Témoins de Jéhovah et caractère sectaire


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L'assimilation des Témoins de Jéhovah à une secte fait l'objet de débats impliquant diverses disciplines (histoire, sociologie, droit...), en fonction de la définition utilisée de ce terme et du pays dans lequel ils se trouvent.

Sommaire

Définition étymologique

Du point de vue étymologique, ils peuvent correspondre à l'origine latine du mot (sectare) en tant que groupe schismatique se séparant sur le plan doctrinal d'un mouvement bien établi, à savoir le second adventisme, lui-même issu du protestantisme.

Sens sociologique : Typologie de Weber et Troeltsch

Article détaillé : Typologie webero-troeltschienne.

Au XIXe siècle, les sociologues Max Weber et Ernst Troeltsch définissent l'idéal-type de la secte comme un groupement religieux intransigeant et en rupture avec la société. Le type secte n'a de sens que par opposition au type Église, alternative sociale de la religion qui prend sa place au milieu des institutions profanes.

Françoise Champion (chargée de recherches au CNRS) résume ainsi cette typologie [1]:

«  Selon [Weber et Troeltsch], on naît dans l'Eglise, qui est coextensive à la société, mais on entre dans la secte par conversion. Selon eux, également, l'Église accepte un compromis avec le monde, alors que la Secte la récuse. Enfin, dans l'Église, il y a deux catégories de personnes : clercs ou religieux d'un côté, laïcs de l'autre. Aux premiers, une morale exigeante ; aux seconds, une morale plus accessible. Cette distinction clercs-laïcs ne se retrouve pas dans la Secte : tous les membres y sont, en principe, égaux et tous sont soumis à la même morale exigeante. »

Avec le temps la secte se « routinise », commence à faire des concessions ou des compromis, et se rapproche finalement du type Église.

Selon Nathalie Luca (ethnologue, chercheuse au CNRS)[2],

«  L'exemple magistral en est la naissance du protestantisme. À la réforme, un besoin de radicalité s'exprime, pour revenir au plus proche d'un christianisme authentique moins imprégné de la vie sociale. C'est une démarche volontaire et pleinement religieuse de chrétiens engagés. La secte - le mot n'a pas de connotation péjorative - est une force de rupture par rapport à l'Eglise dont elle est issue et qu'elle accuse de se compromettre avec le monde. La réforme a donné naissance à quantité de groupes radicaux, de « sectes ». Mais, à chaque époque, on retrouve ce besoin de radicalité - baptistes, Témoins de Jéhovah, pentecôtistes, charismatiques protestants et catholiques, etc. Et comme la radicalité est difficilement viable à long terme, peu à peu la secte se « routinise », perd de sa ferveur initiale, et devient une Eglise vouée à d'autres réactions sectaires et schismes ! »

Jusqu'à la fin des années 1980, les Témoins de Jéhovah correspondaient tout à fait à ce sens sociologique de secte protestante repliée sur elle-même, en opposition à l'Église coextensive à la société.

Régis Dericquebourg[3]dans son étude sur la période de 1973 à 1979 souligne qu'ils considèrent le monde comme intrinsèquement mauvais et impossible à améliorer, ce qui les classe dans la catégorie des « sectes révolutionnaires » de la typologie de Bryan Wilson.

Bernard Blandre, agrégé d’histoire qui étudie le mouvement, constatait encore en 1987[4] :

«  Les Témoins de Jéhovah constitue un groupement volontaire de croyants qui considèrent le monde comme essentiellement mauvais, s’affirment les uniques détenteurs de la vérité et vouent à toute autre organisation que la leur à une destruction prochaine. En enlevant à ce mot toute nuance péjorative, ils correspondent à la définition sociologique de la secte et n’aspirent d’aucune manière à devenir une Église. »

Sens moderne

En dehors de ces définitions non péjoratives, la classification des Témoins de Jéhovah en tant que secte au sens moderne de groupe spirituel dangereux reste très polémique.

