Alain Badiou
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Alain Badiou
Philosophe français
Philosophie contemporaine
Alain Badiou en 2010.
Alain Badiou en 2010.

Naissance 17 janvier 1937 (Rabat)
École/tradition philosophie postmoderne
Principaux intérêts Esthétique, mathématiques, ontologie, politique, théâtre, psychanalyse
Idées remarquables Événement, inesthétique, métapolitique, modèle, antiphilosophie
Influencé par Platon, Hegel, Marx, Cantor, Mao, Sartre, Lacan, Althusser, Deleuze
A influencé Jason Barker, Ray Brassier, Simon Critchley, Peter Hallward, Quentin Meillassoux, Slavoj Žižek

Alain Badiou est un philosophe, romancier et dramaturge français, né le 17 janvier 1937 à Rabat (Maroc). Auteur de L'Être et l'Événement, il est également connu politiquement pour son engagement maoïste, sa défense du communisme et des travailleurs étrangers en situation irrégulière.

Sommaire

Biographie

Son père, Raymond Badiou, normalien, professeur de mathématiques en classe préparatoire, résistant SFIO, fut maire de Toulouse de 1944 à 1958, avant de démissionner et de rejoindre le Parti socialiste unifié (PSU), à la création duquel il participe (en 1958), devant le ralliement de son parti à De Gaulle[réf. souhaitée].

Ancien élève de l’École normale supérieure, cacique de l’agrégation de philosophie en 1960, Alain Badiou enseigne d'abord en lycée (tout en collaborant ponctuellement avec l'ENS), puis à la faculté de lettres de Reims (collège littéraire universitaire)[réf. souhaitée].

Militant au Parti socialiste unifié (PSU), dirigé alors par Michel Rocard, il participe, avec Emmanuel Terray, à un groupe de réflexion se réclamant du marxisme-léninisme et dénonçant « l'opportunisme de droite » de divers courants au sein du parti[1]. Il rejoint à Normale le « groupe Spinoza », constitué en 1967 par Althusser, puis prend part, en 1969, à la création de l'UCF (ml)[2], maoïste.

Dès sa création, il intègre l’équipe du Centre universitaire expérimental de Vincennes (année 1968-1969). Il contribue au développement de cette université (désormais Paris-VIII, déplacée de Vincennes à Saint-Denis) durant une trentaine d'années. À Vincennes, Deleuze raille son « bolchévisme », tandis que Badiou reste plutôt du côté de Lacan, accusé par Deleuze et Lyotard de stalinisme[2].

Il devient professeur à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm en 1999, puis professeur émérite dans cette institution.

Il a également été directeur de programme au Collège international de philosophie.

Très influencé par Louis Althusser dans ses premiers travaux épistémologiques, il fait appel à la mathématique, seule capable, selon lui, de déployer l’ontologie.

Outre son activité de philosophe, Badiou est romancier et dramaturge, ce qui l’a amené à travailler avec des metteurs en scène comme Antoine Vitez ou Christian Schiaretti. Parallèlement, il effectue un travail d’éditeur auquel l’a initié son ami François Wahl : il a longtemps codirigé avec Barbara Cassin la collection « L’ordre philosophique » aux éditions du Seuil. Après avoir quitté le Seuil suite à un conflit de politique éditoriale, Cassin et Badiou poursuivent leur collection philosophique, désormais intitulée « Ouvertures », chez Fayard[3].

Parmi ses autres responsabilités, Badiou anime « Les Conférences du Perroquet » et participe, en tant que membre perpétuel, à l’Académie de philosophie du Brésil.

Sa vie et son œuvre peuvent être subdivisées en deux parties. Cependant, Alain Badiou lui-même récuse totalement cette dichotomie[4].

Philosophie

D'une part, ses travaux de philosophie à proprement parler, dont les plus importants sont L’Être et l’Événement (1988), suivi en 2006 de Logique des mondes. L’Être et l’Événement 2. Il y soutient la thèse que l'ontologie (théorie de l'être) est identique aux mathématiques et, plus spécifiquement, à la théorie des ensembles, et que la phénoménologie (étude des degrés de l'apparaître et de l'événement) est indistinguable de la logique, qu'il associe à la théorie des topos. Une des grandes thèses qui émergent de ces textes est que, du point de vue de l'être, rien n'appartient à soi (conséquence de l'axiome de fondation) et que l'événement n'est possible que s'il y a précisément une telle auto-appartenance. En conséquence, l'événement n'est pas. On doit également mentionner, pêle-mêle, son concept de « matérialisme démocratique » (il n'y a que des corps et des langages), opposé à celui de « dialectique matérialiste » (il n'y a que des corps et des langages, sinon qu'il y a des vérités), son appréhension de l'être, comme multiple et non comme un, sa théorie lacanienne du sujet, son exploitation du forcing de Paul Cohen dans une conception originale de la vérité, les quatre ancrages de sa théorie : l'amour, l'art, la politique et la science, ...

