Orson Welles

Orson Welles

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Photographié par Carl van Vechten (1937)

Naissance 6 mai 1915
Kenosha, Wisconsin (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès 10 octobre 1985 (à 70 ans)
Hollywood, Los Angeles, Californie (États-Unis)
Profession Réalisateur, acteur, producteur, scénariste et directeur de théâtre
Films notables Citizen Kane
La Soif du mal
Le Troisième Homme(Acteur)
La Splendeur des Amberson
La Dame de Shanghai
Othello
Moby Dick (Acteur)
Le Procès
Falstaff

Orson Welles est un réalisateur, acteur, romancier, producteur et scénariste américain. Né le 6 mai 1915 à Kenosha dans le Wisconsin (États-Unis), il est mort le 10 octobre 1985 à Hollywood, Los Angeles en Californie d'une crise cardiaque. Conformément à sa dernière volonté, ses cendres ont été enterrées en Espagne[1]. Il a été parfois crédité sous les noms de O.W. Jeeves ou G.O. Spelvin.

Orson Welles est une figure incontournable du cinéma comme réalisateur avec Citizen Kane, son premier film, considéré, dans plusieurs classements établis par l'Institut Cinématographique Américain, comme le plus grand film de l'histoire du cinéma américain[2]. Il a également laissé sa trace en tant qu'acteur, assura de nombreuses narrations dans près d'une centaine de films. Il a exercé une grande influence sur différents réalisateurs, en particulier sur Stanley Kubrick dont il se sentait artistiquement très proche[3]. Artiste précoce, il s'est pris de passion pour Shakespeare très jeune ainsi que pour Montaigne, et a également laissé sa marque à la radio avec ses adaptations d'œuvres littéraires, plus particulièrement celle de La Guerre des mondes de HG Wells, le 30 octobre 1938, dont le réalisme de l'interprétation et de la réalisation persuadèrent une partie de l'Amérique d'une invasion en direct par les Martiens.

Sommaire

Biographie

Une enfance riche et chaotique

Son père, Richard Heard Welles, est ingénieur, et sa mère, Béatrice Ives Welles, est pianiste[4]. Le fils les décrit ainsi : « Mon père était un bon vivant de l'époque édouardienne qui aimait se dire inventeur[5]. Il était généreux et tolérant, adoré de tous ses amis. Je lui dois une enfance privilégiée et l'amour des voyages[6]. Ma mère était une femme d'une beauté mémorable, elle s'occupait de politique, était une championne de tir au fusil, ainsi qu'une pianiste de concert très douée[5]. Je tiens d'elle l'amour de la musique et de l'éloquence sans lesquels aucun être humain n'est complet[6]».

Le jeune Orson grandit dans une ambiance de culture raffinée avec une touche d'excentricité. Les témoignages de sa précocité abondent : il sait lire à deux ans, apprend à jouer du piano à trois ans et réalise sa première adaptation de Shakespeare à sept ans. De telle sorte que le journal local lui consacre un article titré : « Dessinateur, acteur, poète ; il n'a que dix ans »[7]. Ses aptitudes dans le monde du spectacle ne s'arrêtent pas là. Il est également décorateur, metteur en scène et surtout acteur. À dix ans, il interprète Peter Rabbit au Marshall Field de Chicago[7].

À 11 ans, il rédige une analyse de l'œuvre de Nietzsche, témoignant ainsi de son extrême précocité intellectuelle.[réf. nécessaire]

Les malheurs du jeune Orson commencent lorsqu'il perd sa mère en 1925, puis son père cinq ans plus tard. Orphelin à quinze ans, il est pris en charge par le docteur Bernstein[8], un ami de ses parents qui va s'occuper de son éducation.

En 1930, il gagne un prix récompensant sa mise en scène de Jules César de Shakespeare. Il part pour l'Irlande, pour étancher sa soif de peinture. Il parcourt le pays avec une voiture à âne[5] et se rend à Dublin. Alors âgé de seize ans, il se présente comme une vedette du théâtre de New York devant le directeur du Gate Theatre. Orson est très convaincant, car il s'est habilement grimé, et sa voix chaude et grave le fait passer pour plus âgé qu'il ne l'est. Il approfondit son expérience de la scène : « Je commençai en jouant les premiers rôles en vedette. Les petits rôles vinrent plus tard. »[9] Il part ensuite pour Séville, dans le sud de l'Espagne, et se fait passer pour un auteur de romans policiers[10]. Il dit à ce propos : « J'habitais dans le quartier de Triana. J'écrivais des romans policiers, ce qui me prenait deux jours par semaine et me rapportait trois cents dollars. Avec cet argent, j'étais un grand seigneur à Séville »[11]. C'est également à cette période qu'il se prend de passion pour la corrida. Il torée à quelques reprises, mais s'estimant mauvais, il préfère renoncer à devenir toréador et reprend l'écriture[11].

