Teotihuacan


Teotihuacan
Cité préhispanique de Teotihuacan *
Patrimoine mondial de l'UNESCO
Vue sur la chaussée des Morts depuis la pyramide de la Lune
Vue sur la chaussée des Morts depuis la pyramide de la Lune
Coordonnées 19° 41′ 30″ N 98° 50′ 30″ W / 19.69167, -98.8416719° 41′ 30″ Nord
       98° 50′ 30″ Ouest
/ 19.69167, -98.84167
  
Pays Drapeau du Mexique Mexique
Subdivision État de Mexico
Type Culturel
Critères (i) (ii) (iii) (iv) (vi)
Numéro
d’identification
414
Zone géographique Amérique latine et Caraïbes **
Année d’inscription 1987 (11e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Teotihuacan (qui s’orthographie également Teotihuacán[1], avec un accent sur la dernière syllabe, même si cela ne correspond pas à la prononciation en nahuatl[2]), est un important site archéologique de la vallée de Mexico, contenant certaines des plus grandes pyramides méso-américaine jamais construites en Amérique précolombienne. Outre ses structures pyramidales, Teotihuacan est également connue pour ses grands complexes résidentiels, sa chaussée des Morts, et ses nombreuses peintures murales aux couleurs bien conservées.

La ville a sans doute été construite aux environs de 200 avant notre ère, et habitée jusqu'à sa chute entre les VIe et VIIe siècles. À son apogée dans la première moitié du Ier millénaire, à l'Époque classique, Teotihuacan était la plus grande ville de toute l’Amérique précolombienne. À ce moment, elle pourrait avoir compté plus de 200 000 habitants, ce qui la plaçait à l’époque parmi les plus grandes villes du monde. La civilisation et le complexe culturel associé au site sont également désignés sous le nom de Teotihuacan ou Teotihuacano.

Bien que la question de savoir si Teotihuacan était au centre d'un Empire soit sujette à débat, son influence en Mésoamérique est bien documentée ; la preuve de l’existence de la civilisation de Teotihuacan, au moins par sa puissance politique et économique, peut être constatée dans de nombreux sites de l’État de Veracruz et de la région maya. L'origine ethnique des habitants de Teotihuacan fait également débat. Parmi les candidats possibles, citons les groupes ethniques constitués par les peuples nahuas, otomi ou totonaques. Certains chercheurs ont également suggéré que Teotihuacan aurait été un État multiethnique. Des fouilles archéologiques ont en effet montré que Teotihuacan comportait des quartiers distincts pour les Zapotèques, les Mixtèques ou les Mayas. Selon le chroniqueur espagnol Juan de Torquemada, les Totonaques affirmaient qu'ils en étaient les bâtisseurs[3].

La cité se trouve à l'emplacement actuel des municipalités de San Juan Teotihuacán et de San Martín de las Pirámides, situées dans l'État de Mexico au Mexique, à environ 40 kilomètres au nord-est de la ville de Mexico et couvre une superficie totale de 82,66 km² (19°41′N 98°50′W / 19.683, -98.833).

Le site a été inscrit au patrimoine de l’UNESCO en 1987. C’est l'un des sites archéologiques les plus visités du Mexique.

Le nom de Teotihuacan désigne la cité, mais aussi une civilisation dont l'influence, à son apogée, s'étendait à la plus grande partie de la Mésoamérique.

Sommaire

Toponymie

Le nom original de la ville est inconnu, mais il apparaît dans les textes hiéroglyphiques de la région maya sous le nom de puh, ou « Lieu planté de roseaux[4] » Cela donne à penser que les Mayas de la période classique de Teotihuacan l’ont considérée comme un endroit où poussent des roseaux semblable à d'autres colonies de la période postclassique au centre du Mexique qui prirent le nom de Tollan, comme Tula et Cholula.

Cette convention de nommage a suscité beaucoup de confusion au début du XXe siècle, lorsque des chercheurs se sont demandé quelle ville, Teotihuacan ou Tula, était le Tollan décrit par les chroniques du XVIe siècle. Il semble maintenant clair que Tollan peut être compris comme un terme générique maya appliqué à n'importe quelle grande colonie. Dans le concept de l'urbanisme méso-américain, Tollan et ses équivalents dans d’autres langues servent de métaphore, associant les faisceaux de roseaux et de joncs qui faisaient partie de l'environnement lacustre de la vallée de Mexico à un grand rassemblement de personnes dans une ville[5].

Étymologie et traduction

Le nom de Teotihuacan est nahuatl, car il a été donné par les Aztèques plusieurs siècles après la chute de la ville.

Les sources divergent sur l'étymologie de ce nom. Sa traduction est souvent abrégée en « cité des dieux »[6],[7] car toutes les interprétations désignent un sanctuaire révéré[8] et identifient le suffixe locatif -can, généralement traduit par « lieu »[9], « endroit »[10] ou « cité »[6]. Cette translittération signifiant « lieu de naissance des dieux », refléterait les mythes de la création du monde des Nahuas qui en fixaient l’origine à Teotihuacan. Thelma Sullivan traduit ce nom par l’expression « cité de ceux qui contrôlent la route qui conduit aux dieux[11] ». Le nom se prononce te.oːtiːˈwakaːn en nahuatl, avec l'accent mis sur la syllabe wa. En nahuatl, selon les conventions orthographiques normales, un accent écrit n’apparaît pas dans cette position. Cette prononciation et la prononciation espagnole te.otiwaˈkan sont toutes deux utilisées, et les deux orthographes apparaissent dans cet article.

