Traction animale


Traction animale
Treuil à traction animale d'une ancienne carrière (Châtillon, France)

La traction animale est l'utilisation d'animaux domestiques par l'Homme pour :

Sommaire

Animaux de trait communs

  • Âne
  • Le bœuf est un animal de trait intéressant. En effet, il développe une force de traction importante et est résistant à l'effort. S'il est plus lent que le cheval, cela permet un meilleur contrôle de la machine. La possibilité de valoriser la carcasse bovine en fin de carrière est un atout dans les pays où la viande équine est peu consommée. La vache peut également offrir une alternative intéressante. Elle peut fournir en plus de son travail du lait et des veaux pour prendre la suite. Néanmoins, sa puissance de travail est moindre que celle d'un bœuf et elle a des besoins alimentaires supérieures[1].
  • Chameau
  • Cheval de trait
  • Chien d'attelage
  • Le dromadaire est un animal de bât et de monte privilégié dans sa zone de répartition. Il fournit aux nomades qui l'utilisent lait, viande et poils pour le tissage et se contente d'une nourriture pauvre dans les zones arides[1].
  • Éléphant
  • Mulet
  • Renne
  • Zébu

Histoire

L'utilisation de l'énergie animale ne s'est pas faite en même temps que sa domestication. On estime que l'homme a commencé à atteler des bovins à des araires ou des véhicules à roues durant le IVe millénaire avant J-C. Ces techniques inventées dans l'ancien croissant fertile ou en Ukraine ont par la suite connu un développement mondial[2].

Dans les pays industrialisés, l'utilisation des animaux de trait a fortement régressé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale avec le développement de la mécanisation (moteur à combustion interne et électricité), et garde une place marginale dans le tourisme.

Toutefois, la traction animale garde toute son importance en Afrique subsaharienne où elle se développe.

Économie

Travail du sol avec bœufs de trait en Zambie

Sur le plan international, si l'on se place du point de vue de l'agriculteur et de son outil de travail, l'usage des animaux de trait reste majoritaire : d'après la FAO, sur environ 1,3 milliard d’agriculteurs au monde, 430 millions utilisent la traction animale et la fertilisation animale (et près de 30 millions cultivent dans le cadre du trio mécanisation / intrants synthétiques / irrigation ; le reste, soit près de 1 milliard, cultive à la main).

Dans les pays industrialisés, cela dit, la journaliste Corinne Smith[3] relève un certain retour du cheval de trait pour de multiple usages : « Plusieurs villes et villages se sont lancés dans l'expérience concluante du remplacement des polluants et bruyants engins municipaux par le paisible cheval de trait. » La journaliste cite la ville de Trouville pour la collecte du verre, la ville de Saint-Pierre-sur-Dives pour le ramassage scolaire, les villes de Poitiers, Nantes, Pfaffenhoffen, Paris (Bois de Vincennes) pour l'entretien des espaces verts. Ce léger retour s'observe aussi dans le monde agricole : selon l'Association France Trait, il y aurait en France environ 80 chevaux vignerons en France (chiffre de 1995). Un certain regain s'observe également pour les outils de labour à traction animale : les outils innovants et polyvalents conçus par Jean Nolle se diffusent aussi bien en France que dans les pays du Sud (en France, à raison d'une trentaine par an)[4].

Les usagers de ce type d'outils sont, en France, principalement des maraîchers et des petits agriculteurs qui veulent conserver leur autonomie et se réapproprier des savoir-faire non-industriels et non-marchands[4]. Cette évolution est à relier au développement d’un maraîchage polyvalent au sein des AMAP.

Au Madagascar (deuxième moitié du XXe siècle) on développa par croisement une nouvelle race de bovin devant être utilisée aussi comme animal de trait. On le nomma le renitelo. L'utilisation de charrette à bœuf au centre de ce pays était encore très populaire à la fin des années 1980.