Œuvre, Les débuts, 1933-1938

Au théâtre et à la radio

En 1933, après des expériences formatrices, il retourne aux États-Unis. Le jeune homme a alors une solide culture littéraire et théâtrale, ainsi qu'une bonne maîtrise de la technique de la mise en scène. Il se passionne pour l'art de la magie, puis, en 1934, il part étudier à la Todd School de Woodstock, dans l'Illinois[12]. Il rencontre une jeune actrice Virginia Nicholson, qu'il épouse quelques mois plus tard — en 1939, le couple aura une fille.

S'il ne parvient pas à décrocher les premiers rôles lors des différentes mises en scène, il commence à se faire un nom à Broadway. Le producteur et directeur de théâtre John Houseman lui offre de travailler avec lui, au Federal Theatre[10]. Il fait sensation en montant sur les planches une adaptation très originale du Macbeth de Shakespeare en transposant l'histoire de la vieille Écosse, brumeuse et froide, dans l'île de Haïti de l'époque moderne[13], avec des acteurs noirs. L'histoire se déroule à l'époque de l'empereur noir Jean-Christophe, et les sorcières deviennent des sorciers vaudous. Il monte également le Faust de Marlowe. Houseman et Welles souhaitent mettre en scène une sorte de satire de la vie politique américaine en forme d'opéra intitulé The craddle will rock. De nombreux opposants politiques, ainsi que des ennemis du Federal Theatre, font pression à Washington ; c'est ainsi que la police a l'ordre de fermer les portes du théâtre. Houseman et Welles présentent alors l'opéra dans la rue, devant deux mille personnes[14].

En 1938, toujours avec John Houseman, Orson Welles fonde le Mercury Theatre, pour servir le répertoire shakespearien.

Parallèlement à son activité théâtrale, il débute à la radio où sa voix chaude et grave fait merveille[15]. La radio CBS l'engage pour réaliser, avec la troupe du Mercury, des adaptations radiophoniques d'œuvres littéraires. L'émission, intitulée « Mercury Theatre on the air », met en ondes des pièces du dramaturge anglais, ainsi que de nombreux romans, dont La Splendeur des Amberson — qui sera plus tard son deuxième long métrage. L'expérience dure vingt et un mois[16], avec, en point d'orgue, le lundi 30 octobre 1938, veille d'Halloween, une adaptation de La Guerre des mondes de Herbert George Wells, où Welles, du fait de sa mise en onde très réaliste, effraye une bonne partie des États-Unis du nord en faissant croire à l'invasion du pays par des Martiens.

L'annonce du 30 octobre 1938

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Ce jour-là, sur CBS, l'émission Mercury Theatre on the air présente une adaptation de La Guerre des mondes de HG Wells, dans laquelle un faux présentateur de CBS annonce l'arrivée belliqueuse des Martiens sur Terre.

En 1938, la radio est un média de communication qui connaît un fort essor, et de nombreux auditeurs l'écoutent. Ainsi, l'excellente mise en scène d'Orson Welles réussit à faire croire à près d'un million d'auditeurs — sur les six millions qui écoutent l'émission — que les États-Unis sont attaqués par des extra-terrestres venus de Mars, et que le danger qu'ils représentent exige des Américains qu'ils prennent la fuite[réf. nécessaire]. C'est le chaos dans tout New-York[réf. nécessaire], et les troupes américaines, massées dans le port mais en permission, sont rappelées dans le but de défendre la patrie[réf. nécessaire].

Le disque de l'émission où Orson Welles fit croire à l'invasion des Martiens

Les circonstances qui ont permis cette émission sont moins « glorieuses » que ses conséquences. Orson Welles travaille à la radio CBS, avec toute la troupe du Mercury Theater, pour une émission intitulée « Mercury Theater on the air ». Welles y présente hebdomadairement une œuvre classique, L'île au trésor de Robert Louis Stevenson, Jane Eyre de Charlotte Brontë, Jules César de Shakespeare et Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne[17]. Il souhaite adapter une œuvre de science-fiction et propose aux adaptateurs de la radio Le nuage pourpre de Shiel, Le monde perdu de Arthur Conan Doyle avant d'arrêter son choix sur La Guerre des mondes de HG Wells[18]. Devant le refus des adaptateurs, qui trouvent le roman trop faible, Welles décide de travailler seul à l'adaptation de l'œuvre[19]. Le 29 octobre, la veille de l'émission, Welles passe sa journée à rédiger le texte et à répéter l'émission ; devant le résultat qu'il juge trop médiocre, il décide de remanier son texte et passe la nuit à l'actualiser[20] : il y utilise systématiquement le mode de la première personne, de sorte que les intervenants devront donner l'impression de vivre les événements en direct [21]. Lorsque Orson Welles commence son émission, il précise, comme il le fait chaque fois, qu'il s'agit de l'adaptation d'une œuvre littéraire[16], mais en dépit de cela, les auditeurs se prennent à croire à la véracité de l'attaque du pays par les Martiens — André Bazin, dans son étude sur Welles, rappellera que le Ministère de l'Intérieur et le Président des États-Unis, chacun à leur tour, diffusèrent des communiqués dramatiques[22], amplifiant ce que que Welles appellera « un extraordinaire phénomène de schizophrénie collective »[22].

