Felix Mendelssohn Bartholdy


Felix Mendelssohn Bartholdy
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Felix Mendelssohn Bartholdy
Félix Mendelsohnn en 1839 par James Warren Childe
Félix Mendelsohnn en 1839 par James Warren Childe

Nom de naissance Jakob Ludwig Felix Mendelssohn Bartholdy
Naissance 3 février 1809
Hambourg, Ville libre de la Hanse,
Flag of Hamburg.svg Hambourg
Décès 4 novembre 184738 ans)
Leipzig, Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe
Activité principale Compositeur, chef d'orchestre et pianiste
Style Musique romantique
Activités annexes Organiste, écrivain
Lieux d'activité Leipzig, Berlin
Maîtres Carl Friedrich Zelter
Ascendants Moses Mendelssohn
Conjoint Cécile Jeanrenaud
Famille Fanny Mendelssohn

Jakob Ludwig Felix Mendelssohn Bartholdy (plus couramment appelé Félix Mendelssohn) est un chef d'orchestre, pianiste et compositeur allemand du début de la période romantique, né à Hambourg le 3 février 1809 et décédé à Leipzig le 4 novembre 1847. Il est le petit-fils du philosophe Moses Mendelssohn.

Après des succès précoces en Allemagne, il voyage dans l'Europe entière et est particulièrement bien accueilli en Grande-Bretagne, où au cours de ses dix visites sont créées plusieurs de ses œuvres majeures. Contemporain de Liszt, Wagner et Berlioz son œuvre, très féconde pour sa courte vie de 38 ans (symphonies, concerti, oratorios, œuvre pour piano seul, musique de chambre…), témoigne de ses prodigieux dons musicaux. Sa notoriété actuelle ne repose néanmoins que sur quelques un de ses plus grand chef-d'œuvres : Le Songe d’une nuit d’été, sa Symphonie « écossaise », sa Symphonie « italienne », son Ouverture « Les Hébrides », son Concerto pour violon et son Octuor à cordes.

On lui doit par ailleurs la redécouverte de la musique baroque et surtout de Johann Sebastian Bach et Georg Friedrich Haendel, quasiment oubliés depuis leur mort. Il est notamment l'un des premiers compositeurs de son temps à renouveler l'art du contrepoint, ce qui lui vaudra parfois d'être considéré comme « le classique de romantiques ». Après une longue période de dénigrement relative due à l'évolution des goûts musicaux, l'antisémitisme du XIXe et du XXe siècle et l'interdiction par les nazis de jouer sa musique, il est redécouvert de nos jours et considéré comme un compositeur majeur de l'ère romantique.

Sommaire

Biographie

Le grand-père, Moses Mendelssohn, célèbre philosophe de l'Aufklärung, a acquis, par lettre royale, pour lui et sa famille, des droits civiques, auxquels les juifs n'avaient normalement pas accès. Cela lui permet de s'allier, par mariage, au milieu des affaires. Son fils, Abraham, le père de Felix, est un banquier berlinois prospère, qui finit par convertir sa famille au protestantisme. La maison des Mendelssohn à Berlin est un lieu de rencontre pour l'élite intellectuelle que fréquenteront, entre autres Hegel, Heine, et son premier maître de musique, Carl Friedrich Zelter. Felix et sa sœur Fanny se révèlent être des enfants prodiges en musique. A douze ans, en 1821, pour l'anniversaire de son père, il compose son premier opéra, les Deux Précepteurs, pièce qui ironise sur l'éducation rigoureuse qu'il reçoit. Pour autant, Mendelssohn ne se distingua pas pour ses opéras, mais plutôt pour sa musique symphonique, son œuvre pour piano, ses pièces religieuses et sa musique de chambre. Cette même année 1821, il rencontre Goethe, qui lui portera une grande admiration, déclarant notamment que ses facultés « tenaient du prodige »[1].

