Cathedrale Notre-Dame de Laon

Cathédrale Notre-Dame de Laon

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49° 33′ 51″ N 3° 37′ 30″ E / 49.5643, 3.625

Cathédrale
Notre-Dame de Laon
Vue générale de l'édifice
Vue générale de l'édifice

Latitude
Longitude
49° 33′ 51″ Nord
       3° 37′ 30″ Est
/ 49.5643, 3.625
 
Pays France France
Région Picardie
Département Aisne
Ville Blason ville fr Laon (Aisne).svg Laon
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
(cathédrale jusqu'en 1790)
Rattaché à Diocèse de Soissons
Début de la construction 1155
Fin des travaux 1235
(quelques travaux par la suite)
Style(s) dominant(s) Gothique
Classé(e) 1840

La cathédrale Notre-Dame de Laon est une cathédrale située à Laon, dans le département de l'Aisne et la région Picardie, qui est l'une des premières de style gothique en France. Construite après celle de Saint-Denis et celle de Noyon, elle est chronologiquement antérieure à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Cette cathédrale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1840[1].

Sommaire

Historique

Les édifices précédents

La cathédrale actuelle fut construite à l'emplacement d'un sanctuaire précédent édifié sous l'épiscopat de l'évêque Gerfrid, (774- †799). Ce premier monument, la cathédrale carolingienne, dédié en l'honneur du saint Sauveur et de sainte Marie, fut consacré le 6 septembre 800 en présence de Charlemagne.

Une nouvelle église est reconstruite sous l'égide d'Élinand, promu évêque de Laon le 14 juin 1052. Le 25 décembre 1071, ce nouvel édifice fut inauguré lors du deuxième couronnement[2] du futur roi Philippe Ier.

Cette cathédrale romane fut incendiée lors de l'insurrection communale survenue le jeudi 25 avril après Pâques de l'année 1112. Au cours de cette révolte, l'évêque Gaudry, détesté par la population de Laon, fut tué alors qu'il s'était caché dans un tonneau du cellier de son évêché attenant à la cathédrale. Mais la cathédrale ne fut pas détruite, la dédicace de l'église réparée ayant eu lieu en 1114 sous l'évêque Barthélemy de Jur.

Les étapes de l'édification de la cathédrale actuelle

La construction de l'édifice actuel fut initiée par l'évêque Gautier (Gauthier) de Mortagne. Elle débuta en 1155 et continua jusqu'en 1235.

La construction débuta par le chœur et le grand transept afin de recevoir les nombreux pèlerins. En 1164 eut lieu la translation des reliques de saint Béat, ce qui implique que le chœur était sans doute terminé.

Entre 1170 et 1185 une deuxième campagne de construction mena à l'édification du transept avec ses deux portails (nord et sud) dont il ne reste actuellement que celui du nord.

Très rapidement, on démarra une troisième campagne de construction, afin d'édifier la tour-lanterne d'inspiration normande de la croisée du transept, ainsi que les 4 dernières travées de la nef, afin de contrebuter cette tour-lanterne. Durant cette campagne, on construisit également les tours du transept (tour nord, dite Thomas Becket en souvenir de son passage à Laon en 1163, et tour sud, dite de l'horloge). Vers 1180 : pose des vitraux de la rose nord (dite des arts libéraux).

De 1185 à 1200 eut lieu la quatrième campagne de construction qui réalisa l'achèvement de la nef et de la façade occidentale. Aux environs de 1200, la rosace occidentale du jugement dernier est achevée.

Mais une cinquième et dernière campagne s'avéra nécessaire afin de reconstruire le chœur, lequel profond de seulement trois travées s'était rapidement révélé trop petit. Cette cinquième campagne eut lieu de 1205 à 1220 et vit la construction du chœur à chevet plat comprenant 10 travées, tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Enfin vers 1235-1238 se déroula la dédicace de la cathédrale.

En 1250 on édifia une flèche sur la tour sud-ouest ainsi que sur la tour sud. Tout au long du XIVe siècle 27 chapelles furent construites entre les contreforts.