Les conséquences sont multiples : la radio, les commissariats sont submergés d'appels de personnes prétendant avoir aperçu des Martiens. La panique fut relatée le lendemain, puis durant une semaine dans la presse. Selon certains auteurs, l'ampleur de la panique aurait été considérablement exagérée, au fil des années, par les commentaires qui en ont été faits[23].
Welles devient célèbre du jour au lendemain, ce qui lui ouvre les portes de Hollywood. Il lui est offert un contrat en or.

Œuvre, Premiers films, premiers ennuis, 1938-1948

C'est à la RKO que Orson Welles va travailler. Le studio lui donne une entière liberté artistique : il est réalisateur, acteur, scénariste de son propre film. Jamais personne n'a eu une si grande liberté pour un premier film — quelques années plus tard, Welles se rendra compte que ce cadeau inespéré était empoisonné. Il travaille d'abord à l'adaptation d'un roman de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres (lequel, plus tard, sera transposé par Francis Ford Coppola dans Apocalypse Now). Le projet n'aboutit pas.

Citizen Kane, 1941

Orson Welles dans Citizen Kane

Orson Welles, avec Herman Mankiewicz, le frère du cinéaste Joseph L. Mankiewicz, rédige le scénario de Citizen Kane à partir de la vie du magnat de la presse William Randolph Hearst. Toute la troupe du Mercury est présente. Le cinéaste a obtenu le contrôle total du tournage et désire garder le secret sur le sujet de son film. Les producteurs essaient de s'en mêler en débarquant à l'improviste sur le plateau, mais ils n'y trouvent que les techniciens et les acteurs en train de jouer au base-ball, sur l'ordre du réalisateur rendu méfiant[24]. Le tournage débute le 30 juillet 1940 et s'achève le 23 octobre de la même année[25]. Une fois la postproduction achevée, Orson Welles participe à de nombreuses manifestations promotionnelles où on ne lui parle que du parallèle entre le personnage de Charles Foster Kane et William Randolph Hearst, et de la réaction de ce dernier qui a engagé une campagne de dénigrement par l'intermédiaire de ses propres journaux. Lassé, Welles déclare que si on continue à lui « échauffer les oreilles », son prochain film sera une biographie de William Randolph Hearst. Les choses s'enveniment à tel point qu'au sein de l'état-major de la RKO, il est question de brûler le négatif du film. Les dirigeants décident malgré tout de lâcher du lest[23], mais Welles, s'estimant trahi, menace publiquement la société d'un procès en rupture de contrat, en son nom et celui de la compagnie du Mercury Theatre. Son état nerveux s'altère tellement que son médecin l'envoie prendre du repos dans une clinique de Palm Springs[23]. Malgré l'énorme campagne de dénigrement orchestrée par Hearst, le film sort en salles le 1er mai 1941[26]. Le succès critique est unanime : le film de Welles est une révolution dans la technique cinématographique, la structure du récit, le montage, les décors, les maquillages, les mouvements de caméra et l'impact des images. Le public ne suit pas.

La Splendeur des Amberson, 1942

Pour le deuxième film de Welles, La Splendeur des Amberson, le studio reconsidère son contrat, et réduit sa marge de manœuvre. Une fois encore, le génie du cinéaste inonde le film, mais le public n'est toujours pas là. Il part au Brésil, pour préparer un reportage sur le festival de Rio. Sur place, il se passionne pour le récit de quatre marins et commence à tourner les séquences de ce qui devait être It's All True, mais qu'il n'a jamais pu terminer, pour de nombreuses raisons, notamment financières — dans les mois qui suivirent, on raconta que le film ne sortirait jamais, car les rushs reposaient au fond de la mer[27]. Pendant ce temps, les pontes de la RKO, mécontents des pré-projections, obligent Robert Wise, le monteur des deux premiers films d'Orson Welles, à remonter le film pendant l'absence du cinéaste. Plus de quarante-trois minutes en sont retirées[28], malgré l'insistance de tous les acteurs demandant aux producteurs d'attendre le retour de Welles pour prendre une décision concernant l'avenir du film. Même si Welles reconnaît que dans cette situation, Wise était pris entre le marteau et l'enclume, il ne le lui pardonnera jamais. Il dira : « J'étais en Amérique du Sud et attendais les rushes de Voyage au pays de la peur ; c'est alors qu'un galopin de la RKO, ayant reçu l'approbation bienveillante d'un couple de vice-présidents et des censeurs du studio, se permit de monter le film. Le résultat fut heureusement présenté par une nuit noire, alors que personne ne regardait. »[29]

Après deux échecs commerciaux consécutifs, Welles devient suspect aux yeux des studios. En délicatesse financière, il joue dans de nombreux films pour financer ses projets. Sur le plan personnel, il épouse la star Rita Hayworth le 7 septembre 1943.

