Willem Kerrickx


Willem Kerrickx

Willem Kercks, Willem Kerckx, Willem Keyrickx, Guillaume Kerckx, Willem Kerricx, Guillaume Kercks, Guillielmus Kerricx, Willem Kerrix, Guillaume Keyrickx[1] ou Kerrickx l'Ancien, né à Termonde, le 2 juillet 1652[2], mort à Anvers en 20 juin 1719[3],[4], était un sculpteur baroque des Pays-Bas méridionaux.

Sommaire

Biographie

Maximilien-Emmanuel de Bavière, gouverneur général des Pays-Bas espagnols, portrait en buste de 1694 par Guillielmus Kerricx l’Ancien

Ce statuaire était fils de Pierre, brasseur, et de Catherine de Bolle, qui avait contracté mariage le 18 janvier 1648, dans l'église collégiale de Notre-Dame, à Termonde. Guillaume Kerricx, époux d'Anne De Wolf et aïeul de Guillielmus Kerricx, avait exercé la sculpture, de même que son fils Jean, né à Termonde, le 24 juillet 1622. Guillielmus vint au monde dans la même ville, le 2 juillet 1652[5], vraisemblablement dans la maison « Het Paradijs », rue de l’Escaut 8, à laquelle on apposa plus tard une plaque commémorative[6]. Encore le jour de sa naissance, il fut tenu sur les fonts baptismaux de ladite église, par son grand-père Guillaume et par Catherine Van Lokeren[5].

Les archives de la corporation anversoise de Saint-Luc nous apprennent que Guillielmus Kerricx, à l’âge de huit ans, fut inscrit, en 1660, comme apprenti-sculpteur[5]. Il était élève de Jan Baptist Buys[7] et, peut-être, d'Artus Quellinus le Jeune[4],[8],[5]. En 1674, il fut reçu franc-maître[9],[5]. L'artiste alla ensuite passer trois ans à Paris, pour s'y perfectionner :[2],[5] : les années 1675, 1676 et 1677[4], mais, en 1678, il revient à Anvers[2],[4]. Il est affilié, la même année, à la chambre de rhétorique De Olijftak (le rameau d'olivier), en tant qu’amateur[2],[5]. Le 10 décembre 1680[4], à la cathédrale Notre-Dame d'Anvers, il épousa Barbara Ogier, fille du rhétoricien, dramaturge et maître d'école Guillielmus Ogier et de Marie Schoenmaeckers[10],[5]. Comme trousseau, sa femme Barbara reçut 1.200 florins de ses parents[10]. Elle avait été baptisée dans l'église de Saint-Georges, le 17 février 1648, et était, par conséquent, âgée de quatre ans de plus que le statuaire. Leur mariage eut pour témoins leurs pères, Pierre Kerricx et Guillielmus Ogier[5],[10],[5].

Trois enfants, baptisés à l’église de Sainte-Walburge, furent les fruits de cette union :

  • 1. Guillielmus Ignatius, né, le 22 avril 1682 ;
  • 2. Catherine- Claire, le 1er mai 1684 ; parrain, Guillaume Ogier (son aïeul ? — son oncle ?), marraine, Catherine-Claire Kerricx, femme de l'imprimeur Godgaf Verhulst, et tante de l'enfant ; Catherine-Claire Kerricx apprit la peinture et s'exerça à la copie de grandes compositions. Affaiblie, plus tard, par ses infirmités, elle peignit encore avec talent des aquarelles. Elle mourut célibataire, à l'âge de 78 ans, après avoir été obligée d'en passer 36 au lit. Cette artiste, si longuement éprouvée, fut inhumée le 14 mai de cette année, dans l'église des Dominicains, dans le caveau de ses parents, d'après un registre d'enterrements de la cathédrale Notre-Dame d'Anvers. Elle habitait la rue des Sœurs-Noires ;
  • 3. Anne-Marie, tenue sur les fonts baptismaux, le 1er décembre 1687, par Godgaf Verhulst, son oncle, et Anne Ogier, sa tante[11],[10].

Le 18 février 1693, le nouveau gouverneur général des Pays-Bas espagnols, fit son entrée solennelle à Anvers[12]. Barbara Ogier le salua par un poème de circonstance et le prince assista à la représentation d'une pièce allégorique que Barbara avait faite en quelques heures[13]. Kerricx assista, le 3 mars 1693, en qualité de vice-doyen de la corporation, à la réception de Maximilien-Emmanuel, qui se fit en grande pompe, à la chambre de Saint-Luc[14]. Le gouverneur semblait satisfait de l’honneur qui lui fut fait[13]. Il accorda quatre permis avec lesquels fut fondé un cours de dessin d’après le plâtre[13],[15].

En reconnaissance la guilde commanda a Kerrickx un buste de l’électeur, actuellement conservé au Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers[13],[16]. À ce sujet, le registre des délibérations des doyens de Saint-Luc renferme les décisions suivantes, traduites en français, qui se rapportent à cette œuvre :

« Le 12 août 1693 […] il a été résolu à l'unanimité des voix, que le doyen Guillielmus Kerricx fera et achèvera le portrait et la statue de Son Altesse Sérénissime et Électorale, le Seigneur Duc de Bavière, avec les ornements convenables, etc. Il sera payé de ce chef audit doyen Kerricx, telle somme que les doyens arbitreront, et dont le dit doyen Kerricx a aussi promis de se contenter. »

Et plus loin :

« Le 21 août 1694, il a été résolu de donner et de payer de la part de celte chambre au doyen en charge, Guillielmus Kerricx, la somme de huit cents florins, pour le portrait de Son Altesse Électorale le Duc de Bavière, et pour les autres ornements qui y ont été ajoutés, [...] ce dont le susdit doyen Kerricx a déclaré se contenter, quoiqu'il eût mérité une somme beaucoup plus forte, et cela comme preuve du zèle qu'il professe pour la chambre »[17].

