Brigades Internationales


Brigades Internationales

Brigades internationales

Brigades internationales
Flag of the International Brigades.svg
Période 19361938
Pays Divers
Allégeance Flag of the Second Spanish Republic.svg République espagnole
Taille 59 000 personnes
Guerres Guerre d'Espagne
Batailles Bataille du Jarama
Bataille de l'Èbre
Bataille de Guadalajara
Emblem of the International Brigades.svg

Les Brigades internationales désignent des volontaires civils enrégimentés, provenant de nations étrangères au lieu de belligérance qui ont participé notamment à la guerre d'Espagne.

Au moment de certaines crises, des volontaires étrangers ont accouru en grand nombre pour venir en aide aux pays en difficulté, comme pendant la Guerre d'Espagne de 1936-1939 (environ de 59.000 volontaires), la Guerre d'Indépendance d'Israël de 1948 ou le précédent historique des zouaves pontificaux de 1861 à 1870. On a appelé Brigades internationales les détachements de volontaires venus de plus de 50 pays différents qui luttèrent aux côtés des Républicains lors de la guerre d'Espagne.

Sommaire

Formation

Dès juillet 1936, des étrangers viennent en Espagne pour participer au combat contre le coup d'État franquiste (certains intègrent par exemple la Colonne Durruti).

En septembre 1936, le chef de la propagande du Komintern, Willy Münzenberg, propose à Staline (après l'accord du NKVD), la création d'une organisation internationale de volontaires, communistes, anarchistes, socialistes, ou simples compagnons de route, afin d'aider la République espagnole.

Staline étant favorable au Comité international pour la non-intervention afin de ne pas se brouiller avec ses « alliés objectifs » français et britanniques, la propagande trotskiste l'accuse de faire le jeu du fascisme. Le 17 octobre 1936, Staline apporte son soutien par lettre à José Díaz Ramos, secrétaire général du Parti communiste d'Espagne. Le ministère de la défense soviétique décide de fournir une aide matérielle, tandis que le Komintern supervise l'organisation.

Par ces initiatives, Staline obtient de Juan Negrín la garde d'une partie de l'or de la banque d'Espagne.

Le bureau de recrutement des Brigades était basé à Paris, sous l'égide du général soviétique polonais Karol Świerczewski (membre du PCUS qui avait combattu au côté des bolcheviks lors de la Révolution d'octobre).

Le Komintern nomme un de ses membres, le communiste français André Marty, (mutin de la Mer Noire en 1919 où il était ingénieur mécanicien sur un torpilleur) au poste d'inspecteur général des Brigades internationales. La France est d'ailleurs chargée de la fourniture des uniformes brigadistes.

Tito est chargé du transport des volontaires jusqu'à Albacete, et des formalités administratives.

Le recrutement commence le 18 septembre, par la formation de 23 bataillons composés chacun de 6 Brigades internationales.

Des quotas de communistes avaient étés fixés par le Komintern et rapidement remplis par les PC français, allemand ou italien. En revanche, le nombre de volontaires des PC britannique et américain n'a pas été atteint, en partie à cause de la réticence de leur pays respectifs, ayant signé le Comité international pour la non-intervention, le 28 août 1936.

Les volontaires étrangers étaient groupés en des formations par langues, comme la Brigade Abraham Lincoln, des Canadiens et Américains avant que les Canadiens fussent assez nombreux pour constituer leur propre Bataillon Mac-Pac en l’honneur de la révolte de 1836-1839 des Patriots anglophones de William Lyon MacKenzie dans le Haut-Canada (maintenant Ontario) et des « Patriotes » francophones de Papineau du Bas-Canada (maintenant Québec).

La commune de Paris était une formation francophone, les Allemands antinazis étaient dans le Bataillon Thälmann, Bataillon Edgar André, les Italiens anti-fascistes dans le Bataillon Gastone Sozzi ou Garibaldi, et les Polonais, Russes et Tchèques étaient éparpillés avec d’autres exilés.

Le Bataillon Saklatava regroupait Britanniques, Irlandais et les ressortissants de divers pays du Commonwealth. Les Soviétiques, dont le nombre était certainement inférieur à 2 000 et ne dépassait jamais plus de 500 à la fois, occupaient des positions relativement importantes : par exemple, à l'état-major général ou comme instructeurs sur les aérodromes militaires. Manfred Stern, éminent officier de l'Armée rouge, prit à cette occasion le pseudonyme Emilio Kléber, et fut l'un des principaux leaders soviétiques.

Bannière du Bataillon Dąbrowski

Le Bataillon Dąbrowski, composé majoritairement des communistes polonais, avait une sous-section, la Compagnie Naftali Botwin, réservée aux Juifs.

En juin 1937, on estime que les Brigades internationales regroupaient environ 25 000 Français, 5 000 Polonais, 5 000 Anglo-Américains, 3 000 Belges, 2 000 « Balkaniques », 5 000 Germano-Italiens, soit près de 45 000 personnes. On comptait aussi la participation de deux Chinois.

Les premiers volontaires passaient la frontière franco-espagnole clandestinement dès le mois d'octobre 1936. Après un entraînement rudimentaire à Albacete, les premières unités s'étaient engagées pour défendre Madrid assiégée le 8 novembre, à la Casa del Campo qui défendait Madrid. Ces volontaires étaient alors amalgamés aux défenseurs espagnols dans la proportion d'un homme pour quatre, dans le but de les soutenir moralement et de pouvoir transmettre leur expérience du service militaire aux civils.

