Aide publique au développement
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L'aide publique au développement (APD) comprend, selon la définition du Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE, les dons et les prêts préférentiels prévus au budget et transférés des pays développés vers les pays en voie de développement.

Sommaire

Définitions et objectifs

Définition économique

Par aide publique au développement (ou APD), on entend l'ensemble des aides financières, prévues au budget de l'Etat, et transférées aux pays en voie de développement.

L'aide publique au développement est née lors de la décolonisation, dans le but de préserver l'influence des anciennes métropoles dans le contexte géopolitique de la guerre froide[1].

L'objectif devrait être un rééquilibrage des niveaux de développement respectifs. Théoriquement, ces flux financiers devraient donc être orientés vers la mise en place de projets concrets et durables, infrastructures essentielles, actions de lutte contre la faim, santé, éducation, etc. L'APD a pu être qualifiée d'« investissement pour l'avenir » pour les pays riches, permettant d'ouvrir de nouveaux marchés en réduisant la pauvreté et en promouvant le développement durable, et de « poursuite de la politique extérieure » des grandes puissances, mettant en avant une image généreuse d'eux-mêmes [2].

Les Objectifs du millénaire pour le développement

En 2000, l'Organisation des Nations unies a précisé le sens et les objectifs de l'aide publique au développement.

Au nombre de huit, les Objectifs du millénaire consistent surtout à parvenir à réduire de moitié la pauvreté dans le monde entre 2000 et 2015:

  • 1. Réduire l'extrême pauvreté et la faim de moitié.
  • 2. Assurer l'éducation primaire pour tous.
  • 3. Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes.
  • 4. Réduire la mortalité infantile.
  • 5. Améliorer la santé maternelle.
  • 6. Combattre le sida, le paludisme et les autres épidémies.
  • 7. Assurer un environnement durable.
  • 8. Partenariat pour le développement.

Données statistiques

Montant global

L'aide publique au développement a atteint un montant de 79,5 milliards de dollars en 2004 d'après l'OCDE[3]. et 106,5 milliards en 2005[4] Les chiffres de 2005 sont sans doute exceptionnels : ils prennent en compte un allègement de la dette de l'Irak et du Nigeria décidé par le Club de Paris.

En 2009, l’aide publique au développement des États membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’est élevée à 90 milliards d’euros (soit 119,6 milliards de dollars), en hausse de 0,7 % par rapport à 2008[5].

Classement des principaux États donateurs

Si l'on mesure l'aide publique au développement en chiffres absolus, le premier pays donateur en 2007 était les États-Unis avec 21,7 milliards de dollars, devant l'Allemagne (12,3), la France (9,9), le Royaume-Uni (9,9) et le Japon (7,7)[6].

En 2009, les donateurs les plus importants sont les États-Unis (29,48 milliards de dollars), le Japon (16,40), la France (15,26), l’Allemagne (13,25) et le Royaume-Uni (11,70)[5].

Cependant, si l'on calcule l'aide publique au développement en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) de chaque Etat (de manière à tenir compte de la somme des richesses produites en un an dans l'Etat), la situation est fort différente, et l'aide publique au développement des États-Unis (0,16%) se révèle être la plus faible de tous les pays membres de l'OCDE, loin derrière la moyenne des autres pays (0,45%)[7].

Il faut néanmoins nuancer cette affirmation car l'aide publique au développement n'est pas le seul flux d'aide. Les flux d'aides privées, en particulier des fondations, sont vraiment considérables, en particulier aux États-Unis.

Répartition

L'agriculture ne représente que 5% de l'aide publique au développement, loin derrière les dispensaires, les écoles ou les routes [8].

Efficacité

Détournement

L'aide publique au développement fait l'objet de nombreux détournements, notamment dans les pays dans le système français de la Françafrique, où l'essentiel de ces fonds sert à l'enrichissement personnel des dictateurs-présidents et à rembourser les dettes accumulées. La dette est un des principaux mécanismes par lesquels une nouvelle forme de colonisation s'opère au détriment des pays en développement[9]. Pour cette raison, certains militent pour l'annulation de la dette des pays du tiers-monde, qu'ils considère comme étant une dette odieuse pour l'essentiel.