Ces deux textes élaborent un système métaphysique de type à la fois traditionnel, par son caractère englobant et synthétique, et nouveau, par son intégration de théories mathématiques contemporaines, comme les constructibles de Gödel, le « forcing » de Cohen, la logique interne des topos, etc. Il participe ainsi, sans doute à son corps défendant, au renouveau de la métaphysique, auquel on assiste, par ailleurs, dans le monde de la philosophie analytique.

Ouvrages exigeants, on abordera plus aisément les principaux concepts « badiousiens » en lisant d’abord le recueil Conditions, préfacé par François Wahl, ou les trois courts volumes Abrégé de métapolitique, Petit manuel d’inesthétique et Court traité d’ontologie transitoire, parus en 1998.

Engagement politique

Militant politique, Badiou a été l’un des dirigeants du maoïsme français (militant à l’UCFML), comme d’autres normaliens célèbres (Benny Lévy, Guy Lardreau, le linguiste Jean-Claude Milner, les lacaniens Jacques-Alain et Gérard Miller, qui, eux, militaient à la Gauche prolétarienne, etc.). Il ne renie ensuite rien ou presque de cet héritage. Alain Badiou considère que les phénomènes comme le goulag et la Révolution culturelle ne doivent pas conduire, concernant le communisme, à « jeter le bébé avec l’eau du bain » et qu’« aujourd’hui, la démocratie n’est rien d’autre qu’un outil de propagande du capitalisme[5] ».

En janvier 1979, il proteste contre l'« invasion du Cambodge par cent vingt mille Vietnamiens » et prend la défense de Pol Pot et de ses camarades Khmers rouges[6].

Depuis 1985, il assure le secrétariat de l’Organisation politique avec Sylvain Lazarus et Natacha Michel. Ils y défendent la cause des ouvriers étrangers en situation irrégulière des foyers[7].

Ce militantisme s’inscrit dans sa philosophie, ce qu'indiquent plusieurs de ses ouvrages récents : L’Éthique, la série des Circonstances (I, II, III, IV et V)[8], qui parlent du terrorisme ou de l’élection présidentielle française de 2002, dernièrement Le Siècle et, comme suite de L’Être et l’Événement, Logiques des mondes, le 9 mars 2006.

Convaincu que la philosophie doit parler de son temps, Alain Badiou, comme la plupart des penseurs continentaux de sa génération, combat l’idée selon laquelle les problèmes philosophiques sont des questions éternelles, posées par tout le monde d’une manière analogue. Enfin, il est un critique de la philosophie postmoderne ou encore de la démocratie parlementaire, au nom d’une démocratie rendue à « son sens originaire : l'existence des peuples, conçue comme pouvoir sur eux-mêmes[réf. souhaitée] ». Il défend le communisme en tant qu’idée clivant la politique de ce qu’elle n’est pas contre les désastres des communismes dogmatiques[5]. Il considère en 2008 que « le mot “communisme” [...] » a été « avili et prostitué[9] ».

Il fut notamment l'auteur de l'opuscule politique De quoi Sarkozy est-il le nom ?, paru en 2007.

Renommée

Fondateur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine[10], Alain Badiou est aujourd'hui une figure de renom de la vie intellectuelle française ; ses livres Le Siècle et De quoi Sarkozy est-il le nom ? ont connu un important succès de librairie. Depuis la mort de Jacques Derrida en 2004, il est l’un des philosophes français les plus connus à l’étranger (notamment en Amérique latine, aux États-Unis et en Asie).[réf. nécessaire]

Critiques

L’engagement affirmé d’Alain Badiou à l’extrême gauche a suscité plusieurs polémiques[11], certains de ses critiques le qualifiant de « gourou gauchiste ». La philosophe Myriam Revault d'Allonnes l’accuse ainsi d'avoir « la haine de la démocratie[5] ».

Jean-Claude Milner, à la suite de la publication de l'essai d'Alain Badiou Circonstances 3. Portées du mot « juif », l’a accusé d’antisémitisme[5]. Alain Badiou a cependant vivement rejeté ces accusations et s’est toujours publiquement élevé contre le procédé consistant à assimiler sa critique de la politique de l’État d’Israël à de l’antisémitisme, qu’il a souvent publiquement dénoncé[réf. nécessaire].

Pierre Assouline a par ailleurs vivement critiqué le ton de ses attaques contre Nicolas Sarkozy — qualifié par Alain Badiou d’« homme aux rats » dans l’essai Circonstances 4. De quoi Sarkozy est-il le nom ? —, considérant qu’un « Rubicon » était franchi dans l'« avilissement[12] ».