Au cours du XIVe siècle, la façade sud du transept fut complètement refaite. Avec les chapelles latérales, c'est la principale partie de l'édifice qui ne date pas de la première époque de sa construction. Les portails y sont par exemple surmontés de hauts gables, caractéristique typique de la fin du Moyen Âge. Entre 1555 et 1697 on clôtura progressivement les chapelles par des clôtures de pierre.

Heurs et malheurs de la cathédrale

Le 18 septembre 1692, un tremblement de terre ébranla la flèche.

  • En 1705 eut lieu une grande tempête.
  • En 1772 on altéra le portail central en surélevant son linteau, afin de laisser passer plus facilement le dais des procession.
  • En 1793 la flèche de la tour sud-ouest fut démolie par les révolutionnaires, ainsi que le beffroi entre les deux tours de la façade occidentale et une partie des superbes sculptures des portails.

Si bien qu'au milieu du XIXe siècle, une grande restauration était devenue indispensable, la cathédrale menaçant ruine. La façade occidentale s'était tassée de 80 centimètres. Les travaux de restauration furent confiés à l'architecte Emile Boeswillwald en 1853.

En 1870, l'énorme explosion d'une poudrière fit voler en éclats tous les vitraux, outre quelques 500 morts. Les morceaux des verrières orientales ont été recueillis. Mais la rosace nord a perdu la moitié de ses vitraux dans la catastrophe. Aucun vitrail des chapelles n'a pu être récupéré, tout étant pulvérisé. Les travaux de restauration ne s'achevèrent qu'en 1914.

A l'inverse de la malheureuse cathédrale de Soissons voisine, Notre-Dame de Laon n'eut pas trop à souffrir de la Première Guerre mondiale. La deuxième Guerre mondiale ne l'affecta pas trop non plus, grâce à l'intervention de l'abbé Robert Lavarte, vicaire à Saint-Léger, dont l'intervention exceptionnelle auprès du Commandement allemand de la garnison de Laon permit l'évacuation des engins explosifs déposés autour de la cathédrale, dont le bombardement planifié par la RAF britannique aurait occasionné la destruction de l'édifice.

Description générale

Les portails de la façade occidentale

C'est une cathédrale de style gothique de transition ou gothique primitif. Elle eut une grande influence sur de nombreux édifices gothiques comme les cathédrales de Chartres, Reims, Magdebourg, Limbourg, Lausanne, Dijon, Paris.

La cathédrale Notre-Dame de Laon se dresse majestueusement sur l'« acropole » de Laon, la ville haute, surplombant la plaine de 100 mètres. On ne pouvait rêver meilleur site. Elle possède cinq tours, une tour-lanterne et quatre campaniles ou clochers dont Villard de Honnecourt a dit qu'elles étaient les « plus belles du monde ». Les plans d'origine prévoyaient sept tours, mais deux d'entre elles ne furent jamais achevées. On dit notamment que l'architecte allemand, Hermann Friedrich Waesemann, s'en inspira dans la seconde moitié XIXs siècle pour dresser les plans du beffroi du Rotes Rathaus (l'Hôtel de ville de Berlin).

Elle possède aussi trois grandes façades dotées de tours et de monumentaux portails d'entrée : à l'ouest comme de coutume, mais aussi au sud et au nord.

Les deux tours de la façade occidentale sont ornées de statues de bœufs grandeur nature. Elles font référence à une légende, selon laquelle le bœuf chargé de monter en haut de l'« acropole » de Laon les matériaux nécessaires à la construction de la cathédrale, épuisé de cette montée, aurait été remplacé par un bœuf miraculeusement apparu.

Plan de la cathédrale par Viollet-le-Duc.
La nef en direction du chœur
Tour lanterne du transept
À la croisée du transept

Dimensions

  • Longueur : 110,50 m
  • Largeur : 30,65 m
  • Hauteur sous voûte de la nef : 24 m
  • Hauteur de la tour-lanterne : 42 m
  • Longueur du transept : 56 m (ou 54 selon les sources)
  • Hauteur des tours de la façade occidentale: 56 m
  • Hauteur de la tour de la façade nord du transept : 56 m
  • Hauteur de la tour de la façade sud du transept : 60,5 m
  • Diamètre de la rosace du chevet du chœur : 9 m
  • Largeur du transept : 22 m

L'intérieur de la cathédrale

Le choeur est légèrement désaxé par rapport à la nef.