Le Criminel, 1946

La chance lui sourit de nouveau avec Le Criminel : les producteurs du film proposent à Orson Welles de réaliser le film, à condition de prendre le scénario de John Huston tel qu'il est. Welles accepte et parvient à mener à bien la mise en scène avec dix jours d'avance sur la date prévue. La même année, Charlie Chaplin sort Monsieur Verdoux d'après une idée d'Orson Welles, ainsi qu'en fait mention le générique du film — Welles avait proposé à Chaplin de jouer le rôle principal dans un film inspiré de l'affaire Landru ; après lecture du scénario, Chaplin le réécrivit selon ses besoins, y incluant notamment une critique socio-économique, et, pour dédommager Welles, il lui proposa 5 000 dollars, ainsi que sa présence au générique.

La Dame de Shanghai, 1947

La même année encore, il réalise La Dame de Shanghai (The Lady from Shangaï), grâce à la présence de Rita Hayworth — avec qui il est déjà en instance de divorce. Le public crie au scandale en voyant la rousse Rita, symbole du glamour hollywoodien, transformée en blonde platine, cynique et froide, et boude le film, lequel n'emballe pas non plus la Columbia qui préfère retarder la sortie du film de Welles au profit de Gilda, autre film avec Hayworth en vedette. Ce quatrième film de celui qui est maintenant l'enfant terrible d'Hollywood s'achève sur la séquence du palais des glaces, où Rita Hayworth et Everett Sloane, qui jouent mari et femme, s'entretuent dans un terrifiant vacarme de verre brisé, palais des glaces dont peut s'échapper le personnage principal (et narrateur), Michael O'Hara, interprété par Welles. Woody Allen y rendra hommage dans Meurtre mystérieux à Manhattan, en mettant en scène le règlement de compte final dans une pièce remplie de miroirs.

Macbeth, 1948

En 1948, un petit studio indépendant, spécialisé dans le western, accepte de financer son prochain film, Macbeth, dont Orson Welles dissimule la pauvreté des décors dans un brouillard artificiel. Le résultat est saisissant d'étrangeté et de mystère, restituant très bien l'atmosphère de la pièce de Shakespeare. Nouveau coup de maître : il tourne son film en seulement vingt et un jours.

Œuvre, La carrière européenne, 1945-1985

À New-York pendant la guerre, Orson Welles, qui parle très bien le français et l'espagnol, assiste à une projection de La Femme du boulanger de Marcel Pagnol. Enthousiasmé par le jeu de Raimu, il part pour Marseille dès la fin de la guerre. Pagnol racontera qu'il a vu débarquer un géant dans son bureau qui lui dit « Je veux voir monsieur Raimu ». Marcel Pagnol lui répond que Raimu vient juste de mourir et voit alors Orson Welles fondre en larmes : « C'était le meilleur de nous tous ! », dit-il[30], avant d'exposer qu'il avait conçu de nombreux projets de tournage de films avec Raimu. Pour Pagnol, Orson Welles va devenir un ami fidèle, n'hésitant pas à critiquer son travail de façon objective disant par exemple de La Femme du boulanger qu'il est parmi les meilleurs films du monde mais parmi les plus mal filmés. C'est en fréquentant Pagnol que Welles fait la connaissance de Roger Corbeau, photographe de plateau de Pagnol notamment sur Le Schpountz et La Femme du boulanger. Il l'engagera pour les photos de plateau de deux de ses films Dossier secret et Le procès[31] .

En disgrâce avec les producteurs américains, en particulier parce qu'il figure sur la liste noire de la MPAA (Motion Picture Association of America), qui refuse d'employer des artistes supposés de tendance communiste, Welles va jouer de nombreux rôles pour financer son nouveau projet : Othello.

Othello, 1952

Il va mettre quatre ans à tourner Othello (The Tragedy of Othello: The Moor of Venice), en utilisant de nombreux décors (Venise, Rome, ainsi que de nombreux lieux d'Italie et du Maroc) sans que cela soit visible ou handicapant, interrompant son film par manque de financement pour le reprendre quelques mois plus tard. Une fois encore, la réussite artistique est totale, le film recevant même une récompense à Cannes.

