Agar (Bible)
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Agar (en hébreu : הָגָר - Hagar - Étrangère ; en arabe: هاجر - Hajar –celle qui part - sous entendue celle qu'on a chassée) est la servante de Sarah et d'Abraham et la mère d'Ismaël.

Abraham recevant Agar.jpg
Abraham renvoyant Agar.jpg

Sommaire

Récit de la Genèse

Dans la Bible, (Genèse 16 à 21) Agar est la servante égyptienne de Sarah, l'épouse d'Abraham. Sarah offre Agar à son époux, car leur union est jusque-là stérile. Agar est enceinte. Alors Sarah, se sentant diminuée aux yeux de sa servante, demande à Abraham de juger entre Agar et elle. Abraham la laisse juge : Sarah humilie Agar et la chasse. Celle-ci ne survit dans le désert que grâce à l'aide divine. L'ange de Iahvé dit à Agar : « Je multiplierai ta race au point qu'on ne pourra la dénombrer, tant elle sera nombreuse ». Il ajoute qu'elle enfantera un fils du nom d'Ismaël (en hébreu ishma'-'êl : « Dieu entend »), « car Iahvé a entendu ton humiliation ». Le lieu de cette rencontre est le puits Lakhaï-roï (« au vivant qui me voit »), entre Qadès et Béréd. Abraham était âgé de 86 ans lorsque Agar enfanta Ismaël. Iahvé comprend doublement Agar : par l'écoute et par la vue.

Agar est revenue près d'Abraham et Sarah qui a finalement donné à Abraham un fils, Isaac. Ismaël et Isaac sont élevés ensemble. Mais, à la demande de Sarah, Agar est à nouveau chassée, cette fois avec son fils, car Sarah ne veut pas qu'Ismaël hérite avec Isaac. Agar et Ismaël errent dans le désert de Bersabée. A nouveau, Dieu entend et voit la détresse d'Agar : « je ferai de lui une grande nation ». Il lui ouvre les yeux : elle voit un puits et sauve son fils de la mort. Elle trouve ensuite pour lui une femme du pays d'Égypte.

Dans la tradition islamique

Agar (en arabe : Hajar), comme Sarah, n'est pas mentionnée directement par son nom dans le Coran, mais son histoire est plus détaillée dans la tradition musulmane et les exégètes y voient la référence à certains chapitres, notamment dans la sourate IbrahimAbraham évoque une partie de sa descendance qu'il a établie en Arabie : « ô notre Seigneur, j’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans agriculture, près de Ta Maison sacrée[1]. »[2]. Son nom en arabe viendrait de la contraction de ha ajruka qui signifierait Voici ta récompense[3].

Agar serait issue d'une noble famille égyptienne et serait de la descendance de Salih, un des prophètes cités par le Coran. Son père aurait été tué par un pharaon du nom de Dhu-l-`arsh, puis fut capturée et prise en tant qu'esclave. Plus tard, en raison de son sang royal, elle aurait été promue maîtresse des autres femmes esclaves du Pharaon et aurait eu accès à toute la richesse du pharaon. Sarah, première épouse d'Ibrahim réputée pour sa beauté, attire l'attention du Pharaon, qui tente alors d'abuser d'elle. Dieu intervient et le Pharaon, paralysé, ne parvient pas à la toucher. Il rend à Ibrahim son épouse et lui offre de nombreux présents, qu'Ibrahim refuse d'accepter mais propose à Sarah de prendre une servante parmi les quatre cents jeunes filles de son royaume. Sarah choisira Agar suite à sa conversion en la foi d'Ibrahim. Elle l'apprécie dès leur première rencontre. Toutefois, un autre récit de la tradition islamique précise que c'est le pharaon qui suggéra à Ibrahim de prendre Agar croyant que celui-ci n'était pas marié, et étant donné qu'Ibrahim avait présenté sa femme comme étant sa sœur et non pas sa femme[4].

Sarah qui était stérile, encouragea plus tard son mari à s'unir avec Agar pour avoir un enfant et eurent un fils qu'ils nommèrent Ismaël (arabe : إسماعيل, Isma`il). Selon Ibn `Abbas, la naissance d'Ismaël causa des différends entre Agar et Sarah et précise que cette dernière était encore stérile à ce moment-là.