Jean Delumeau, titulaire de la chaire d'histoire des mentalités religieuses dans l'Occident moderne au Collège de France, s'est déclaré « plus réservé quand on emploie le mot « secte » pour [...] les Témoins de Jéhovah »[5]. Quant à Françoise Champion, chargée de recherches au CNRS, interrogée à propos des Témoins de Jéhovah, elle a répondu :

« C'est autre chose. Ils entrent dans la logique des anciennes sectes protestantes repliées sur elles-mêmes. La Scientologie fait partie de ces nouveaux groupes qui mêlent religiosité et thérapies à vendre[6]. »

Nathalie Luca, ethnologue et chercheur au CNRS, et Frédéric Lenoir, philosophe et sociologue, font une distinction entre les Témoins de Jéhovah et les « nouvelles sectes », dans leur ouvrage Sectes, mensonges et idéaux :

« Certains ne manqueront pas de nous reprocher de faire entrer les Témoins dans cette catégorie des sectes traditionnelles de terrain chrétien et non dans la catégorie des « nouvelles sectes » qui se définissent principalement par le mensonge et la dangerosité. Pour avoir étudié en profondeur ce mouvement, il est clair pour nous que les Témoins de Jéhovah sont de nature très différente de ces nouvelles sectes. Ils affichent clairement leurs objectifs réels, l'argent sert à construire des lieux de culte et non à enrichir quelques nababs, le pouvoir est collégial et n'est pas entre les mains d'un gourou tout-puissant, etc. Cela ne signifie pas pour autant que ce groupe ne présente aucune dangerosité[7]. »

Alain Vivien, l'ancien président de l'ex-MILS, estime que les Témoins de Jéhovah n’appartiennent pas à la catégorie des « sectes absolues », mais à une « association religieuse qui a des aspects de dérive sectaire »[8].

En mai 2006, Catherine Katz, secrétaire générale de la Miviludes, a déclaré à propos de l'organisation des Témoins de Jéhovah [9]:

« C'est un groupe qui donne lieu à des dérives sectaires répertoriés dans les deux rapports parlementaires et tous les rapports de toutes les missions françaises et européennes. »


Les dérives qui leur sont reprochés sont essentiellement l'isolement social des fidèles et le refus dogmatique des transfusions sanguines.

Intégration sociale

  • Éducation de l'enfant :

En France, le rapport parlementaire de 1995 classait le mouvement des Témoins de Jéhovah dans les sectes qui pratiquent « l'embrigadement des enfants sous une forme plus ou moins insidieuse ». Des opposants[10] dénoncent certaines interdictions comme nuisant à l'intégration sociale de ces enfants, ainsi que la conception diabolisante de la société actuelle et l'enseignement apocalyptique des Témoins de Jéhovah, qui sont parfois destructeurs pour les jeunes qui décident de ne pas devenir témoin de Jéhovah ou qui quittent un jour le mouvement. Ils soulignent aussi les conséquences liées à l’excommunication du mouvement à laquelle peut aboutir un baptême parfois précoce des enfants, un emploi du temps chargé et le risque mortel que représente le refus de la transfusion sanguine pour les enfants, dans certains pays.

Le rapport parlementaire de 2006 relatif à l'influence des mineurs en milieu sectaire[11] évoque les Témoins de Jéhovah en ce qui concerne le conditionnement et la culpabilisation des enfants (pp. 24 et 36), l'emploi du temps chargé de ces enfants (p. 25), le prosélytisme indirect à l'école (pp. 26 et 27), les troubles psychologiques qu'engendrerait « la séparation d'avec le monde » (pp. 29 et 30), l'incapacité du développement de l'autonomie (page 32), les risques de non-dénonciation d'abus sexuels sur mineurs (pp. 39 et 40), les difficultés psychologiques de la sortie du mouvement (p. 51), le problème des transfusions sanguines (pp. 65 à 68 et 129 et 130).

