Abbaye Notre-Dame de Morienval
Abbaye Notre-Dame de Morienval
Façade occidentale de l’abbatiale.
Façade occidentale de l’abbatiale.

Ordre ordre de Saint-Benoît
Fondation inconnue
Fermeture 1er juillet 1745
Diocèse diocèse de Soissons
Dédicace Vierge
Style(s) dominant(s) architecture romane, gothique primitif
Protection  Classé MH (1840) (abbatiale)
 Inscrit MH (1924) (ancienne croix)
 Inscrit MH (1984) (bâtiment des nonnes et sols)
Localisation
Pays Drapeau de France France
Région Picardie
Département Oise
Commune Morienval
Coordonnées 49° 17′ 53″ N 2° 55′ 20″ E / 49.298193, 2.92224549° 17′ 53″ Nord
       2° 55′ 20″ Est
/ 49.298193, 2.922245
  

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Abbaye Notre-Dame de Morienval

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Abbaye Notre-Dame de Morienval

L’abbaye Notre-Dame de Morienval est une ancienne abbaye bénédictine de femmes, établie au Haut Moyen Âge dans un vallon proche de Crépy-en-Valois, dans l’actuelle commune de Morienval dans l’Oise. L’abbaye est supprimée en 1745 ; l’ancienne église abbatiale sert actuellement d’église paroissiale et les vestiges des bâtiments conventuels appartiennent à un propriétaire privé.

Sommaire

Histoire

L’abbaye au Moyen Âge

La tradition fait remonter la fondation de l’abbaye royale de Notre-Dame de Morienval au roi Dagobert Ier mais aucun document ne permet de le prouver. Le premier document attestant de l’existence de l’abbaye est un document de Charles II le Chauve (840 † 877). Les archives de l’abbaye disparaissent à l’occasion de sa destruction lors d’un incendie provoqué par les invasions normandes en 895. Suite à cette disparition, une lettre du roi Charles le Simple datée de 920 confirme les précédentes donations faites par plusieurs rois de France à l’abbaye. Ce document signale que le monastère est mixte : le monastère de religieuses est secondé d’une communauté de religieux. Là encore, la date de la disparition de cette communauté masculine est inconnue. Une bulle du pape Alexandre III datée de 1161, ne la signale plus[1].

Entre 1075 et 1103, les reliques de saint Annobert sont déposées dans l’abbaye qui devient un lieu de pèlerinage[2]. Elle connaît dès lors l’affluence et l’enrichissement grâce à l’affluence des pèlerins. L’abbaye, qui suit la règle de saint Benoît, ne dépend que de Rome, mais les moniales, d’origine noble, ne respectent ni le vœu de pauvreté, ni la clôture. En 1204, l’abbesse est autorisée par Éléonore la comtesse de Saint-Quentin et dame de Valois à n’accueillir que 60 moniales. Cette limitation est confirmée par l’évêque de Soissons Nivelon de Quierzy en 1206 et par une bulle du pape Honorius III en 1216[1].

Le régime commendataire

En 1516, Jeanne IV d’Arsonval est nommée première abbesse commendataire par François Ier suite au concordat de Bologne[3]. Anne II Foucault de Saint-Germain Beaupré, nommée abbesse en 1596, fait réaliser de nombreux travaux : elle fait reconstruire partiellement l’abbatiale et modifie les bâtiments conventuels. Elle fait enfin construire un logis abbatial. Sa nièce Anne III Foucault lui succède en 1635 et lance une réforme de l’abbaye mais n’impose toujours pas la clôture[4].

À la fin du XVIIe siècle, les moniales rentrent en conflit contre le curé de la paroisse Saint-Denis de Morienval. Celui-ci exige en effet d’être considéré comme curé de la communauté et le seul à pouvoir inhumer les religieuses. Ce conflit fait l’objet de nombreux procès jusqu’en 1739. En 1742, une émeute se déclenche dans le village qui s’en prend à l’abbaye. Dans un placet, les moniales demandent la protection du roi. Finalement, Louis XV, qui cherche à réduire le nombre de petits monastères isolés, par un décret daté du 16 octobre 1743, prononce la suppression de la communauté l’abbaye et la dispersion des religieuses. Dans un premier temps, la communauté refuse la décision royale mais finissent par s’y plier suite à la nomination de leur prieur Catherine Geneviève de Flavigny de Renansart comme abbesse de l’abbaye voisine du Parc-aux-Dames. Les moniales, au nombre de 45 et leur 4 converses sont dispersées le 1er juillet 1745 dans les abbayes du Parc-aux-Dames, de Royalieu et à de Villers-Cotterêts[4],[5].

