Bataille des Thermopyles
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38°48′0″N 22°32′0″E / 38.8, 22.53333

Bataille des Thermopyles
Léonidas aux Thermopyles (Jacques-Louis David).PNG

Léonidas aux Thermopyles, par Jacques-Louis David (1814)
Informations générales
Date -480
Lieu Thermopyles
Issue Victoire perse
Belligérants
Sparte
Athènes, Thèbes
Thespies et Phocée
Perse
Commandants
Leonidas Ier Xerxès Ier
Forces en présence
7 000[1] 300 000[2]
Pertes
1 500 morts 20 000 morts
Guerres médiques
Batailles
Ladé • Marathon • Thermopyles • Artémision • Salamine • Platées • Mycale • Eurymédon
Cette boîte : voir •

La bataille des Thermopyles en -480 oppose une alliance des cités grecques à l'empire achéménide. C'est l'un des plus célèbres faits d'armes de l'histoire antique. L'armée grecque (7 000 fantassins et aucun cavalier) avec une flotte de 271 trirèmes en soutien, tenta de retenir la grande armée perse du Grand Roi Xerxès Ier (250 000 fantassins, 50 000 cavaliers et 1 200 trirèmes) à l'entrée du défilé des Thermopyles qui commande l'accès de la Grèce centrale, le long de la mer Égée.

Suite à une manœuvre de contournement, pris sur leurs arrières, la plupart des Grecs abandonnèrent la bataille, et seuls les 300 hoplites spartiates commandés par le roi Léonidas Ier, ainsi que 700 soldats des cités de Thèbes et de Thespies, décidèrent de combattre jusqu'au sacrifice, malgré une infériorité numérique prononcée, pour laisser aux Grecs le temps d'organiser leur défense.

Le courage et le sacrifice des mille Spartiates, Thébains et Thespiens sont devenus légendaires et ont été repris maintes fois par la culture populaire. Cette bataille deviendra l'emblème de la résistance grecque à l'envahisseur, car grâce à elle, et malgré la prise d'Athènes par les Perses, les Grecs purent conserver leur indépendance, après leurs triomphes à Salamine, le 22 septembre -480, et à Platées, en -479.

Au sommet du Kolonós, théâtre de l'ultime résistance spartiate, sur lequel fut érigé le mausolée, une inscription du poète Simonide de Céos (-556, -467), commémore cette action : « Passant, va dire à Sparte qu’ici nous sommes morts pour obéir à ses lois. »

Sommaire

L'invasion perse

Article principal : Guerres médiques.
Carte du monde grec pendant les guerres médiques (v. -500/-479)

Le « grand roi » Perse, Xerxès, fils de Darius Ier, ne voulait pas subir une nouvelle défaite contre les Grecs, comme son père à Marathon, dix ans plus tôt. Après quatre ans de préparation minutieuse, il parvint à réunir une armée considérable. La Grèce du Nord, terrifiée, plia sous le choc et se rendit.

Selon le célèbre historien Hérodote, les forces perses engagées dans les guerres médiques à cette période dépassaient les cinq millions d'hommes. Au début du vingtième siècle, un officier britannique, Sir John Frederick Maurice, se fondant sur la topographie du terrain et le relevé des ressources d'eau potable des divers cours d'eau et rivières en Grèce, conclut qu'il est impossible qu'une armée beaucoup plus nombreuse qu'environ 200 000 personnes et 70 000 animaux ait pu bivouaquer aussi longtemps[3]. Il estime qu'Hérodote aurait confondu les termes perses « chilliarchie » (10 000) et « myriarchie » (1 000), évaluant ainsi les forces comme étant dix fois plus importantes qu'elles ne l'étaient. En conséquence, Maurice évalue à environ 210 000 hommes et 75 000 animaux les forces perses présentes à la bataille des Thermopyles (Maurice, 1930).

L'historien Nicholas Geoffrey Lemprière Hammond estime quant à lui les forces navales perses présentes quelques mois plus tard (en septembre -480) à la bataille de Salamine à environ 408 000 hommes réparties sur 4 800 navires de guerre (Hammond, N. G. L. 2000).