  • Activités sociales :

Par ailleurs, les Témoins de Jéhovah sont critiqués du fait de leur rejet de plusieurs pratiques sociales : ils refusent de participer aux fêtes traditionnelles (Noël, Pâques, anniversaires de naissance...), de voter pour un parti humain[12] d'effectuer le service militaire et le service civil (jusqu'en 1995), d'agir jusqu'à il y a peu pour des causes humanitaires en dehors de l'aide accordée à leurs coreligionnaires»[13], et de travailler pour l'industrie d'armement, du tabac, du sexe ou pour la fausse religion. En outre, ils sont vivement encouragés à renoncer à une carrière profane ainsi qu'à la poursuite des études supérieures, doivent limiter leur fréquentation des personnes non-Témoins aux rapports dans le travail ou à la prédication, être très sélectifs dans le choix de leurs divertissements (tout ce qui a trait à l'occultisme, au sexe, à la fausse religion, à la violence, ou qui pourrait introduire des doutes comme la philosophie doit être proscrit) et limiter l'utilisation d'Internet, car ce média est considéré comme dangereux[14].

Selon les critiques des Témoins de Jéhovah, cette rupture sociale est accentuée par les activités qu'un Témoin de Jéhovah est censé accomplir à minima : cinq heures de réunions, deux à trois heures en moyenne de prédication par semaine, la préparation de toutes les réunions, etc. En plus des 'activités profanes' classiques (travail, ménage, etc.), un Témoin de Jéhovah a donc peu de temps pour autre chose.

De leur côté, les Témoins de Jéhovah mettent régulièrement en avant des jeunes épanouis au sein de leur religion et menant une vie considérée comme « normale »[15], parfois à l'aide d'enquêtes sociologiques[16]. Par exemple une enquête SOFRES commandée par les Témoins de Jéhovah et menée en octobre 1998 révélait les points suivants : « le niveau d’instruction des interviewés [Témoins de Jéhovah] est également voisin de celui de la moyenne des Français... », « les tendances observées dans les familles montrent une forte participation au système scolaire classique », « trois familles [de Témoins de Jéhovah] sur quatre font participer leurs enfants aux activités culturelles et sportives de l’école, deux tiers aux activités sociales, classes vertes, classes de neige, etc. », « pendant les vacances, leurs enfants sont majoritairement occupés à sortir avec des amis, lire, et regarder la télévision ».

  • Pratique de l'excommunication :

L'attitude des Témoins de Jéhovah envers les « exclus » désormais appelés « excommuniés » est sujet à débat. En effet, la direction du mouvement religieux encourage ses fidèles à ne plus fréquenter une personne démissionnaire ou excommuniée, à ne pas engager de conversation amicale avec elle, ni même, en principe, à la saluer. Comme la Société Watchtower recommande à ses adeptes de limiter leurs relations avec les gens du monde extérieur[17], certains excommuniés se retrouvent très seuls et ont beaucoup de mal à supporter cette éviction. Bien que très rares, des cas de tentatives de suicide ou des suicides s'étant produits après une réprimande religieuse ou une excommunication sont également rapportés [18].

Les ex-Témoins de Jéhovah qui témoignent publiquement de leur expérience dans ce mouvement rapportent que les contacts avec leur famille Témoin de Jéhovah est rendue au mieux très difficile quand cela ne tombe pas dans la rupture de tout contact, y compris dans des circonstances exceptionnelles comme un mariage ou un décès[19].

Problème des transfusions sanguines

Depuis des années, ils sont dénoncés comme mouvement sectaire par les principaux organismes de lutte contre les sectes, notamment par des acteurs de la lutte anti-sectes en France, tels que Didier Pachoud [20] ou Jean-Pierre Brard qui dénoncent la dangerosité de l'organisation des Témoins de Jéhovah en évoquant leur refus dogmatique de la transfusion sanguine. Didier Pachoud a par exemple déclaré durant le colloque national organisé à Marseille par le GEMPPI [21] :

« C’est pour cette raison, que nous avons choisi de terminer ce colloque en traitant les effets de la doctrine farfelue et absurde des témoins de Jéhovah consistant à sacrifier sa vie ou la vie de ses enfants (c’est possible dans certains pays à législation laxiste sur ce point) par l’abstention de transfusions sanguines vitales dans certains cas pour respecter le symbole de vie qu’est le sang dans la Bible. Si l’on faisait le compte des personnes ainsi sacrifiées sur l’autel du fanatisme doctrinal sectaire des témoins de Jéhovah, nous dépasserions sans doute le nombre de victimes, suicidées ou assassinées, de l’Ordre du Temple Solaire. Mais rassurez-vous, les témoins de Jéhovah ne troublent pas l’ordre public, ils se laissent mourir en silence, d’ailleurs leurs conducteurs-surveillants spirituels qui les encadrent de près dans ces moments là, y veillent. »