À seize ans, il a déjà composé ses douze symphonies pour orchestre à cordes, sa première symphonie, un octuor à cordes, ainsi que cinq concertos pour violon ou pour piano. Il joue avec sa sœur aînée Fanny Mendelssohn, également virtuose du piano, dont il restera très proche pendant toute sa vie.

Mendelssohn n'a pas fréquenté le gymnasium, mais il a reçu une éducation complète avec des précepteurs comme Karl Wilhelm Ludwig Heyse qui lui enseigne la philologie. Felix traduit et publie en 1825 une comédie de Térence. Il s'inscrit à l'université de Berlin en 1827. Il suit les cours de Hegel (Esthétique ou philosophie de l'art), d'Eduard Gans (droit et histoire contemporaine), Carl Ritter (géographie), Leopold von Ranke (histoire), Paul Erman et Martin Lichtenstein (zoologie). Il termine ses études au printemps 1829[2]. Il dirige au même moment une exécution de la Passion selon saint Matthieu de Johann Sebastian Bach qui fait époque dans le mouvement de redécouverte de la musique ancienne. Puis, toujours en 1829, il part pour un voyage en Angleterre et en Écosse. L'année suivante, il séjourne longuement en Italie et rencontre Hector Berlioz à Rome. Ces différents voyages vont lui inspirer plusieurs partitions : symphonie « Écossaise », ouverture les Hébrides, symphonie « Italienne ».

Directeur musical du Gewandhaus de Leipzig dès 1835, il est appelé dans les années 1840 à Berlin par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV afin de réorganiser la vie musicale de la cité. Il devient alors le compositeur européen le plus célèbre de son époque, notamment en Angleterre. À Leipzig, dans les années 1840, il se lie d'amitié avec le compositeur Robert Schumann qui voit en lui le « Mozart du XIXe siècle ». Il encourage d'autres compositeurs, tels Joseph Joachim Raff ou Niels Wilhelm Gade.

En 1837, il épouse Cécile Jeanrenaud, la fille d'un pasteur d'origine française. Il aura quatre enfants.

La mort de Fanny, le 14 mai 1847, lui cause un profond chagrin et lui inspire son dernier quatuor, op. 80. Le 28 octobre 1847, à Leipzig, il est pris de maux de tête très violents. Quelques jours plus tard, il est victime d’une nouvelle attaque et meurt le 4 novembre 1847, âgé seulement de 38 ans. Il est enterré à Berlin.

Musique

Parmi ses œuvres les plus célèbres, on peut citer le Songe d'une nuit d'été, le concerto pour violon en mi mineur op. 64, les symphonies no 1, no 3 dite « Écossaise » (en fait la 5e dans l'ordre de composition), et no 4 « Italienne » (3e dans l'ordre de composition), ainsi que quelques-unes de ses 64 romances sans paroles pour piano. Malheureusement la connaissance de Mendelssohn se limite bien souvent à ces œuvres, alors qu'il a composé nombre d'autres chefs-d'œuvre, ou du moins d'œuvres d'une très grande beauté. Parmi celles-ci, on trouve les variations sérieuses pour piano op. 54, véritable chef-d'œuvre de la composition pianistique du XIXe siècle et dans laquelle s'exprime tout le génie de Mendelssohn. D'autres œuvres maîtresses de Mendelssohn sont les deux trios avec piano op. 49 en ré mineur et op. 66 en ut mineur. Si la réputation du premier trio n'est plus à faire, en revanche le deuxième trio reste assez méconnu du grand public, alors qu'il est aussi beau, si ce n'est plus que l'opus 49, avec son premier mouvement d'une grande intensité dramatique, son scherzo endiablé typiquement mendelssohnien, et son final incluant un choral, à l'instar de la 5e symphonie, Réformation. Ces deux trios pour piano s'inscrivent entre ceux de Franz Schubert (et le magnifique op. 100) et ceux de Johannes Brahms, on y retrouve les mêmes sonorités que dans le concerto pour violon, celles d'un Mendelssohn au sommet de son art, plus profond, plus romantique, magnifique synthèse des acquis classiques et du romantisme allemand. Enfin, on peut aussi citer l'octuor à cordes op. 20, œuvre qu'il a composée à l'âge de seize ans, et qui reflète déjà une grande maturité, les sept quatuors à cordes, et plus particulièrement les quatuor op. 44 (trois quatuors) et op. 80, les deux concertos pour piano et grand orchestre op. 25 et op. 40, les sonates pour violon et violoncelle. Bien qu'il n'ait pas eu de succès avec ses opéras de jeunesse, Mendelssohn excelle également dans la musique vocale, ce qui est particulièrement sensbible dans le Songe, dans les Psaumes (le magnifique Ps. 42, Op. 42), la 2e symphonie et les oratorios Elias et Paulus.

