Charles Hernu


Charles Hernu
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Charles Hernu
CharlesHernu(cropped).jpg
Charles Hernu dans le Maryland.

Mandats
Maire de Villeurbanne
19771990
Prédécesseur Étienne Gagnaire
Successeur Gilbert Chabroux
Ministre de la Défense de la France
9e ministre de la Défense de la Ve République
22 mai 198120 septembre 1985
Président François Mitterrand
Gouvernement Mauroy I
Mauroy II
Mauroy III
Fabius
Prédécesseur Robert Galley
Successeur Paul Quilès
Biographie
Date de naissance 3 juillet 1923
Lieu de naissance Drapeau de la France Quimper (Finistère)
Date de décès 17 janvier 1990 (à 66 ans)
Nationalité Française
Parti politique PS

Charles Hernu, né le 3 juillet 1923 à Quimper et décédé le 17 janvier 1990 à Villeurbanne, est un homme politique français. Député-maire PS de Villeurbanne, il fut ministre de la Défense sous la présidence de François Mitterrand.

Sommaire

Biographie

Fils d'un gendarme franc-maçon[1], il a été élève de l'École primaire supérieure des Minimes, mais n'a obtenu aucun diplôme[2]. Sous le régime de Vichy, il rejoint les Chantiers de jeunesse[2], puis est délégué départemental à l'Information sociale du gouvernement de Vichy, dite « Propagande pétainiste ouvrière » (PPO). Cet engagement lui vaudra deux mois de prison à Grenoble pendant l'épuration[3] (il sera relativement épargné grâce à des relations maçonniques de son père dans la résistance[4]). Hernu niera plus tard ces activités, s'attribuant même un passé de résistant.

Après la guerre, alors que son passé est connu de peu de personnes[5], il adhère au Parti radical dont il est un cadre local dans la section du Rhône[2], et se fait initier à la franc-maçonnerie, au Grand Orient de France[6].

Partant pour Paris, il travaille en 1947 au Centre national du commerce extérieur (CNCE), et crée en 1953 le « Club des jacobins », proche de la gauche radicale et qui soutient Pierre Mendès France.

Le 2 janvier 1956, il est élu député du 6e secteur de la Seine (Aubervilliers, Saint-Denis, Montreuil, Vincennes), sous l'étiquette Front républicain. Après l’arrivée du Général de Gaulle au pouvoir, il perd son mandat de parlementaire.

En 1962, il rejoint le PSU, puis se rapproche de François Mitterrand : il sera le directeur de communication de la campagne du candidat socialiste lors de l'Élection présidentielle de 1965, secondé par son ami Jean-André Faucher. Il adhère ensuite à la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) puis au PS et devient, tout au long des années 70, le spécialiste des questions de défense au sein du Parti socialiste. Il crée en avril 1974 « le Coran », Convention des officiers de réserve pour l'armée nouvelle, qui fusionne ensuite avec la Commission de la défense du PS. Il devient le responsable de la politique du parti pour les questions militaires et nucléaires. Alors que le Programme commun de Gouvernement entre le PS et le Parti communiste, entre 1972 et 1978, puis, le Projet Socialiste de 1981 prévoyaient la renonciation à l'arme nucléaire par la France, Charles Hernu engage une réflexion, au sein du PS, qui conclut très rapidement à son maintien, avec le soutien tacite de Mitterrand et de Jean-Pierre Chevènement. Cette contradiction renforce Mitterrand sur sa droite et provoque des protestations de son aile gauche et des Verts.

En mars 1977, il est élu maire de Villeurbanne, dont il deviendra député l'année suivante.

En mai 1981, il devient ministre de la Défense après la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1981. Il est contraint à la démission en septembre 1985, suite à l'affaire du Rainbow Warrior, le dynamitage par les services secrets français d'un navire de GreenPeace en Nouvelle-Zélande.

Charles Hernu est réélu député du Rhône aux élections législatives en 1986 et réélu à celles de 1988.

Charles Hernu, à droite, en compagnie de Caspar Weinberger, secrétaire américain à la Défense, en janvier 1983 au Pentagone.

Le 17 janvier 1990, il meurt à 66 ans d'une crise cardiaque alors qu'il prononce une allocution.

L'Affaire du Rainbow Warrior

Le 10 juillet 1985, le navire de Greenpeace le Rainbow Warrior est dynamité dans le port d'Auckland en Nouvelle-Zélande par des agents de la DGSE. Cet attentat coûte la vie à Fernando Pereira, photographe néerlandais, d'origine portugaise. Le scandale du Rainbow Warrior éclate et entraîne sa démission deux mois plus tard. La plupart des observateurs s'accordent pour dire que Charles Hernu a servi à cette occasion de « fusible » pour de « plus hautes autorités » certainement informées de l'opération.

