Antoine Durafour
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Antoine Durafour
Antoine Durafour-1929.jpg
Le député Antoine Durafour au Congrès radical socialiste de Reims (1929)

Parlementaire français
Date de naissance 12 août 1876
Date de décès 25 avril 1932
Mandat Député (1910-1932)
Début du mandat 8 mai 1910 (Chambre des députés)
Fin du mandat 25 avril 1932
Circonscription Loire (Chambre des députés)
Groupe parlementaire Parti républicain, radical et radical-socialiste
IIIe République

Antoine Joseph Durafour né le 12 août 1876 à Saint-Étienne (Loire), est une personnalité politique française. Membre du Parti républicain, radical et radical-socialiste, ancien maire de Saint-Étienne de 1930 à 1932, il fut également ministre du Travail et de la Prévoyance sociale entre 1925 et 1926 sous les gouvernements de Paul Painlevé et d'Aristide Briand. Décédé le 25 avril 1932, il est le père de Michel Durafour.

Sommaire

Biographie

Après de brillantes études au lycée de Saint-Étienne et à la Faculté de droit de Lyon, il choisit la profession d'avocat et s'inscrivit au barreau de Saint-Étienne en 1898. Malgré un talent oratoire qui laissait prévoir une éclatante carrière au Palais, le jeune avocat se sentit rapidement attiré par la politique et quitta bientôt le prétoire pour la vie publique. Il fut élu conseiller général le 6 août 1907, dans le canton Est de Saint-Étienne et son mandat lui fut renouvelé en 1919, 1925 et 1931.. Vice-président de l'Assemblée départementale de 1914 à 1919, il en assuma la présidence de 1920 à 1930.

Pendant cette période, il s'occupa également de sa ville natale. Élu conseiller municipal le 10 mai 1908, il fut réélu à plusieurs reprises. Il est élu Maire de Saint-Étienne du 2 août 1930 jusqu'à son décès.

Les activités d'Antoine Durafour ne demeurèrent pas locales. Dès 1910, il brigua un mandat de député et fut élu le 8 mai, au deuxième tour de scrutin, dans la deuxième circonscription de Saint-Étienne, par 9.061 voix sur 15.408 votants, son adversaire Soulenc n'ayant obtenu que 6.021 voix. Il est réélu le 26 avril 1914, au premier tour de scrutin, par 8.249 voix contre 5.856 à M. Peuvergne et 1.010 à Joannès Jourjon sur 15.439 votants. Le 16 novembre 1919, il figure en tête de liste du bloc républicain et socialiste qui remporte 51.431 voix. Le 11 mai 1924, son mandat lui est renouvelé alors qu'il occupe la première place sur la liste du cartel des gauches. Le 29 avril 1928, il est réélu au deuxième tour, au scrutin uninominal, par 9.804 voix sur 17.896 votants, contre 6.638 à Doron dans la deuxième circonscription de Saint-Étienne.

Dès son entrée au Palais Bourbon, il lutte inlassablement pour la défense des travailleurs et des humbles et se spécialise dans les questions minières, ouvrières et sociales. Inscrit au groupe radical-socialiste, il fait successivement partie de la Commission des mines et des douanes, de la Commission chargée d'examiner les divers traités de paix, de la Commission du travail. Il est président de la Commission des mines, puis de celle du travail en 1928. Sa grande connaissance des problèmes sociaux amène Paul Painlevé, puis Aristide Briand à le choisir comme Ministre du Travail dans leurs Ministères du 17 avril 1925 au 23 juin 1926.

Aucune injustice ne lui est indifférente, et lorsqu'il se constitue en France un comité de défense de Sacco et Vanzetti, les deux Italiens exécutés aux États-Unis, il en prend la présidence. Il est également président du groupe parlementaire de défense des mutilés du travail et de celui de défense des blessés du poumon.

Il intervient fréquemment à la tribune pour défendre ses nombreuses propositions de loi.

Il s'apprête à être réélu aux élections générales de 1932, quand la mort le frappe prématurément, le 25 avril, à l'âge de 56 ans, à Saint-Étienne.

L'œuvre sociale

Il fait voter de nombreuses lois sociales, soit comme député soit comme ministre. Pendant la Première Guerre mondiale, il obtient le vote de la loi des « 5 sous pour les poilus ».

C'est à lui également que l'on doit la loi de huit heures dans les mines et celle sur les assurances sociales. Pendant son passage au Gouvernement, il assure la publication de douze décrets relatifs à la loi de huit heures, assurant le bénéfice de cette loi à un million et demi de travailleurs.

Il est à l'origine de nombreuses lois sur la législation du travail, les retraites ouvrières et paysannes, l'interdiction du travail de nuit dans les mines, et de la création des chambres de métiers, etc.

Il représente la France à la Conférence Internationale de Genève et le 8 juillet 1925, fait adopter par la Chambre la Convention internationale des huit heures. Il collabore également à la discussion des lois accordant des majorations aux mutilés du travail. C'est à lui, enfin, que l'on doit la loi du 28 décembre 1927 sur la mutualité française.

Parmi ses desseins restés inachevés, il faut noter une proposition de loi tendant à la nationalisation des mines, une autre relative à l'abolition de la peine de mort, l'adoption d'un projet de loi, enfin, déposé par le gouvernement en juillet 1925, tendant à instituer des vacances obligatoires et payées pour tous les travailleurs français, projet repris par le Bureau international du Travail, mais dont la réalisation fut interrompue par la mort de son rapporteur Ponard. Durafour fut un précurseur dans ce domaine puisque les congés payés ne furent généralisés et légalisés qu'en 1936, sous le Gouvernement du Front populaire.

Mandats et fonctions politiques

Ministre du Travail, de l'Hygiène, de l'Assistance et de la Prévoyance sociales 
Député
Conseiller municipal / Maire

Hommages

Buste d'Antoine Durafour à Saint-Étienne

Si la Chambre des députés ne put rendre hommage à Antoine Durafour, dont le mandat de 1928 venait de prendre fin, il n'en fut pas de même dans sa ville natale, où ses funérailles furent l'occasion d'une émouvante manifestation de reconnaissance de toute la population stéphanoise.

À Saint-Étienne, place Anatole France, une statue lui rend hommage.

Annexes

Bibliographie

  • Un grand serviteur de la démocratie sociale, Antoine Durafour, maire de Saint-Étienne, président du conseil général, député de la Loire, ministre républicain, impr. A. Peyronnet, 1932, 64 p.
  • François Ménard, Antoine Durafour : 1876-1932, maire de Saint-Étienne, Comité pour la commémoration du centenaire de la naissance d'Antoine Durafour, Saint-Étienne, 1976, 119 p.

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