La nef

Celle-ci comporte 11 travées couvertes par des voûtes sexpartites (sauf dans la première travée) hautes de 26 mètres. L'élévation est à quatre niveaux : grandes arcades, tribunes, triforium et fenêtres hautes. Au premier niveau, les grandes arcades reposent sur des piles alternées, c'est-à-dire en alternance piles fortes-piles faibles. Les piles faibles sont rondes, avec des chapiteaux octogonaux qui reçoivent chacun trois ogives provenant de la voûte de la nef. Les piles fortes sont également rondes mais plus puissantes. Elles supportent cinq ogives sur des chapiteaux carrés.

On doit noter que les deux dernières piles fortes de la nef qui précèdent la croisée du transept sont composées d'une colonne ronde entourée de cinq colonnettes. Ces dernières servent à renforcer la colonne ronde centrale en question. Le tailloir qui reçoit un faisceau de cinq colonnettes est alors rectangulaire.

Au second niveau de la nef, les tribunes à claire-voie comportent des baies géminées à remplage plein. Au-dessus, le triforium qui forme le troisième niveau est aveugle donc à mur de fond plein. Il est formé de petites baies à trois arcades. Enfin, tout en haut, le quatrième niveau est composé de fenêtres hautes à baies simples.

La nef est bordée de deux collatéraux, l'un au nord, l'autre au sud du vaisseau central. Ils sont eux aussi voûtés d'ogives, mais ici la voûte est quadripartite. Un total de 27 chapelles latérales construites entre les contreforts, s'ouvrent sur les collatéraux de la nef et du chœur.

Au revers de la façade, la grande rosace rayonnante de la nef est partiellement cachée par le buffet d'orgue.

Le transept

Lors de la construction de la cathédrale, Laon était avec ses 15 000 habitants l'une des plus grandes villes du royaume de France. Le transept construit de 1170 à 1185 frappe par l'ampleur de son architecture : profond de 54 mètres, large de 22 mètres, entouré de larges bas-côtés, il apparaît comme une deuxième église à l'intérieur de l'édifice.

Au départ, lors de la construction de la cathédrale, le chœur peu profond ne comportait que trois travées. Il fut vite considéré comme bien trop petit, et on décida de l'allonger en le portant à 10 travées. En conséquence, le transept coupe la cathédrale presque en son centre.

À la croisée du transept s'élève la tour-lanterne. La croisée s'élève de ce fait à plus de 30 mètres (48 mètres à l'extérieur). A la base de l'intérieur de la tour se trouve un triforium aveugle, c'est-à-dire dont le mur de fond est plein et ne comporte pas de fenêtres. De structure carrée, comme la croisée sous-jacente, ce triforium est composé de huit grandes arcades, deux par face. Au-dessus du triforium on peut voir huit fenêtres, deux par face également, destinées à éclairer l'intérieur de la cathédrale, ce qui justifie l'appellation de tour-lanterne.

L'élévation du transept est semblable à celle de la nef. Chacun des deux croisillons est formé de quatre travées bordées de collatéraux. Ils se terminent tous deux par des absidioles à deux étages.

Galerie

Visite virtuelle de la cathédrale

Vidéo : visite virtuelle de la cathédrale

Divers

Un timbre français représentant la cathédrale a été émis le 18 janvier 1960.

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

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Bibliographie

  • SAINT-DENIS, A., PLOUVIER, M. et SOUCHON, C. Laon. La cathédrale, coll. "Le ciel et la pierre", éd. Zodiaque, 2002.
  • KASARSKA Iliana, La Sculpture de la façade de la cathédrale de Laon - Eschatologie et humanisme, éditions Picard, Paris, 2008. ISBN: 978-2-7084-0832-6


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