Ecaussinnes


Ecaussinnes

Écaussinnes

Drapeau communal Écaussinnes
Le château-fort d'Écaussinnes-Lalaing
Belgium location map.svg
Écaussinnes
Armoiries Situation de la commune dans l'arrondissement de Soignies et la province de Hainaut
Géographie
Pays Flag of Belgium (civil).svg Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Flag of Hainaut.svg Province de Hainaut
Arrondissement Soignies
Coordonnées 50°34′N 04°10′E / 50.567, 4.167
Superficie
– Surface agricole
– Bois
– Terrains bâtis
– Divers
34,77 km² (2005)

71,09 %
2,25 %
19,54 %
7,12 %

Données sociologiques (source : statbel.fgov.be)
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
10.373 (1er janvier 2008)

48,24 %
51,76 %
298 hab./km²

Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
65 ans et +
(1er janvier 2008)

23,38 %
60,58 %
16,04 %

Étrangers 4,06 % (1er janvier 2008)
Économie
Taux de chômage 13,51 % (janvier 2009)
Revenu annuel moyen 13.030 €/hab. (2005)
Politique
Bourgmestre Béatrice Bulteau
Majorité EC.PLUS & ACé
Sièges
EC.PLUS
Acé
Pour Écaussinnes
21
10
1
10
Sections de commune
Section Code postal
Écaussinnes-d'Enghien
Marche-lez-Écaussinnes
Écaussinnes-Lalaing
7190
7190
7191
Autres informations
Gentilé Écaussinnois(e)
Zone téléphonique 067
Code INS 55050
Site officiel www.ecaussinnes.be

Écaussinnes (en wallon Les Scåssenes) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne, dans la province de Hainaut.

La commune se situe entre Nivelles, Braine-le-Comte et Mons.

Elle résulte de la fusion de trois villages :

C'est du fait de l'existence de ces trois villages que le nom d'Écaussinnes est au pluriel. D'ailleurs, il se dit : « Bienvenue aux Écaussinnes ».

Une rivière, la Sennette, traverse la commune.

Sommaire

Étymologie

Le nom d'Écaussinnes proviendrait d'un mot latin calcinae (fours à chaux), où la pierre calcaire est calcinée pour en faire de la chaux). Selon d'autres sources, il signifierait terres appartenant à un serf de skalkinas dérivé de skalka, serf en ancien germain.

Les appellations Écaussinnes-d'Enghien et Écaussinnes-Lalaing découlent du mariage en 1357 de Jeanne d'Écaussinnes, fille d'Oste d'Écaussinnes, avec Simon III de Lalaing ( près de Douai ), et de celui de leur fille Marie de Lalaing en 1384 avec Englebert d'Enghien, fondateur de la ville d'Enghien, qui avait acquis la seigneurie voisine de La Follie.

Le nom de Marche provient du latin marca (limite). Ce village se trouvait à la limite de l'ancien comté de Hainaut et du duché de Brabant.

Histoire

La création du village d'Écaussinnes n'est pas à ce jour datée.

La plus ancienne trace de la présence humaine dans l'entité est une hache polie en silex de Spiennes, datant d'environ 2250 ans avant Jésus-Christ,découverte en 1974 lors de travaux d'excavation à la carrière de Scouffleny.

Les travaux de construction du chemin de fer Bruxelles-Haine-Saint-Pierre ont permis la mise au jour sur le site de Combreuil d'une nécropole datant sans doute du Ve siècle de notre ère. C'est la plus ancienne preuve d'une vie en communauté aux Écaussinnes.

C'est en 751 qu'Écaussinnes est érigée en seigneurie. Le titre de seigneur d'Écaussinnes est attribué uniquement aux propriétaire de la seigneurie située sur la rive droite de la Sennette, qui deviendra au XIVe siècle Écaussinnes-Lalaing.

Une charte de 1199 place les Écaussines près de la Forêt Charbonnière, tandis que quatre siècles auparavant cette localité devait se trouver au centre de cette forêt: [1]

La "Follie", située sur la rive gauche, aurait appartenu à la famille de Rœulx, avant d'être vendue en 1365 à Englebert d'Enghien.