Le congrès de Corinthe

Mouvements

Les préparatifs perses ne sont évidemment pas passés inaperçus et un congrès des différentes cités grecques se réunit à Corinthe à la fin de l'automne -481. Pour une fois, les intérêts immédiats de Sparte et d'Athènes se confondent. Athènes craint la vengeance des Perses pour ses succès antérieurs et Sparte constate que sa grande rivale dans le Péloponnèse, Argos, est contactée par les envoyés de Xerxès.

Toutes les grandes cités grecques, si l'on excepte Cyrène, Argos, Syracuse, Corcyre et Phocée, envoient des représentants au temple de Poséidon à Corinthe. Sparte, en tant que cité la plus puissante, préside le congrès. Une réconciliation générale intervient, comme par exemple entre Athènes et Égine, et 31 cités s'engagent par serment dans une ligue défensive contre les Perses et préparent des contingents de soldats. Le commandement des troupes est confié à deux Spartiates, le roi Léonidas Ier pour les fantassins et Eurybiade pour la flotte grecque. Mais durant l'hiver -481/-480, les Grecs tergiversent sur le plan de campagne et ne peuvent s'opposer à la conquête de la Thessalie par les troupes perses au printemps -480[Ce passage est contradictoire].

Les Grecs choisissent alors en août, tandis que les Perses envahissent la Piérie, une position défensive très forte aux Thermopyles qui commandent l'accès à la Béotie et à la Grèce centrale. Quant à la flotte, elle s'installe au nord de l'Eubée en un lieu nommé l'Artémision afin d'empêcher la flotte perse de contourner cette position. En effet, les Perses, pour garder le contact avec leur flotte, doivent emprunter la seule route importante qui passe par les Thermopyles (les « Portes chaudes », à cause des sources thermales qui s'y trouvent). Là, entre le golfe Maliaque et la montagne, l'étroite chaussée passe dans un défilé dont certains passages n'excèdent pas vingt mètres de largeur et est, de plus, barrée par les vestiges d'un mur construit en zigzag. Enfin, les marais sont nombreux et forment un obstacle supplémentaire.

Entre les 6 000 hommes environ dont dispose Léonidas et la flotte d'Eurybiade (avec Thémistocle à la tête du contingent des navires athéniens, de loin le plus nombreux), les liaisons sont constantes.

La tempête de l'Artémision

Article détaillé : Bataille de l'Artémision.

Les troupes de Xerxès font mouvement vers le sud. Les fantassins quittent la cité de Therma, traversent la Thessalie, et arrivent treize jours plus tard dans la plaine trachinienne (entre la vallée de l'Asopos et la cité d'Anticyre). La flotte perse s'élance une dizaine de jours après, afin que l'arrivée des troupes terrestres et navales soit conjointe. Eurybiade, devant l'ampleur de la flotte perse, quitte l'Artémision et longe le canal d'Eubée pour occuper l'étranglement de Chalcis, laissant Léonidas à la merci d'un débarquement sur ses arrières. Mais cette manœuvre, si elle n'apparaît pas très audacieuse, encourage les Perses à progresser plus au sud que prévu et à mouiller au cap Sépias, près d'une côte rocheuse et escarpée où ils ne peuvent hâler leurs navires sur la terre ferme et où la profondeur des eaux empêche de nombreux navires de s'amarrer solidement. Une violente tempête de trois jours va détruire environ quatre cents navires. Plusieurs milliers d'hommes périssent noyés. La principale conséquence est que Xerxès, quoique gardant la supériorité numérique, n'est plus en mesure de diviser ses forces navales de manière à convoyer l'armée tout en livrant combat à la flotte grecque. À Chalcis, Eurybiade reprend confiance et remonte prendre sa garde à l'Artémision. Mais malgré la tempête, la supériorité numérique perse apparaît si imposante qu'Eurybiade et son adjoint, le corinthien Adimantos, font demi-tour.

