Medes


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Mèdes

Histoire de l'Iran
Persepolis iran.jpg

Les Mèdes sont un peuple de l'Iran ancien, voisin des Perses, avec lesquels ils ont souvent été confondus. Ils occupaient un territoire qui recouvre le nord-ouest de l'actuel Iran, au sud de la mer Caspienne actuel Azerbaïdjan, autour de leur capitale Hangmatana/Ecbatane au Ier millénaire av. J.-C. Ce peuple est un cas original, puisque même si on lui reconnaît généralement une importance dans l'histoire du Moyen Orient antique, il n'a lui-même laissé aucune source relative à son histoire qui soit certaine, et n'est connu que par des sources extérieures, assyriennes, babyloniennes et grecques, plus quelques sites archéologiques iraniens qui sont supposés avoir été occupés par des Mèdes.

Les récits relatifs aux Mèdes rapportés par Hérodote ont laissé l'image d'un peuple puissant, qui aurait formé un empire au début du VIIe siècle av. J.-C. qui dura jusqu'en 550 av. J.-C., rivalisant avec les royaumes de Lydie et Babylone. Pourtant, une réévaluation récente des sources contemporaines de la période mède a modifié la perception que les chercheurs ont du « royaume mède ». Cet État demeure imperceptible, ce qui laisse de nombreux doutes à son sujet, certains supposant même qu'il n'y a jamais eu de royaume mède puissant. Plusieurs auteurs suggèrent que leurs descendants seraient les Kurdes actuels[réf. nécessaire].

Sommaire

Qui étaient les Mèdes ?

Les Mèdes sont un peuple iranien. Ils sont apparentés aux Perses, que les auteurs Grecs ont parfois eu du mal à distinguer d'eux, en témoigne l'expression « guerres médiques ». Force est de constater que ce peuple reste insaisissable par les archéologues et historiens modernes, et en premier lieu sur ses traits culturels.

La langue mède

La langue mède est un point sur lequel on discute beaucoup. Aucune certitude ne peut exister sur elle, si ce n'est qu'il s'agit d'une langue iranienne, en l'absence de textes retrouvés dans cette langue ou même de mots, toponymes, anthroponymes clairement identifiés comme venant de la langue mède.

Schématiquement, deux théories s'affrontent sur ce sujet. La première postule que cette langue est relativement différente du perse, et qu'elle présente ses propres caractéristiques. Les tenants de cette théorie s'appuient pour cela sur certains passages d'auteurs grecs : ainsi, comparant les langues mède et perse, Hérodote mentionne également le mot spaka (« chien ») (toujours présent dans les langues iraniennes actuelles telles que le kurde et le talysh), différent du perse.[1] On a aussi voulu identifier certains mots perses comme étant des emprunts au mède, notamment ceux concernant la politique ou la religion ; par exemple : xšayaθia « roi », aspa « cheval », asa « pierre ». Il a été tenté de reconstituer des racines mèdes à partir de mots perses.

La seconde théorie, objectant à la première son côté spéculatif, et l'absence de sources indiquant clairement une quelconque différence entre le perse et le mède, préfère se contenter d'y voir deux langues très proches, appartenant à une même langue dont ils seraient des dialectes. On peut donc dans ce cas considérer qu'il n'existait pas de langue mède ou perse à proprement parler, mais une langue commune aux deux peuples.

La culture mède

Artefact de poterie trouvé à Jeiran Tepe, 2e millénaire av. J.-C.
Musée national d'Iran.