Certains auteurs se basent sur l'hypothèse que le radical est composé du verbe teotia et de la particule passive hua, et traduisent Teotihuacan par « lieu de divinisation » (teotia pouvant signifier « diviniser »)[9]. Une autre traduction classique est « lieu des adorations » ou « lieu d'adoration »[12] (d'après l'acception « adorer (un dieu) » de teotia)[13],[14].

Certains découpent davantage le mot en distinguant teo(tl) (dieu) de la ligature ti. Ils traduisent Teotihuacan par « l'endroit de ceux qui ont des dieux »[10] ou « lieu de ceux qui adorent des dieux »[8].

Une autre étymologie décompose le radical en teo(tl) et chihua (faire)[15]. Certaines traductions concordent avec cette interprétation : « lieu où un dieu est fait[16] », « lieu où se font les dieux[17] », « Là-où-se-font-les-dieux[18] » ou encore « lieu où les dieux naquirent[19] ».

Bernardino de Sahagún présente comme traduction une expression qui a fait fortune : « Le lieu où les dieux se réunirent ». En effet, dans la mythologie aztèque, c'est l'endroit où les dieux se réunirent pour créer le sixième soleil, celui de notre ère. La cité était également mentionnée sous le nom de Tollan, nom qui désignera des siècles plus tard la capitale toltèque Tula (Tōllān Xīcohcotitlān en nahuatl).

Histoire

Teotihuacan et d'autres sites importants de la période classique

Origines et fondation

L'histoire de la fondation de Teotihuacan est assez mystérieuse, et l'origine de ses fondateurs est débattue. Pendant de nombreuses années, les archéologues ont pensé qu'elle avait été construite par les toltèques. Cette croyance était fondée sur des textes de la période coloniale, comme le codex de Florence, qui attribuait le site aux Toltèques. Toutefois, le mot nahuatl « toltèque » signifie généralement « artisan du plus haut niveau » et ne peut pas se référer uniquement à la civilisation toltèque centrée sur Tula. De plus, la civilisation toltèque s’est épanouie des siècles après celle de Teotihuacan, ce peuple n'aurait donc pas pu être le fondateur de la ville.

Les premiers bâtiments de Teotihuacan ont été datés des environs de 200 d'avant notre ère. La plus grande pyramide, la pyramide du Soleil, a été terminée vers l’an 100 de notre ère[20].

La construction de la cité commença au Préclassique récent, vers -300. À cette époque, le bassin de Mexico comptait deux centres importants : Cuicuilco au sud-ouest du lac Texcoco et Teotihuacan au nord-est du lac. Lorsque, vers -50, le volcan Xitle ensevelit Cuicuilco, Teotihuacan devint le seul centre dominant de la vallée, s'accroissant probablement de la population déplacée par l'éruption. Ces colons pourraient avoir fondé ou accéléré la croissance de Teotihuacan[21]. La Pyramide du Soleil fut achevée en 150. La cité connut son apogée entre 150 et 450 de notre ère. Elle était alors le centre d'une civilisation importante. La cité s'étendait sur 30 km² et abritait une population de plus de 150 000, voire 200 000 habitants. Teotihuacan contrôlait les importants gisements d'obsidienne d'Otumba et Sierra de las Navajas. Elle était également un lieu d'échanges avec les autres entités politiques de Mésoamérique, notamment pour le commerce du jade, du copal, de l'onyx, de la résine aromatique de la côte du golfe du Mexique ou des plumes caudales du quetzal venues du pays maya.

D'autres chercheurs ont mis en avant le peuple totonaque comme fondateur possible de Teotihuacan. Il existe des preuves qu'au moins certaines des populations vivant à Teotihuacan venaient de zones influencées par la civilisation de Teotihuacan, y compris les peuples zapotèques, mixtèques et mayas. La culture et l'architecture de Teotihuacan ont été influencées par le peuple olmèque, qui est considéré comme la « civilisation mère » de la Méso-Amérique.

Apogée

La ville a atteint son apogée vers 450 de notre ère, lorsqu’elle se trouvait au centre d'une puissante culture dont l'influence s'étendait à travers une grande partie de la Méso-Amérique. À son apogée, la ville couvrait plus de 30 km² et abritait probablement une population de plus de 150 000 personnes, peut-être même 250 000[22]. Divers quartiers de la ville hébergeaient des populations venues de toute la région placée sous l’influence de Teotihuacan, s'étendant au sud jusqu'au Guatemala. À noter l’absence de toute fortification et structure militaire dans la ville.

La principale avenue centrale de la cité, l'« allée des morts » (Miccaotli en nahuatl), est aujourd'hui encore bordée d'une architecture cérémoniale impressionnante, comprenant les immenses pyramide du Soleil (la deuxième plus importante pyramide du Nouveau Monde après la grande pyramide de Cholula), pyramide de la Lune, le temple de Quetzalcoatl ou temple du Serpent à plumes et de nombreux palais et temples de moindre importance.

