Aubigny (Coincy)
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49° 06′ 08″ N 6° 16′ 22″ E / 49.102140, 6.272678 Aubigny est une ancienne commune de la Moselle rattachée à la commune de Coincy après la Révolution[1]. Au début du XXIe siècle Aubigny possède une exploitation agricole, un château, deux étangs et les ruines d’un moulin.

Le château d’Aubigny, avec sa cour et les dépendances adjacentes, ainsi que le jardin, avec leurs murs de clôture et portails, fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 30 juillet 1993[2].

Sommaire

Géographie

Le ruisseau passant à Aubigny se nomme ruisseau de Vallières[3] : d’une longueur de 6,4 km, il prend sa source sur le territoire de la commune de Laquenexy au sud. Il traverse ensuite Ars-Laquenexy et passe à droite des étangs d’Aubigny. Il afflue au ruisseau venant de Coincy (Dame Jeanette) au lieu-dit La Planchette à Montoy-Flanville[4]. Fin 2000, on pouvait encore voir au lieu-dit « Trou des potyres » près de l’étang, au sommet d’une chute d’eau de quelques mètres, une arche de pierre qui s’est aujourd’hui effondrée ; il ne reste qu’un petit tas de pierre pour témoigner de l’existence d’un moulin en cet endroit.

Histoire

Ce lieu était déjà habité à l’époque gauloise, comme l’attestent les mardelles, excavations argileuses découvertes dans les bois.

Le château d'Aubigny et sa ferme sont mentionnés dans les archives dès le début du XVe siècle La seigneurie d’Aubigny est tenue de 1404 à 1701 par les familles de Vy et de Roucel. En 1682, Jean-Nicolas de Roucel, dans son aveu et dénombrement présenté à la Chambre royale de Metz, précisa qu’il y possédait une maison forte.

Le château fut dévasté pendant la guerre de Trente Ans et reconstruit au XVIIIe siècle.

Au XVIIIe siècle, la seigneurie passa aux familles Clinchant d’Aubigny, de Baignault et Le Duchat, ces deniers étant encore propriétaires du château au début du XIXe siècle. En 1814, la famille de Belchamps parente des Le Duchat hérite du château (par échange avec le domaine de la Grange-aux-Bois). En 1830, sa femme fait supprimer les tours du château et refait la salle à manger, elle meurt subitement en juillet 1869.

Pendant la guerre de 1870, le château est transformé en hôpital prussien. La bibliothèque a été brûlée et la cave vidée. François-Nicolas-Félix de Belchamps décède en 1893 et laisse deux filles dont la seconde se mariera à un militaire, officier du général Mac-Mahon à Alger, M. de Vaugrenant. Leur fille Marguerite, né en 1867, hérite à la mort de M. de Vaugrenant en 1920 du domaine. Elle épousera le général de Cugnac. Le général de Cugnac est originaire des Deux-Sèvres, c’est lui qui commanda pendant la Première Guerre mondiale, la 77e division d’infanterie alors que son épouse était en garnison à Paris. Il devint président départemental du Souvenir français et de la Fédération des sociétés sportives de la Moselle. En cette dernière qualité, il reçut à Aubigny, lors des fêtes données à Metz, les maréchaux Lyautey et Foch. Il mena ce dernier faire un périple à travers le canton.

Entre les deux derniers conflits, le général de Cugnac fut de toutes les cérémonies patriotiques et religieuses du canton. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Marguerite de Cugnac était à Poitiers alors que son mari était au front. À l’été 1940, les autorités allemandes confisquent le domaine et en font une Mädchenschule (de). Les propriétaires revinrent à l’automne 1944.De retour, elle a entièrement refait l’intérieur du château qui avait été pillé et changé en caserne de jeunes filles. Des meubles et des tableaux du château ont été trouvés partout dans le canton. En 1949, le général fêta ses noces de diamant. Il reçut aussi à Aubigny le colonel de Gaulle et bien d’autres personnalités. Il décéda en 1956. Sa fille Chantal de Cugnac s’est mariée à M. de Vasselot de Régné. Ils ont eu 4 enfants dont l’une a épousé M. de Montalembert qui à sa mort en 2006 a légué le château à sa fille ainée Mme d’Ornellas.