La culture matérielle des Mèdes est un peu mieux identifiée, même si là aussi des zones d'ombres et surtout beaucoup de doutes demeurent. On a parfois voulu voir dans la « poterie grise » (gray ware) retrouvée dans des sites de la vallée du Gorgan et à Tepe Sialk près de Hamadan pour la fin du IIe millénaire une marque des « proto-iraniens », voire « proto-mèdes » qui seraient arrivé dans la région à cette période (à la suite de Roman Ghirshman notamment). En fait, l'attribution d'un type de céramique à un groupe ethnique reste sujet à caution. L'étude des sites de la région où les sources mésopotamiennes des IXe-VIIIe siècles mentionnent des tribus mèdes a en revanche mené à des découvertes un peu plus solides. Mais les textes ont aussi leurs limites, car localiser les lieux qu'ils mentionnent est souvent loin d'être évident.

On débat donc toujours pour déterminer les traits matériels de la culture mède, étant donné que l'on n'a jamais la certitude qu'un site fouillé à bien été habité par les Mèdes, sauf pour Ecbatane, dont les niveaux mèdes n'ont jamais été mis au jour. D'une manière générale on constate une certaine homogénéité artistique et architecturale chez les différents peuple de l'Iran du nord-ouest de cette période, qui rend parfois incertaine l'identification d'un tel type d'objets ou de constructions à un peuple précis. Les sites couramment considérés comme étant représentatifs des Mèdes sont Godin Tepe, Nush-i Jân et peut-être Baba Jân, tous situés dans la région de Hamadan, l'ancienne Ecbatane. Ils témoignent de pratiques architecturales communes, fortement inspirées par celles d'Anatolie ou d'Urartu, déjà attestées dans le nord-ouest de l'Iran dans le grand site de Hasanlu (attribué généralement pour cette époque aux Mannéens, peuple voisin des Mèdes).

Godin Tepe, localisé près de Hamadan, a été habité dès la fin du néolithique, et s'est développé en entretenant des rapports commerciaux avec l'Élam. Après une phase d'abandon entre la fin du IIe et le début du Ier millénaires, il est peuplé à nouveau par les populations iraniennes vers 750. Elles aménagent alors une forteresse en hauteur. Un puissant rempart protégeait la citadelle sur son côté nord. À l'est se trouvait un arsenal. Au centre, une galerie à deux rangées de colonnes avait été construite, conduisant sur les cuisines, et un édifice qui pourrait être un temple du feu. Le côté ouest comprenait la partie principale de la forteresse, le palais. Il s'agissait d'une grande salle hypostyle, où se trouvait le trône du maître des lieux. Plus tard, une deuxième salle à colonnes, plus réduite, fut bâtie à l'ouest. Ce site était probablement la résidence d'un roitelet mède. Il a été abandonné au milieu du VIe siècle.

Tepe Nush-i Jân est situé au nord de Hamadan. Il est bâti en hauteur sur une colline. La forteresse est divisée en quatre zones. Un « fort » était situé à l'ouest. On a retrouvé l'étage inférieur de cet édifice, qui comprenait des entrepôts. Un escalier atteste de la présence d'un étage. À l'autre extrémité, un temple du Feu avait été bâti, avant d'être en partie recouvert par un édifice à colonnes. Entre le hall à colonnes et le fort, un second temple du feu a été bâti (voir plus bas). Au VIIe siècle, les habitants du site recouvrent les édifices de pierres, sans doute dans le but de les préserver pour faire une réfection. Mais le site est alors abandonné.

Baba Jân, au sud-ouest de Nehavend, est un très ancien site, qui connaît un nouvel essor dès la fin du IXe siècle, à la période 3A. Il se dote d'une architecture monumentale au niveau 3B : son bâtiment principal est un « manoir », de 33 x 35 mètres de côté, protégé par des tours d'angles. Au VIIe siècle, le site est incendié, puis restauré peu après (niveau 3B et C). Il se pourrait que les habitants qui aménagent alors soient des Mèdes, à moins qu'ils ne soient déjà là dès la fin du IXe siècle.

