Affaire du pull-over rouge

Affaire Christian Ranucci

L'affaire Christian Ranucci est le procès médiatisé de Christian Ranucci (6 avril 1954, Avignon - 28 juillet 1976, Marseille) condamné à mort et exécuté pour le meurtre d'une fillette, Marie-Dolorès Rambla. Il est le premier condamné à mort guillotiné en France sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing et l'antépénultième (c'est à dire l'avant-avant dernier) condamné à mort exécuté en France (et non le dernier comme cela est souvent mentionné par la presse). Il fut toutefois le dernier condamné à mort à être exécuté par le bourreau André Obrecht.

Sommaire

Chronologie de l'affaire

Marie-Dolorès, 8 ans est enlevée devant chez elle, le 3 juin 1974 à Marseille, alors qu'elle joue avec son petit frère Jean. Un homme ayant abordé les deux enfants en leur faisant croire qu'il cherchait son chien perdu parvient à faire monter la petite fille à bord de son véhicule. Une partie des partisans de l'innocence de Ranucci tiennent pour acquis que le ravisseur de la fillette a utilisé une Simca 1100 grise, se fondant sur le témoignage recueilli par un journaliste auprès du frère de la victime, à l'époque âgé de 6 ans (les PV de la police retenant par contre que l'enfant a été incapable d'identifier le véhicule à partir de photos), et sur le témoignage d'un tôlier mécanicien témoin vraisemblable de l'enlèvement, mais non indépendant du premier puisque postérieur à l'information diffusée par les médias de l'identification (vraie ou fausse) d'une Simca 1100 par le garçon ; la qualité de mécanicien du témoin est souvent avancée par les partisans de l'innocence comme une preuve de la qualité de ce témoignage. A contrario l'enlèvement s'est fait sans violence et la scène a pu apparaître d'une telle banalité que l'identification de tel ou tel véhicule ne peut être tenue pour certaine.

Environ une heure plus tard, Christian Ranucci est impliqué dans un accident de la circulation à bord de sa Peugeot 304 coupé, aux alentours de Marseille, accident à la suite duquel il prend la fuite. Interrogé après son arrestation à propos de cet accident, il nie à plusieurs reprises être venu de Marseille. Dans le Récapitulatif qu'il écrit après sa condamnation, il revendique au contraire être venu de Marseille, sans s'expliquer sur cette variation de ses déclarations. Les époux Aubert arrivent sur les lieux et le poursuivent pour relever le numéro d'immatriculation de la 304 coupé — ce qui permet son identification —, ils dirent avoir aperçu un personnage descendre de la voiture, non loin d'une champignonnière, chargé d'un « paquet assez volumineux » selon leurs premières déclarations, faites par téléphone auprès de la gendarmerie. Leurs premières déclarations concernaient un simple délit de fuite d'un chauffard qui n'avait causé qu'un banal accident matériel. Une des difficultés d'interprétation de leurs témoignages vient du fait qu'on ne dispose que d'un PV, établi deux jours plus tard, après découverte du corps de la fillette, et reconstituant leurs entretiens téléphoniques avec les gendarmes. De ce fait, leur témoignage est souvent considéré comme ayant beaucoup varié.

Un rapprochement est ensuite fait entre l'homme et l'affaire de la petite disparue. Plusieurs battues de gendarmerie ont été effectuées avant de retrouver le corps de la fillette à proximité de l'endroit où les Aubert ont vu la voiture de Ranucci arrêtée.

Un pull-over rouge a été retrouvé dans la galerie d'une champignonnière, où Ranucci s'était caché pendant plusieurs heures, lors d'une fouille par les gendarmes. Or, un homme avec un pull-over rouge aurait eu des gestes obscènes envers une petite fille quelques jours plus tôt, cet homme n'a pas été reconnu comme étant Christian Ranucci et n'a jamais été identifié.

