Wayana
Ethnies amérindiennes
de Guyane

Kali'na
Lokono
Palikur
Teko
Wayãmpi
Wayana

Wayana figure.jpg
Wayana
Populations
Drapeau : France Guyane
Autre

Wayana est le nom donné à un des six peuples amérindiens vivant en Guyane, sur les rives des fleuves Mana et Maroni. Ces Amérindiens, autrefois aussi appelés Roucouyennes, vivent au bord de l'eau en communautés villageoises.

Sommaire

Langue et culture

pirogues wayana, 1979

Peuple caribe, comme les Kali'na, les Wayanas habitent une vaste zone frontalière entre le Brésil (leur pays d'origine), le Suriname et la Guyane française. En Guyane, ils vivent sur le Litany (Aletani), affluent du Haut-Maroni. Les Wayanas partagent leur territoire socioculturel avec les Apalaï. Ceux-ci sont moins d'une cinquantaine d'individus en Guyane.

Autrefois constituée de nombreux sous-groupes éparpillés sur un vaste territoire, la population wayana est tombée à 1 400 personnes environ (2004). L'exposition consacrée à la nivrée chez les Wayanas évoquait 1 100 personnes en Guyane (CNRS/IRD) vivant surtout entre Maripasoula et Pilima.

Les Wayanas se déplaçaient autrefois dans les régions des inselbergs Tumuc-Humac et leur périphérie.

Autrefois, les villages réunissaient 20 à 30 personnes, le long des grands cours d’eau. Ils changeaient de lieu environ tous les sept ans, guidés par les anciens. Aujourd’hui, les Wayanas se sédentarisent et les villages atteignent ou dépassent les 100 personnes. Quelques maisons avec murs, sur pilotis sont apparues, mais la plupart sont des habitats légers de type carbet.

Au Brésil, les Wayanas vivent dans une réserve, sous l’égide de la Fondation Nationale de l’Indien (FUNAI) mais aussi des missionnaires évangéliques. Ceux du Suriname sont quant à eux encadrés par les missionnaires protestants américains.

Certains Wayanas ont délaissé la pêche et la chasse traditionnelle. L’arc a été remplacé par le fusil, et l’hameçon est apparu, de même que les filets synthétiques, mais ils restent nombreux à être fidèles aux valeurs traditionnelles.

Les Wayanas sont traditionnellement de grands consommateurs de poisson, pêché plusieurs fois par jour à l'hameçon, à l'épervier (filet), au harpon, à l'arc ou à la nivrée, c’est-à-dire à l'aide de poisons végétaux (roténone) introduits dans des zones lentiques facilitant la capture des poissons. Dès l'âge de 5 ou 6 ans, les enfants apprennent à pêcher les espèces disponibles, au gré des saisons. Ils acquièrent très vite une bonne connaissance du fleuve, de ses abords et de ses dangers.

La chasse est pratiquée une à plusieurs fois dans la semaine (voire moins souvent). Comme la cueillette, elle amène quelques compléments alimentaires. Une partie des ressources vient des achats ou échanges divers et d'aides de l'administration (comme le RMI).

Il faut chasser de plus en plus loin autour des villages pour trouver du gibier, et le poisson est de plus en plus pollué par le mercure des chercheurs d'or.

Les femmes créent parures et bijoux et elles ornent les poteries et objets du quotidien, ou à valeur plus rituelle, de motifs ancestraux transmis - comme les techniques - de génération en génération. C'est devenu une source de revenu.

Le rite d'initiation connu sous le nom de "Maraké" (eputop) est une des grandes cérémonie des Apalaï et des Wayanas. C’est un moment clé de l’initiation qui règle le passage de l’enfance à l’âge adulte, avec des chants rituels, les Kalawu. Lors de ce rite, les postulants "tëpijem" filles et garçons reçoivent des applications d'insectes sur leur corps. On frôlait la peau du corps de l’initié d’un « counana » (kunana), une vannerie carrée pour les filles et une vannerie zoomorphe (en forme d’animal, poisson, oiseau ou animal mythique) pour les garçons. Elle est ornée de plumes colorées, dont une partie centrale est tissée de manière à pouvoir y emprisonner des fourmis (Ilak), dont la morsure est très douloureuse, ou des guêpes. Les adolescents en cours d’initiation, encouragés par les familles devaient supporter la douleur sans gémir.