Plate-forme sur la chaussée des morts, un exemple du style architectural Talud-tablero

La nature des interactions politiques et culturelles entre Teotihuacan et les cités de la région maya (comme ailleurs en Méso-Amérique) a été, de longue date, un sujet de débats importants. L'essentiel des échanges et des interactions se sont produits au cours des siècles écoulés depuis la période préclassique tardive jusqu’au milieu de la période classique. Les « idéologies inspirées par Teotihuacan » et sa culture ont persisté dans les centres Maya au cours de la période classique tardive, longtemps après le déclin de la ville de Teotihuacan elle-même[23]. Cependant, les chercheurs débattent encore entre eux de l’importance de l'influence de Teotihuacan et de son étendue. Certains pensent que la cité a exercé une domination directe et militaire, d'autres que l'adoption de traits « étrangers » faisait partie d'une diffusion culturelle sélective, consciente et bi-directionnelle. De nouvelles découvertes suggèrent que Teotihuacan n'était pas très différente dans ses interactions avec d'autres capitales des empires plus tardifs, comme ceux des Toltèques et des Aztèques[24],[25]. On estime que Teotihuacan a eu une influence majeure sur la civilisation Maya préclassique et classique, très probablement par la conquête de plusieurs centres et régions Mayas, y compris Tikal et la région de Petén, et par son influence sur la culture maya.

Plaque de jade représentant un souverain maya retrouvée à Teotihuacan (British Museum)

Les styles architecturaux prédominant à Teotihuacan se retrouvent dans un certain nombre de sites méso-américains éloignés, ce que certains chercheurs ont interprété comme une preuve d'interactions profondes avec Teotihuacan ou d’une domination politique et militaire[26]. Un style particulier associé à Teotihuacan connu sous le nom de Talud-tablero, est une architecture dans laquelle une pente sur le côté extérieur d'une structure (Talud) est surmontée par une table rectangulaire (tablero). Les variantes de ce style générique se rencontrent dans un certain nombre de sites de la région maya, y compris Tikal, Kaminaljuyu, Copan, Becan et Oxkintok, en particulier dans le bassin de Petén et les hautes terres du centre du Guatemala[27]. Le style Talud-tablero a fait sa première apparition à Teotihuacan au début de l'époque classique et il semble avoir son origine dans la région de Tlaxcala-Puebla au cours de la période préclassique[28]. Des analyses ont retracé le développement des variantes locales du style Talud-tablero sur des sites comme Tikal, où son utilisation précède l'apparition au Ve siècle de motifs iconographiques partagés par Teotihuacan. Le style Talud-tablero s’est diffusé dans toute la Méso-Amérique, à partir de la fin de la période préclassique, et non pas spécifiquement, ou seulement, par le biais de l’influence de Teotihuacan. On ne sait pas comment, ni à partir d'où, le style s’est propagé dans la région maya[29].

La ville était un centre d'industrie qui abritait de nombreux potiers, bijoutiers et artisans. Teotihuacan est connue pour avoir produit un grand nombre d’artefacts en obsidienne. On ne connaît aucun texte non idéographique de cette ville existant ou ayant existé. La cité est toutefois mentionnée sur certains monuments mayas, montrant que la noblesse de Teotihuacan voyageait et contractait des alliances matrimoniales avec les potentats locaux jusqu'à Copán dans l'État actuel du Honduras. Des inscriptions mayas font référence à un individu surnommé par les archéologues « Spearthrower (= propulseur, atlatl, arme caractéristique de Teotihuacan) Owl (= chouette) », qui serait un dirigeant de Teotihuacan ayant régné près de 60 ans et qui aurait imposé ses parents comme rois de Tikal et Uaxactun[30] (dans l'État actuel du Guatemala). Ces relations étaient réciproques : on a retrouvé à Teotihuacan des objets provenant de la zone maya. Plus éclairant encore : l'analyse isotopique de trois squelettes retrouvés récemment dans une tombe de la Pyramide de la Lune a permis de déterminer qu'ils étaient originaires des Hautes-Terres mayas[31].

La majeure partie de ce que l'on peut savoir de la civilisation de Teotihuacan provient des peintures murales qui ornent le site et d'autres, telles les peintures murales de Wagner, qui se trouvent dans des collections particulières et les inscriptions hiéroglyphiques des Mayas décrivant leurs rencontres avec les conquérants de Teotihuacan. La réalisation de peintures murales, peut être des dizaines de milliers, a atteint son apogée entre 450 et 650 de notre ère. L'art de ces peintres est resté unique en Mésoamérique. Il a été comparé à celui des peintres de la Renaissance à Florence[32].

Effondrement

On croyait initialement qu'aux alentours des VIIe-VIIIe siècles, la ville avait été mise à sac et brûlée par des envahisseurs, probablement des Chichimèques. Cependant, des fouilles plus récentes semblent indiquer que l'incendie de la cité s'est limité aux structures et habitations associées avant tout à la classe dirigeante. Les taudis et les districts plus pauvres ne furent presque pas touchés. Beaucoup affirment désormais que c'est la preuve que l'incendie a été provoqué par une émeute à l'intérieur de la ville et que la théorie de l'invasion est inexacte. En effet, comme les premiers travaux archéologiques se sont focalisés sur les palais et les temples, lieux fréquentés par les élites, et que tous ces sites montraient des traces d'incendie, les archéologues en ont conclu que l'ensemble de la cité avait brûlé. Cependant, il apparaît à présent que la destruction de la cité s'est limitée aux symboles du pouvoir : certaines statues semblent avoir été méthodiquement détruites et leurs fragments dispersés.