Malgré les déclarations de Moscou et du Parti communiste espagnol, il semble que pour beaucoup d'entre eux l'engagement en Espagne n'était pas uniquement motivé par leur antifascisme. Ce n'était pas la « démocratie bourgeoise » qu'ils défendaient, mais la révolution prolétarienne et pour beaucoup la mise en place d'un État ouvrier.

Ainsi, les anarchistes et les trotskistes furent combattus par le NKVD au sein même des Brigades internationales.

Drapeau des Brigades internationales

Opérations militaires

Les Brigades internationales représentent une force vitale pour la défense de Madrid. Au début de 1937, elles contribuaient à empêcher, en subissant des pertes énormes, l'encerclement de Madrid par les troupes nationalistes, notamment lors de la bataille de Jarama en février, où elles gardaient le contrôle de l'axe routier Madrid-Valence. Les pertes sont toujours importantes. En mars 1937, les Brigades sont aussi impliquées dans la bataille de Guadalajara. Elles jouent un rôle substantiel dans les offensives ultérieures, comme la prise de Belchite et de Teruel. Dans la phase défensive finale de la guerre, les Brigades jouaient un rôle stratégique dans l'attaque de diversion spectaculaire des républicains sur l'Ebre, afin de tenter de rétablir le contact avec la Catalogne. Cependant, malgré leurs premiers succès et après avoir subi trois mois de bombardements d'artillerie intenses sous une chaleur torride, les républicains doivent se retirer.

Le rôle souvent décisif des Brigades internationales s'explique aussi par l'expérience acquise par certains brigadiers plus âgés lors de combats de la Première Guerre mondiale face à une armée espagnole restée neutre en 14-18.

Malgré leur soutien, les républicains ont finalement perdu la guerre face aux nationalistes de Franco soutenus par les forces de l'Axe.

Ils partirent d'Espagne après la Bataille de l'Èbre. Dolores Ibárruri (aussi appelée la Pasionaria), leur fit des adieux à Barcelone.

Proportionnellement à sa population, le Canada avait plus de volontaires dans les Brigades internationales que tout autre pays, à l’exception de la France qui a une frontière commune avec l’Espagne. Le Canadien Norman Bethune, médecin pneumologue et chirurgien thoracique a créé l'Unité Mobile de transfusion Sanguine qui opérait sur la ligne de front avant d'aller rejoindre la 8e Armée de Marche de Mao Zedong pour créer les premières MASH (Military Advanced Surgical Hospital) ou Antennes Chirurgicales Militaires Avancées.

Conséquences directes

Il est à remarquer que de nombreux combattants des Brigades internationales seront par la suite des résistants au nazisme (Artur London, Willy Brandt, Pierre Georges alias le Colonel Fabien, Henri Rol-Tanguy responsable FFI de Paris en 1944, Marcel Lamant ancien brigadiste et commissaire politique de bataillon, dénoncé, torturé puis fusillé au Mont Valérien, Marcel Langer guillotiné à Toulouse en 1943). Après la guerre, dans les « démocraties populaires » staliniennes, les anciens des Brigades internationales furent souvent victimes de purges (par exemple Artur London). Ils étaient considérés comme « infectés » par l'internationalisme. Un reflet de ces purges peut être trouvé en France avec l'exclusion d'André Marty du PCF.

L'escadrille España, constituée et dirigée par André Malraux avec le soutien implicite de Pierre Cot, alors Ministre de l'Air français, n'a jamais fait partie des Brigades internationales, composante exclusivement terrestre.

La qualité d'anciens combattants est accordée en 1996, par Jacques Chirac, aux survivants français des Brigades internationales, à la demande des députés communistes dont deux fils de brigadistes Lefort et Asensi, demande jusque là refusée y compris sous la présidence de François Mitterrand.

Répercussions

Beaucoup d'anciens des Brigades internationales s'engageront dans la Résistance française comme Joseph Epstein ainsi que beaucoup de Républicains espagnols.

Brigadistes célèbres

Composition des brigades internationales

Monuments dédiés aux brigadistes

Commons-logo.svg

Annexes

Liens externes

Filmographie

  • Espoir, sierra de Teruel d'André Malraux, d'après son roman L'Espoir (1937) sur la Guerre d'Espagne, tourné en Espagne en 1939 aux dernières heures de la République espagnole.
  • Land and Freedom de Ken Loach, dont le sujet principal sont les volontaires internationaux en Espagne, mais où l'on voit apparaître les Brigades internationales.
  • Pour qui sonne le glas d'après le roman d'Ernest Hemingway, avec Ingrid Bergman et Gary Cooper.
  • Mourir à Madrid, documentaire de Frédéric Rossif.

Bibliographie

  • Stéfanie Prezioso, Jean Batou & Ami-Jacques Rapin (sous la dir. de), Tant pis si la lutte est cruelle. Volontaires internationaux contre Franco, Paris, Syllepse, 2008.
  • L'espoir guidait leur pas, thèse de Rémi Skoutelsky, aussi paru chez Grasset en juin 1998.
  • Pierre Schill, 1936. Visages et figures du Front populaire en Moselle, Metz, Éditions Serpenoise, 2006. Un chapitre est consacré au recrutement des Brigades internationales, la Moselle étant l'un des départements de province les plus actifs. Certains brigadistes s'engagent ensuite dans la Résistance dans ce département annexé au Reich hitlérien ou ailleurs en France. [1]
  • Hommage à la Catalogne de George Orwell.
  • Ceux de Barcelone de Hanns Erich Kaminsky.
  • Pour qui sonne le glas de Ernest Hemingway.
  • Portail de l’histoire militaire Portail de l’histoire militaire
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