Une technique assez proche consiste à porter l’objet comme une cuirasse immunisante durant plusieurs heures. Après la séance, le porteur était réputé immunisé contre les blessures par flèche.

Mythes, légendes et choc des cultures

Iconographie wayana ; Exemple de figures zoomorphes

Les Wayanas, comme toutes les communautés, ont un corpus de mythes et légendes fondateurs, d'histoires familiale et de groupe, ainsi qu'une symbolique propre traduite par des motifs particuliers sur le objets rituels ou du quotidien. Les figures zoomorphes (photo ci-jointe) sont des motifs traditionnels des Wayanas. Les mythes et les histoires des Wayanas étaient transmis de génération en génération par des chanteurs, des grands narrateurs de récits mythiques, dont l’un des mieux connus, mort en 2001, était « Kuliyaman », dont une partie du savoir a été enregistrée par son fils Mataliwa ainsi que par l’anthropologue Jean Chapuis.

Selon les Wayanas, le monde est apparu dans une ère de transformation où tout pouvait se transformer en n’importe quoi d’autre. Les êtres vivants et minéraux que nous connaissons seraient alors apparus, créés par deux personnages mythiques, « Kuyuli » et « Mopo », qui ont aussi créé les plantes, animaux, champignons, les montagnes, les mers et les fleuves et tout ce qui est sous le ciel et au-delà. Ce monde persiste, avec des choses cachées, accessibles aux seuls chamans.

Ulinumtop eitoponpë uhpak : les guerres du passé

Après la création du monde actuel, les mythes racontent que les Wayanas se sont longuement battus entre clans. La mémoire collective évoque la geste de Kailawa (Kailawa Eitoponpë) et l’histoire de Sikëpuli, deux héros mythiques qui ont précédé l’installation d’une ère de paix qui perdure encore entre les peuples de la région.

Hemalë Eitop tom : les temps actuels

C'est une ère de troc entre ethnies qui a été marquée, selon le conteur Kuliyaman, par la rencontre avec les Occidentaux et les Alukus (marrons, peuples d’origine africaine descendants des esclaves amenés par les Européens qui se sont enfuis dans la jungle avant d’établir des villages le long du fleuve Maroni). C’est une époque d’étonnement et d'ouverture, mais aussi de bouleversement social, dramatique pour toutes les ethnies de la forêt qui seront décimées par les épidémies apportées par les nouveaux arrivants.

Les missionnaires chrétiens et protestants ont voulu apporter leur religion. Les administrations n'ont pas su adapter l'école et les dispensaires à des villages qui pour des raisons culturelles et peut-être sanitaires déménageaient environ tous les sept ans. L'orpaillage et le tourisme amènent de nouvelles populations à entrer en contact avec les Wayanas, qui peuvent ne pas disposer de l'immunité protectrice contre des microbes ou parasites nouveaux pour eux (la coqueluche tue encore des enfants non vaccinés), d'autant que le mercure peut affaiblir l'immunité naturelle.

Une désespérance est entretenue ou accrue par l'alcool, la violence, les menaces, les vols, viols et pillages qui accompagnent ou suivent souvent l'arrivée des chercheurs d'or. Elle est, en plus du mercure qui souille les fleuves et l'environnement, sans doute une des causes des épidémies de suicide qui se développent chez les jeunes Wayanas depuis la fin des années 1990.

Territoires

En France, un arrêté préfectoral français du 14 septembre 1970 a reconnu aux Amérindiens un territoire protégé au sud de la Guyane.

Sur cette zone de 30 000 km², soumise à autorisation par cet arrêté, vivent quatre ethnies amérindiennes : Wayana, Apalaï (aussi caribe), Wayampi et Teko. Théoriquement ce territoire est protégé, en réalité il fait toujours l'objet d'activités illégales, de recherche d'or notamment.

Les Wayanas vivent "traditionnellement" sur le bord de fleuves et sur un territoire proche.