Remarques

Il est difficile d'évaluer exactement l'effet de l'aide publique au développement sur l'amélioration de la situation dans les pays aidés. Les pays les moins avancés (PMA) ne disposent souvent pas des instruments statistiques permettant d'obtenir des indicateurs satisfaisants. Certains spécialistes remettent en cause l'aide publique au développement sous sa forme actuelle.

Selon l'ONU

Les Nations unies estiment que le montant de l'APD devrait doubler afin de remplir les huit Objectifs du millénaire pour le développement[10]. Les pays développés devraient consacrer 0,7 % de leur revenu national brut à l'aide publique au développement. Seuls quelques pays de l'Europe du nord (le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède) suivent actuellement cette recommandation.

Selon les ONG

Les organisations non gouvernementales (ONG) insistent sur l'importance de l'aide publique au développement et militent pour le respect des recommandations onusiennes[11]. Elles soulignent toutefois qu'une partie importante de cette aide n'a pas de portée effective : les annulations de dette, par exemple, gonflent les chiffres de l'APD de sommes qui de toute manière n'auraient jamais été remboursées par les pays débiteurs. Cette affirmation cependant n'est pas toujours vraie. Ainsi, les cours des matières premières peut augmenter rapidement, et améliorer les revenus d'un Etat aidé; de même, un remboursement n'est pas forcément une somme en devises.

Selon Peter Thomas Bauer

L'économiste hongrois Peter Thomas Bauer a également été un critique ardent du principe de l'aide publique au développement. A l'inverse, il a été l'un des premiers à souligner l'importance de la propriété privée et du règne du droit pour le développement économique. Il soulignait en particulier qu'il était abusif d'appeler aide au développement les flux de capitaux transférés du Nord vers le Sud à ce titre, alors qu'il s'agit selon lui d'une entrave au développement qui tend à maintenir les pays sous-développés dans leur condition[12].

Selon William Easterly

William Easterly, professeur à l'Université de New York et ancien collaborateur de la Banque mondiale, estime que la plus grande partie des aides apportées depuis cinquante ans ont été inefficaces. L'une des raisons serait le manque de contrôle sur les personnes chargées de gérer cette aide[13].

Alternatives

La promotion des microcrédits

À l'aide publique au développement, traditionnellement gérée au travers de grands programmes pilotés par des institutions internationales telles que la Banque mondiale, on peut opposer des systèmes relevant de l'initiative locale tels que le microcrédit mis au point par Muhammad Yunus. Ils reposent non sur l'assistance gratuite mais sur l'échange, les montants prêtés devant être remboursés.

Les politiques d'aides publiques au développement par Etat

La France

Opérateur pivot du dispositif français d’aide publique au développement, l’Agence française de développement intervient sur les cinq continents pour la réduction de la pauvreté, le financement de la croissance économique et la protection des biens publics mondiaux. Elle inscrit ses actions dans le cadre des objectifs du millénaire pour le développement (OMD), notamment en Afrique qui reçoit plus de 50% de ses financements [réf. nécessaire]. L’appui à la croissance économique et au développement est un axe majeur d’intervention de l’AFD.

Par ailleurs, l’AFD prend en compte les défis communs qui concernent désormais autant les pays du Sud que les pays du Nord : préservation des ressources naturelles, protection de l’environnement, maîtrise des épidémies, stabilité politique et financière.

L’AFD s’attache aussi à soutenir l’intégration de l’Outre-mer dans de vastes ensembles régionaux, facteur essentiel pour une croissance durable. L’AFD soutient l’ouverture de ces territoires à leur environnement direct et encourage la coopération régionale.