Dossier secret, 1955

Trois ans plus tard, il réalise Dossier secret (Mr. Arkadin/Confidentiel Report), dans la lignée de Citizen Kane, pour des résultats artistiques et commerciaux très similaires.

La Soif du mal, 1958

En 1958, il se voit confier la réalisation de La Soif du mal (The Touch of Evil). Dans ses entretiens avec son ami Peter Bogdanovich, Welles explique comment Charlton Heston, grande star des années 50, a joué un rôle déterminant pour lui. Intéressé par le projet, Heston rencontre les producteurs de Universal, qui lui déclarent que la distribution comprendra Janet Leigh, dans le rôle de sa femme, et Orson Welles, dans le rôle du commissaire. Heston comprend que Welles va être le réalisateur du film et déclare : « Si Welles est le réalisateur, je suis d'accord ». La machine est en marche, et les producteurs, qui visionnent tous les soirs les rushes, sont emballés au point de proposer à Welles de signer un contrat de quatre films pour les cinq ans à venir. Hélas pour lui, une fois le film monté, le studio change radicalement de position. Toujours dans le livre de Bogdanovich, Welles déclare : « L'humour que j'ai mis dans le film était inhabituel pour l'époque. Aujourd'hui, il s'est banalisé. Mais à l'époque, il a déplu aux pontes de Universal ». Son seul tort serait d'être trop en avance sur son temps. C'est son dernier film hollywoodien. Universal décide finalement de faire remonter complètement le film par un autre réalisateur, de couper énormément de scènes et d'en tourner de nouvelles à la hâte.

La Soif du mal est un classique du film noir où Welles marque de sa forte personnalité le style narratif et la mise en scène, illustrés entre autres avec brio par le plan séquence filmé sur une grue au début de l'histoire. Ce film est en apparence seulement une vision manichéenne du monde moderne en conformité avec les codes moraux de Hollywood qui oppose le policier honnête mais froid et le policier corrompu mais pitoyable interprété par Welles lui-même. Comme pour ses films précédents l'art de Welles est de rompre avec toutes les normes esthétiques et stylistiques qui prévalent. Montage, angles et mouvements de caméra, direction d'acteurs, éclairages, musique, tout concourt à la violence dramaturgique expressionniste et pétrie d'humanité comme par exemple le meurtre de Uncle Joe Grandi (Akim Tamiroff) par Hank Quinlan (Orson Welles) dans une chambre d'hôtel où l'ampoule électrique se balance comme une danse de mort hallucinatoire et qui restera dans la mémoire de toute une génération de cinéphiles un signe évident du génie cinématographique de son auteur.

Don Quichotte, 1959, inachevé

Le héros de Cervantes, Don Quichotte avec son fidèle Sancho Pansa, d'après une illustration de Gustave Doré

Orson Welles commença à tourner en 1955, avec un premier producteur, Oscar Dancigers, les premières images de Don Quichotte. Le film ne verra jamais le jour de son vivant. Il va tourner pendant sept ans, interrompant volontairement le film, le plus souvent pour des raisons budgétaires. Il sera monté en 1992, suivant les notes laissées par Welles.

Le Procès, 1962

En 1962, il réalise Le Procès (The Trial), d'après le roman éponyme Le Procès de Kafka, film baroque et déstabilisant, avec une distribution éclectique, qui s'achève sur le champignon atomique.

Falstaff, 1965

Trois ans plus tard, il met en scène Falstaff, qui est une refonte de plusieurs tragédies de Shakespeare. Orson Welles incarne John Falstaff, et sa passion dévorante pour le dramaturge anglais irradie le film. Il considère lui-même qu'il s'agit de sa plus grande réussite : « Mon meilleur film est Falstaff, ensuite Les Amberson. Falstaff est le complément, quarante ans plus tard, de ce Citizen Kane que j'ai tourné à l'aube de ma vie »[32].

Une histoire immortelle, 1967

Une histoire immortelle (The Immortal Story), est tiré d'une nouvelle de Karen Blixen intitulée L'éternelle histoire, laquelle se trouve dans le recueil Le festin de Babette, Paris, Gallimard, 1958. Le film est tourné avec Jeanne Moreau, Roger Coggio et Orson Welles lui-même.

Le Marchand de Venise, 1967, inachevé

Le Marchand de Venise (The Merchant of Venice) (inachevé), tiré de la pièce de Shakespeare, dont le personnage, le marchand Antonio emprunte de l'argent à l'usurier Shylock. Certain de pouvoir le rembourser, il signe un contrat où il autorise son créancier à lui prélever une livre de chair en cas de défaut de paiement.