Les animaux de trait sont encore largement utilisés dans certains pays africains. Ce sont notamment des bovins qui sont utilisés pour le labour, et dans une moindre mesure le sarclage, le buttage et le transport par charrettes[5], mais des ânes. La traction animale se développe dans une vaste partie de l'Afrique subsaharienne où elle se substitue au travail manuel. Ainsi, les animaux sont utilisés pour le transport en zones arides et la préparation sommaire des terres en zones semi-arides. La traction animale s'implante également fortement dans les zones sub-humides où les cultures annuelles telles que le coton, le manioc, le riz et le maïs sont possibles, mais elle est également présente dans les zones plus montagneuses, comme dans les montagnes éthiopiennes où elle est millénaire[1].

Machines

Un grand nombre de puits, d'installations d'irrigation, de moulins et d'usines (forges, presses, etc.) ont utilisé la force animale, notamment au moyen de norias et de treuils.

Attelages

Bœufs liés par un joug de cornes

L'utilisation d'animaux de trait nécessite généralement la création d'un équipement d'attache, l'attelage, permettant à l'animal de tracter une charge, sans se blesser. Le plus ancien système serait le joug à cornes, où dans l'Égypte antique, une barre en bois était placée entre les cornes d'un bovidé. Avec le temps, la barre en bois est sculptée pour mieux s'adapter à la morphologie de l'animal et des trous sont réalisés pour y faire passer les liens en cuir permettant la traction de la charge.

Labour à quatre avec un joug de garrot, de Rudolf Koller (1868)

Le joug de garrot est une évolution du joug à cornes qui permet l'utilisation d'animaux sans cornes ou dont la forme des cornes ne se prêtent pas au joug de cornes. Il consiste en une barre en bois posée sur le garrot, avec une attache passant au-dessus des épaules et prenant appui sur la cage thoracique. Le problème du joug de garrot est qu'il écrase le cou de l'animal, l'empêchant d'utiliser toute sa force.

Les jougs s'utilisent exclusivement avec des animaux ayant le cou dans le même alignement que celui de la colonne vertébrale, ce qui n'est pas le cas du cheval. C'est ainsi qu'est créé ce que l'on nomme l'attelage antique, qui consiste en une large bande en cuir placé sur la cage thoracique, la bricole. Cette bande est ensuite attachée à une barre en bois posé sur le garrot. Ainsi l'animal tracte la charge avec comprimant son torse. Le problème est que cet attelage n'est pas très efficace, car il écrase le torse de l'animal, ce qui l'empêche de respirer correctement et il réduit donc son allure.

Pour les chevaux, le collier d'épaules, connu dès le Ier siècle, mais qui se répand seulement à partir du XIe siècle, permettait une meilleure transmission de la puissance du cheval et ne gênait pas sa respiration.

Cheyennes utilisant le travois sur un cheval

Le travois est un autre type d'attelage que l'on peut utiliser sur le cheval, mais également sur le chien. Utilisé par les Indiens d'Amérique, il consiste en deux barres de bois reposant sur les flancs de l'animal. Les deux extrémités supérieures sont réunies, tandis que celles inférieures reposent sur le sol. Son avantage est qu'il ne comprime pas le torse de l'animal.

Soins et conditions de vie

Entretien de la peau d'un éléphant

Les animaux de trait sont en principe régulièrement l'objet de soins.



Déplacements

Ancien panneau routier italien

Les déplacements d'attelages sur la voie publique sont réglementés dans beaucoup de pays.

Notes et références

  1. a, b et c (fr)Gérard Le Thiec, Agriculture africaine et traction animale, Editions Quae, 1996, 376 p. (ISBN 2-87614-240-6, 9782876142404) [lire en ligne] 
  2. (fr)Pierre Pétrequin, Rose-Marie Arbogast, Anne-Marie Pétrequin, Samuel Van Willigen, Maxence Bailly, Premiers chariots, premiers araires : La diffusion de la traction animale en Europe pendant les IVe et IIIe millénaires avant notre ère, CNRS, coll. « Recherches Archéologiques », 16 novembre 2006, 397 p. (ISBN 2-271-06426-0) 
  3. L'Écologiste n° 25, printemps 2008, pp. 40-41
  4. a et b Émission Terre à terre diffusée sur France-Culture le 27 avril 2007
  5. (fr)Vall Éric, « La traction bovine en Afrique centrale soudano-sahélienne (Cameroun, Tchad et Centrafrique) », dans Ethnozootechnie, vol. 60, 1997, p. 109-118 [texte intégral] 

Voir aussi

Bibliographie


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