Des indices de déclin démographique au début du 6ème siècle tendent à confirmer l'hypothèse de troubles internes. Le déclin de Teotihuacan a pu être mis en corrélation avec de longues périodes de sécheresse liées aux changements climatiques en 535-536 de notre ère. Cette théorie du déclin écologique s’appuie sur des vestiges archéologiques qui montrent une augmentation du pourcentage des squelettes d’adolescents porteurs d’indices de malnutrition au cours du VIe siècle. Cette constatation n'est pas incompatible avec l'une des théories ci-dessus, puisque la guerre et les troubles internes peuvent également avoir augmenté les effets d'une période de sécheresse et de famine générale[33]. D’autres cités situées à proximité comme Cholula, Xochicalco et Cacaxtla se sont affrontées pour combler le vide laissé par le déclin de la puissance de Teotihuacan. Il est possible qu’ils se soient alliés contre Teotihuacan pour réduire son influence et son pouvoir. L'art et l'architecture de ces sites imitent le style de Teotihuacan, mais démontrent également un mélange éclectique de motifs et d'iconographies provenant d'autres parties de la Méso-Amérique, en particulier de la région maya.

Les défenseurs de la théorie de l'invasion s'appuient sur des peintures murales de Cacaxtla, parmi lesquelles on a trouvé une peinture de bataille représentant le glyphe de Teotihuacan sur une pyramide en flammes, symbole d'une cité conquise en Mésoamérique. Cela voudrait dire qu'il y eut une attaque contre Teotihuacan menée par les habitants de Cacaxtla. Cependant il n'était pas rare à l'époque que des potentats s'attribuent faussement une victoire.

Chronologie du site

Principaux sites associés à la cité de Teotihuacan.

Plusieurs phases peuvent être distinguées[34] :

  • phase Patlachique (100 av. J.-C. jusque 1 apr. J.-C.) : occupation de 4 à 6 km² ;
  • phase Tzacualli (1-150 apr. J.-C.) : début de la construction de la chaussée des Morts, des pyramides du Soleil et de la Lune ; la ville occupe une superficie de 17 km² ;
  • phase Miccaotli (150-250 apr. J.-C.) : construction de la pyramide du Serpent à plumes et de la Citadelle ; tracé d'un axe est-ouest au niveau de la Citadelle ; la ville atteint son expansion maximale : elle occupe 22,5 km² et aurait compté environ 45 000 habitants ;
  • phase Tlamimilolpa (250-450 apr. J.-C.) : production artistique avec un haut degré esthétique ; construction de la pyramide adossée à la Pyramide du Serpent à plumes et de l'édifice des Conques emplumées ; relations avec la zone maya et la côte du Golfe du Mexique ; la population est estimée à 65 000 habitants ;
  • phase Xolalpan (450-650 apr. J.-C.) : diffusion des traits culturels de Teotihuacan à travers toutes la Mésoamérique ; construction des complexes habitationnels, religieux et administratifs de Tetitla, Yayahuala, Atetelco, Tepantitla, Xolalpan, Tlamimilolpa ; augmentation de la surface d'occupation de 20,5 km² ; la population est estimée à 85 000 ;
  • phase Metepec (650-750 apr. J.-C.) : déclin : la population ne compte plus que 70 000. Au cours de la phase Oxtipac qui suit, elle chute à 2 000 habitants.

Civilisation de Teotihuacan

Origine ethnique

Des preuves archéologiques suggèrent que Teotihuacan était une ville multi-ethnique, avec des quartiers distincts occupés par les Otomi, les Zapotèques, les Mixtèques, les Mayas et des peuples nahuas. Les Totonaques ont toujours prétendu que c’était eux qui l'avaient construite. Les Aztèques ont colporté cette histoire, mais elle n'a pas été corroborée par les découvertes archéologiques.

En 2001, Terrence Kaufman a présenté des preuves linguistiques, suggérant qu'un important groupe ethnique de Teotihuacan était apparenté sur le plan linguistique à la famille des langues totonaques et /ou mixe-zoque[35]. Il utilise ce fait pour expliquer l’influence générale des langues totonaques et mixe-zoques sur beaucoup d'autres langues méso-américaines, dont les locuteurs n'avaient pas eu de contacts antérieurs connus avec l'un des groupes mentionnés ci-dessus. D'autres chercheurs soutiennent que le plus grand groupe ethnique représenté était celui des Otomis, parce que la langue otomi est connue pour avoir été parlée dans la région de Teotihuacan à la fois avant et après la période classique[36].

Une peinture murale représentant un personnage qui a été identifié comme étant la grande déesse de Teotihuacán

Religion

La religion de Teotihuacan était similaire à celle des autres cultures méso-américaines. La plupart des dieux, qui y étaient vénérés étaient les mêmes notamment le Serpent à plumes (le dieu aztèque Quetzalcoatl) et le Dieu de la pluie (le dieu aztèque Tlaloc)[37]. L'architecture qui prédominait dans les cités était la pyramide. La politique était fondée sur la religion d'État, les chefs religieux étaient des chefs politiques[38].

Les Teotihuacans pratiquaient les sacrifices humains: des corps d’hommes et d'animaux sacrifiés ont été découverts lors des fouilles des pyramides de Teotihuacan. Les spécialistes croient que les populations offraient des sacrifices humains dans le cadre d'une consécration, lorsque des bâtiments étaient agrandis ou construits. Les victimes étaient probablement des guerriers ennemis capturés au combat et emmenés dans la cité pour le sacrifice rituel destiné à assurer la prospérité de la ville[39]. Certains hommes étaient décapités, certains avaient le cœur arraché, d'autres étaient tués par plusieurs coups frappés sur la tête, et certains étaient enterrés vivants. Des animaux qui étaient considérés comme sacrés et représentaient les pouvoirs mythiques et militaires étaient également enterrés vivants, emprisonnés dans des cages : le couguar, le loup, l'aigle, le faucon, le hibou, et même des serpents venimeux[40].