Exil dans le désert

Abraham emmena Agar et son fils dans une région appelée Paran-aram (en arabe: Faran)[5]. « L'objectif de ce voyage était de réinstaller Agar ailleurs plutôt que de l'expulser[3] ». Abraham laissa Agar et Ismaël sous un arbre qui leur fournirait de l'eau[5]. Agar, apprenant que Dieu avait commandé Abraham de la laisser dans le désert de Paran, respecta sa décision[4]. Les musulmans croient que Dieu commanda à Abraham de laisser Agar afin de tester son obéissance aux ordres de Dieu[6]. Cependant, bientôt Agar viendra à manquer d'eau, et Ismaël, qui était encore bébé, commença à agoniser. Agar, selon la tradition islamique, paniqua et erra dans le désert afin de trouver de l'eau. Elle escalada les deux montagnes voisines à plusieurs reprises dans but de rechercher une personne susceptible de l'aider, ou d'apercevoir une caravane. Après qu'elle eut effectué ce parcours sept fois, une source miraculeuse apparut aux pieds de son bébé, dont l'eau jaillit abondamment de la terre. Cette source fut appelée le puits de Zamzam et est située à quelques mètres de la Kaaba dans la grande mosquée de la Mecque[5].

Peinture de Gheorghe Tattarescu (1870) représentant l'Ange Gabriel apparaissant à Agar.

Ce périple qu'Agar dut endurer est reproduit chaque année par les pèlerins musulmans lors du Hajj à La Mecque au cours d'une journée spécifique entre Safâ et Marwah (saʿīy, سَعْيي, course; effort; recherche).

Les caravaniers, guidés par les oiseaux qui avaient repéré la source d'eau, vinrent à elle. Agar qui pu profiter de la source et en devenir propriétaire, avait le droit de décider qui l'utilise et qui doit s'installer autour. La tradition raconte que c'est comme cela que la vallée aride commença à se peupler.

Ibrahim revint plus tard dans le désert d'Arabie pour rejoindre Agar et son fils Ismaël. Ils se rendirent sur les vestiges de la Kaaba, considérée par les musulmans pour avoir été jadis bâtie par Adam lui-même mais qui fut détruite pendant le Déluge au temps de Noé. Abraham et Ismaël furent alors chargés de reconstruire le sanctuaire afin de permettre aux croyants de venir y prier jusqu'à ce que la Mecque se reforme petit à petit.

Mahomet serait le descendant direct d'Ismaël, fils d'Ibrahim et Agar, tandis que Moïse serait le descendant d'Isaac, fils d'Abraham et de Sarah. On trouve aussi dans l'encyclopédie Lisân al-`Arab[7] que l'une des plus vieilles tribus arabes porte le nom de Banou Hâjar, dont les descendants existent encore de nos jours.

Hajj

L'histoire d'Agar se développa en un rituel musulman lors du pèlerinage à la Mecque et est plus connue sous le nom de sa`î (de l'arabe سَعِي, course, effort, recherche). Durant les deux pèlerinages musulmans (le hajj et la `oumra), les pèlerins se doivent de marcher entre les deux collines sept fois en mémoire du périple d'Agar, lorsqu'elle tenta de trouver l'eau pour son fils en courant entre les deux collines Safâ et Marwah à de multiples reprises. Le rite symbolise aussi bien la célébration de la maternité dans l'islam que que le leadership des femmes[4].

Pour accomplir le rite, les musulmans boivent du puits de Zamzam dont les musulmans rapporteront souvent une partie de l'eau sacrée[8].

Interprétations

Christianisme

Dans l'Épître aux Galates (Ga 4), Paul de Tarse se réfère au récit biblique comme à une allégorie, où Agar symboliserait l'Ancienne Alliance, celle de la Jérusalem terrestre vouée à la servitude; tandis que Sarah symboliserait la Nouvelle Alliance, celle de la Jérusalem céleste.

Notes et références

  1. Coran 14:37
  2. Barbara Freyer Stowasser, Women in the Qur'an (Les femmes dans le Coran), Traditions et interprétation, Oxford University Press US, 1996, p. 47.
  3. a et b Fatani, Afnan H. (2006). Hajar. In Leaman, Oliver. The Qur'an: an encyclopedia. Great Britain: Routeledge. pp. 234–236
  4. a, b et c `Aishah `Abd al-Rahman, Anthony Calderbank (1999). Islam and the New Woman (ﺍﻹﺳﻼﻡ ﻭﺍﻟﻤﺮﺃﺓ ﺍﻟﺠﺪﻳﺪﺓ). Alif: Journal of Comparative Poetics (19): 200.
  5. a, b et c Firestone, Reuven (1992). "Abraham's Journey to Mecca in Islamic Exegesis: A Form-Critical Study of a Tradition". Studia Islamica (76): 15–18.
  6. Schussman, Aviva (1998). "The Legitimacy and Nature of Mawid al-Nabī: (Analysis of a Fatwā)". Islamic Law and Society 5 (2): 218.
  7. Livre dans la langue arabe datant du XIIIe siècle écrit par Ibn Manzûr
  8. Delaney, Carol (August, 1990), The "hajj": Sacred and Secular. American Ethnologist 17 (3): 515.

Voir aussi


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