Les principaux villages guyanais wayana sont :

  • Elahé (ou Malipahpan, sur le Tampok)
  • Kayodé (sur le Tampok)
  • Antécume-Pata (sur le Haut-Maroni)
  • Taluhwen (sur le Haut-Maroni)
  • Twenke (ou Kulumuli, sur le Haut-Maroni)

Les Wayanas, originaires du Brésil, partagent leur territoire socioculturel avec les Apalaïs. Ils occupent le long du haut et moyen Paru de Leste, au Brésil, le Haut-Tapanahony, au Suriname, et le Haut-Maroni, en Guyane française. Au Brésil, leur territoire se situe à l'intérieur du Parque Indígena do Tumucumaque et de la Terre Indigène du Parou de Leste.

Menaces

Comme les autres Amérindiens vivant à l'intérieur de la Guyane (Wayampis, Emerillons/Tekos), les Wayanas sont constamment victimes des activités des orpailleurs clandestins brésiliens (empoisonnement au mercure, vols, menaces de mort). Leurs territoires du Haut-Maroni et une partie du bassin aval sont particulièrement touché depuis les années 1990 par la recherche effrénée de l'or, souvent illégale et toujours très destructrice pour l'environnement. Entre 2000 et 2004, les associations de défense des populations amérindiennes ont recensé environ 10 000 travailleurs clandestins sur des camps d’orpaillage, trente barges flottantes sur le seul fleuve Approuague et douze camps d’orpaillage dans la réserve naturelle des Nouragues. Les bases scientifiques, les réserves naturelles ne sont pas épargnées (2 gardes tués en 2006).

  • L'imprégnation mercurielle d'une grande partie des Wayanas et des Emerillons est scientifiquement avérée depuis vingt ans. De par leur nécessaire consommation de poisson, ces communautés sont encore plus exposées que les autres.
  • Cette situation est dénoncée depuis les années 1990 au moins, par l'INSERM, l'InVS, le CIRAD et le CNRS et bien d'autres structures scientifiques, ainsi que par les ONG locales et mondiales et par la Fédération des Organisations Amérindiennes de Guyane (FOAG).
  • La FOAG a déposé le 15 janvier 2001 au doyen des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Cayenne une plainte collective au nom des communautés Wayanas et Émérillons des Villages Amérindiens du Haut-Maroni et du Tampoc. La plainte contre X a été déposée pour infraction aux articles 221-5, 221-6, 222-15, 223-1 et 223-6 du Code pénal français et tous autres crimes et délits qui pourraient apparaître en cours d'instruction.
  • La conclusion de la vaste étude épidémiologique[1]publiée mi-2007 montre que la situation a fortement empiré en dix ans (de 1997 à 2006), et confirme que le risque augmente avec les années : sur le Haut Maroni des taux de 12,2 microgrammes par gramme (μg/g) de cheveux ont été relevés chez la population amérindienne, contre 10,6 μg/g en 1997. Le taux d’adultes dépassant les concentrations en mercure de 10 μg/g (seuil de l’Organisation mondiale de la santé) est passé de 64 à 83 %, et il est passé chez les enfants de 50 à 54 %.

Mais les actions de l'État (police, gendarmerie, ONCFS, ONF, douanes, etc. n'ont pas mobilisé de moyens proportionnés à l'ampleur du problème et sont apparues tardivement. Elles n'ont pas eu de résultats mesurables sur la contamination générale des écosystèmes par le mercure. Le commerce légal ou illégal du mercure ne semblent pas non plus faire l'objet du contrôle qui serait justifié ne serait-ce qu'à cause de la toxicité de ce produit.

Santé

Des problèmes neurologiques, intellectuels, des réflexes ostéotendineux accrus, un défaut de coordination des membres, une diminution des capacités visuospatiale, et parfois des malformations congénitales sont observés chez les Wayanas depuis plusieurs années, évoquant les troubles induits par le mercure, notamment observés à Minamata avant l'apparition de graves malformations chez les enfants et des troubles pouvant conduire à une mort particulièrement douloureuse (tétanie…).

Ces symptômes décrits par la population Wayana et Emerillon elles-mêmes correspondent à ceux qu'on peut attendre étant donné les taux de mercure mesurés dans leurs cheveux dès les années 1990 (11,7 µg/g pour les adultes et 14 µg/g pour les enfants (limite maximale OMS = 10 µg/g, limite jugée trop élevée par certains experts). Dans les années 1990 à 2004, certains villages Wayanas, 65 % des adultes et 80 % des enfants présentent une imprégnation au mercure supérieure à la norme de l’OMS, avec jusqu'à 27,2 µg. En moyenne, la population guyanaise non amérindienne connaît une concentration maximale de 3 µg/g de cheveux, légèrement plus élevée que la normale, mais très inférieure à celle des Wayanas.