Depuis quelques années, des accords de gestion concertée des flux migratoires et de co-développement ont conditionné l'aide au développement à la prise de mesures par les États du Sud visant à restreindre l'émigration. Le lien entre gestion des flux migratoires et co-développement a ainsi été dénoncé par la Cimade, qui affirmait, en 2008, dans son analyse du rapport de la Commission Mazeaud sur le cadre constitutionnel de la nouvelle politique d'immigration, que: « Le développement est un droit reconnu par les Nations-Unies et ne saurait faire l'objet de conditionnalité quelle qu'elle soit. Conditionner l'aide publique au développement au contrôle des flux migratoires constitue un chantage d'autant plus inacceptable que certaines politiques économiques et commerciales européennes sont loin d'être neutres sur les phénomènes migratoires. »[14]

L'APD française a augmenté de 0,01 point en 2008, pour atteindre 0,39%[15].

Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide au développement

La Déclaration de Paris comprend cinq principes autour desquels sont articulés les engagements pris conjointement par les donateurs et les pays partenaires en matière d’efficacité de l’aide :

  1. Appropriation : Les pays partenaires exercent une réelle maîtrise sur leurs politiques et stratégies de développement et assurent la coordination de l’action à l’appui du développement.
  2. Alignement : Les donneurs font reposer l’ensemble de leur soutien sur les stratégies nationales de développement, les institutions et les procédures des pays partenaires. Dans la continuité du principe d’appropriation, l’alignement demande que les pays bénéficiaires soient les véritables acteurs de leur développement.
  3. Harmonisation : Les actions des donneurs sont mieux harmonisées et plus transparentes, et permettent une plus grande efficacité collective. Il s’agit de réduire la complexité des procédures d’octroi et de gestion de l’APD.
  4. Gestion axée sur les résultats : Les ressources sont gérées et le processus de décision amélioré en vue d’obtenir des résultats.
  5. Responsabilité mutuelle : Les donneurs et les pays partenaires sont responsables des résultats obtenus en matière de développement. Ce principe entend concrétiser un lien réel de partenariat entre les bailleurs de fond et les pays bénéficiaires.

Dans le cadre de ses principes, la Déclaration de Paris prévoit dans son paragraphe 38 que les pays partenaires s’engagent à « progresser dans la mise en place d’institutions et de structures de gouvernance propres à assurer une bonne gestion des affaires publiques et à garantir à leur population protection sécurité et accès équitable aux services sociaux de base ».

Notes et références

  1. L'Afrique: un continent en réserve de développement p75 Sylvie Brunel 2004 ISBN 978-2-84291-866-8
  2. François Guégan, « “Les ONG internationales dans le tourbillon du développement. Quelques réflexions à partir de la situation au Laos », Cultures et Conflits, 60, hiver 2005, mis en ligne le 10 mars 2006. URL : http://www.conflits.org/index2005.html.
  3. [PDF] Chiffres de l'aide publique au développement en 2004 (OCDE).
  4. * L’aide au développement a culminé à 100 milliards USD en 2005 (OCDE).
  5. a et b http://www.la-croix.com/Quelques-chiffres-sur-l-aide-publique-au-developpement/article/2423308/55351
  6. * [PDF] Aide publique au développement nette en 2007 (OCDE).
  7. [PDF] Aide publique au développement nette en 2007 (OCDE).
  8. Gaëlle Dupont, Au Burkina Faso, des paysans font reverdir le Sahel, Le Monde, 18 juin 2008
  9. Damien Millet, Éric Toussaint, 60 Questions, 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale
  10. * Les objectifs du millénaire pour le développement (ONU).
  11. * Voir le Dossier sur l'APD de la coordination SUD, qui regroupe les ONG françaises de solidarité internationale.
  12. Articles sur Peter Thomas Bauer, Euro 92
  13. * William Easterly, Le Fardeau de l'homme blanc, Penguin Press.
  14. Cimade, Analyse du Rapport Mazeaud, juillet 2008, p.2
  15. Analyse de Coordination Sud d'après les statistiques du Ministère

Voir aussi

Articles connexes

Références

Liens externes


Wikimedia Foundation. 2010.

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