Vérités et mensonges, 1975

Son dernier film, Vérités et mensonges (F for Fake) est une réflexion sur le cinéma, art de l'illusion, ainsi que sur les différentes techniques à mettre en œuvre. Son tout dernier travail

Filming Othello, 1978

Filming Othello, est réalisé pour la télévision, mais bénéficie d'une distribution en salles, fait rare mais dû à la personnalité et au prestige de son auteur. En 1982, il est le président de la cérémonie des César.

L'artiste

Acteur shakespearien génial et inspiré, scénariste inventif et puissant, réalisateur visionnaire et novateur, conteur magique d'histoires extraordinaires dans Vérités et mensonges, the wonder boy Orson Welles a su poser sur l'Amérique et la société moderne, sur le monde du spectacle et de la communication un regard lucide et sans complaisance. Son analyse du pouvoir des médias, dans Citizen Kane, n'a pas pris une ride. Et les dangers liés aux progrès de la science, cristallisés dans l'accident de George Amberson, dans son deuxième film, sont toujours d'actualité. Mais l'homme est avant tout un féru de littérature, de musique, de peinture et de théâtre. En 1958, venu présenter La Soif du mal en France, Orson Welles rencontre André Bazin, journaliste et fondateur des Cahiers du cinéma, à qui il accorde un long entretien qui est repris dans le livre que le critique consacre à Welles. Il parle des cinéastes qu'il admire : Marcel Pagnol, John Ford dont il a vu La Chevauchée fantastique une quarantaine de fois avant de réaliser son premier film, Vittorio de Sica, Kenji Mizoguchi, Sergueï Eisenstein, Charlie Chaplin, René Clair et David Wark Griffith. Mais il n'est pas tendre avec certains de ses pairs. Toujours dans l'entretien avec Bazin, il descend Roberto Rossellini, Nicholas Ray et Vincente Minnelli. Seul Stanley Kubrick trouve grâce à ses yeux. Du reste, il est possible de considérer Kubrick comme le meilleur disciple de Welles tant les deux artistes ont de points communs.

Sa carrière n'a pas été un long fleuve tranquille. Il a été obligé de batailler ferme pour mener à bien tous ses projets, qu'il s'agisse de théâtre ou de cinéma. Après 1946 et l'échec commercial cuisant du Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne, au théâtre, il a eu des ennuis avec le fisc. Mais il a également connu des moments heureux. Il a pu monter quelques pièces de Shakespeare en Angleterre. Visionnaire et audacieux, il a monté, à New-York, Macbeth et transposé l'histoire de l'Écosse brumeuse à l'île d'Haïti sous le règne du roi Christophe, en faisant jouer des acteurs noirs. Sa passion pour le grand dramaturge anglais ne s'arrête pas au théâtre et au cinéma : il réalise plusieurs adaptations radiophoniques qu'il sortira par la suite en disque.

Il a collaboré avec le groupe de heavy-metal Manowar en prêtant sa voix pour des narrations sur les titres Dark Avenger et Defender.

Shakespeare

Orson Welles dès son plus jeune âge entretient une relation privilégiée avec le dramaturge anglais. Dans les multiples entretiens qu'il accordait, il ne cessait de répéter que Shakespeare était le plus grand poète de tous les temps. Le choc, dans le plus beau et le plus noble sens du terme, entre les deux artistes ne pouvait déboucher que sur des chefs-d'œuvre. Avant même de faire du cinéma, Welles maîtrisait parfaitement le théâtre de Shakespeare: Richard III, monstre du théâtre du dramaturge anglais, était à son répertoire. En 1939, il produit Les cinq rois, où il refond plusieurs pièces, et le fait jouer par le Mercury Theatre. La consécration eut lieu dans les années 50, quelque temps après avoir terminé son adaptation de Othello. Grâce à l'aide de l'acteur Laurence Olivier, il put monter la pièce sur la scène du Saint James Theatre, le temple du théâtre élizabéthain. Le triomphe fut total. En 1956, à New-York, il a mis en scène Le roi Lear, au théâtre City Center, toujours avec le même succès.

Au cinéma, l'influence de Shakespeare se manifeste dès Citizen Kane : un roi de la presse, qui cherche à étendre son empire, doit essuyer plusieurs échecs sentimentaux, relationnels et professionnels qui le conduiront à la solitude et à la mort. Nous retrouvons dans ce premier film de nombreuses thématiques shakespeariennes: un roi solitaire, tentant en vain de concilier ambition, pouvoir et vie de famille, et devant faire face à la trahison. Celle de ses amis, mais aussi la sienne propre, car Charles Kane trahit sa profession de foi. Ce thème de la trahison, et de l'échec qui s'ensuit, va se retrouver tout au long de son œuvre, mais également de sa vie professionnelle. Il suffit de penser à It's all true et Don Quichotte : trahi par ses échecs commerciaux, le cinéaste a de nombreuses difficultés pour mener à bien ses projets.