En 2005, le journal Le Monde publie des extraits d'un rapport daté de 1986 écrit par l'ancien chef de la DGSE, l'amiral Pierre Lacoste. D'après le quotidien, l'amiral Lacoste affirme que les espions français qui ont posé les bombes ont agi sous l'ordre de François Mitterrand lui-même. Pour être précis Lacoste déclare en mai 1985 : « il aurait rencontré le président Mitterrand pour lui faire part d'une action de « neutralisation » du navire de Greenpeace que le président aurait approuvée… Mais Lacoste ne prétend pas que Mitterrand en connaissait les détails… Seul Hernu savait… Mitterrand savait simplement sans en connaître les détails (le fait de poser une bombe) et la date mais en gros qu'une action allait être menée contre le Rainbow Warrior… Aurait-il accepté s'il en avait connu les détails ? Peut-être pensait-il naïvement que l'action serait la même qu'en 1973 à savoir un abordage ? »

Pour une raison encore inconnue, Jacques Chirac, qui connaissait l'implication du président, ne s'est pas servi de cette information contre lui lors de la campagne électorale de 1988. La raison en était probablement que la France ne disposait pas des capacités de simulation des essais nucléaires, qui auraient permis d'éviter les essais souterrains dans l'atoll de Moruroa. Jacques Chirac ne voulait probablement pas révéler ce retard technologique par rapport aux États-Unis. Dès son élection, le président Chirac a donc mis la priorité sur ces recherches.

Accusations d'espionnage

En 1996, le magazine L'Express publie une enquête selon laquelle Charles Hernu aurait été pendant dix ans durant la guerre froide, sous le nom de code « Dinu », un agent des services de renseignement soviétiques et des services satellites de l'URSS[7],[8]. Son fils, Patrice Hernu, a publié en 1997 un ouvrage (Affaire Hernu. Histoire d'une calomnie), qui dément ces affirmations reprises par Jean-Marie Pontaut et Jérôme Dupuis dans leur livre Enquête sur l'agent Hernu publié lui aussi en 1997 : les deux journalistes se réfèrent à des documents remis en 1992 à la DST par Mihaïl Caraman, alors chef des services secrets roumains et qui avait été en poste en France pendant onze ans jusqu'en 1969.

Le journaliste Vincent Nouzille révèle quant à lui, après l'étude des archives de la CIA couvrant la période de la Cinquième République jusqu'à 1981, que Charles Hernu aurait été un informateur de l'agence de renseignement américaine durant la fin des années 1960. La CIA aurait incité nombre d'opposants à Charles de Gaulle à informer les États-Unis sur la vie politique française[9].

ASVEL

Charles Hernu est président du club de basket-ball de l'ASVEL de 1988 à sa mort. Durant sa présidence, il engage Yvan Mainini, ancien arbitre international et futur président de la Fédération française de basket-ball, au poste de directeur général, avant de le remercier après quelques semaines seulement[10].

Mandats et fonctions

Fonctions gouvernementales

Ministre de la Défense dans les gouvernements suivants :

Mandat national

Mandat local

Postérité

  • La ville natale de Charles Hernu est Quimper, préfecture du Finistère. Une rue y porte son nom, à proximité du quartier de la Terre Noire.
  • Charles Hernu ayant été maire de Villeurbanne de 1977 à 1990, la ville a donné son nom à une place qui elle même a donné son nom à la station de métro Charpennes-Charles Hernu, qui est la première station des lignes A et B située sur la commune de Villeurbanne. Depuis janvier 1990, il existe également à Lyon une Place Charles Hernu, ce contre quoi un site libertaire d'informations locales (Rebellyon.info) a protesté[11].

Ouvrages

  • La Colère usurpée, Éditions CH, 1959 ;
  • Priorité à gauche, Denoël, 1969 ;
  • Soldat-citoyen. Essai sur la défense et la sécurité de la France, Flammarion, 1975 ;
  • Chroniques d'attente. Réflexions pour gouverner demain, Téma-éditions, 1977 ;
  • Villeurbanne, cité bimillénaire. 50 ans avant JC-1945, GAEV, 1977 ;
  • Nous... Les Grands, Press-Fernand Galula, 1980
  • Le Socialisme municipal (Bernard Meuret), Presses universitaires de Lyon, 1982 ;
  • Défendre la paix, JC Lattès, 1985 ;
  • Lettre ouverte à ceux qui ne veulent pas savoir, Albin Michel, 1987.

Bibliographie

Notes

  1. « Mitterrand et les francs-maçons, l'histoire secrète », Le Nouvel Observateur n°1537, 21 avril 1994
  2. a, b et c Biographie sur le site de l'Assemblée nationale
  3. Gilles Perez et alii, La Main Droite de Dieu. Enquête sur François Mitterrand et l'extrême-droite, Seuil, 1994, p.43
  4. Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre, Les Frères invisibles, Pocket, 2002, p.179
  5. Ses activités sous Vichy seront utilisées comme un argument électoral par le gaulliste François Gerbaud lors de l'élection législative de juin 1968 à Châteauroux, où Charles Hernu s'était présenté, et reprises par le journal Juvénal à la même époque (cf. La Main Droite de Dieux, op.cit. p.48)
  6. Gilles Perez, op.cit p.43
  7. « Comment Hernu est devenu agent du KGB » par Jérôme Dupuis, Jean-Marie Pontaut, Alla Chevelkina, et Philippe Coste, L'Express du 16 janvier 1997
  8. « Rémunéré par le KGB » par Jérôme Dupuis et Jean-Marie Pontaut, L'Express du 31 octobre 1996
  9. Vincent Nouzille, Des secrets si bien gardés : Les dossiers de la Maison-Blanche et de la CIA sur la France et ses présidents 1958-1981, Fayard, 450 p. (ISBN 2213636117) [lire en ligne (page consultée le 3 juillet 2009)] 
  10. "20 ans de basket pro" éditions BasketNews (2007) p.65
  11. Article sur le site Rebellyon.info, 20 septembre 2008

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