Site archéologique

Maquette de Teotihuacan. Au centre, l'Allée des Morts qui en constitue l'axe nord-sud avec à son extrémité la pyramide de la Lune, à droite la pyramide du Soleil

Le souvenir des ruines imposantes de Teotihuacan n'a jamais été perdu. Après la chute de la ville, différents occupants ont vécu sur le site. Au temps des Aztèques, un pèlerinage se dirigeait vers la cité en ruines qui était considéré dans la mythologie aztèque comme l'endroit où aurait été créé le soleil et était identifiée au mythe de Tollan. Teotihuacan a étonné les conquistador espagnols au cours de la période qui a suivi la conquête. Dès le XVIe siècle, les chroniqueurs espagnols s'y intéressèrent, notamment Bernardino de Sahagún, qui décrit ainsi ses principaux édifices :

« De Tamoachan, les nouveaux colons [aztèques] allaient faire des sacrifices au lieu appelé Teotihuacan où ils élevèrent deux monticules en l'honneur du soleil et de la lune... [Ils] sont comme des montagnes élevées à main d'homme. On les dirait naturels quoiqu'ils ne le soient pas. »

Teotihuacan, qui était déjà un des lieux les plus visités du Mexique au XIXe siècle, demeure une destination prisée des touristes. Un musée y a été ouvert. Depuis 1987, le site de Teotihuacan est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Fouilles et recherches

Vers 1675, un érudit mexicain, Carlos de Sigüenza y Gongóra procéda à des fouilles, qui préfiguraient l'archéologie scientifique. Au début du XIXe siècle, le grand voyageur Alexandre von Humboldt lui consacre un passage assez détaillé dans son ouvrage Les sites des Cordillères.

Des fouilles archéologiques furent menées à partir de 1864, notamment par le Français Désiré Charnay. En 1905, de plus importants projets de fouilles et de restauration commencèrent à l'instigation de Léopold Batres. En 1910, pour célébrer le centenaire de l' indépendance du Mexique, la Pyramide du Soleil fut restaurée. Les fouilles de la Ciudadela ont été menées dans les années 1920, sous la supervision de Manuel Gamio. D'autres parties du site ont été fouillées dans les années 40 et 50. Le premier projet de fouilles d'ensemble et de restauration du site a été mené par l’INAH de 1960 à 1965 sous la direction de Jorge Acosta. Il a eu pour objectifs le dégagement de la chaussée des morts, la consolidation des structures qui le composent, et l'excavation du Palais de Quetzalpapalotl. Des fouilles archéologiques continuent de nos jours afin d'améliorer la connaissance de la civilisation de Teotihuacan. Parmi les travaux majeurs sur le site figure le Teotihuacan Mapping Project : à partir de 1962, sur la base de photographies aériennes et de relevés topographiques, René Millon entreprend de dresser une carte à l'échelle de 1/2000 de la cité, qui demeure la référence en la matière.

Lors de la création d'un spectacle son et lumière en 1971, les intervenants ont découvert l'entrée d'un tunnel et un réseau de grottes sous la Pyramide du Soleil[41]. Bien que les chercheurs aient longtemps pensé qu'il s'agissait d'une grotte naturelle, les études les plus récentes ont établi que le tunnel avait été entièrement creusé par l’homme[42]. L'intérieur de la pyramide du Soleil n'a jamais été entièrement fouillé.

En 1980-1982, un autre programme de fouilles et de restauration important s’est déroulé à la Pyramide du Serpent à plumes et au complexe de la chaussée des morts. Plus récemment, une série de fouilles de la pyramide de la Lune a considérablement élargi la connaissance des pratiques culturelles.

Disposition du site

Masque lithique en pierre découvert à Teotihuacan, IIIe-VIIe siècle

Le site archéologique de Teotihuacan couvre une superficie de 25 km2, dont seuls 2 % ont fait l'objet de fouilles systématiques[43]. Il est orienté nord-sud avec une déviation de 15° 50' vers l'est. Une théorie avance que cela est dû au fait que le soleil se levait selon ce même angle pendant la même journée d’été chaque année. Les colons utilisaient l'alignement pour calibrer leur perception du temps ou comme marqueur pour la plantation des cultures ou pour accomplir certains rituels. Une autre théorie serait qu'il existe de nombreux sites antiques en Méso-Amérique, qui semblent être orientés vers la plus haute montagne d’une zone donnée. Cela semble être le cas à Teotihuacan, bien que la montagne vers laquelle la cité est orientée ne soit pas visible de l'intérieur du complexe de Teotihuacan en raison d'une étroite crête de montagne[44]. Des cercles de croix placées dans la ville et la région proche indiquent comment les gens ont réussi à maintenir la trame urbaine sur de longues distances. Il leur a également permis d'orienter les pyramides vers la montagne lointaine qui était hors de vue. Sous la forme qui se présente à nous, la cité est divisée en quatre quadrants par deux grandes artères qui se coupent à l'emplacement de la « Citadelle » et du « Grand Ensemble ». D'un point de vue religieux, cette disposition constitue un cosmogramme, c'est-à-dire la représentation symbolique du monde sur un plan horizontal, ici à l'échelle d'une ville, avec en son centre un bâtiment qui en constitue le pivot, l'axe vertical. On retrouve une telle disposition à Tenochtitlan, la capitale des Aztèques.

