Nahuatl


Nahuatl
Nahuatl
Nāhuatlahtōlli, Māsēwallahtōlli, Mèxîkatlâtòlli
Parlée en Drapeau du Mexique Mexique
Drapeau du Salvador Salvador
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Nicaragua Nicaragua
Drapeau du Guatemala Guatemala
Drapeau du Canada Canada
Région Au Mexique : État de Mexico, District Fédéral, Puebla, Veracruz, Hidalgo, Guerrero, Morelos, Oaxaca, Michoacán et Durango.
Aux États-Unis : Arizona, Californie, Nouveau-Mexique et Texas (principalement)[1]
Nombre de locuteurs entre 1,45 million (2000)[2] et 2 millions[1]
Typologie VSO, agglutinante polysynthétique
Classification par famille
Statut officiel
Régi par Instituto Nacional de Lenguas Indígenas (en)
Codes de langue
ISO 639-2 nah
ISO 639-5 nah
IETF nah

Le nahuatl (ˈnaːwatɬ Écouter la prononciation en nahuatl), qui dérive probablement du mot « nāhuatlahtōlli » signifiant « parole claire, harmonieuse, qui rend un bon son »[3] mais peut aussi se traduire par « son divin » ou « langue des dieux », est un groupe de langues parlées dans plusieurs pays d'Amérique du Nord et d'Amérique centrale par les Nahuas (groupe ethnique dont les Aztèques et les Pipils faisaient partie). Le nahuatl reste en particulier la langue indigène la plus parlée au Mexique. Elle compte plus de 1,5 million de locuteurs[1], principalement dans certains États méridionaux : Puebla, Veracruz, Hidalgo et Guerrero. La grande majorité des personnes connaissant le nahuatl — à l'exception des personnes âgées — ont aussi une bonne connaissance de l'espagnol, qui a eu une forte influence sur le nahuatl contemporain. Le nahuatl est aujourd'hui composé de plusieurs dialectes dont certains ne permettent pas l'intercompréhension.

Le nahuatl appartient au groupe nahua de la branche méridionale de la famille uto-aztèque[4]. Il s'agit d'une langue agglutinante. C'est aussi une des très rares langues du monde à ne pas distinguer clairement les verbes des noms ; n'importe quel mot, en effet, peut jouer le rôle du prédicat : on dit de cette langue qu'elle est omni-prédicative.

Sommaire

Classification linguistique

Il appartient à la famille uto-nahua (uto-aztèque) et est parent des familles linguistiques corachol (cora, huichol), pimana (pápago, tepehuán y tarahumara, yaqui). Le nahuatl classique est apparenté avec le pochuteco (disparu), et aussi de manière plus éloignée avec les langues de la sous-famille corachol, situées au nord-est du foyer d'origine du nahuatl.

Selon un point de vue typologique il est une illustration intéressante de langue agglutinante, particulièrement dans la morphologie verbale et dans la formation du lexique.

Histoire

Origines

L'ancienneté de la langue ute, qui a donné naissance au nahuatl, remonterait à 5 000 ans, et serait donc comparable à celle de la famille indo-européenne. Son tronc commun serait partagé avec la famille kiowa des États-Unis et du Canada.

Le nahuatl est la langue originellement parlée par un des nombreux groupes ethniques du Mexique avant de s'étendre du XIVe au XVIe siècle comme lingua franca dans de plus en plus de territoires meso-américains. Les locuteurs du nahuatl arrivèrent dans la vallée de Mexico au milieu du premier millénaire de notre ère, probablement en provenance du nord-ouest (zone correspondant aux États mexicains actuels de Michoacán, Jalisco, Nayarit) : ils étaient les ancêtres des Aztèques. En 900, une nouvelle vague de peuples parlant le nahuatl pénétrèrent dans l'ère des grandes civilisations mèso-américaines. C'était une des langues parlées à Teotihuacán et c'était très probablement aussi la langue des Toltèques.

Époque postclassique

Le nahuatl était parlé dans de nombreux États du XIIe siècle : tecpanecas, tlaxcaltecas, xochimilcas, huexotzingas, acolhuas, texcocanos, cholultecas, etc.