Le destin des bâtiments

L’église paroissiale Saint-Denis est détruite en 1750 et l’abbatiale devient l’église paroissiale. Le mobilier de l’abbaye est vendu ou envoyé à Royalieu. Les reliques de saint Annobert, emportée par la dernière prieur, sont finalement dispersée et seule une partie revient à Morienval. Les bâtiments conventuels sont loués à des fermiers et l’ancien parloir est transformé en écurie. Le premier curé est Hugues Jacques Capeaumont, maître des arts de l’université de Paris, nommé en 1764. Il prête serment sur la constitution et est maire de 1790 à 1792. Il contribue sans doute à la préservation de l’abbatiale pendant la Révolution[5],[6].

L’église est répertoriée dans la première liste des monuments historiques français en 1840[7]. Elle est citée par Eugène Viollet-le-Duc dans son Dictionnaire raisonné de l’architecture. Au cours du XIXe siècle, une sucrerie est installée dans l’ancien parc de l’abbaye, et finalement fermée après 1884[6]. Des fouilles archéologiques sont réalisées au début du XXe siècle[2].

Architecture

À partir du XIe siècle commence la construction de l’église romane et du monastère. Un clocher porche, une nef à deux bas-côtés, un transept, enfin le chœur en hémicycle flanqué de deux clochers rendent cette abbatiale majestueuse dans son vallon. Elle est une des rares églises à avoir le chœur en contre-bas par rapport au clocher porche. Le déambulatoire, très étroit, ne se prête pas à la procession car sa construction est antérieure à la translation des reliques de saint Annobert ; il constitue la partie la plus fameuse de la construction. Ses arcs, montés vers 1125, comptent parmi les plus anciens de France. Les ogives ont été ici, pour la première fois[réf. souhaitée], employées pour couvrir la partie tournante d’un édifice.

La renommée de Morienval est aussi assurée par la belle sculpture des chapiteaux de la nef et du chœur, contemporains de leur construction. Dans un style archaïque, emprunt d’influences celtes et mérovingiennes, motifs géométriques et végétaux offrent un décor tout à fait unique, dont on ne connaît pas d’autres exemples[8].

Il subsiste par ailleurs l’ancien logis abbatial ainsi qu’un autre bâtiment du XVIe siècle flanqué d’une tourelle appelé le bâtiment des nonnes[6].

Voir aussi

Bibliographie

  • Philippe Bonnet-Laborderie, « Histoire de l'abbaye royale Notre-Dame de Morienval », dans Bulletin du GEMOB, no 113-114, 2003-2004, p. 88 .
  • Florence Charpentier et Xavier Daugy, Sur le chemin des abbayes de Picardie : Histoire des abbayes picardes des origines à nos jours, Amiens, Encrage, coll. « Hier », septembre 2008, 286 p. (ISBN 978-2-911576-83-6), p. 171-173 .
  • Achille Peigné-Delacourt, Cartulaire de l’abbaye de Morienval, Senlis, Comité archéologique de Senlis, 1876, 76 p. [lire en ligne (page consultée le 14 août 2011)] .

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. a et b Sur le chemin des abbayes de Picardie, p. 171.
  2. a et b Notice no IA60001565, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  3. Liste des abbesses dans Denis de Sainte-Marthe, Gallia christiana in provincia ecclesiasticas distributa, t. 9, p. 448–451 [lire en ligne].
  4. a et b Sur le chemin des abbayes de Picardie, p. 172.
  5. a et b Dominique Lebée, « La fin de l’abbaye de Morienval », dans Bulletin de la Société historique de Compiègne, no B39, 2005, p. XLVII à XLIX [texte intégral (page consultée le 14 août 2011)] 
  6. a, b et c Sur le chemin des abbayes de Picardie, p. 173.
  7. Notice no PA00114760, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  8. Marie-Josephe Lussien-Maisonneuve, Abbayes de France, Minerva, 16 octobre 1999, 177 p. (ISBN 2-8307-0545-9) .

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