Situation en France

Les Témoins de Jéhovah ont été mentionnés en France parmi les mouvements sectaires par la commission d'enquête parlementaire sur les sectes de 1995. Le rapport classe les Témoins de Jéhovah parmi les « mouvements apocalyptiques » qui prédisent la fin du monde régulièrement. Il évoque une affaire judiciaire en rapport avec des « violations de certaines obligations familiales », et le classe parmi les 57 mouvements où la commission aurait constaté « une rupture de l'adepte avec l'environnement d'origine ». De plus, il l'évoque à propos de « l'embrigadement des enfants sous une forme plus ou moins insidieuse » et le classe parmi les 26 mouvements qui provoqueraient des « troubles à l'ordre public », sans en préciser la teneur[22].


Le rédacteur en chef du Monde des religions Frédéric Lenoir a dénoncé les problèmes liés à ces amalgames dus à la publication de telles listes des sectes et à l'utilisation de mots fortement connotés, qui englobent des mouvements très divers avec des niveaux de dangerosité différents[23].

Plus récemment, Yves Bertrand, Directeur Général des Renseignements Généraux de 1992 à 2003, est revenu sur son travail de collaboration aux rapports parlementaires sur les sectes, et a estimé que les Témoins de Jéhovah ne méritaient pas d'être diabolisés, et « qu'à placer sur le même plan certaines sociétés de pensée et d'authentiques mouvements sectaires qui aliènent la liberté de leur membres, on aboutit à l'inverse du but recherché. Sous prétexte de protéger la liberté de conscience, on empêche les citoyens d'embrasser les croyances de leur choix, ce qui est le contraire de la laïcité bien comprise... »[24].

En 2001, l'étude des comportements des mouvements sectaires a conduit la MILS à classer ceux-ci dans trois catégories principales, qu'elle définit dans son rapport en explicitant le groupe dans lequel elle classe les Témoins de Jéhovah, à la page 10 de son rapport[25] :

« La deuxième catégorie de mouvements regroupe, aux yeux de la MILS, des groupements à fondements idéologiques très divers (confessionnels ou philosophiques, thérapeutiques ou commerciaux) qui ne peuvent être assimilés à des sectes absolues mais dont certains aspects du comportement sont inacceptables dans la mesure où ils remettent en cause des droits fondamentaux de la personne humaine. Autant avec les sectes absolues le dialogue est impossible puisqu'il ne consisterait qu'en une acceptation par l'autorité publique de la globalité de leurs contre-valeurs, autant avec cet ensemble de mouvements il paraît acceptable : discerner ce qui est contestable dans leur comportement, le leur faire savoir et ne cesser de réclamer le respect de la loi commune, c'est une tâche ardue à laquelle la Mission, depuis son institution, n'a jamais renoncé.(...)C'est dans cette catégorie que se situent les Témoins de Jéhovah qui, à eux seuls forment près des deux-tiers des adeptes dénombrés en France métropolitaine et outre-mer (environ 250.000 adeptes recrutés souvent dans des milieux socialement très modestes par une politique systématique de visites domiciliaires). »

Point de vue des Témoins de Jéhovah

Les Témoins de Jéhovah, quant à eux refusent cette appellation sous toutes ses formes.

En 1983, la Tour de Garde s'opposait à ce que ce terme soit appliqué aux Témoins « car ils ne sont pas les disciples d’un enseignant ou d’un maître humain, ni la ramification d’une Église ou d’une autre confession » sans toutefois que l'article s'interroge particulièrement sur les origines historiques du mouvement. Puis le numéro du 15 février 1994 affirme que les Témoins ne sont pas une secte parce qu'ils sont « une religion connue », « se consacrent à leur prochain », suivent « fidèlement la Bible » et n'ont « pas de chefs humains » mais c'est en son sens de groupe dangereux que le terme de secte est alors rejeté.