C'est alors qu'Achéménès, l'un des demi-frères de Xerxès et amiral de la flotte perse, détache une escadre de deux cents navires et 40 000 hommes environ pour contourner l'Eubée par la haute mer pendant que le reste de la flotte s'installe au mouillage des Aphètes, mouillage plus sûr que celui du cap Sépias. Prévenus de cette diversion qui leur interdit la fuite par le canal de l'Eubée au sud, et de ce nouveau mouillage, les Grecs tentent un coup de force et lancent une attaque surprise sur les Ioniens, alliés des Perses, et leur coulent une trentaine de navires avant de regagner leur point d'attache de l'Artémision. Enfin, une nouvelle tempête éclate et cause de nouveaux dégâts sur une flotte perse dont les navires sont sur leurs ancres, alors qu'à l'Artémision les Grecs, à leur habitude, tirent les navires sur la terre ferme, ce qui les met à l'abri. Surtout, cette nouvelle tempête entraîne la destruction totale de l'escadre envoyée pour contourner l'Eubée.

La bataille et ses conséquences

Mouvements

Xerxès attend quatre jours, pensant que les Grecs fuiraient de peur, mais au cinquième jour il s'aperçoit avec stupeur qu'ils lui tiennent toujours tête.

Premier jour

Irrité, il lance sur eux une partie de son armée constituée de Mèdes et de Cissiens qui attaquent les Grecs frontalement « avec pour ordre de les amener vivants devants lui ». La bataille dura parait-il toute la journée. Les troupes de Léonidas tiennent fermement leur position en phalange dans le défilé et repoussent les Perses (ceux-ci ayant des lances plus courtes que les Grecs), leur infligeant de lourdes pertes.

Xerxès décide d'envoyer ses troupes d'élite, les 10 000 Mélophores (ou Immortels car lorsque un des 10 000 est tué un autre le remplace de façon qu'ils soient toujours 10 000), emmenés par Hydarnès. Ils connaissent bientôt le même sort que leurs alliés, ne profitant pas de leur supériorité numérique (dans le défilé trop étroit) et moins bien armés que les Grecs même s'ils sont aussi braves que leurs adversaires. Les Spartiates font alors semblant de se replier pour attirer les Immortels à leur suite, puis se retournent brusquement et les écrasent.

Deuxième jour

Le lendemain, Xerxès lance un assaut massif d'infanterie espérant que les Grecs soient épuisés et que le nombre aura raison d'eux et que « affaiblis par leurs blessures, ils ne puissent se battre ». Cependant les troupes impériales ne réussissent pas mieux que la veille et se font tailler en pièces. Il faut dire aussi que les Perses sont démoralisés par leurs précédents échecs. Après cette défaite, Xerxès, abattu, se retire dans sa tente pour réfléchir et songe même, parait-il, à repartir.

Mais le soir, Léonidas est trahi par un certain Éphialtès, fils d'Eurydémos, un citoyen de Malia, qui livre aux Perses le moyen de contourner l'armée grecque, par le sentier d'Anopée. Ce chemin n'est défendu que par un millier de soldats de Phocide qui se replient quand les Perses arrivent. Léonidas décide alors de se sacrifier avec les 300 hoplites spartiates, ainsi que 700 soldats de Thespies[4], pour laisser aux Grecs le temps d'organiser leur défense et à l'armée de se retirer en bon ordre. Les 400 combattants de Thèbes (probablement des otages pris par Léonidas lui-même pour s'assurer l'engagement au côté des Grecs de cette cité) avaient aussi reçu l'ordre de participer à cette dernière action.

Troisième et dernier jour

Au matin les Spartiates et leurs alliés thébains et théspiens sont seuls face aux Perses. Leurs alliés sont partis et réussissent à sortir du défilé avant que les troupes perses n'y parviennent.

La fin de la bataille diverge selon les auteurs.

Selon Hérodote, les Grecs changent de stratégie et avancent hors de leur position jusqu'à l'endroit le plus large des Thermopyles. Ils résistent héroïquement autour du roi spartiate Léonidas, qui est tué. Pour son corps, les Spartiates se battent sans relâche et réussissent, en repoussant avec acharnement les assauts perses, à le récupérer. Leur infériorité numérique est accrue avec l'arrivée des Perses menés par Ephialtès et Hydarnès. Ils se replient avec le peu d'armes qu'il leur reste sur le mont Kolonos, mais l'intervention perse leur est fatale et ils sont tous massacrés sur ordre de Xerxès. Dès que les Spartiates se replient sur le mont les Thébains les abandonnent et vont dire aux Perses qu'ils sont à leur côté. Ces derniers les laissent en vie[4]. À l'issue de la bataille, Xerxès ordonne qu'on décapite Léonidas et qu'on mette sa tête au bout d'un pieu, ce qui est étrange puisqu'en ce temps, les Perses accordaient de la valeur aux soldats héroïques qu'ils avaient combattus.