La ville est dessinée à partir d'un axe central, l'« allée des Morts » (traduction de son nom nahuatl Miccoatli) qui traverse le site du nord au sud sur une perspective d'environ quatre kilomètres et d'environ quatre-vingt dix mètres dans sa plus grande largeur, avec au nord la « pyramide de la Lune », au sud le quadrilatère de la « Citadelle » et à mi-chemin, la plus haute structure de la ville, la « pyramide du Soleil ». De part et d'autre de l'« allée des Morts » se dressent de nombreux temples consacrés aux dieux secondaires.

Pyramide du Soleil

Article détaillé : Pyramide du Soleil.
Pyramide du Soleil

À l'origine de sa construction se trouve une grotte d'origine volcanique longue d'une centaine de mètres[45]. Il convient de rappeler que les grottes jouent un rôle important dans les religions mésoaméricaines : elles sont un symbole de fertilité, le lieu d'émergence de l'homme, mais aussi un accès à l'inframonde, celui de la mort. Le soin avec lequel cette cavité a été aménagée témoigne de l'importance que les Teotihuacanos lui attachaient. La pyramide du Soleil, construite au-dessus de la grotte, comporte cinq degrés en talus. Haute de 65 mètres, elle forme approximativement un carré de 225 mètres de côté, dont le volume totalise plus d'un million de mètres cubes. La pyramide du Soleil est la deuxième en taille du Nouveau Monde, après la Grande Pyramide de Cholula) et la pyramide de la Lune. Contrairement à beaucoup d'autres pyramides mésoaméricaines, elle a, pour l'essentiel, été construite d'un jet. Son avant-corps constitue la principale adjonction ultérieure. Le temple qui occupait son sommet a disparu.

Allée des Morts

Peinture murale du complexe de Tepantitla représentant un joueur de balle

Parallèlement à la façade ouest de la pyramide du Soleil court l'artère principale de Teotihuacan, que les Aztèques appelaient déjà Miccaotli : l'Allée des Morts, car ils croyaient que les monuments qui la longeaient étaient des tombeaux[46]. A présent, les chercheurs ont établi qu’il s’agissait de plates-formes cérémonielles (de style Talud-tablero) complétées par des temples. Sa largeur peut varier considérablement, de 40 à 95 mètres. Elle est entrecoupée de marches et de paliers. On pense que certaines sections de l'Allée des Morts auraient pu servir de terrains de jeu de balle : en effet, bien qu'il existe des témoignages — essentiellement des peintures murales — que le jeu était bien pratiqué à Teotihuacan, on n'a jamais retrouvé de terrain semblable à ceux d'autres régions de la Mésoamérique[47].

Pyramide de la Lune

Pyramide de la Lune

Vers le nord, l'allée des Morts mène à la pyramide de la Lune haute de 46 mètres[48], derrière laquelle se profile un ancien volcan, le Cerro Gordo. Devant l'édifice se trouve la place de la Lune, longée par des plates-formes qui répondent à une symétrie rigoureuse.

Les fouilles menées en 1998 ont permis de vérifier que, contrairement à la pyramide du Soleil et à l'instar de nombreuses autres pyramides mésoaméricaines, elle est le résultat de la superposition de plusieurs monuments : les archéologues ont dénombré pas moins de sept phases de construction[49]. En creusant des tunnels dans la pyramide, les archéologues Subiro Sugiyama et Rubén Cabrera Castro ont découvert une tombe correspondant à la quatrième phase. Elle contenait le corps d'un individu probablement sacrifié accompagné d'un dépôt d'offrandes : objets divers en jade, obsidienne, pyrite ainsi que des restes d'animaux, notamment des pumas et un loup qui auraient été enterrés vivants. Quatre autres individus auraient été sacrifiés lors de cinquième phase : la position de leurs mains semble indiquer qu'elles auraient été liées dans le dos. Esther Pasztory a émis l'hypothèse que la pyramide du Soleil était dédiée à la « Grande Déesse » de Teotihuacan, tandis que la pyramide de la Lune aurait été dédiée au « Dieu de l'Orage », mais reconnaît volontiers que ce pourrait être l'inverse, ou même ni l'un ni l'autre.

Il a été établi que ces pyramides successives ont été érigées tous les 52 ans, cycle qui correspond au retour du calendrier religieux (260 jours) sur les mêmes jours du calendrier terrestre (365 jours)[50].

Citadelle

Maquette de la Citadelle
L'intérieur de la Citadelle avec le temple de Quetzalcóatl
Décor sculpté du temple du Serpent à Plumes
Quelques-uns des squelettes retrouvés sous et autour de la Pyramide du Serpent à plumes