Le 5 juin, Christian Ranucci est interpellé à son domicile et placé en garde à vue, il passe aux aveux 17 heures plus tard. Il est ensuite déféré devant la juge d'instruction à qui il réitère ses aveux à l'occasion de sa première comparution. Il indique vaguement un emplacement où est retrouvé un couteau (qui n'a pas été formellement identifié comme arme du crime, le seul élément de police scientifique disponible étant le groupe du sang présent sur le couteau, groupe A, commun à la fillette et à Ranucci). Jusqu'à son procès, Ranucci confirme qu'il s'agit bien de son couteau. L'un de ses avocats a rapporté que quelques jours avant le procès, il lui a confirmé qu'il s'agissait de son couteau. Ce couteau a été retrouvé, par les gendarmes utilisant un détecteur à métaux après 1 h 55 de recherches, dans un immense tas de fumier.

[1]Les éléments à charge sont accablants: Ranucci a les avants-bras couverts de petites griffures, or la victime a été découverte son corps étant masqué par des argelas (arbustes très piquants). Le pantalon de Ranucci est taché de sang du même groupe que celui de Maria Dolores.

Quelques éléments, qualifiés de troublants par les défenseurs de Ranucci, apparaissent cependant dans l'affaire :

  1. Le frère de la victime (âgé de 6 ans) ne le reconnaît pas comme étant « l'homme au chien perdu », le garagiste non plus, tout comme sa voiture qui ne correspond pas au modèle décrit précédemment mais qui lui ressemble fortement (la Simca 1100 décrite par le garagiste), et le frère ne reconnaît pas la Peugeot 304 coupé appartenant à Christian Ranucci comme étant la voiture avec laquelle est arrivé l'homme qui a enlevé sa sœur, mais il dit avoir vu une Simca Chrysler ;
  2. Le pull-over rouge, trop grand, ne semble pas lui appartenir, de plus sa mère a indiqué aux policiers que Christian détestait le rouge, chose controversée certes car après la fouille du domicile de Christian Ranucci, aucun vêtement de couleur rouge ne fut retrouvé, mais les sièges de sa Peugeot étaient rouge vifs ;
  3. Les époux Aubert n'ont eu cesse de modifier leur témoignage. Selon ces témoignages, il serait au départ question d'un homme prenant la fuite avec « paquet assez volumineux » jusqu'à ce que ce « paquet assez volumineux » ne se transforme en enfant parlant d'une « voix fluette » ; les époux Aubert affirment avoir toujours parlé d'un enfant ;
  4. Gilles Perrault, dans son livre Le Pull-over rouge, conteste la découverte du couteau : « Les recherches vont durer une heure cinquante-cinq. Presque deux heures pour découvrir le couteau dans un tas de fumier avec une "poêle à frire" exactement réglée [...] Ce qui demeure certain, quant au couteau, ce sont les extravagantes conditions dans lesquelles on l'a découvert, les deux heures passées à retrouver un objet dont on prétend savoir qu'il est enfoui dans un tas de fumier de quelques mètres carrés... [...] Détail tout à fait surprenant : le 6 juin à cinq heures et demie de l'après-midi, c'est-à-dire à l'heure exacte où commencent les recherches, l'inspecteur Porte mentionne par procès-verbal la réception d'un "couteau à cran d'arrêt de marque Virginia-Inox, à ouverture automatique, manche nacre" saisi par la brigade de gendarmerie de Gréasque le 5 juin, c'est-à-dire la veille ! » ;
  5. Le tas de fumier est en fait immense, de plus il est truffé d'objets métalliques en tout genre (boîtes de conserves...).
  6. Christian Ranucci a reconnu au cours de la reconstitution l'endroit précis où se trouvait le couteau ensanglanté (endroit indiqué par un bâton) et tout au long de l'instruction il a déclaré en être le propriétaire. Il n'a présenté aucun alibi au moment des faits ;
  7. Par la suite, alors que le suspect est en prison, une femme rencontre sa mère Héloise Mathon et lui témoigne du fait que ses enfants ont été abordés dans la rue par un homme prétendant chercher un chien et correspondant physiquement à l'individu reconnu par le frère de la victime. La défense apprend qu'une confrontation avait eu lieu mais que les plaignants n'ayant reconnu Christian Ranucci comme l'homme au pull-over rouge la déposition n'avait pas été retenue au dossier. Maître Gilbert Collard suggèrera lors du procès qu'il s'agissait d'un faux témoin. Pourtant d'autres dépositions corroborant l'existence d'un satyre au pull-over rouge ont été écartées du dossier d'instruction. Les victimes de ces satyres n'avaient pas identifié Christian Ranucci comme leur agresseur. Comme par malheur pour Ranucci, les dépositions arrivent mystérieusement à la dernière minute sur le bureau du réquisiteur, qui s'en servira pour corroborer la thèse des faux témoignages en précisant qu'une des dépositions indiquait que le pull-over était vert. Or, les témoins de la défense au procès avaient bel et bien parlé de pull-over rouge dans leur déposition.