La religion des Mèdes est connue par l'archéologie. Le site de Nush-i Jân comportait le meilleur exemple de temple du feu, donc typique de la religion « proto-mazdéenne » des anciens Iraniens (on ne peut savoir s'il s'agit là du Zoroastrisme). C'est une tour cruciforme de 14,5 x 16 mètres. Une antichambre ouvre sur une salle voûtée recouvrant un autel et un bassin. De là, on accède à un escalier menant à un étage supérieur, ou à la cella où se trouve l'autel du Feu. Il comportait un autel du feu en son centre. Un autre temple plus ancien avait été bâti à l'autre extrémité du site et un autre se trouvait peut-être à Godin Tepe comme on a pu le voir. Selon Hérodote, on trouvait parmi les Mèdes une caste sacerdotale, les Mages, qui sont d'après ce même auteur une des six tribus mèdes. Ils agiraient notamment en tant que devins, puisque ce sont eux qui interprètent les songes du roi Astyage relatifs à la future prise de pouvoir de Cyrus II.

Premières attestations

Les ancêtres des Mèdes, arrivent dans le nord-ouest de l'Iran à la fin du IIe millénaire, si l'on veut les identifier aux habitants de sites comme Tepe Sialk V et VI, ou bien plus tard, vers le début du Ier millénaire, si on s'en tient aux sources historiques. Le fait que l'on n'ait pas pu identifier clairement de culture matérielle mède ne nous permet pas d'y voir plus clair.

Les Mèdes apparaissent avec évidence dans les annales du roi assyrien Salmanazar III, qui mène dans sa vingt-quatrième année de règne (835), une campagne dans la région du Zagros occidental. Il soumet alors trente-six « rois » mèdes, qu'ils faut plutôt considérer comme des chefs de tribus. Shamshi-Adad V prend la ville mède de Sagbitu, dont il bat le chef Khanesiruka, en 815. D'autres rois assyriens combattent des groupes mèdes par la suite : Adad-Nerari III, à six reprises, Teglath-Phalasar III, qui déporte 65 000 personnes du Zagros, Sargon II, à quatre reprises, notamment au cours de sa huitième campagne. Celui-ci installe des déportés près de la frontièe avec les Mèdes. Son fils Sennacherib affronte le roi d'Ellipi, un royaume non-mède situé aux alentours du Luristan, et affronte alors quelques groupes mèdes. Ces deux souverains assyriens créent trois provinces pour appuyer leur contrôle sur la région du Zagros occidental : Parshuash, Kisheshin, renommé Kār-Ninurta, et Kharkhar, renommé Kār-Sharrukēn. La localisation exacte des lieux d'affrontements entre Assyriens et Mèdes est imprécise, même si on s'accorde à situer le cœur de la région peuplée par les Mèdes autour du mont Alwand, où se trouvent Godin Tepe, Nush-i Jân et Ecbatane. Le mont Bikni est un lieu revenant souvent dans les sources assyriennes concernant le pays mède, et sa localisation est encore débattue : est-ce le mont Alwand, ou bien le Demavend plus à l'est ? Les Mèdes sont souvent combattus en même temps que d'autres peuples : les Mannéens, évoluant dans la région du lac d'Orumieh, et les Perses, se trouvant au même endroit vers le IXe siècle, avant de migrer au sud-est vers la future Perse. Les « tributs » (qui peuvent aussi parfois être du commerce) que disent prélever les Assyriens dans cette région sont essentiellement du bétail, surtout des chevaux, dans l'élevage desquels les Mèdes sont spécialisés, ainsi que du lapis-lazuli, produit en Afghanistan (région accessible par les voies commerciales passant en pays mède), ou encore du cuivre.