Macbeth et Banquo rencontrant les trois sorcières

Les adaptations qu'Orson Welles réalise sont chacune différentes mais également fascinantes. Macbeth est composé majoritairement de plans séquences très longs. Le seul couronnement du roi dure près de dix minutes. Le cinéaste plonge le film dans des brumes, rappelant celles d'Écosse, afin de cacher la pauvreté des décors. À l'inverse, Othello est composé d'environ deux mille plans. Véritable prouesse technique de Welles qui interrompt son film pour le reprendre quelques mois plus tard, une fois les finances arrivées. C'est également le film où le thème de la trahison est sublimé : Othello est trompé par Iago qu'il croit être son ami, alors qu'en fait ce dernier ne sert que ses ambitions. Sa dernière adaptation est également grandiose puisqu'il s'agit de Falstaff, où il refond plusieurs pièces du dramaturge et fait de John Falstaff, personnage secondaire, presque un faire-valoir chez Shakespeare, un personnage de premier plan. La séquence de bataille est admirable, et le pachyderme Welles, très loin du jeune premier de Citizen Kane, incarne le bouffon mais sincère Falstaff, renié par son ami devenu roi.

Orson Welles, acteur

Il joua dans plusieurs films, notamment en France où il était très admiré : Paris brûle-t-il ? de René Clément, Si Versailles m'était conté et Napoléon de Sacha Guitry, avec qui il s'entendait à merveille. Les deux hommes avaient de nombreux points communs : hommes de théâtre et de radio, réalisateurs et acteurs, scénaristes de leurs propres films, ils possédaient le même humour noir et caustique.

Filmographie

Réalisateur

Courts métrages
Longs métrages

Acteur

Box-office américain

Documentaires pour la télévision

  1. L'Affaire Dominici (inachevé)
  2. Corrida à Madrid
  3. Saint-Germain-des-Prés
  4. Le Pays Basque
  5. La Pelote Basque
  6. Le Troisième Homme à Vienne
  7. Les Prisonniers de la Reine

Producteur

Anecdote

Orson Welles se serait inspiré du Roman d'un tricheur de Sacha Guitry[33] pour la plupart des effets de ses films (caméra subjective, voix-off, etc.).

Annexes

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Bibliographie

Ouvrages spécialisés :

  • André Bazin, Orson Welles, Paris, Éditions des Cahiers du cinéma. 2002. Réédition de l'étude réalisée en 1972 et préfacée par André S. Labarthe, avec ajout d'un texte de François Truffaut. Étude d'autant plus précieuse que le critique a pu s'entretenir avec Orson Welles qui venait à Paris pour présenter La Soif du mal.
  • Alain Bergala, Jean Narboni et Claudine Paquot, Orson Welles, Paris, Éditions des Cahiers du cinéma, 1986. Les auteurs ont rassemblé de nombreuses études critiques de différents numéros des Cahiers du cinéma, ainsi que des entretiens avec Orson Welles.
  • Jean-Pierre Berthomé et François Thomas, Orson Welles au travail, Paris, Éditions des Cahiers du Cinéma, 2006.
  • Maurice Bessy, Orson Welles, Paris, Seghers, coll. Cinéastes de notre temps, 1965.
  • Peter Bogdanovich. Moi, Orson Welles, Paris, Le Seuil, collection Points, 1997. Cet ouvrage est composé de plusieurs entretiens avec Peter Bogdanovich, réalisés à partir de 1968 et s'étendant sur 15 an. C'est sa seule véritable autobiographie.
  • Youssef Ishaghpour, Orson Welles, cinéaste, une caméra visible, Paris, La Différence, 2001. Monumentale monographie en trois volumes, 1984 pages.
  • Paolo Mereghetti, Orson Welles, Paris, Éditions des Cahiers du cinéma. collection Les grands cinéastes, 2007.
  • Peter Noble. Orson Welles le magnifique, Paris, Éditions Pierre Horay. 1957.
  • Danièle Parra et Jacques Zimmer, Orson Welles, Paris, Éditions Filmo 13. 1985.

Ouvrages généralistes :

  • Francis Courtade, Cinéma expressionniste, Paris, Henri Veyrier. 1984. L'auteur consacre un chapitre à analyser l'œuvre de cinéastes influencés par le courant expressionniste, parmi lesquels Orson Welles, Fritz Lang et Friedrich Wilhelm Murnau.
  • Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, 50 ans de cinéma américain, Paris, Omnibus. 2003.
  • Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma : les réalisateurs, Paris, Robert Laffont. 2003 (dernière édition).
  • Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma : les acteurs, Paris, Robert Laffont. 2004 (dernière édition).

Supports audio:

  • Il existe un CD audio édité en France qui restitue l'ensemble de l'émission La guerre des mondes de 1938 avec un épais livret de commentaires, dans la collection Les grandes heures de la radio (Phonurgia nova Éditions, Arles, France. 1989).