Mendelssohn était considéré de son vivant comme le plus grand compositeur européen, et son grand ami Robert Schumann lui vouait une admiration sans borne. Il est sans aucun doute l'un des plus grands génies musicaux, aussi bien en tant que compositeur, que pianiste (c'était un formidable enfant prodige, à l'égal de Mozart et Saint-Saëns) et que chef d'orchestre, du XIXe siècle.

Le style musical de Mendelssohn, à la fois lyrique et très travaillé sur le plan formel (avec l'utilisation fréquente d'ostinato), cédant plus tard la place à l'emploi de dissonances et de contrastes incisifs, fait de lui l'un des compositeurs essentiels du XIXe siècle. Ses sonorités orchestrales sont toujours très colorées et raffinées, et il était devenu le maître du scherzo, toujours d'une grande vivacité (octuor, quatuors, trios, Songe d'une nuit d'été, la Première Nuit de Walpurgis, finals des concertos…).

On lui doit les redécouvertes de la Passion selon saint Matthieu de Jean-Sébastien Bach, de Georg Friedrich Haendel et de la 9e symphonie de Franz Schubert La Grande dont il dirigea la première exécution au Gewandhaus de Leipzig en 1839. Ses détracteurs lui reprochent parfois d'écrire une musique parfaitement correcte et policée, visant avant tout à rester dans le domaine du convenable, en évitant toute prise de risque. Son exemple n'en atteindra pas moins cependant une rare élégance, tant dans la reconnaissance des talents d'autrui, que dans l'extrême finesse de son style, obtenue par des moyens d'une grande sobriété.

Œuvres principales

Musique symphonique

Symphonies

Concertos

Musique de scène

Musique de chambre

Piano

Orgue

  • Prélude et fugue en do mineur, op. 37/1
  • Prélude et fugue en ré mineur , op. 37/3
  • Prélude et fugue en sol majeur , op. 37/2
  • Petites pièces (6) pour orgue , op. S52
  • Fantaisie en sol mineur , op. S53
  • « Wie gross ist des Allmacht'gen Gute », choral, prélude et variations , op. S54
  • Petites pièces (2) pour orgue , op. S55
  • Fugue en mi mineur , op. S56
  • Fugue en fa mineur , op. S57
  • Prélude en do mineur , op. S58
  • Petites pièces (4) pour orgue , op. S59
  • Pièces (2) pour orgue , op. S60
  • Choral en la bémol majeur , op. S61
  • Allegro en si majeur , op. S62
  • Andante alla marcia en si majeur , op. S63
  • Andante sostenuto en ré majeur , op. S64
  • Sonate no 1 en fa mineur/fmajeur , op. 65/1
  • Sonate no 2 en do mineur/majeur , op. 65/2
  • Sonate no 3 en la majeur , op. 65/3
  • Sonate no 4 en si bémol majeur , op. 65/4
  • Sonate no 5 en ré majeur , op. 65/5
  • Sonate no 6 en ré mineur/majeur , op. 65/6
  • Fugue en si majeur , op. S65
  • Choral en ré majeur , op. S66

