur le psychisme et le ressenti de la personne qui les prend. Ils sont censés calmer des angoisses et des peurs, mais leur consommation peut amener à une frénésie consommatoire assez importante. Celle-ci s'accompagne de perte de mémoire, de « trous noirs » et d'autres désagréments. L'intoxication aiguë de benzodiazepines peut mener à une sorte de coma lorsqu'associé à l'alcool. Seule, cette surconsommation, avec habitude, n'amène qu'un grand sommeil. Avec de l'alcool ou tout autre substance psychotrope, le résultat peut être différent voire fatal. Dans le traitement de la symptomatique chronique du trouble de la psychose, elles sont utilisée de manière prudente, au bénéfice à-contrario d'un prise régulière de neuroleptique, adaptée. Le sevrage -des benzodiazépines- se passe comme celui d'un antidépresseur (plus-ou-moins : paliers dégressifs... autrement dit, les doses doivent être réduites progressivement), dans une méthodologie indiquée par le médecin. La cure médicamenteuse propre à la psychose utilise primordialement des neuroleptiques: la mise en place d'un soin par la parole avec le psychanalyste permet l'utilisation (plus) modérée du médicament, avec la remise à plat de l'égarement dans le questionnement initial (devenir 'être-sujet', hors 'être-assujetti'... pour se désaliéner, enfin).

Pathologies neurologiques

Traitements des psychoses

Les psychoses sont traitées grâce aux antipsychotiques, soit atypiques, soit typiques.

Il existe également plusieurs méthodes de psychothérapie des psychoses.

Bibliographie générale

  • Marguerite Sechehaye, Journal d'une schizophrène, PUF.
  • J. M. G. Le Clézio, Le Procès-Verbal (roman), prix Renaudot 1963
  • Th.fd B., éd. numérique, Psyrespirans (tous publics), 2009.
  • Henri Ey:
    • Hallucinations et Délire, Alcan 1934. réédité: Ed.: L'Harmattan; 2000, (ISBN 2-7384-7843-3)
    • Le Problème de la psychogenèse des névroses et des psychoses (avec L. Bonnafé, S. Follin, J. Lacan, J. Rouart), Desclée de Brouwer,1950. Réédition 1977 et 2004 (Tchou)
    • Manuel de psychiatrie (avec Bernard et Brisset), Masson 1960, 5 fois réédité.
    • Traité des hallucinations, Masson 1973, 2 tomes., 2004 (Tchou), Réédition T.1, Ed.: Bibliothèque des Introuvables, 2006 (ISBN 2-84575-185-0), Tome 2, Ed.: Bibliothèque des Introuvables, 2006, (ISBN 2-84575-186-9)
    • La Notion de schizophrénie (séminaire de Thuir), Desclée de Brouwer 1975.
    • Schizophrénie: études cliniques et psychopathologiques, Ed.: Empêcheurs Penser en Rond, 1996, (ISBN 2-908602-82-2)
  • Collectif (Vassilis Kapsambelis et al.), « Soigner la psychose », in l'Évolution psychiatrique, oct.-déc. 2008, vol 73, n° 4, Ed.: Elsevier/Masson, (ISBN 978-2-84299-981-0)

Bibliographie psychanalytique

  • Collectif, Les Psychoses, la perte de la réalité (comprendre; soigner les psychoses), Ed.: Sand & Tchou, 2004, (ISBN 2710705974)
  • Sigmund Freud, Remarques psychanalytiques sur l'autobiographie d'un cas de paranoïa, dementia paranoïde, Le Président Schreber, in 5 psychanalyse, PUF
  • Evelyne Kestemberg, La Psychose froide, PUF , 2001, (ISBN 2130517986)
  • Christian Müller, Études sur la psychothérapie des psychoses (Privat 1982 repris par, L'Harmattan, 1999, (ISBN 273847005X)
  • Paul-Claude Racamier, Les Schizophrènes, Payot
  • Gisela Pankow, L'être-là du schizophrène
  • Harold Searles, L'effort pour rendre l'autre fou, Flammarion,
  • Daniel Paul Schreber, Mémoires d'un névropathe, Point-Seuil, 1975
  • Jacques Lacan, « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose » in Écrits (1966). Editions du Seuil
  • Jacques Lacan, « Séminaire sur les psychoses » in Séminaires de Jacques Lacan. Editions du Seuil
  • Herbert Rosenfeld, États psychotiques, PUF, 1976
  • Salomon Resnik, Personne et psychose, Du Hublot, 1999
  • David Rosenfeld, Le patient psychotique Aspects de la Personnalité, Avant-Propos O. Kernberg,­ Préf. Didier Houzel, Hublot, 2005
  • Henri Rey psychanalyste, Universaux de psychanalyse dans le traitement des états psychotiques et borderline (Facteurs spatio-temporels et linguistiques), Hoblot, Préf. Alain Braconnier, Trad d'Elisabeth Baranger, 2000 (ISBN 2912186129)
  • Luis-Fernando Crespo et Leon Grinberg, L'Identification projective dans les psychoses, L'Harmattan, 2003 (ISBN 2-7475-4397-8)
  • Michel Soulé, Les Traitements des psychoses de l'enfant et de l'adolescent, Centurion, 1992 (ISBN 2227005513)
  • Jean-Louis Pedinielli et Guy Gimenez, Les psychoses de l'adulte, Armand Colin, 2002 (ISBN 978-2-200-34120-6)