Mais la critique la plus approfondie et la plus radicale d'Alain Badiou vient d'Eric Marty dans son livre Une Querelle avec Alain Badiou, philosophe paru en 2007 aux éditions Gallimard.Voir également son article "Alain Badiou, Portées du mot rat", à propos de De quoi Sarkozy est-il le nom ?, dans Le Meilleur des Mondes, Eté 2008. Pour autant, Éric Marty se défend d'avoir jamais taxé Alain Badiou d'antisémitisme[13].

Les critiques, reprises plus tard par Bernard-Henri Lévy, ont amené Alain Badiou à réagir dans un article intitulé « Tout antisarkozyste est-il un chien[14]? ». Alain Badiou a rappelé à cet égard que d’autres auteurs avant lui, à commencer par Jean-Paul Sartre, n’avaient pas hésité à recourir à la métaphore animale ou même à l’invective politique. Pour Jean-Paul Sartre, tout anticommuniste était « un chien », phrase violente dont Badiou décortique le « sens philosophique » dans le dernier chapitre de Circonstances 4. De quoi Sarkozy est-il le nom ?. Pierre Assouline a réagi à la riposte de Badiou, en reprochant au philosophe de dénoncer, « dans un même élan poussif vers un inaccessible humour mâtiné de dérision, toute critique de son livre comme le porte-flingue de commanditaires invisibles[15] ».

Adam Garuet, dans la revue Agone, rappelle que l'image de l'« homme aux rats » est une « référence spécieuse à Freud, pour expliquer que [Nicolas Sarkozy] a gagné la présidentielle en mobilisant l'électorat sur la thématique de la peur » et perçoit chez Alain Badiou une posture qu'il qualifie de « radicale-chic », ses propos relevant d'un « élitisme prétentieux » qui est « au principe de l'attirance des lecteurs à qui s'adresse d'ordinaire ce genre de produit »[16]. Pour expliquer l'écho médiatique qu'il a rencontré, Adam Garuet estime que « l'hermétisme et les références soignées fonctionnent à la manière d'un code pour initiés, dans lequel l'ensemble des producteurs intellectuels (écrivains, journalistes, cadres, etc.) aiment se reconnaître » et estime qu'Alain Badiou tient un propos « à ce point abstrait qu'il ne saurait constituer une véritable gêne pour le pouvoir » comme lorsqu'il a dénoncé dans les colonnes du Monde le « capitalo-parlementarisme »[16]. Adam Garuet se demande si ce texte aurait été publié « si son auteur avait nommé des actionnaires du Monde comme Lagardère ou le quotidien lui-même »[16].

Dans son ouvrage paru en avril 2011, Après Badiou, Mehdi Belhaj Kacem opère une virulente critique de la pensée d’Alain Badiou, qui prend doublement la forme pamphlétaire (à la manière dont Nietzsche a pu en son temps attaquer Wagner après sa rupture) et la forme spéculative (la troisième partie de l’ouvrage, « Le sinthome politique », est consacrée à une lecture et une critique serrées de certains concepts badiousistes clés). L’essentiel de la critique de Belhaj Kacem tient dans la dénonciation d’une pensée badiousiste qui serait formelle au point de faire violence au monde et au vivant (peu de considérations pour les atrocités communistes, pour l’écologie, pour le sort des animaux, etc.) [cf.http://www.dailymotion.com/video/xidesh_belhaj-kacem-contre-badiou-1-3_creation].

Publications

Philosophie

Essais politiques

Essais critiques

  • Rhapsodie pour le théâtre, Paris, Imprimerie nationale, 1990.
  • Beckett, l’increvable désir, Paris, éd. Hachette, 1995.
  • Cinéma, Paris, Nova éditions, 2010.

Romans

  • Almagestes. Trajectoire inverse I, Paris, éd. Seuil, 1964.
  • Portulans. Trajectoire inverse II, Paris, éd. Seuil, 1967.

Le troisième tome de Trajectoire inverse, annoncé sous le titre Bestiaires, n’a jamais été publié. Les trois genres livresques qui servent de titres (almagestes, portulans, bestiaires) sont repris à Exil de Saint-John Perse (cf. l’exergue de la trilogie inachevée).

Pièces de théâtre

  • L’Écharpe rouge (romanopéra), Paris, éd. Maspero, 1979.
  • Ahmed le subtil, éd. Actes Sud, 1984.
  • Ahmed philosophe, suivi de Ahmed se fâche, éd. Actes Sud, 1995.
  • Les Citrouilles (comédie), éd. Actes Sud, 1996.