Éventuelle évolution vers la dénomination

Les sociologues relèvent des évolutions qui montreraient que les Témoins de Jéhovah perdraient de leur radicalité et correspondraient de plus en plus à la « dénomination », étape de passage de la secte vers l'Église. Ayant été amené à examiner à nouveau la question des Témoins de Jéhovah, Régis Dericquebourg[26] a noté des changements de comportements depuis son étude menée dans les années 1970 :

  • Action humanitaire : Les Témoins de Jéhovah ont plusieurs fois apporté leur aide aux populations victimes d'inondations. Certains participent à des actions sociales, par exemple au sein des Restaurants du cœur. Le siège national des Témoins de Jéhovah a apporté une aide humanitaire aux populations d'Afrique (notamment lors du génocide au Rwanda).
  • Service national : Suite à des négociations avec le ministère de la Défense en février 1995, les Témoins de Jéhovah ont accepté d'accomplir un service civil en remplacement du service militaire.
  • Refus des transfusions sanguines : Des structures d'information hospitalières ont été mises en place à partir de 1982, pour favoriser le dialogue et la collaboration avec les médecins et leurs équipes médicales.
  • Discussions avec l'État : Les Témoins de Jéhovah ont entrepris diverses démarches pour être reconnus comme association cultuelle.

Les Témoins de Jéhovah ont modifié un certain nombre de points dans leur comportement pour ne plus prêter flanc aux critiques, c'est ce que le sociologue Régis Déricquebourg a appelé la 'normalisation' des Témoins de Jéhovah :

  • 1989, France : Arrêt de la prédication des jeunes Témoins de Jéhovah dans les enceintes des établissements scolaires pour respecter la laïcité. Abandon de la politique d'exclusion concernant les 'compagnons agréés'[réf. nécessaire] : les parents de jeunes élevés chez les Témoins de Jéhovah peuvent désormais avoir des relations normales envers ceux de leurs enfants qui ne sont pas devenus Témoins de Jéhovah. Affiliation de la Société Watchtower avec le bureau DPI de l'ONU, néanmoins la même année le mouvement continue à proclamer le caractère satanique de cette organisation internationale.
  • 1995 : Création du CETJAD. Les Témoins acceptent enfin de collaborer avec les historiens sur leur passé dans les camps de concentration.
  • 1996, International : Acceptation du service civil en remplacement du service militaire.
  • 1997, 1999 : L'association française AMS, chargée de faire la promotion de la médecine non-transfusionnelle auprès du corps médical, et composée exclusivement de Témoins de Jéhovah tente de recevoir le statut de consultant auprès du conseil de l'Europe[27].
  • 1999 : Ils peuvent se rendre au bureau de vote, même quand la loi ne les y oblige pas.
  • 2000 : Rappel est fait aux fidèles Témoins de Jéhovah du territoire français que l'inscription sur les listes électorales est une obligation légale[28], ce qui entraine un afflux massif de demandes dans les préfectures, comme par exemple en Outre-Mer.
  • 2000: Officialisation dans La Tour de garde du 15 juin 2000 de l'autorisation d'utiliser des produits à base d'hémoglobine tiré du sang (humain ou bovin), autorisation initiée localement en 1998 par l'acceptation ponctuelle d'un produit comme l'hémopure[29].

Quant à Nathalie Luca[30], outre cet arrangement avec le ministère de la Défense en 1995 et l'acceptation aujourd'hui de la « journée citoyenne », elle relève que les Témoins de Jéhovah accordent une plus grande place aux études supérieures, qui irait dans le sens d'une meilleure intégration sociale.