Musique lyrique

  • Soldatenliebschaft, singspiel, MWV L 1 (1820)
  • Die beiden Pädagogen (Les Deux Précepteurs), singspiel, MWV L 2 (1821)
  • Die wandernden Komödianten (Les Comédiens en voyage), singspiel, MWV L 3 (1821/22)
  • Die beiden Neffen oder der Onkel aus Boston (L'Oncle de Boston), singspiel, MWV L 4 (1822/23)
  • Die Hochzeit des Camacho (Les Noces de Gamache, opéra-comique, op. 10, MWV L 5 (1824/25)
  • Die Heimkehr aus der Fremde (Lisbeth ou le Retour au pays), opéra-comique, op. 89, MWV L 6 (1829)
  • Loreley, opéra, op. 98, MWV L 7 (1847, inachevé)

Psaumes, chœurs

  • Psaume 42, op. 42, Wie der Hirsch schreit.
  • Lass o Herr, op. 98.
  • Ave Maria, op. 23.2, pour chœur mixte à 8 voix et solistes SSAATTBB.
  • Lauda Sion, op. 73 (1837). Séquence de la solennité du Corps et du Sang du Christ, sur le texte de saint Thomas d'Aquin. Parfois surnommé l'Elias latin, car composé en même temps que l'oratorio.
  • Verleih uns Frieden gnädiglich, sur un texte de Luther.

Discographie sélective

  • Intégrale des symphonies pour cordes, Concerto Köln – Teldec
  • Intégrale des grandes symphonies et des ouvertures, London Symphony Orchestra, Claudio Abbado (dir.) – DG
  • Intégrale pour quatuor à cordes, Artis Quartett – Accord (Diapason d'Or)
  • Concertos nos  1 et 2 pour piano, Rudolf Serkin (piano) Eugene Ormandy (dir.) – Sony
  • Concerto pour violon opus 64, Isaac Stern (violon) – Sony
  • Le Songe d'une nuit d'été, Otto Klemperer (dir.) – EMI
  • Paulus, par Philippe Herreweghe (dir.) – HM
  • Elias, par Wolfgang Sawallisch (dir.) – EMI
  • Romances sans paroles, par Daniel Barenboïm (dir.) – DG
  • Intégrale de l'œuvre pour orgue, Jean-Baptiste Robin (orgue) – Triton
  • Œuvres pour piano, Nikita Magaloff (piano) – Universal Music
  • Six Proverbes pour l'année liturgique : Pièces vocales & œuvres pour orgue, par le Chœur Sacrum, Andris Veismanis (dir.), Vincent Genvrin (orgue Walcker de la cathédrale de Riga (Lettonie)) - Éditions Hortus (5 Diapason)

Emprunts

On doit à Mendelssohn la très célèbre Marche nuptiale, extraite de la musique de scène du Songe d'une nuit d'été, aujourd'hui jouée à un grand nombre de mariages. Il est regrettable que, pour un public non averti, le Songe se réduise à cette marche, car elle n'est pas la plus représentative de l'ensemble. Jean-Paul Civeyrac dans son film Toutes ces belles promesses (prix Jean-Vigo 2003) a emprunté plusieurs œuvres de Felix Mendelssohn. La musique joue un grand rôle dans ce film qui illustre la vie d'une violoncelliste. Notons aussi l'utilisation du premier mouvement du concerto pour violon dans Les Visiteurs, film de Jean-Marie Poiré (ainsi que le dernier mouvement de la symphonie dite « Écossaise »).

Le Chant du printemps est souvent emprunté, pour ses premières mesures, par les dessins animés de la Warner Bros pour illustrer une image particulière, celle, par exemple, du méchant qui reçoit un coup de poing et des petits oiseaux qui se mettent à voler autour de sa tête alors qu'il est encore étourdi !

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Partitions gratuites

Notes et références

  1. Jérôme Bastianelli, Felix Mendelssohn, p. 53
  2. Hans Günter Klein, Mendelssohn Studien 16 (2009), 101-124.


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