La création de provinces assyriennes en marge du Zagros, avec l'établissement de forteresses, montre que l'Assyrie perçoit cette région comme une menace potentielle qu'il faut contrôler. Malgré cela, le VIIe siècle voit le pays mède s'organiser en entités politiques plus puissantes, comme le prouvent les sites archéologiques, qui témoignent de pouvoirs locaux de plus en plus puissants. Assarhaddon mène en 676 une expédition dans le Zagros, qui le mène au royaume du Patusharri, au pied du mont Bikni, où habitent ceux qu'il appelle les « Mèdes lointains ». Deux ans plus tard, trois rois mèdes lui demandent une aide militaire : Uppis de Partakka, Zanasama de Partukka et Ramateia d'Urukazabarra. Son fils Assurbanipal mène aussi une campagne en pays mède. Néanmoins, tout semble indiquer que les Assyriens ont perdu le contrôle sur les provinces de Parshuash, Kisheshin et Kharkhar, tandis que leurs offensives ont quand même mis à mal plusieurs entités politiques de la région, notamment les Mannéens et l'Ellipi. Ce vide politique laisse la place à l'élaboration d'un royaume mède, qui n'est cependant jamais mentionné dans les sources assyriennes.

Quel royaume mède ?

Carte de l'« Empire » mède tel qu'on le conçoit habituellement, en réalité très hypothétique.

Les conditions exactes de la fondation du royaume mède nous restent inaccessibles. Selon la tradition rapportée par Hérodote, c'est un personnage nommé Déjocès qui réussit par la ruse à se faire proclamer roi de son peuple, et fonde un grand royaume organisé, avec sa capitale, Ecbatane. Il aurait régné sur les différentes tribus mèdes unies, les Buses, Paretaceniens, Struchates, Arizantiens, Budiens, et les Mages. Rien de tout cela n'est indiqué dans les sources historiques de l'époque, ni par l'archéologie, les niveaux mèdes d'Ecbatane n'ayant pas été fouillés, ce qui ne nous permet pas de reconnaître un processus de construction étatique dans la capitale mède. Nush-i Jân et Godin Tepe ne sont quant à eux tout au mieux que les capitales de petits potentats locaux, mais sûrement pas les lieux de pouvoir d'un grand empire. Un roitelet iranien nommé Daiukku est attesté dans les récits de guerre assyriens du temps de Sargon II, mais il ne s'agit sans doute pas du roi mède mentionné par Hérodote, vu que les faits mentionnés se situent autour du lac d'Orumieh, et non en pays mède. Tout porte à croire que Déjocès soit un personnage légendaire. En tout cas l'histoire que rapporte Hérodote relève manifestement du mythe.

Selon la tradition, le second roi mède est Phraortès, fils de Déjocès, qui aurait notamment soumis les Perses, et serait mort en combattant un roi assyrien, identifié à Assarhaddon. Il n'est pas plus attesté que son père.

Son successeur Cyaxare est en revanche un personnage bien attesté dans les sources historiques babyloniennes, notamment la Chronique de Nabopolassar, relatant la chute de l'Assyrie. Selon ce que rapportent les auteurs grecs, il aurait envisagé de venger son père en levant une grande armée pour battre les Assyriens, mais il aurait été vaincu par les Scythes, qui dominent les Mèdes pendant vingt-six ans. Les sources proche-orientales mentionnent bien une invasion scythe dans cette région du monde pour cette période, ce qui fait de la soumission des Mèdes à ce peuple un évènement possible. Cyaxare aurait néanmoins réussi à chasser les envahisseurs, avant de monter une puissante armée. Les sources mésopotamiennes présentent bien Cyaxare comme le souverain d'un royaume puissant, apparemment bien installé, même si elles ne s'attardent pas sur ses assises territoriales. Pour ce que l'on en voit, le royaume mède serait avant tout l'œuvre de ce personnage.