Le 9 mars 1976, s'ouvre le procès de Ranucci à la cour d'assises d'Aix-en-Provence. Celui-ci est très médiatisé et engendre une polémique importante : une frange non négligeable de l'opinion publique, troublée par le récent assassinat du petit Philippe Bertrand par Patrick Henry et son arrestation le 17 février de la même année, réclame la mise à mort de Christian Ranucci.

En raison notamment de ses déclarations embrouillées, notamment celles sur son couteau, de son pantalon taché de sang et de son comportement agressif et aberrant à l'audience, il fut déclaré coupable et condamné à la peine capitale par 9 voix contre 3.

Le 17 juillet 1976, la cour de cassation rejette le pourvoi en cassation formé par les avocats du condamné.

Le 26 juillet 1976, le président de la République Valéry Giscard d'Estaing refuse la demande de grâce. L'affaire de la disparition et du meurtre du petit Vincent (au Pradet) au lendemain de la demande de grâce a certainement influencé la décision.

Le 28 juillet 1976, à 4 heures 13 minutes Christian Ranucci est guillotiné. Ses dernières paroles destinées à ses avocats auraient été  : « Réhabilitez-moi. ». À part ses avocats aucun autre témoin de l'exécution ne les a entendues, il était blême et n'aurait plus dit un mot après son « Négatif. » à l'intention de l'aumônier, selon tous les autres témoins. Avant cela il aurait dit à ses avocats « vous ne voudriez tout de même pas que je vous félicite ».

Christian Ranucci était-il vraiment coupable ? Trente ans après, malgré ou à cause du plaidoyer en sa faveur de Gilles Perrault, de nombreuses personnes doutent toujours de sa culpabilité. Certains jugent que la polémique autour de l'affaire Christian Ranucci aurait contribué à l'abolition de la peine de mort. Mais le parti socialiste et François Mitterrand étaient notoirement abolitionnistes même avant cette affaire, et nul doute qu'ils auraient aboli la peine de mort même si celle de Ranucci n'avait pas eu lieu.

Dans son discours plaidant pour l'abolition de la peine de mort du 17 septembre 1981, le Garde des Sceaux Robert Badinter mentionne Christian Ranucci en ces termes : « Christian Ranucci : je n'aurais garde d'insister, il y a trop d'interrogations qui se lèvent à son sujet, et ces seules interrogations suffisent pour toute conscience éprise de justice, à condamner la peine de mort. »

L'ecrivain Gilles Perrault qui avait mis cette affaire en avant a été condamné pour diffamation envers les policiers en 2008. Il a estimé que ces-derniers ont fait preuve de "légèreté et partialité" dans leurs investigations [2]

Demandes de révision

Au moins trois demandes de révision du procès ont été rejetées, en 1979, 1987 et 1991. [3]

Un dernier rebondissement ?