Le Dr Cardoso a montré qu'en 2005, c'étaient 84 % des adultes Wayanas et Emerillons qui présentent des concentrations en mercure dans les cheveux dépassant la barre de 10 µg/g fixée par l’OMS, contre 64 % lors de l’enquête de 1997. Et les enfants, les plus sensibles, sont passés de 50 à 54 % au-dessus de 10µg/g.

En 1998, l’Inserm avait déjà détecté les altérations du champ visuel, des troubles de la coordination et de la mobilité, typiques de l’intoxication mercurielle, chez les enfants. C’est un signe qui laisse craindre des déficiences probablement irréversibles selon les études de référence, par exemple aux Îles Féroé chez des enfants intoxiqués à des taux équivalents.

Hormis quelques cas isolés éloignés des sites pollués par les chercheurs d’or, les Amérindiens du Haut-Maroni sont les Guyanais les plus contaminés.

Problème sous-estimé par les études ?

Une enquête récente sur les malformations congénitales dans les villages isolés du Haut-Maroni a été faite par l’épidémiologue Thierry Cardoso. Elle a porté sur 246 naissances officielles pour la période juin 1993 - juin 2005). Le Dr Cardoso a conclu à un nombre « non excessif » de malformations ; « les 8 malformations congénitales observées (2 hydrocéphalies, une trisomie, une agénésie des 2 oreilles, une imperforation anale et du conduit auditif, une anomalie vasculaire et une autre d’un rein) ne peuvent être liées au mercure ».

Cette étude pourrait présenter deux biais importants :

  1. Elle s’est focalisée sur des malformations visibles. D’autres médecins et toxicologues estiment que c’est une erreur car le mercure attaque d’abord le système nerveux central et provoque déjà des troubles fonctionnels chez les enfants, et on sait que l’intoxication augmente depuis 15 ans.
    — « On est en train de fabriquer des crétins », conclut un médecin[2].
  2. Traditionnellement, chez les Wayanas comme dans de nombreuses communautés autochtones, les bébés malformés ou prématurés (et un jumeau sur deux) étaient tués par la famille à la naissance. Cela s’est pratiqué jusqu’à l’arrivée des européens sur le Maroni, voire jusqu’en 1970 ou 1996 selon les indiens qui en parlent.
    — « Ça se fait moins depuis que les femmes enceintes sont déclarées, mais ça se fait encore en cachette. C’est triste de laisser grandir un enfant handicapé »
    — « Chez nous, les bébés malformés ont été tués par les parents jusqu’en 1996 environ »

Le problème se poserait encore pour la fille enceinte sans mari. Si personne ne l’adopte, le bébé peut être éliminé par la famille. Dans les communautés isolées, les grossesses ne sont pas toutes déclarées, et un mort à la naissance ne fait pas l’objet de vérification.

Les Indiens, soit parce qu’il savent ces pratiques interdites, soit pour des raisons culturelles, n’en parlent pas aux enquêteurs. L’étude pourrait donc avoir involontairement sous-estimé le nombre réel de malformations congénitales[3].

Les sources de mercure

Quatre poissons carnivores, hélas les plus faciles à pêcher sont les plus à risque : l’huluwi, l’aïmara, le mitala et le piraï, apportent à eux seuls 70 % du mercure de leur alimentation.

Trois sources de contamination des poissons :
  • Le mercure oxydé stocké dans les sols est naturellement très présent en Guyane (8 fois plus en moyenne qu’en métropole). L’homme le libère essentiellement dans l'air et par la boues apportée aux fleuves suite à l'utilisation des puissants jets d'eau sous pression des orpailleurs. La simple déforestation, le feu et les aménagements routiers sont aussi sources de libération importante de mercure dans l'environnement ;
  • le mercure utilisé au début du XXe siècle pour amalgamer l’or au cours de la ruée ;
  • Celui massivement utilisé depuis la reprise de cette activité dans les années 1990, grâce notamment à la publication des résultats d'étude des richesses du sous-sol par le BRGM.