Il vient en aide au roi Nabopolassar de Babylone dans sa lutte contre l'empire assyrien, qui dure déjà depuis une dizaine d'années. Alors que les Assyriens ont été chassés de Babylonie, l'armée babylonienne est encore incapable de les attaquer jusqu'au cœur de leur pays. Les troupes mèdes entrent en scène, et font pencher la balance en défaveur des Assyriens. Elles prennent plusieurs de leurs capitales : Assur en 614, puis Ninive en 612 avec les troupes babyloniennes. En 609 enfin, les deux alliés soumettent les derniers résistants assyriens à Harran. La question de la venue des Mèdes en Assyrie reste débattue : volonté de conquête ou simple visée de pillage ? Rien ne prouve en tout cas qu'ils soient restés longtemps sur les terres de l'Empire qu'ils ont contribué à abattre. On ne sait rien d'un éventuel partage des dépouilles du royaume vaincu entre les deux vainqueurs.

Les Mèdes et les Babyloniens seraient alors devenus de grands alliés, et des sources grecques rapportent le mariage de Nabuchodonosor II, fils de Nabopolassar, avec Amytis, fille de Cyaxare, qui serait entre autres à l'origine de la construction des Jardins suspendus de Babylone. Le contexte pourrait en fait être devenu tendu entre les deux, même si on voit dans des sources babyloniennes de l'époque des marchands de cette région avoir un comptoir à Ecbatane. Selon Hérodote, Cyaxare aurait poursuit ses conquêtes, en soumettant l'Anatolie orientale (ce qui implique qu'il ait alors achevé au passage ce qu'il restait du royaume de l'Urartu), avant d'affronter en 585 le roi de Lydie, Alyatte. Cette bataille serait restée indécise, et une éclipse de soleil serait survenue, effrayant les belligérants. Ceux-ci firent la paix, avec pour intermédiaire Nabuchodonosor, et établirent leur frontière sur la rivière Halys, l'actuel Kızılırmak. En fait, l'expansion mède vers l'ouest reste discutée, en l'absence de preuves concrètes. Cyaxare meurt peu après, et son fils Astyage lui succède.

L'« Empire » mède est une entité politique qui nous reste insaisissable, ce qui fait que la réalité de son existence est niée par certains spécialistes, et ce de plus en plus. On ne sait rien de son organisation. La vision la plus radicale est que les Mèdes n'aient jamais formé un royaume solide, mais soient restés divisés tout le temps, les incursions en Assyrie ne relevant que de l'expédition de razzia. On a souvent supposé que les structures du royaume mède avaient en grande partie été reprises par leurs successeurs perses, mais cela est très spéculatif, et on considère actuellement que l'héritage élamite est plus déterminant pour la formation de l'empire perse. L'absence d'inscriptions royales mèdes, de même que le fait qu'on n'ait pas trouvé à ce jour de témoignages archéologiques montrant l'existence d'un État important autour de la Médie à cette période, tout cela incite à voir dans le royaume mède une construction politique peu élaborée s'il a bien existé. Son extension occidentale reste discutée, et on est encore plus dans le flou concernant l'est. Il est envisageable que les Mèdes aient dominé des royaumes situés à l'est du leur, en Hyrcanie et en Parthie notamment, comme semblent l'attester les liens entretenus à l'époque achéménide entre la Médie et ces régions.

Les Mèdes sous la domination achéménide

En 553, le roi perse Cyrus II se lève contre les Mèdes et réussit à vaincre Astyage. Cet événement nous est rapporté par des sources babyloniennes, notamment la Chronique de Nabonide, et des auteurs grecs, comme Hérodote et Ctésias, qui en présentent différentes versions dans leur déroulement, même s'il est souvent mis en avant que la victoire fut difficile, et aidée par la trahison d'une partie de l'armée mède (par Harpage dans les sources grecques). Ce conflit serait une révolte, puisque les auteurs grecs font de Cyrus le vassal d'Astyage. En tout cas, après cette victoire, Cyrus constitue le puissant empire des Achéménides.