Les Aztèques, ou Mexicas, qui fondèrent la ville de Mexico-Tenochtitlan vers le début du XIVe siècle, parlaient une variété du nahuatl central. Celle-ci se diffusa au fur et à mesure de la constitution de l'empire de la triple alliance aztèque au centre et au sud de ce qui est aujourd'hui le Mexique (México, Morelos, Hidalgo, Puebla, Veracruz y Guerrero).

Le nahuatl classique est donc la variété de nahuatl parlée au cœur de la triple alliance, à Mexico-Tenochtitlan.

Durant l'apogée de l'empire aztèque il existait des écoles et des académies, les « calmecac », dans lesquelles, entre autres activités culturelles, on enseignait à la jeunesse à bien parler, à mémoriser, à réciter, à chanter. Les jeunes enfants intégraient l'école à partir de l'âge de 6 ans pour un cursus obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans pour les garçons. Dans les temples existait une école de poésie et de chant au service des prêtres et de la noblesse. Les œuvres littéraires en nahuatl avant la conquête prennent la forme d'écriture en partie pictographique avec des éléments phonétiques, utilisés surement pour mémoriser les traditions orales.

Époque coloniale

Page 51 du livre IX du codex florentin. Le texte est en nahuatl retranscrit en écriture latine.

Le nahuatl fut sauvegardé, après la chute de Tenochtitlan en 1521, à des fins politiques par les missionnaires : l'énorme processus d'évangélisation des populations nahuas passa par l'utilisation du nahuatl.

L'utilisation, par les ecclésiastiques espagnols, de l'écriture latine pour retranscrire phonétiquement le nahuatl par écrit joua un rôle important dans la préservation de la langue et plus généralement de la culture nahuas. L'œuvre de Bernardino de Sahagún (1530-1590) eut une importance cruciale, véritable somme encyclopédique sur cette civilisation regroupant des recherches historiques, religieuses, des notes médicinales et des textes poétiques dans une grande variété de thèmes et de styles.

Le franciscain Juan de Zumarraga, premier évêque de Tenochtitlan, introduisit l'imprimerie en Nouvelle-Espagne qui permit la publication en nahuatl de la Doctrina cristiana breve traducida en lengua mexicana, de frère Alonso de Molina en 1546 bientôt suivie d'une grammaire en langue nahuatl par frère Andrés de Olmos (une grammaire postérieure de 1645 sert aujourd'hui de référence).

Époque moderne

Le nahuatl n'a cessé de se fragmenter en une multitude de dialectes.

Le renouveau du nahuatl comme langue vivante commence avec la révolution socio-politique de 1910, qui figure un réveil de l'identité indigène. Surgissent entre autres la Sociedad Pro-Lengua Náhuatl Mariano Jacobo Rojas et le Movimiento Confederado Restaurador del Anáhuac, le nahuatl est même proposé comme langue nationale. Ces associations, souvent petites, vont ainsi traduire l'hymne national mexicain en nahuatl tandis que des messes, des films (Yanco, Santo Luzbel), des commémorations de la mort du dernier souverain aztèque et enfin des revues (Mexikayotl - 1946, Mexikatl Itonalama -1950 ; In Amatl Mexicatlatoani -1975) vont être publiées dans cette langue qui reste néanmoins utilisée dans des cadres restreints chez les populations indigènes ou chez les universitaires.

Avec un million et demi de locuteurs, le nahuatl est la langue non européenne la plus parlée au Mexique. Cette réalité appelle une reconnaissance officialisée partiellement par l'article 2.B.II de la Constitution mexicaine, encourageant des politiques bilingues d'éducation. En mai 2007 le chef de gouvernement du District Fédéral Marcelo Ebrard impose le nahuatl comme langue obligatoire dans son district à partir de 2008.

En dehors du Mexique, le nahuatl perdure de manière très minoritaire au Nicaragua, au Guatemala et dans le sud des États-Unis. Au Salvador, la langue s'est quasiment éteinte après les massacres d'indigènes dus à l'insurrection paysanne de 1932.

Influence

L'influence aztèque aurait permis de faire rayonner le nahuatl de l'Aridoamérica jusqu'au Nicaragua.