Médiatisation du problème

Le film « La Loi de la jungle, chronique d'une zone de non-droit » du documentaliste Philippe Lafaix a dénoncé le problème de l'orpaillage (parfois qualifié d'orpillage), mais malgré plus d'une centaine de projections publiques unanimement saluées par les spectateurs et bien qu'honoré par plusieurs récompenses importantes (dont prix du documentaire au Festival international du film de l'environnement de Paris, et prix du meilleur film pour les droits de l'Homme au CinéEco au Portugal), il n'a été diffusé qu'une seule fois en France par une seule chaîne de télévision. Une version très compressée a été durant plusieurs années consultable sur Internet : elle est à nouveau accessible (voir liens externes)[4].

Solutions envisagées

Le principe pollueur-payeur, comme toute interdiction de l'orpaillage semblent politiquement particulièrement difficiles à appliquer.

On a envisagé une certification de provenance, voire une campagne incitant à boycotter cet or, mais ces solutions semblent difficiles à envisager et les nombreuses campagnes de type pétition sont restées à ce jour sans effets durables sur le terrain.

La pollution mercurielle est durable, même si l’on arrêtait l’orpaillage. L'administration semble maintenant vouloir encourager les Indiens du fleuve à changer d’alimentation. L'InVs alerte sur l'importance de ne pas bouleverser l’équilibre nutritionnel traditionnel, sous peine de se retrouver avec des diabètes, des hypertensions et problèmes cardio-vasculaires, comme chez les Inuits au Québec ou dans d'autre populations autochtones ayant adopté des coutumes alimentaires de type occidental.

Un tel changement est également psychologiquement et culturellement très délicat, chez un peuple de pêcheurs.

Le Conseil des droits de l’Homme de l'ONU a début juillet 2006 adopté la Déclaration des droits des peuples autochtones qui était en instance depuis plus de douze ans. Ce pourrait être un nouvel outil utile pour la défense des droits des Amérindiens à la santé et à un environnement préservé, droit également assuré par la constitution française.

Aménagement soutenable

L'ouverture d'une transamazonienne est-ouest (RN2) qui coupe la Guyane sur 80 km (Axe Cayenne - Brésil) est le premier facteur de fragmentation écologique dans cette région qui était l'une des rares au monde à être épargnée, mais c'est aussi une invite de plus pour les touristes qui affluent à Saint-Georges-de-l'Oyapock, chasseurs professionnels et braconniers à remonter le fleuve pour se rendre en territoire en principe interdit depuis 1970 afin de protéger les Amérindiens Wayampis et Tekos.

L'avion, l'hélicoptère, les pirogues métalliques à moteurs et le développement des Quads, ainsi que l'apparition du GPS et du téléphone portable ou satellitaire ont facilité les intrusions de plus en plus fréquentes vers des zones autrefois difficilement accessibles.

Les nombreuses campagnes des ONG locales ou internationales n'ont pas suffi à faire cesser l'orpaillage ni à le réduire ou à le rendre propre (au regard du mercure qui pourrait en grande partie être récupéré)

André Cognat, français métropolitain d’origine, est intégré depuis 1961 dans un village Wayana qu'il a contribué à fonder : Antécume-Pata. Il fait partie de ceux qui ont médiatisé les difficultés que connaissent les Amérindiens, notamment par son livre J’ai choisi d’être indien [5] et par ses interventions dans plusieurs documentaires à caractère éducatif ou ethnographique.

Réaction de l'administration

La préfecture a tardivement interdit l’utilisation du mercure (le 1er janvier 2006). Mais outre qu'elle n'est probablement pas respectée par les orpailleurs clandestins, cette mesure sera sans effet sur le mercure déjà accumulé dans la chaîne alimentaire, ni sur le mercure libéré par l’érosion des sols.

Toutefois, le mercure reste en vente libre au Suriname voisin.