La place des Mèdes dans cette nouvelle construction politique n'est pas désavantageuse : ils occupent un rang égal à celui des Perses, plusieurs Mèdes occupent une place importante dans l'administration de l'empire ou l'armée, et certains des usages de la cour mède auraient été repris par celle des Perses. La Médie devient une satrapie, et Ecbatane est la résidence d'été des premiers achéménides. Une révolte mède éclate pourtant après que Darius Ier est monté sur le trône par la force, en 522-521. Un certain Phraortès (II), qui se dit descendant de la lignée de Cyaxare, réunit une armée mède, appuyée notamment par des Hyrcaniens, mais il se fait vaincre par un général perse, est capturé et exécuté à Ecbatane. Une autre grande rébellion mède survient en 409, sous le règne de Darius II, et est matée rapidement.

Le pays mède reste calme durant le reste de l'époque achéménide, et également lors de la chute de l'empire perse.

La Médie de l'époque hellénistique aux débuts de notre ère

À l'époque hellénistique, la Médie tombe sous le contrôle des Grecs, et est incluse après les conflits opposant les Diadoques dans les territoires contrôlés par les Séleucides, après avoir été un temps dominée par Antigone le Borgne. L'ancien général Atropatès qui dirigeait le contingent mède de l'armée perse à la bataille de Gaugamèles, se rallie par la suite à Alexandre le Grand et devient satrape du nord de la Médie, qui devient la Médie Atropatène, futur Azerbaïdjan, qu'il parvient à rendre autonome du pouvoir séleucide. La capitale de ce royaume se trouvait à Gazaca. Après plusieurs décennies d'indépendance, le roi Artabanzanes doit conclure un traité de vassalité avec Antiochos III en 220. Cette région reste peu hellénisée, à la différence du sud de la Médie, centré autour d'Ecbatane. Plusieurs villes nouvelles y sont fondées par les souverains séleucides, et l'ancienne Rhaga est renommée Europa. Un satrape local, Molon, se révolte en 220 contre Antiochos III, qui le défait. Entre 163 et 160, c'est un autre satrape de Médie, Timarque, qui se révolte contre Démétrios Ier Sôter, et réussit à prendre le pouvoir en Babylonie, avant d'être finalement soumis.

Les révoltes qui secouent le royaume séleucide vers 150 profitent au roi parthe Mithridate Ier (Arsace V, 171-135 av. J.-C.) qui prend alors la Médie, ainsi que l'Atropatène. Après plusieurs décennies de luttes, le pouvoir des Arsacides est finalement assuré en Médie, en dépit des attaques des nomades orientaux (Scythes ou Tokhariens). La région est réorganisée administrativement, et la ville de Rhaga/Europa est renommée Arsacia.

En 226 ap. J.-C., le perse Ardashir s'empare du pouvoir en Iran et en Mésopotamie en détrônant le dernier roi parthe, pour instaurer la dynastie des Sassanides. À ce moment, l'ancienne division entre les différents peuples iraniens est atténuée, notamment dans cette région, et la dénomination ethnique « Mèdes » a définitivement perdu son sens.

Notes et références

  1. On retrouve apparemment cette racine dans le terme russe actuel собака (sobaka, prononcé sabaka, « chien »).

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) S. Brown, « Medien », dans Reallexicon der Assyriologie 7.-8., 1990, p. 619-623 ;
  • P. Briant :
    • L'Asie centrale et les royaumes moyen-orientaux au premier millénaire av. n. è., Paris, 1984 ;
    • Histoire de l’Empire perse, de Cyrus à Alexandre, Paris, 1996 (ISBN 2-213-59667-0) ;
  • (en) M. C. Root (dir.), Medes and Persians: Reflections on elusive Empires, Ars Orientalis XXXII, Washington, 2002 ;
  • (en) G. B. Lanfranchi, M. Roaf et R. Rollinger (éds.), Continuity of Empire (?) Assyria, Media, Persia, Padoue, 2003 ;
  • (en) M. Dandamayev et I. Medvedskaya, « Media », dans E. Yarshater (dir.), Encyclopaedia Iranica, 2006.

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