Le petit-granit et les carrières

Le petit-granit ou pierre bleue a fait la réputation d'Écaussinnes. Cette pierre, datant du Tournaisien (Carbonifère), s'est formée sous la mer il y a environ 350 millions d'années. Il ne s'agit pas d'un granite (roche magmatique), mais d'une roche sédimentaire, qui était appelée autrefois « Marbre de Ligny » (ou aussi « Écaussinnes »). Cette roche contient essentiellement des fossiles de crinoïdes[2] (des animaux de la même famille que les oursins), dont le squelette est composé de cristaux de calcite. Ces cristaux brillent comme le font les quartz dans les granites. C'est sans doute cette ressemblance qui est à l'origine de l'appellation « petit-granit ».

L'exploitation des gisements de pierre à Écaussinnes est très ancienne, comme en témoignent des documents datant du XIVe siècle. Mais c'est au XIXe siècle qu'elle prit son essor, avec l'arrivée de la vapeur qui permit de faciliter les travaux carriers de pompage, levage etc… C'est de cette époque que date le développement du quartier d'Écaussinnes-Carrières, poussé notamment par l'arrivée du chemin de fer en 1842. C'est aussi à partir de la fin du XIXe que commence à Écaussinnes l'immigration d'ouvriers carriers italiens, provenant de la région de Pietrasanta, Carrare et Seravezza (Toscane).

Après un siècle de prospérité vint le déclin et les fermetures. L'exploitation a cessé à Écaussinnes le 21 décembre 2004 avec la fermeture de la carrière Nocarcentre[3] (anciennement carrières de Restaumont[4]). Elle a repris en 2009 avec la création d'une toute nouvelle carrière au lieu-dit « Tellier des Prés »[5] aux limites d'Écaussinnes, Soignies et Braine-le-Comte.

À quelques pas de là, au bord de l'ancienne carrière de Nocarcentre, un centre de traitement des eaux d'exhaure des carrières de Soignies et de la carrière de Tellier des Prés est entré en service en 2007. Ce sont ainsi 13 millions de mètres cubes d'eau qui seront revalorisés pour approvisionner le zoning proche de Feluy et la Société Wallonne de Distribution d'Eau, et limiter ainsi les prélèvements dans la nappe phréatique.

Les carrières ont façonné le paysage écaussinnois, parsemé de trous inondés et de « tiennes ». Les anciennes carrières de Scouflény figurent à l'inventaire des Sites de Grand Intérêt Biologique de la Région Wallonne. Le Trou Barette et le Trou Rivière servent de réserve d'eau potable à la CIBE (Compagnie intercommunale bruxelloise des eaux).

Musique, arts et littérature

Quelques artistes sont passés par Écaussinnes dont Julos Beaucarne, figure emblématique de la chanson et de la littérature hennuyère, ainsi que d'autres personnalités fortes, telles que les peintres: [Henry Lejeune][1] et André Buzin, sont nées et, pour la plupart, vivent encore aux Écaussinnes.

Beaucoup d'autres groupes de musique émergent à Écaussinnes (The Dirty Bees, etc.). La société d'Arc-en-musique les promeut[6].

Les artistes écaussinnois sont très nombreux, et exposent leurs œuvres chaque année en septembre durant le week-end "Cité d'Arts".

Festivités et folklore

Écaussinnes: le Goûter Matrimonial.

Écaussinnes est surtout célèbre pour son goûter matrimonial[7] qui a lieu chaque année le lundi de Pentecôte, et ce depuis 1903. Il trouve son origine dans la tradition séculaire du mai qui était à l'époque toujours vivante à Écaussinnes: à l'origine, un jeune homme qui souhaitait déclarer sa flamme à une jeune fille plantait un mai (un petit arbre ou une branche) devant la maison de sa bien aimée. Par la suite, les jeunes se contentèrent de planter un seul mai par hameau. En remerciement, les jeunes filles offraient un goûter.

À l'occasion du mai de 1903, Marcel Tricot eut l'idée d'une farce et plaça près de l'église une affiche sur laquelle on pouvait lire: « Lundi 1er juin 1903 (Pentecôte) à 16 heures : Goûter monstre offert par les soixante jeunes filles à marier du centre de la commune. Étant délaissées par un grand nombre de nos concitoyens, nous prions les jeunes gens des environs à bien vouloir participer au dit Goûter, et espérons avoir sous peu le plaisir d'assister à de nombreux mariages ». Cette farce fut le point de départ de ce qui est devenu une tradition, et qui vaut à Écaussinnes le surnom de « Cité de l'Amour ». Durant le XXe siècle, d'autres goûters matrimoniaux virent le jour comme à Trazegnies, mais seul celui d'Écaussinnes subsiste encore.


Un festival de blues, le Spring Blues Festival[8] s'y tient annuellement depuis 1988. Sa réputation dépasse aujourd'hui largement les limites de la région et du pays. Il s'agit en fait d'un des premiers événements de blues européens.