D'un autre côté, l'historien Bernard Blandre, spécialiste de ce mouvement ayant analysé la récente résolution adoptée aux assemblées d'été de 2006, se demande s'ils « franchiront un jour ce pas »[31] :

« On sait qu’avec le temps une secte s’assagit pour devenir une dénomination. Si l’on tient compte de l’époque de leurs précurseurs, les Témoins de Jéhovah ont au moins deux siècles d’existence ; ils ne sont toujours pas passés d’un stade à l’autre - s’ils franchissent un jour ce pas. Cette résolution marque peut-être un durcissement contre une amorce d’évolution : connu comme n’étant pas témoin de Jéhovah, je suis en relation avec plusieurs par Internet. On sait par ailleurs que dans certaines circonstances des congrégations françaises de témoins de Jéhovah ont fait des dons à des centres communaux d’action sociale, ce qui est condamné par le cinquième point de la résolution. »

Notes et références

  1. « "Sectes", entre guillemets », Actualité des religions, n° 6, juin 1999, p. 40
  2. « Sectes : Savoir de quoi on parle », Réforme, n° 2797, 19-25 novembre 1998, p. 8
  3.  »Les Témoins de Jéhovah : vers une sortie de la logique sectaire ? », in Sectes et démocratie, sous la direction de Françoise Champion et de Martine Cohen, Éditions Seuil, Paris, 1999, pp. 105-125.
  4. Les Témoins de Jéhovah - un siècle d’histoire édition Desclée de Brouwer, 1987, p. 117
  5. Jean Delumeau : « Un mot à manier avec prudence » Interview par Véziane de Vezins, Le Figaro, mercredi 25 novembre 1998, p. 9.
  6. « Surtout pas de lois d'exception », article de Stéphane Durand-Souffland dans Le Figaro, vendredi 10 septembre 1999.
  7. Nathalie Luca et Frédéric Lenoir, Sectes, mensonges et idéaux, pp. 36, 37.
  8. Max Rosereau Ph., "Le président de la MILS souhaite miser davantage sur la prévention", La Voix du Nord
  9. La lutte contre les dérives sectaires, avec Catherine Katz, secrétaire générale de la Miviludes
  10. Quand l’intérêt de Jéhovah prime sur celui de l’enfant, sur le site de l'UNADFI et La vie quotidienne, sur le site de l'UNADFI, Rapport 2005 de la MIVILUDES, p. 17 à 21 ou p. 88 à 89
  11. Rapport n° 3507, commission d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs, Georges Fenech, Philippe Vuilque, 12 décembre 2006
  12. La vie quotidienne sur UNADFI
  13. Voir la Résolution de l’assemblée des témoins de Jéhovah 2006: « la délivrance est proche ! » sur le site du CCMM. Blandre souligne que leur détermination à « ne pas faire partie du monde » est répétée six fois dans ce court texte, qui marque également un retour en arrière sur la question des actions humanitaires : « Nous refusons catégoriquement de nous associer à de vains mouvements œcuméniques ou à des actions sociales ou à d'autres projets cherchant à faire durer un système que Dieu a condamné parce qu'il est voué à l'échec ».
  14. Comment éviter les dangers des 'chats'?, dans Réveillez-vous !, 22 octobre 2005 :

    « Si vous êtes Témoin de Jéhovah, vous pourriez vouloir, par curiosité, aller sur un site censé permettre à des jeunes Témoins du monde entier de nouer des amitiés.(...)"J'étais en ligne avec des chateurs que je croyais tous Témoins de Jéhovah, raconte Thierry. Mais, au bout d'un moment, quelques-uns se sont mis à dénigrer nos croyances. J'ai vite compris que c'étaient en réalité des apostats." Ces inconnus cherchaient à saper les valeurs morales de ceux dont ils disaient être coreligionnaires.(...)Réveillez-vous ! et d'autres publications des mêmes éditeurs nous mettent souvent en garde contre ce danger. Par conséquent, une personne que vous rencontrez sur un site prétendument créé pour des Témoins de Jéhovah est, au mieux, quelqu'un qui dédaigne ces conseils. Désirez-vous vraiment avoir des amis qui font peu de cas des recommandations bibliques ? - Proverbes 3:5, 6 ; 15:5. »

  15. La vie 'normale' des enfants de Témoins de Jehovah, AFP, Paris, 15 juin 1999
  16. Par exemple : Témoins de Jéhovah - Rapport de synthèse, réf. MHI-MVN 98-204, octobre 1998, SOFRES
  17. La Tour de Garde 1er août 1993, pp. 15-20