Bibliographie anglophone

  • Beattie, J. et J. Middleton, éd., Spirit Mediumship and Society in Africa. New York, Africana, 1969.
  • Bourguignon, E., éd. Religion, Altered States of Consciousness, and Social Change. Columbus, Ohio University Press, 1973.
  • Good BJ., Medicine, rationality and experience: an anthropological perspective. Cambridge University Press, 1994.
  • Obeyesekere, G., Medusa's Hair. Chicago: University of Chicago Press, 1981.
  • Kakar S., Shamans, mystics and doctors: a psychological enquiry into India and its healing tradition. Delhi, Oxford University Press, 1982
  • Lewis, I., Ecstatic Religion: An Anthropological Study of Spirit Possession and Shamanism, Harmondsworth, Penguin Books, 1971.
  • Turner V., An Ndembu doctor in practice. In : Kiev A., ed. Magic, faith and healing, New York: Free Press, 1964

Notes et références

  1. Jean Bergeret (psychanalyste), La personnalité normale et pathologique : les structures mentales, le caractère, les symptômes, Dunod, Paris, 2003 (3e éd.) (ISBN 2-10-003007-8)
  2. René Roussillon avec C. Chabert, A. Ciccone, A. Ferrant, N. Georgieff, P. Roman, Manuel de psychologie et psychopathologie clinique générale, 2007 (ISBN 978-2-294-04956-9)
  3. Wilfred Bion, Réflexion faite, éd. PUF, 2001 (ISBN 2-13-052061-8)
  4. Beer M D, « Psychosis: from mental disorder to disease concept. », dans Hist Psychiatry, vol. 6, 1995, p. 177-200 [résumé (page consultée le 2006-08-19)] 
  5. Douglas Harper, Online Etymology Dictionary, 2001, [1]
  6. Le Président Schreber, Ed. Presses Universitaires de France, Coll. Quadrige Grands textes (ISBN 2-13-054828-8)
  7. Œuvres complètes, tome 1, Payot, 1989, (ISBN 2-228-88137-6), tome 2 Payot, 1989 (ISBN 2-228-88138-4)
  8. Victor Tausk : De la genèse de l'appareil à influencer au cours de la schizophrénie, in Œuvres psychanalytiques, Payot-Rivages, 2000 (ISBN 2-228-89284-X)
  9. Mélanie Klein : Notes sur quelques mécanismes schizoïdes in Développements de la psychanalyse, PUF,1966
  10. Donald Meltzer, Explorations dans le monde de l'autisme, Payot, 2004 (ISBN 2-228-89646-2)
  11. Salomon Resnik, Personne et psychose, Ed. Du Hublot, 2000, Coll. Psychanalyse, (ISBN 2-912186-08-0)
  12. Harold Searles, L'Effort pour rendre l'autre fou, Ed.: Gallimard-poche, 2003, (ISBN 2-07-042763-3)
  13. André Green et Jean-Luc Donnet, L'Enfant de ça, Éditions de Minuit, 1973 (ISBN 2-7073-0399-2)
  14. Paul-Claude Racamier, Le Psychanalyste sans divan, Ed. Payot, 1993 (ISBN 2-228-88620-3)
  15. Henri Ey, Traité des Hallucinations, tome 2, Ed. Bibliothèque des Introuvables, 2004 (ISBN 2-84575-244-X)
  16. Voir par exemple Philippe Rey-Bellet et Marco Merlo, « Cannabis et psychose », in Revue médicale suisse, 2006, vol. 2, n° 79 ou Nicolas Thorel, Hypothèses actuelles concernant l'association entre le cannabis et la psychose, Université de Caen, 2007, 134 p., thèse de médecine
  17. Albert Hofmann, le chimiste suisse inventeur du LSD, raconte le sien dans LSD mon enfant terrible, L'Esprit frappeur, Paris, 2003
  18. Gilles Deleuze, Pourparlers : 1972-1990, Éditions de Minuit, Paris, 1997

Voir aussi

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