Notes et références

  1. Voir A. Badiou, H. Jancovici, D. Menetrey, E. Terray, Contribution au problème de la construction d’un parti marxiste-léniniste de type nouveau, éd. Maspero, 1969, 56 p., qui lance au PSU un défi en vue du congrès de Dijon (6e congrès du PSU) : Le parti saura-t-il prendre toute la mesure des événements de Mai 68 ?
  2. a et b Jason Barker, Alain Badiou: a critical introduction, Pluto Press, 2002, introduction.
  3. Alain Beuve-Méry et Jean Birnbaum, « Divorce philosophique », Le Monde des livres, 4 octobre 2007. Le détail de l’affaire est résumé ici même, s.v. François Wahl.
  4. Voir Alain Badiou, Logique des mondes. L’Être et l’Événement, t. 2, éd. Seuil, 2006, p. 544. (ISBN 978-2-02-084324-9)
  5. a, b, c et d Éric Aeschimann, « Mao en chaire », Libération, mercredi 10 janvier 2007.
  6. Alain Badiou, « Kampuchea vaincra ! », tribune libre publiée par le journal Le Monde du 17 janvier 1979.
  7. Alain Badiou, Sylvain Lazarus, Natacha Michel, Une France pour tous
  8. Voir sur ce sujet les articles de Roger-Pol Droit (Le Monde des livres du 25 novembre 2005), de Frédéric Nef (Le Monde des livres du 23 décembre) et de Daniel Bensaïd (Le Monde des Livres du 26 janvier 2006), de Claude Lanzmann, de Jean-Claude Milner et d’Éric Marty (Les Temps modernes, novembre-décembre 2005 / janvier 2006) et les réponses d’Alain Badiou et de Cécile Winter, suivies des contre-réponses de Claude Lanzmann et d’Éric Marty (Les Temps modernes, mars-juin 2006). Pour une présentation critique des thèses d’Alain Badiou sur les juifs, voir L’Arche, n° 574, février 2006 : « Alain Badiou et les juifs : une violence insoutenable ». Les critiques d’Éric Marty à Alain Badiou ont été rassemblées dans un livre, Une querelle avec Alain Badiou, philosophe (éd. Gallimard, 2007). Voir aussi l’article de Philippe Zard, « Un étrange apôtre. Réflexions sur la question Badiou » dans la revue Plurielles, n° 13, 2007. Lire aussi la critique de cet ouvrage par Aude Lancelin, Le Nouvel Observateur, n° 2220, 24 mai 2007. Voir aussi la note de lecture sur Circonstances IV. De quoi Sarkozy est-il le nom ?, de Florent Schoumacher, sur le site de la revue Dissidences des éditions Le Bord de l’eau.
  9. « De quel réel cette crise est-elle le spectacle ? », Le Monde, 17 octobre 2008.
  10. Alain Badiou sur le site du CIEPFC.
  11. Raphaël Lellouche, « Ce que chuchote Alain Badiou. Une évolution de l’extrême gauche contemporaine », Controverses, n°7, février 2008.
  12. « De quoi Badiou est-il le nom ? », La République des livres, blog de Pierre Assouline, 28 novembre 2007.
  13. "Alain Badiou « antisémite » : Eric Marty précise", Libération, 3 février 2009.
  14. « Tout antisarkozyste est-il un chien ? », Le Monde, 25 juillet 2008.
  15. « M. Badiou est un aigle », La Républiques des livres, blog de Pierre Assouline, 25 juillet 2008.
  16. a, b et c Adam Garuet, « Radical, chic, et médiatique », Agone, 41-42 | 2009. [lire en ligne]

Voir aussi

Bibliographie

  • Dominik Finkelde, Politische Eschatologie nach Paulus. Badiou, Agamben, Zizek, Santner, Vienne, éd. Turia & Kant, 2007.
  • Charles Ramond (éd.), Penser le multiple, Paris, éd. L’Harmattan, 2002.
  • Fabien Tarby, La Philosophie d’Alain Badiou, Paris, éd. L’Harmattan, 2005.
  • Fabien Tarby, Matérialismes d’aujourd’hui : de Deleuze à Badiou, Paris, éd. L’Harmattan, 2005.
  • Bruno Besana et Oliver Feltham (éd.), Écrits autour de la pensée d’Alain Badiou, Paris, éd. L’Harmattan, 2007.
  • Eric Marty, Une Querelle avec Alain Badiou, philosophe, Gallimard, coll. L'Infini, 2007
  • Rémy Bac, La Soustraction de l’être, Paris, éd. Le Grand Souffle, 2008.
  • Bruno Bosteels, Badiou and Politics, Durham, Duke University Press, 2009.
  • Kostas Mavrakis, De quoi Badiou est-il le nom?, Paris, éd. L’Harmattan, 2009.
  • Mehdi Belhaj Kacem, Inesthétique et mimésis. Badiou, Lacoue-Labarthe et la question de l'art, éditions Lignes, 2010.

Liens externes

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