Après l'annexion des territoires sous domination aztèque par les Espagnols, des mots nahuatl ont été importés dans les langues occidentales mais aussi aux Philippines, qui est une ancienne colonie espagnole.

Aux Philippines

Le nahuatl a été apporté aux Philippines pendant la colonisation espagnole par des travailleurs indigènes mexicains. Le tagalog s'est ainsi enrichi d'un lexique nahuatl, comme par exemple les mots kamote (camote, camotli), sayote (chayote, hitzayotli), atswete (achiote, achiotl), sili (chile, chili), tsokolate (chocolate, xocolatl), tiyangge (tianguis, tianquiztli) ou sapote (zapote, tzapotl).

En plus du tagalog, ce sont de nombreuses langues minoritaires des Philippines qui ont été influencées également sur le plan grammatical et dans de nombreuses expressions quotidiennes. Le Notre Père apparaît ainsi comme un mélange de castillan, de nahuatl et de langue locale.

Sur les langues occidentales

À partir du contact européen et des découvertes faites par ces derniers des mots nahuatl s'exportent. Le plus connu est le mot chocolat (xocolātl) qui provient de xocol-li 'chose acide' et ā-tl 'eau' .

Le français a emprunté par l'intermédiaire du castillan quelques mots au nahuatl comme « avocat/ahuacatl » (la plante), « chocolat/xocolatl », « coyote/coyotl », « ocelot/ocelotl », « peyotl », « teocalli », « cacahuète/tlal-cacahuatl », « copal », « cacao/cacahuatl », « tomate/tomatl » ou « haricot/ayacotl » (par croisement avec le verbe harigoter).

De la même façon, l'anglais a emprunté des mots au nahuatl le plus souvent via l'espagnol castillan ou en direct. Les deux plus importants sont sans conteste « chocolate /xocolatl » et « tomato /tomatl ». D'autres emprunts sont « avocado /ahuacatl »,« Aztec /aztecatl », « cacao /cacahuatl », « chicle /tzictli », « chile & chili /chilli », « coyote /coyotl », « ocelot /ocelotl ».

Au Mexique, l'espagnol (« castellano mexicano » ou « castillan mexicain ») courant, parlé et écrit, a emprunté au nahuatl, par le contact de cinq siècles et la nécessité locale, un beaucoup plus grand nombre de mots qui remplissent des dictionnaires (mexicanismes), comme il l'a fait pour d'autres dialectes ou langues (maya). Beaucoup de toponymes (noms de lieux) sont également tirés du nahuatl, notamment « Mexico /mexihco », « Guatemala /cuauhtēmallan », le volcan « Popocatépetl /Popōca tepētl  » ou la montagne qui fume.

Distribution et dialectes

Nombre de locuteurs nahuatl par État du Mexique.

Cette langue se parle dans les États de Guerrero, Hidalgo, Oaxaca, Puebla, Tlaxcala, Veracruz, San Luis Potosí, Michoacán, el Estado de México, Morelos y Durango ainsi qu'à Milpa Alta, Azcapotzalco, Xochimilco et autres zones proches de la Ciudad de México.

Les différents dialectes du nahuatl sont:

  • Náhuatl classique, est la variété de la vallée de Mexico parlé depuis le XVIe siècle qui comprend les populations de l'État de México, Morelos, Tlaxcala et Hidalgo.
  • Náhuatl central , parlé dans les États de México, Tlalpan, Milpa Alta, Azcapotzalco et du Nord de Morelos.
  • Náhuatl de l'isthme, parlé à Veracruz, Oaxaca, Tabasco et au Chiapas
  • Náhuatl del norte de Puebla, dans l'État de Puebla
  • Náhuatl del sur de Puebla
  • Náhuatl de Guerrero
  • Náhuatl de la Huasteca, dans l'état d'Hidalgo, au nord-ouest de Veracruz, au sud-est de San Luis Potosí, au nord de Querétaro.
  • Náhuatl de Durango, État de Durangoet Nord de Jalisco.
  • Náhuatl de Occidente, centre-sud de l'État de Jalisco
  • Náhuatl de Morelos (Tetelcingo)
  • Náhuatl de Tlaxcala, région occidentale du Volcán la Malintzi
  • Náhuatl Pipil, parlé au Salvador, Guatemala, Honduras et Nicaragua.