En empruntant l'allée des Morts vers le sud, à l'intersection avec la grande artère est-ouest, se dresse un immense complexe que les archéologues appellent « la Citadelle ». L'ensemble occupe une surface de 160 000 m² et forme une enceinte de 400 mètres de côté, qui lui donne l'apparence d'une citadelle, bien qu'elle n'ait aucune fonction de défense. L'enceinte délimite une esplanade au fond de laquelle se dresse le Temple du Serpent à Plumes, parfois encore appelé temple de Quetzalcoatl. Il est flanqué de deux complexes d'habitations. Le temple du Serpent à Plumes est une pyramide à sept degrés en talud-tablero, construite vers 150[51]. Par la suite, on lui a adjoint sur sa façade occidentale un avant-corps (adosada en espagnol) qui, en dissimulant ce côté de la pyramide, assurait la préservation de son décor, les autres côtés ayant été volontairement détruits. Cette décoration en haut-relief des talud-tableros, est spécifique à Teotihuacan[52]. Les talus sont ornés de serpents à plumes ondulants. Sur les panneaux verticaux des têtes de reptiles jaillissant d'une collerette de plumes alternent avec des sculptures difficilement définissables, d'allure géométrique. À cause de leurs « yeux cerclés », elles ont souvent été identifiées[53] — à tort[54] — avec la divinité aztèque Tlaloc. L'archéologue Saburo Sugiyama les considère comme des représentations de coiffures. De nombreux auteurs parlent de « coiffures de Serpents guerriers[55] ». Le Temple du Serpent à plumes est la dernière des grandes structures à avoir été édifiées à Teotihuacan[56]. Elle a requis la mise en œuvre de moyens considérables : chaque tête de serpent, fixée par un tenon, ne pèse pas moins de quatre tonnes. À l'époque de sa splendeur, ces sculptures étaient peintes, comme on peut l'apprécier sur la reconstitution présentée au musée national d'anthropologie de Mexico.

Lors des fouilles effectuées à la fin du XXe siècle, on a découvert sous et autour de la pyramide un grand nombre de squelettes. Dans leur majorité, il s'agit d'individus jeunes, de sexe masculin, dont la position des mains, croisées derrière le dos, semble indiquer qu'elles étaient liées et qu'il s'agit de victimes de sacrifices humains[57].


Un tunnel vieux de 2 000 ans et de 100 m de long a été découvert sous le temple aztèque du Serpent à plumes [58]; il conduit à une série de galeries et chambres qui sont taillées à même la roche[59]. Ce tunnel avait été détecté en 2003.

Menaces liées au développement

Le site archéologique de Teotihuacan est menacé par la pression du développement. En 2004, le gouverneur de l’État de Mexico, Arturo Montiel, a donné l’autorisation à Wal-Mart de construire un grand magasin dans la troisième zone archéologique du site[60]. Selon Counterpunch.org, « des artefacts inestimables découverts au cours de la construction du magasin auraient été transportés par camion dans une décharge locale et les travailleurs les auraient brûlés quand le carnage a été révélé à la presse ».

Plus récemment, Teotihuacan est devenu le centre d’une controverse à propos de Resplandor Teotihuacano[61], un spectacle son et lumière qui, selon Statesman.com « prévoyait de grandes structures métalliques, 2500 projecteurs et trois kilomètres de câbles[62] ».

Chronologie

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Grande déesse de Teotihuacan
  • Balberta, un partenaire commercial de Teotihuacan sur la côte Pacifique du Guatemala
  • Cerro de la Estrella, une grande pyramide dans le style de Teotihuacan maintenant englobée par la ville de Mexico
  • Liste de pyramides Méso-américaines
  • Montana, une colonie de Teotihuacan sur la côte Pacifique du Guatemala

Galerie

Références

Notes

  1. Archéologie et arts précolombiens : La Mésoamérique
  2. Emmanuel Noyola, « ¿Teotihuacan o Teotihuacán? », dans Letras Libres, janvier 2010 [texte intégral] .
  3. Michael D. Coe & Rex Koontz, Mexico from the Olmecs to the Aztecs, Thames & Hudson (5e édition), p. 119
  4. Mathews and Schele (1997, p. 39).
  5. Miller and Taube (1993, p. 170)
  6. a et b Laurette Séjourné, Teotihuacan, métropole de l'Amérique, Maspero, 1969, 318 p.  
  7. Historia sinóptica de México: De los Olmecas a Salinas, Editorial Diana, 1993  
  8. a et b Miguel León Portilla, De Teotihuacán a los aztecas: Antología de fuentes e interpretaciones históricas, [[Université nationale autonome du Mexique|Université nationale autonome du Mexique]], 1983,  p. (ISBN 9685805938) [lire en ligne] 
  9. a et b Birgitta Leander, Herencia cultural del mundo náhuatl, SepSetentas, 258 p.
    « composé du verbe teotia (diviniser), de la particule passive -hua et du locatif -can » (chap. Toponímicos).
     
  10. a et b Jacqueline de Durand-Forest, Danièle Dehouve et Éric Roulet, Parlons nahuatl: la langue des Aztèques, L'Harmattan, 2000, 346 p. (ISBN 2738485456).
    « Teotihuacan = l'endroit de ceux qui ont des dieux » (p.292).
     