Galerie

Photos de la vie au village Wayana d'Antécume-Pata en 1979 :

Notes et références

  1. étude conduite de 1994 à 2006, par l’Institut de veille sanitaire, la Cellule inter-régionale d’épidémiologie d’intervention (Cire) Antilles Guyane et la Direction de la santé et du développement social de la Guyane et du conseil général, publiée dans le Bulletin d'alerte et de surveillance Antilles Guyane de juillet 2007.
  2. source : RFI
  3. Sources : Akama Opoya, amérindien Wayana, médiateur culturel à Kayodé, interviewés par RFI et Aïkuwalé Alémin, amérindien et agent de santé à Antécume-Pata
  4. Le 22 mars 2005, Canal+ a diffusé à 21h40 (rediffusé le 4 avril) un reportage de 90 minutes : « Comment l'or empoisonne la Guyane » réalisé sur le même thème, par Patrice Des Mazery et Philippe Lafaix
  5. J’ai choisi d’être indien - collection Vivre là-bas aux éditions l’Harmattan

Voir aussi

Bibliographie

  • Eliane Camargo & Pierre Grenand, 2009, Les Wayana, Encyclopédies palikur, wayana et wayãpi, fascicule 0, “Langue, milieu et histoire”, CTHS.
  • Eliane Camargo, 2008a. “Identidade e alteridade em wayana. Uma contribuição linguística”, In Campos. Revista de Antropologia Social, UFPr. PP.105-137.
  • Eliane Camargo,2008b, Wayana et Apalaï: Cohabitation culturelle et linguistique en Guyane, «Langues d'ici, langues d'aileurs», Langues et Cité, Bolletin de l’observatoire des pratiques linguistiques, 6-7pp.
  • Eliane Camargo, 2007, Mediação: um desafio intercultural para os professores-mediadores wayana, Cadernos de Educação Escolar Indígena. 3º Grau Indígena. Barra do Bugres: UNEMAT Editora, v.5, n.1, p. 68-90.
  • Mataliwa Kulijaman & Eliane Camargo, 2007, Kaptëlo. L’origine du ciel de case et du roseau à flèches chez les Wayana (Guyanes), Gadepam, CTHS.
  • Eliane Camargo,2006, Languages Situation: French Guiana, Encyclopedia of Language and Linguistics, 2e. edition, K. Brown (ed), Oxford, Elsevier.
  • Paula Morgado, 2003, Os Wayana e os Viajantes: construindo imagens em mão dupla. (Tese de doutoramento). Departamento de Antropologia, FFLCH, Université de São Paulo.
  • Lúcia Hussak van Velthem, 2000 [1992], A pele do tuluperê: uma etnografia dos trançados Wayana-Aparai, Funtec, Belém.
  • Jean Chapuis, La personne Wayana entre sang et ciel, Université Aix-Marseille 3, 1998, 2 vol., 1082 p. (thèse de doctorat d'Anthropologie)
  • Françoise Grenand, Indiens de Guyane : Wayana et Wayampi de la forêt (avec photographies de Jean-Marcel Hurault et préface de Claude Lévi-Strauss), Autrement, Paris, 1998, 198 p. (ISBN 2-86260-824-6)
  • Paula Morgado, 1994, O pluralismo médico wayana-aparai: uma experiência intercultural. Mémoire de D.E.A Departamento de Antropologia, FFLCH, Universidade de São Paulo.
  • André Cognat, Antecume ou une autre vie, Laffont 'Vécu', Paris, 1977, 340 p. + photos. Récit témoignage recueilli par C. Massot.
  • Daniel Schoepf, « Historique et situation actuelle des Indiens Wayana-Aparai du Brésil », Bulletin du Musée d'Ethnographie de la ville de Genève, no 15, 1972, p. 33-64.
  • Jean-Marcel Hurault, Les Indiens Wayana de la Guyane française : structure sociale et coutume familiale, ORSTOM, Paris, 1968, 152 p. + pl. (ISBN 2-7099-0758-5)
  • Jean-Marcel Hurault, La Vie matérielle des noirs réfugiés Boni et des indiens Wayana du Haut-Maroni : agriculture, économie et habitat, ORSTOM, Paris, 1965, 142p

Filmographie

  • La liane mystérieuse des Wayana, film documentaire de Luc Riolon, IRD Audiovisuel, Bondy, 2004, 26' (DVD)
  • Dirty Paradise, film documentaire de Daniel Schweizer, Suisse/France, 2009, 70'

Liens externes

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