À Marche-lez-Écaussinnes se déroule depuis 1960 l' Oberbayern[9] dont les réjouissances, organisées tout au long du mois d'août, attirent aujourd'hui plus de 25 000 personnes.

Notons aussi de nombreuses fêtes typiques des différents quartiers d'Écaussinnes telles que les ducasses de la Bassée, du Quartier, de l'Avedelle, des Marchous et du Platoit, le carnaval (premier week-end suivant Pâques) avec Les Marchous[10], Les Scaussinoûs, les Cayoteux, les Ladies et les «  Fonk à Touss », les fêtes de Pâques et de Noël au Quartier, la fête d'Halloween du grand sorcier Maurice du Kiosque, la balade à vélo, la balade pédestre et gastronomique «  De Ferme en Ferme », les Façades fleuries, les Féeries lumineuses, les Journées du Patrimoine en collaboration avec le CIHL, la fête des Musiques, les Rencontres européennes entre jeunes.

Ce qui fait dire aux habitants des communes limitrophes : «  Aux Écaussinnes, il se passe toujours quelque chose ».

Patrimoine et Tourisme

La tour-porche du château.

À Écaussinnes-d'Enghien se trouve le château de la Follie (XIVe siècle) occupé par les comtes de Lichtervelde. Il s'agit à l'origine d'une forteresse du XIVe siècle, transformée au XVIe en château de plaisance. Un festival de musique classique de haut niveau[11] y est organisé chaque année en juillet. Le Théâtre Royal des Galeries se produit dans le parc du château au mois d'août.

Marche-lez-Écaussinnes: l'église Saint-Géry.

La place d'Écaussinnes-Lalaing est dominée par le château-fort (XIIe siècle)[12] bâti par le comte Baudouin V de Hainaut, abritant un musée du verre et de la porcelaine, du mobilier, etc... et jouxté d'un splendide jardin-potager. Ce château a été construit sur une ancienne place romaine et remonte au Moyen Âge. Des animations y sont organisées par l'ASBL Médiévie.

Écaussinnes compte quatre églises:

  • L'église Sainte-Aldegonde d'Écaussinnes Lalaing (XVIe siècle), qui abrite notamment le mausolée de Michel de Croÿ (1516), la dalle funéraire de la sœur du célèbre peintre Rubens (1606), les mémoriaux des van der Burch (XVIIe siècle), l'Assomption de De Crayer (XVIIe siècle) et un orgue Cavaillé, unique en Hainaut, don d'Anna Boch.
  • L'église Saint-Géry à Marche-lez-Écaussinnes, reconstruite en 1531 sur les restes d'un bâtiment du XIIe siècle et agrandie en 1777. La voûte du chœur de style Gothico-Plantagenet est classée.
  • L'église Saint-Remy d'Écaussinnes d'Enghien, reconstruite en 1852 après la démolition en 1786 de l'édifice précédent (XVIIe siècle) gravement endommagé par la foudre. On peut y admirer le grand orgue construit en 1852 par les frères Louis et Florian Gheude, facteurs d'orgues à Nivelles, un retable du XVIe siècle relatant la vie de Saint Antoine l'ermite ainsi que le monument funéraire représentant Bernard d'Orley, seigneur de la Follie et son épouse Isabeau de Witthem, attribué au sculpteur Valenciennois Jean Mone (XVIe siècle).
Écaussinnes-Lalaing, la ferme du château.
  • L'église du Sacré-Cœur, construite en 1892, suite au développement du quartier des carrières, en plein essor à l'époque. La pierre bleue locale y occupe une place prépondérante, aussi bien dans la construction (colonnes, carrelage) que dans la décoration (maître-hôtel, chaire de vérité (offerte par les maîtres de carrières), bas-reliefs)

Écaussinnes compte également de nombreuses chapelles, dont la chapelle (classée) de Scoufflény (XIVe-XVIe siècle). Dédiée à Notre-Dame de Liesse, elle remonterait à la seconde moitié du XIVe siècle. Elle fut restaurée en 1971

Il faut également mentionner l'existence de plusieurs musées: le Musée de la vie locale (près de l'église Sainte-Aldegonde), le Musée du souvenir des guerres 1914-1918 et 1940-1945 (à Écaussinnes Carrières) et le Musée du château-fort.