  11. Millon (1993, p. 34)
  12. Janet Catherine Berlo, Art, ideology, and the city of Teotihuacan, Dumbarton Oaks, 1992 (ISBN 0884022056), p. 359 
  13. Léon Douay, Nouvelles recherches philologiques sur l'antiquité américaine, J. Maisonneuve, 1900, p. 57 .
  14. Rémi Siméon, Diccionario de la lengua nahuatl o mexicana, Siglo XXI, 2006 (ISBN 968230573X), p. 490 .
  15. Nahuatl, cours de Genaro Medina Ramos : « Teo-tihua-can : teotl (dios) + chihua (hacer) + can (lugar) ⇒ Teo-tihua-can (un lugar donde se endiosa a uno) » (p. 53).
  16. Dictionnaire de la langue nahuatl classique
  17. Eduardo Matos Moctezuma, Teotihuacan. La cité des dieux, CNRS Editions, p. 9
  18. Antonio Aimi, Les Mayas et les Aztèques, Hazan, 2009, 246 p. 
  19. F. Bernardino de Sahagún, Histoire générale des choses de la Nouvelle-Espagne, FM/La Découverte, p. 69, note de bas de page.
  20. Millon (1993, p.24)
  21. Éric Taladoire & Brigitte Faugère-Kalfon, Archéologie et art précolombiens : la Mésoamérique, École du Louvre, p. 51
  22. Malmström (1978, p. 105) gives an estimate of 50,000 to 200,000 inhabitants. Coe et al. (1986) says it "might lie between 125,000 and 250,000."
  23. Braswell (2003, p. 7)
  24. Mexico's Pyramid of Death, National Geographic, 2006. Consulté le 2008-02-26
  25. Sacrificial Burial Deepens Mystery At Teotihuacan, But Confirms The City's Militarism, ScienceDaily, 2004. Consulté le 2008-02-26
  26. See for example Cheek (1977, passim.), who argues that much of Teotihuacan's influence stems from direct militaristic conquest.
  27. Laporte (2003, p. 205) ; Varela Torrecilla and Braswell (2003, p. 261).
  28. Braswell (2003, p. 11)
  29. Braswell (2003, p. 11) ; for the analysis at Tikal, see Laporte (2003, p. 200–205)
  30. Simon Martin & Nikolai Grube, Chronicle of the Maya Kings and queens, Thames & Hudson, p. 31
  31. Virginia M. Fields & Dorie Reents-Budet (Éd.), Lords of Creation: The origins of Sacred Maya Kingship, Scala publishers Ltd, 2005, p. 235
  32. Davies, p. 78.
  33. Kaufman (2001, p.4)
  34. Eduardo Matos Moctezuma, Teotihuacan. La cité des dieux, CNRS Éditions, p. 82-87
  35. Terrence Kaufman, "Nawa linguistic prehistory", SUNY Albany
  36. Wright Carr, David Charles, « El papel de los otomies en las culturas del altiplano central 5000 a.C - 1650 d.C », dans Arqueología mexicana, vol. XIII, no 73, 2005, p. 19  (es)
  37. Coe (1994), p. 101.
  38. Sugiyama: 111
  39. Coe (1994), p. 98.
  40. Sugiyama: 109, 111
  41. Heyden (1975, p. 131)
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  43. Kathleen Berry & Esther Pasztory (Éd.), Teotihuacan. Art from the City of the Gods, Thames & Hudson, p. 118
  44. Teotihuacan History
  45. Susan Toby Evans, Ancient Mexico and Central America. Archeology and Cultural History, Thames & Hudson, p. 255
  46. Kathleen Berry & Esther Pasztory (Éd.), Teotihuacan. Art from the City of the gods, Thames & Hudson, p. 159
  47. Henri Stierlin, L'Art aztèque et ses origines, Éditions du Seuil, p. 43
  48. Crónica Del Undécimo Congreso Internacional de Americanistas, BiblioBazaar, LLC, 2009, chapitre XXIII, « La excursión a Teotihuacán », p.165 (ISBN 111367265X).
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  50. Teotihuacan, citée des Dieux - Connaissances des arts, musée du quai Branly - Paris, 2009 - (ISSN 1242-9198) - page 8.
  51. Éric Taladoire & Brigitte Faugère-Kalfon, op. cit., p. 113
  52. Kathleen Berrin & Esther Pasztory, op. cit., p. 76
  53. Henri Stierlin, L'art aztèque et ses origines, Seuil, 1986, p. 40
  54. Mary Miller & Karl Taube, The gods and symbols of ancient Mexico and the Maya, Thames & Hudson, p. 162
  55. Michael D. Coe & Rex Koontz, op. cit., p. 108 ; Mary Ellen Miller, L'Art précolombien, la Mésoamérique, Thames & Hudson, 1997, p. 70 ; Antonio Aimi, Les Mayas et les Aztèques, Hazan, 2009, p. 250
  56. Michael D. Ce & Rex Koontz, op. cit., p. 108
  57. Saburo Sugiyama, Human Sacrifice, Militarism, and Rulership: Materialization of State Ideology at the Feathered Serpent Pyramid, Teotihuacan, Cambridge University Press, 2005, p. 109
  58. http://www.sur-la-toile.com/article-11057-Un-tunnel-trouve-sous-un-temple-au-Mexique.html
  59. http://universes-in-universe.org/eng/art/america/mexico/tour/teotihuacan_tunnel
  60. Ross, John : The World's Most Remarkable Buildings Under Threat, Counterpunch.org Weekend Edition (27 février-1er mars 2009).
  61. http://www.resplandorteotihuacano.com/
  62. Schwartz, Jeremy : Light and sound show threatens to damage Teotihuacan pyramids, Statesman.com (8 janvier 2009).

Bibliographie

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(en)Webmoor, Timothy, « Reconfiguring the Archaeological Sensibility: Mediating Heritage at Teotihuacan, Mexico », dans Symmetrical Archaeology [2005–, collaboratory directors T. Webmoor and C. Witmore], Stanford Humanities Lab/Metamedia, université Stanford, 2007 [texte intégral [online digital publication,] (page consultée le 2008-06-02)] 

Liens externes en anglais

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