D'après Diodore de Sicile les Spartiates attaquent le camp perse durant la nuit. Ils effrayent les Perses et sèment la panique. Mais les troupes impériales se reprennent et bientôt tous les Grecs sont tués.

Cette bataille devint l'emblème de la résistance grecque à l'envahisseur et de l'esprit de sacrifice des Spartiates. Au sommet du Kolonós, théâtre de l'ultime résistance spartiate, sur lequel fut érigé un mausolée, une inscription du poète Simonide de Céos (-556 ; -467), commémore cette action :

« Ὦ ξεῖν’, ἀγγέλλειν Λακεδαιμονίοις ὅτι τῇδε κείμεθα, τοῖς κείνων ῥήμασι πειθόμενοι  »

— Hérodote, 7, 228

Épitaphe de Simonide

« Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts ici pour obéir à ses lois fondamentales. »

Dans la culture populaire

Plusieurs œuvres artistiques célèbrent cette bataille.

Chants

  • Canto iii, Stanza 86, 7 de Don Juan de Lord Byron.

Livres et écrits

  • Thermopylae de Constantin Cavafy
  • The Oracles, poème 25 de l'œuvre Last Poems de Alfred Edward Housman
  • Les murailles de feu de Steven Pressfield, roman historique
  • Les trois cents, poéme de Victor Hugo, publié dans le recueil La Légende des siècles
  • Impatience de la foule, conte d'Auguste de Villiers de l'Isle Adam, publiée en 1883 dans le recueil de nouvelles "Contes cruels"

Bandes dessinées

Films

Jeux Vidéo

  • Halo Reach (2010), jeu de tir à la première personne, est directement inspiré de cette bataille. Les combattants humains surentraînés et genétiquement modifiés portent le nom de "Spartans" (Spartiates); voir Projet Spartan. Ils sauvent l'humanité durant la chute de Reach, en se battant avec honneur, inférieurs en nombre, face aux assauts des hordes Covenant.

Notes

  1. initialement 7 000, mais 1 400 seulement le troisième jour.
  2. Hérodote prétend que les forces perses étaient de 1 700 000 à terre et 517 000 sur mer.
  3. Autrement, elle aurait épuisé toutes ces ressources, ce qui n'est mentionné nulle part. Cependant, Hérodote stipule bien que les armées perses asséchaient les rivières pour se désaltérer. Selon lui, il y avait un ravitaillement qui arrivait par la mer.
  4. a et b Peter Connoly, Greece and Rome at War, 1998 Greenhill Books.

Voir aussi

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Liens externes

Bibliographie

  • Apostolos Dascalakis, Problèmes historiques autour de la bataille des Thermopyles, École française d'Athènes, éd. E. De Boccard, 1962  ;
  • Jean-Nicolas Corvisier, Guerre et société dans les mondes grecs (490-322 av. J.-C.), Armand Colin, 1999  ;
  • Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], Livre VII, 204-239 ;
  • (en) F. Maurice, « The size of the army of Xerxes in the invasion of Greece 480 B.C. », dans Journal of Hellenic Studies, no 50, 1930, p. 210-235  ;
  • (en) Hammond, N. G. L., The Expedition of Xerxes: Persian Preparations and the Advance to Therma in Macedonia, Cambridge University Press, coll. « The Cambridge Ancient History / IV Persia, Greece and the Western Mediterranean », 2000 (ISBN 0-521-22804-2), p. 532-534  ;
  • Jean Malye, La Véritable histoire de Sparte et de la bataille des Thermopyles, Les Belles Lettres, 2007 .
  • Luc Mary. Les Thermopyles; la bataille la plus célèbre de l'Antiquité. Larousse; 2011.


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