    «  Paul a dit aux Corinthiens: « Ne vous laissez pas égarer. Les mauvaises compagnies gâtent les saines habitudes. » (...) Toutefois, le conseil paternel de Paul doit entrer en jeu si quelqu’un persiste à ne pas accepter ce que nous savons être la vérité biblique, ou à tenir des propos sceptiques ou négatifs. Nous devrions nous garder de fréquenter ce genre de personne. »

  18. Affaires de discipline religieuse et suicide chez les Témoins de Jéhovah, sur Tj-Encyclopédie
  19. La Tour de Garde, 15 décembre 1981, p. 29 :

    «  Les chrétiens estimeront parfois qu’il leur est impossible de recevoir un parent exclu ou qui s’est retiré volontairement, lors d’une réunion où d’autres membres de la famille sont invités. Mais ces chrétiens peuvent trouver leur joie dans la fréquentation des membres fidèles de la congrégation, en se rappelant ces paroles de Jésus : « Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère. » — Marc 3:35. »

  20. Président du GEMPPI Groupe d’Etude des Mouvements de Pensée en vue de la Protection de l’Individu, vice-président de la FECRIS Fédération Européenne des Centres de Recherche et d’Information sur le Sectarisme, membre du conseil d’administration du CCMM Centre de documentation, d’éducation et d’action Contre les Manipulations Mentales
  21. Compte rendu du colloque national organisé à Marseille par le GEMPPI le samedi 8 octobre 2005
  22. Rapport fait au nom de la commission d'enquête sur les sectes
  23. Le Monde diplomatique, mai 1999, p. 26.
  24. Extraits du livre Je ne sais rien mais je vous dirai tout, d'Yves Bertrand
  25. rapport 2001 Rapport 2001 MILS
  26. « Les Témoins de Jéhovah et le rapport », in Pour en finir avec les sectes - Le débat sur le rapport de la commission parlementaire, sous la direction de Massimo Introvigne et de J. Gordon Melton, CESNUR, Éditions Dervy, Paris, 1996.
  27. Assemblée parlementaire, doc. 8354, 26 mars 1999, sur le site du Conseil de l'Europe
  28. Ministère du Royaume, mai 2000, p. 7.
  29. Watchtower blood policy changes, sur le site Associated Jehovah's Witnesses for reform on blood (AJWRB)
  30. Sectes, Églises et nouveaux mouvements religieux, in Actes du séminaire « L'enseignement du fait religieux », 5, 6 et 7 novembre 2002.
  31. Association d'Étude et d'Information sur les Mouvements Religieux, Mouvements religieux, n° 314, juillet 2006, pp. 6-8[1]

Bibliographie

Sociologie ou histoire des religions

Rapports d'enquête officiels

Associations d'information et de lutte contre les dérives sectaires

Sources diverses

  • « Sectes… entre panique et confusion », hors-série de la revue protestante Réforme, juin 2000.
  • Massimo Introvigne et J. Gordon Melton (sous la direction de), Pour en finir avec les sectes - Le débat sur le rapport de la commission parlementaire, CESNUR, Éditions Dervy, Paris, 1996.
  • Jean-Paul Willaime, « Débat sur les sectes et perception sociale du religieux en France », Conscience et Liberté, n° 59, 2000.

Livres favorables aux Témoins de Jéhovah

  • Philippe Barbey, Les Témoins de Jéhovah - Pour un christianisme original, Éditions L'Harmattan, Paris, 2003.[2]
  • Sabine Besson, Droit de la famille, religions et sectes, Éditions EMCC, Lyon, 1997.
  • Philippe Goni, Les Témoins de Jéhovah : Pratique cultuelle et loi du 9 décembre 1905, Éditions L'Harmattan, Paris, 2004.[3]

Livres défavorables aux Témoins de Jéhovah

  • Charline Delporte, Témoins de Jéhovah : Les victimes parlent, Éditions Fayard, 1998[4]
  • Raymond Franz, Crise de conscience, Commentary Press[5]
  • Nicolas Jacquette, Nicolas, 25 ans, rescapé des Témoins de Jéhovah, Balland, 2007
  • Dany Bouchard Dans l'enfer des témoins de Jéhovah, Editions du Rocher, 2001

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Témoins de Jéhovah et caractère sectaire de Wikipédia en français (auteurs)

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