Interview télévisée :

  • Leslie Megahey, With Orson Welles, Story of a life in film, interview d'Orson Welles, où sa carrière est passée en revue, film par film. Diffusion en 1990. Ed. BBC TV 1989.

Articles connexes

  • Films réalisés par Orson Welles

Liens externes

Notes et références

  1. (en) Noel Botham, The Book of Useless Information: An Official Publication of the Useless Information Society, Perigee, 2006, 1re éd. (ISBN 978-0-399-53269-6) (OCLC 67922572) (LCCN 2006043282), p. 25 . Les cendres d'Orson Welles ont été répandu dans la finca Recreo de San Cayetano près de Ronda en Andalousie, qui appartenait au torero Antonio Ordóñez.
  2. En 1958 à l'exposition universelle de Bruxelles, le film a été classé en 6e place par un jury de critiques.
  3. « Pour moi, Kubrick est meilleur que John Huston. Je n'ai pas vu Lolita, mais je crois que Kubrick peut tout faire. Il possède un talent que n'ont pas Ray, Aldrich et les autres cinéastes de la génération précédente. C'est peut-être parce que son tempérament correspond davantage au mien ». Alain Bergala, Jean Narboni, Claudine Paquot, Orson Welles, Éditions Cahiers du cinéma, 1986, p. 47.
  4. Danièle Parra et Jacques Zimmer, Orson Welles. Éditions Filmo-13. Page 13
  5. a, b et c Danièle Parra et Jacques Zimmer, Orson Welles. Éditions Filmo-13. Page 15
  6. a et b André Bazin, Orson Welles. Éditions Cahiers du Cinéma. Page 49
  7. a et b Danièle Parra et Jacques Zimmer, Orson Welles. Éditions Filmo-13. Page 14
  8. Alain Bergala, Jean Narboni, Claudine Paquot, Orson Welles. Éditions Cahiers du Cinéma. Page 22
  9. Positif juillet-août, 1963. Traduit du Sunday Times par Jean-Claude Allais
  10. a et b Danièle Parra et Jacques Zimmer, Orson Welles. Éditions Filmo-13. Page 16
  11. a et b Alain Bergala, Jean Narboni, Claudine Paquot, Orson Welles. Éditions Cahiers du Cinéma. Page 41
  12. Orson Welles, page 27. Éditions Cahiers du Cinéma
  13. Orson Welles, page 57. Éditions Cahiers du Cinéma
  14. André Bazin, Orson Welles. Éditions Cahiers du Cinéma. Page 58
  15. Orson Welles, page 29. Éditions Cahiers du Cinéma
  16. a et b Danièle Parra et Jacques Zimmer, Orson Welles. Éditions Filmo-13. Page 17
  17. André Bazin, Orson Welles. Éditions Cahiers du Cinéma. Page 61
  18. André Bazin, Orson Welles. Éditions Cahiers du Cinéma. Page 61.
  19. André Bazin, Orson Welles. Éditions Cahiers du Cinéma. 2002. Page 61
  20. André Bazin, Orson Welles. Éditions Cahiers du Cinéma. Page 62
  21. Paolo Mereghetti, Les grands cinéastes : Orson Welles. Éditions Cahiers du cinéma. 2007. Page 17
  22. a et b André Bazin, Orson Welles. Éditions Cahiers du Cinéma. 2002. Page 62
  23. a, b et c Pierre Lagrange, La guerre des mondes a-t-elle eu lieu? Robert Laffont
  24. André Bazin Orson Welles. Éditions Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma. Page 68, chapitre: Hollywood 1939-1941. Le grand diptyque
  25. Paolo Mereghetti, Les grands cinéastes: Orson Welles. Éditions Cahiers du cinéma. 2007. Page 28
  26. Paolo Mereghetti, Les grands cinéastes: Orson Welles. Éditions Cahiers du cinéma. 2007. Page 33
  27. Les bobines des rushes furent retrouvées en 1985 et firent l'objet d'un documentaire : It's All True: Based on an Unfinished Film by Orson Welles, écrit et réalisé par Richard Wilson, Bill Krohn et Myron Meisel, en 1993
  28. André Bazin, Orson Welles. Éditions Cahiers du Cinéma. Page 25
  29. Orson Welles, le magnifique, de Peter Noble, repris dans Orson Welles de Danièle Parra et Jacques Zimmer. Éditions Filmo-13. Page 21
  30. Marcel Pagnol, Confidences, Éditions de Fallois, 1990
  31. Roger CORBEAU - Biographie
  32. Danièle Parra et Jacques Zimmer, Orson Welles. Éditions Filmo-13. Page 10
  33. Voir l'émission du samedi 14 novembre de La cellule de dégrisement sur France Inter


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