Origine du nom

L’origine du nom Aubigny est certainement celle d’un nom d’homme latin Albinius, dérivé Albinus qui devait posséder ces terres (Holder, t. I, col. 82). On trouve dans les archives :

  • 1267 : Aubigney (Wichmann, t. IV, p. 191)
  • 1269 : Abigney (Wichmann, t. IV, p. 191)
  • XVe siècle : Olbigny (censier Claris.), Olbigney
  • 1426 : Aulbingny (archives de l’hôtel de ville de Metz AA, 23, lett. de défi)
  • 1495 : Abigney (journal de Jean Aubrion, manuscrit du XVe siècle[5])
  • 1577 : Aubigney (abbaye St Vincent, dîmes, liasses Altroff)
  • 1617 : Aubigny (carte d’Abraham Fabert[6], également sur une carte du diocèse de Metz de Nicolas Sanson de 1656[7])
  • 1869 : Aubigny
  • En patois : Aubni

Du XVe siècle à nos jours

  • Le château et la ferme sont mentionnés dans les archives dès le début du XVe siècle ; le village possède deux feux et vingt-sept bêtes à cornes[5].
  • D’après un dénombrement du 4 décembre 1682, c’est un fief mouvant du roi de France qui est le siège d’une justice haute, moyenne et basse.
  • Aubigny faisait autrefois partie des Trois-Évêchés et était bailliage et coutume de Metz. C’était une annexe de la paroisse de Colombey puis de celle de Saint-Agnan.
  • Le château fut dévasté pendant la guerre de Trente Ans.
  • Entre 1790 et 1794, la commune éphémère d’Aubigny est rattachée à Coincy.
  • De la guerre de 1870 (voir histoire de Colombey), il n’y reste qu’un monument du 45e régiment de Prusse Orientale et trois tombes d’officiers.
  • De 1914 à 1939, la famille Jacquat s’est succédé dans l’entretien du jardin et l’un de leur descendant est aujourd’hui député en Moselle.
  • En 1916, les allemands germanisent Aubigny qui devient Albenach.
  • À l’été 1940, les autorités allemandes confisquent le domaine et en font une Mädchenschule (de). Les propriétaires revinrent à l’automne 1944.
  • La ferme d’Aubigny a été exploitée par les familles Bourguignon puis Moisson; elle l'est aujourd'hui par Pierre Grandidier. Elle appartient comme le château voisin à Mme d'Ornellas, descendante de la famille Belchamps.