Au cours d'une ballade dans le village, on pourra encore découvrir

  • le Pont des Douces Arcades (un ancien viaduc vicinal à douze arches rebaptisé à la sauce locale). Il fut construit entre 1914 et 1916 pour le passage d'un tram à vapeur qui devait relier Soignies à Nivelles. Aucun tram ne passa cependant sur ce pont, le projet de liaison ayant été abandonné après la Première guerre Mondiale.
  • la ferme du château ou ferme de la Basse-Cour,équipée de 4 tours rondes, qui fut la résidence de Simon du Parcq et de son épouse Blandine Rubens
  • le tunnel des amoureux (lieu mythique de la cité de l'amour), sentier bordé de murailles, longeant le château de la Follie
  • le Gouffre: un ancienne grésière, fermée en 1863, actuellement siège d'une association de pêche

Les alentours pittoresques peuvent être découverts en parcourant les sentier dit Val de la Sennette, ou l'ancienne ligne de chemin de fer 106 qui reliait jadis Écaussinnes à Clabecq, en passant par Ronquière.

Écaussinnes est une étape incontournable dans la visite du parc des Canaux et Châteaux[13].

Économie

Les principales industries d'Écaussinnes sont installées dans le zoning de Feluy, créé dans les années 1960-1970 par l'IDEA (Intercommunale de Développement Économique et d'Aménagement du territoire) et dont une grande partie est située sur le territoire d'Écaussinnes. Ce zoning est le second pôle pétrochimique de Belgique après celui du port d'Anvers.

La vie économique est aussi animée par une multitude de petites et moyennes entreprises dont

  • Les ateliers Debelle-ESTOM (anciennement les établissements G-A Wallem)
  • Les transports Vanreck
  • Les autocars Dessaintes
  • La brasserie d'Écaussinnes[14], qui a repris le brassage de l'ULTRA, qui avait disparu du paysage écaussinnois il y a plusieurs décennies. La brasserie est installée dans la ferme-château de Restaumont.
  • Les Ecuries d'Ecaussinnes SPRL[15], qui forment et préparent des chevaux de jumping de qualité mondiale.
  • Gare de Marche-lez-Écaussinnes
  • Gare d'Écaussinnes

Enseignement

Écaussinnes et Marche comptent plusieurs implantations d'écoles maternelles et primaires, tant de l'enseignement communal (école fondamentale communale mixte du sud[16], école fondamentale mixte Odenat Bouton au village et école fondamentale mixte à Marche) que de l'enseignement libre (école libre du Sacré-Cœur au Sud, école libre Saint-Rémy au village et école libre Saint-Géry à Marche).

L'École industrielle et commerciale d'Écaussinnes (EICE)[17] propose des formations en journée et en soirée dans des domaines aussi variés que l'informatique, la photographie numérique, les langues, l'habillement ou la gestion. L'origine de cette école remontre au 18 avril 1872, lorsque le conseil communal d'Écaussinnes-d'Enghien « considérant que bon nombre de pères de famille détournent leurs enfants de la profession de tailleur de pierre autrefois si respectée, à cause des habitudes d'ivrognerie qu'ils contractent aux carrières au contact d'hommes vicieux » décide de créer une école professionnelle et d'industrie pour l'enseignement du dessin, de l'architecture, de la géométrie, du modelage, de la coupe et de la taille de pierre.

Le Lycée technique et commercial provincial Soignies-Écaussinnes (LTC)[18] offre à Écaussinnes une section hôtelière, installée dans une ancienne « ferme-moulin ».

Personnages célèbres

  • Julos Beaucarne, artiste
  • Comte Gontran de Lichtervelde, diplomate, écrivain
  • Albert du Bois d'Enghien, poète, romancier, diplomate et militant wallon.
  • Marc Smoes, peintre et photographe
  • Fredy Taminiaux, sculpteur
  • Willy Taminiaux, homme politique
  • Johan Walem, footbaleur
  • Georges Auguste Wallem, industriel
  • Ernest Martel, homme politique

Citoyens d'honneur

  • Arsène Burny, chercheur, un des pères fondateurs du Télévie
  • Siou-Ling Tsien de Perlinghi, une femme d'origine chinoise, qui avait permis de sauver en 1944 une centaine d'habitants d'Ecaussinnes pris en otages par les nazis
  • Angelo Lazzerini, président des "Lucchesi nel Mondo" d'Ecaussinnes
  • Jules Regner, parachutiste SAS de 1942 à 1945.

Jumelages

La commune d'Écaussinnes est jumelée avec :

Elle est également associée avec

Lien externe

Notes et références

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