Écriture

Écriture préhispanique

Article détaillé : Écriture aztèque.

L'écriture nahuatle utilisait des pictogrammes et quelques idéogrammes. Ce système permettait de garder des traces écrites des généalogies, de données astronomiques, etc, mais ne permettait pas de représenter l'ensemble du vocabulaire oral. Le système d'écriture était donc moins développé que l'écriture maya.

Écriture romanisée

Les Espagnols introduisirent l'alphabet latin : le nahuatl est donc romanisé selon des usages propres à l'espagnol, mais quelques exceptions existent :

La notation suit les usages de l'API.

  • x est prononcé comme le digramme ch en français, soit [ʃ] ; cette lettre se prononçait à l'origine ainsi en espagnol, avant de se prononcer de façon similaire à la jota (valant [x]). Aujourd'hui le « x » se prononce comme en français sauf pour le nom de Mexico, d'origine nahuatl, qui a conservé cette prononciation ;
  • le digramme tl est une consonne unique. Il s'agit de l'affriquée latérale sourde [tɬ]. Ce type de son ne se trouve que dans très peu de langues européennes mais est très répandu dans les langues d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et du Caucase. En islandais existe cette consonne, qu'on écrit « ll ». Par exemple on prononce le mot islandais « bill » [bitl] et l'on retrouve ce son caractéristique des langues amérindiennes. En gallois existe une consonne proche, qui n'est pas affriquée mais fricative, notée par le digramme ll et valant [ɬ] ;
  • le digramme cu est une occlusive labiovélarisée [kw] ; on écrit ce son uc en fin de mot ;
  • hu se prononce [w] ; on écrit uh en fin de mot ;
  • un h après une voyelle, s'appelle « saltillo ». Hors dans le digramme hu, il note, selon les dialectes et le contexte vocalique, soit une occlusive glottale [ʔ] (le coup de glotte) soit une fricative glottale [h] soit encore la fricative palatale [ç] soit encore un simple allongement de la voyelle précédente.
  • z se prononce [s], son que l'on écrit c devant e et i ;
  • ll ne note pas le /l/ palatal espagnol, [ʎ], mais un /l/ long, [lː] ;

Consonnes

Articulation Labiale Alvéolaire Palatale Vélaire Glottale
Nasale m n      
Occlusive p t   k / ʔ / h
Affriquée   / ts    
Fricative   s ʃ    
Spirante w l j    

Voyelles

Vocalisation Frontale Centrale Arrière
Longue Courte Longue Courte Longue Courte
Haute i    
Moyenne e   o
Basse   a  

Phonologie

Le système phonologique du nahuatl compte huit voyelles : /a/, /e/, /i/ et /o/, longs ou brefs. Une transcription détaillée indique la quantité longue au moyen du macron : ā, ē, etc. ou (comme dans le tableau ci-dessus) au moyen des deux-points triangulaires de l’API : , .

L'accent tombe sur la pénultième, sauf au vocatif masculin.

Lexique

Exemples

Mot Traduction Prononciation standard
terre tlalla, xolal  
ciel ilhuicatl  
eau atl  
feu tletl, tlitl  
homme tlacatl  
femme cihuatl  
manger tlacua  
boire atli  
grand huei  
grenouille calatl  
petit tepiton  
nuit yahualli  
jour ilhuitl  
roseau acatl  
tortue ayotl  

Notes et références

  1. a, b et c Peter K. Austin, One thousand languages: living, endangered, and lost, University of California Press, 2008 (ISBN 0-520-25560-7) [lire en ligne], p. 198 .
  2. INEGI 2005:3
  3. (en) Frances Karttunen, An analytical dictionary of Nahuatl, p.157.
  4. Michael Ernest Smith, The Aztecs, Wiley-Blackwell, 2003 (ISBN 0-631-23016-5) [lire en ligne], p. 37 .

Annexes

Articles connexes

Liens externes


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