Le château d'Aubigny

Coordonnées : 49°6′6″N 6°16′23″E / 49.10167, 6.27306

Ses possesseurs

  • Un premier château, érigé sur des terres de l’évêché de Metz, fut dévasté pendant la guerre de Trente Ans. Ce qu’il en restait fut entièrement remanié au XVIIIe siècle en une habitation fort élégante pour en faire la demeure actuelle.
  • La seigneurie d’Aubigny est tenue de 1404 à 1701 par les familles de Vy et de Roucel. En 1682, Jean-Nicolas de Roucel, dans son aveu et dénombrement présenté à la Chambre royale de Metz, précisa qu’il y possédait une maison forte.
  • Jean-Mathieu Jeoffroy, conseiller au parlement de Metz, leur succède.
  • Au XVIIIe siècle, la seigneurie passa aux familles Clinchant d’Aubigny, de Baignault et Le Duchat, ces deniers étant encore propriétaires du château au début du XIXe siècle.
  • En 1814, la famille de Belchamps parente des Le Duchat hérite du château (par échange avec le domaine de la Grange-aux-Bois). En 1830, sa femme fait supprimer les tours du château et refait la salle à manger, elle meurt subitement en juillet 1869.
  • Pendant la guerre de 1870, le château est transformé en hôpital allemand. La bibliothèque a été brûlée et la cave vidée. François-Nicolas-Félix de Belchamps décède en 1893 et laisse deux filles dont la seconde se mariera à un militaire, officier du général Mac-Mahon à Alger, M. de Vaugrenant. Leur fille Marguerite, né en 1867, hérite à la mort de M. de Vaugrenant en 1920 du domaine. Elle épousera le général de Cugnac.
  • Le général de Cugnac est originaire des Deux-Sèvres, c’est lui qui commanda pendant la Première Guerre mondiale, la 77e division d’infanterie alors que son épouse était en garnison à Paris. Il devint président départemental du Souvenir français et de la Fédération des sociétés sportives de la Moselle. En cette dernière qualité, il reçut à Aubigny, lors des fêtes données à Metz, les maréchaux Lyautey et Foch. Il mena ce dernier faire un périple à travers le canton.
  • Entre les deux derniers conflits, le général de Cugnac fut de toutes les cérémonies patriotiques et religieuses du canton. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Marguerite de Cugnac était en déportation à Poitiers alors que son mari était au front. De retour, elle a entièrement refait l’intérieur du château qui avait été pillé et changé en caserne de jeunes filles. Des meubles et des tableaux du château ont été trouvés partout dans le canton. En 1949, le général fêta ses noces de diamant. Il reçut aussi à Aubigny le colonel de Gaulle et bien d’autres personnalités. Il décéda en 1956.
  • Sa fille Chantal de Cugnac s’est mariée à M. de Vasselot de Régné. Ils ont eu 4 enfants dont l’une a épousé M. de Montalembert qui à sa mort en 2006 a légué le château à sa fille ainée Mme d’Ornellas.

Description du château

Les Jardins d'Aubigny peuvent être visités pendant la belle saison, notamment lors des journée du patrimoine (3ème week-end de septembre).

La maison forte des Roucel, complètement remaniée et repercée au XVIIIe siècle, a plus l’allure, actuellement, d’une grosse maison bourgeoise que d’un château. Le bâtiment, de plan rectangulaire, couvert d’un toit à croupes à faible pente, presque méditerranéen, est largement percé de fenêtres à linteau en arc segmentaire sur ses façades à trois niveaux dont un niveau de combes. Il subsiste encore une fenêtre à meneau sur la façade latérale droite, vestige du premier château. La porte d’entrée appareillée, à ébrasement concave, est précédée d’un degré convexe. De grands ifs taillés en cônes et des bordures de buis délimitent les parterres du jardin clos de murs, tandis que quatre grilles de fer forgé équilibrent la composition en ouvrant des perspectives. Ce jardin de buis est unique en Moselle et l’on dit que les ifs sont entretenus depuis plus de 300 ans.

Bibliographie

  • Ernest de Bouteiller sous les auspices de la Société d’archéologie et d’histoire de la Moselle, Dictionnaire topographique de l’ancien département de la Moselle : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, Impr. nationale, Paris, 1868, p. 11.
  • Albert Haefeli, Les fermes-châteaux du pays messin, 1972.
  • Henry Bourceret, Châteaux de la Moselle, coll. Art et Tourisme, p. 6.

Notes et références

  1. Le code commune est donc celui de Coincy à savoir 57145
  2. Ministère de la Culture, base Mérimée, « Notice no PA00125534 » sur www.culture.gouv.fr.
  3. Le nom donné sur Sandre est plutôt étrange car c'est un autre ruisseau qui passe à Vallière.
  4. Sandre – Cours d’eau : ruisseau de Vallières (A7890400)
  5. a et b Paul de Mardigny, Dénombrement des villages et gagnages des environs de Metz au commencement du XVe siècle, dans les Mémoires de l’Académie Impériale de Metz, vol. XXXVI, 1855, p. 430-523.
  6. Gallica — Abraham Fabert, Description du Pays Messin et ses confins…, 1617
  7. Gallica — Nicolas Sanson, Mediomatrici. Archidiaconés de Metz…, 1656.

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Aubigny (Coincy) de Wikipédia en français (auteurs)

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