En résumé, le chef-d’œuvre, achevé en 1694[18], coûta la guilde de Saint-Luc1,088 florins de Brabant[17].

Aussi en 1693, Kerricx joignait le titre de « Prince van de Rethoryke » (prince de la rhétorique) de la chambre De Olijftak, qui était un vrai département dramatique de la corporations des peintres, aux fonctions du vice-décanat : en cette même année il devint doyen de la guilde de Saint-Luc[18],[14], dont il était déjà membre[19].

Sa femme ne cessait de composer des pièces de circonstance, que les confrères du Olijftak représentaient à leur théâtre de la Bourse. En vertu d'une résolution du 24 décembre 1694, le collège des bourgmestres et échevins ordonna de payer à Kerricx et à sa femme, une somme de vingt florins, en reconnaissance de quelques œuvres de poésie, récemment offertes à ces magistrats[14].

Il aurait travaillé à l’étranger, entre 1701/1702 et 1709/1710, peut-être en Angleterre ; de toute façon, durant cette période, on n’inscrivit plus d’élèves chez lui[7]. Kerricx remplit en 1711, pour la seconde fois, les fonctions de doyen de la confrérie de Saint-Luc[20].

Guillielmus Kerricx décéda le 20 juin 1719 ; sa femme le suivit au tombeau, le 18 mars 1720. L'un et l'autre furent enterrés dans l'église de l’ordre des Prêcheurs à Anvers, devant l'autel du saint Rosaire, sous une pierre sépulcrale, ornée des emblèmes en marbre blanc, de la Mort et de la Résurrection[21],[3].

Parmi ses élèves, on compte son fils Guillielmus Ignatius, Cornelius Struyf et Pieter van den Branden[9]. Son fils Guillielmus Ignatius Kerrickx (1682-1745) a effectué des réalisations pour l'abbaye de Tongerlo, dont la construction a débuté en 1724.

Œuvre

Quoi que les vandales de 1797 et de 1798 aient détruit plusieurs œuvres de ce sculpteur, Anvers conserve encore plusieurs de ses productions[20].

Ses créations sont notamment de style baroque tardif et rococo. Outre pour des portraits, il est connu pour ses sculptures en marbre dont le Rosaire (1688) dans l'église Saint-Paul[22] et la Fuite en Égypte, dans la chapelle des Sœurs noires à Anvers. Une partie de son travail se compose de mobilier d'église tels les confessionnaux (1711) de la basilique Saint-Servais à Grimbergen[22].

Œuvres à Anvers

On lui attribue le Christ mort du calvaire de l’église de Saint-Paul à Anvers[27].

Œuvres à Grimbergen

Œuvres à Hemiksem

Œuvres à Louvain

  • 1714-15[22] ; église de l’abbaye de Sainte-Gertrude ; les mausolées (des abbés François-Antoine de Fourneau et Alexandre-Charles Pallant ; les deux monuments commémoratifs sont constitués d’un soubassement, sur lequel est, à genoux, la statue d’un de ces prélats[28],[8] d’un réalisme étonnant[22], accompagné de deux anges qui tiennent les attributs de sa dignité[28],[8] ;
  • église de Sainte-Gertrude ; l’autel principal en marbre, détruit dans la Seconde Guerre mondiale[22] ;
  • église de Saint-Pierre ; le mausolée en marbre de Ferdinand de Trazegnies, le supérieur de cette église[4],[28].

Œuvres à Malines

  • église de Notre-Dame ; la chaire de vérité[4] ;
  • église de Notre-Dame ; la chaire de vérité, soutenue par les statues des quatre évangélistes[22].

Œuvres à Nivelles

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Littérature

  • (nl)G. Gepts-Buysaert, Guiglielmus Kerricx, Antwerps beeldhouwer 1652-1719, in Gentse Bijdragen tot de kunstgeschiedenis, 13 (1952), pp. 61-125 (résumé en français)
  • (nl)R. Sirjacobs, ... , in Sint-Paulusinfo, p. 783
  • (nl)R. de Roo, De beeldhouwkunst in de eeuw van Rubens, Gand, 1977, p. 130-138

Sources

Références

  1. Biografisch portaal van nederland
  2. a, b, c et d Van den Branden 100
  3. a et b Van der Straelen 1855, 166
  4. a, b, c, d, e, f et g Piron 192
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Génard 398
  6. De Vlaminck 13
  7. a et b Rijksbureau
  8. a, b, c et d Baert 93
  9. a, b, c et d Immerzeel 102
  10. a, b, c et d Van den Branden 101
  11. Génard 398-399
  12. Van den Branden 108
  13. a, b, c et d Van den Branden 109
  14. a, b et c Génard 399
  15. Van der Straelen 1855, 162
  16. Van der Straelen 1855, 158
  17. a et b Génard 399-400
  18. a et b Van der Straelen 1853, 309
  19. Van der Straelen 1853, 303
  20. a, b, c, d, e, f et g Génard 400
  21. a et b Génard 401
  22. a, b, c, d, e, f, g, h et i Oxford Grove Art
  23. Van Lerius 82
  24. Bussers 126-127
  25. Bussers 140-141
  26. Immerzeel 102-103
  27. Bussers 160
  28. a, b, c et d Immerzeel 103

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