Selon le quotidien belge Le Soir du 19 janvier 2006, des enquêteurs belges auraient établi que Michel Fourniret, qui aime jouer au chat et à la souris avec les enquêteurs en les guidant vers le lieu de ses crimes, aurait admis avoir passé en 1974, année du meurtre de Marie-Dolorès Rambla, des vacances dans la région de Berre, près de Marseille, région dans laquelle s'est produit le drame qui valut sa condamnation à Ranucci.

Le quotidien Le Soir ajoute que Fourniret, qui était déjà connu à l'époque comme agresseur d'enfants, était, comme Ranucci, propriétaire d'une Peugeot 304 coupé (alors que le véhicule reconnu par le tôlier mécanicien témoin était une Simca 1100 grise). Selon la RTBF, la radio-télévision belge, le véhicule de Fourniret à l'époque aurait bien été une Peugeot 304. Cependant, l'information a été démentie le même jour par le procureur français de Charleville-Mézières, Francis Nachbar, en charge du dossier Fourniret : « En l'état actuel des investigations multiples menées en France sur les faits criminels commis par Michel Fourniret et de notre connaissance des enquêtes effectuées par les autorités judiciaires belges, aucun élément sérieux, le plus ténu soit-il, ne permet d'accréditer de telles informations ou rumeurs. »

D'autre part, selon le Nouvel Observateur[4], citant le quotidien régional « La Provence», Michel Fourniret aurait assisté au procès Ranucci, en mars 1976. La Provence affirme détenir des photographies d'archives de l'ouverture du procès à Aix-en-Provence sur lesquelles l'on peut reconnaître Michel Fourniret. L'identité judiciaire, après comparaison des photos, a conclu qu'il ne pouvait s'agir de Fourniret.[réf. nécessaire]

Annexes

Notes et références

  1. Gérard Bouladou, Affaire Ranucci : Autopsie d'une imposture, éditions Pascal Petiot, 2006, 335 p. (ISBN 2848140348)
  2. [1]
  3. Ranucci-révisions
  4. Nouvel Observateur

Bibliographie

  • Gilles Perrault, Le Pull-over rouge, Éditions Ramsay, 1978, 439 p. (ISBN 2-85956-072-6)
  • Christian Ranucci, Jusqu'au 28 juillet 1976 : Écrits d'un condamné (textes réunis par sa mère, Héloïse Mathon), Hachette, 1980 217 p.
  • Maurice Périsset, L'Énigme Christian Ranucci, Fleuve noir, coll. « Crime story », n° 30, 1994, 219 p. (ISBN 2-265-00121-X)
  • Karin Osswald, L'Affaire Ranucci, J'ai lu, coll. « Crimes et enquêtes », n° 7077, 1994, 188 p. (ISBN 2-277-07077-7)
  • Mathieu Fratacci, Qui a tué Christian Ranucci ?, Éditions n°1, 1994, 253 p. (ISBN 2-863-91605-X)
  • Collectif, Christian Ranucci : vingt ans après, éditions Julliard, 1995, 275 p. (ISBN 2-260-01091-1)
  • Gilles Perrault, Le Déshonneur de Valéry Giscard d'Estaing, Éditions Fayard, 2004, 89 p. (ISBN 2-213-62285-X)
  • Gérard Bouladou, L'Affaire du pull-over rouge, Ranucci coupable !, France Europe éditions, 2005, 383 p. (ISBN 2-84825-097-6)
  • Jean-François Le Forsonney, Le fantôme de Ranucci, Michel Lafon, 2006 (ISBN 2749905613)
  • Gérard Bouladou, Affaire Ranucci : Autopsie d'une imposture, éditions Pascal Petiot, 2006, 335 p. (ISBN 2848140348)
  • Pierre Clavilier, La course contre la honte, Éditions Tribord, 2006

Filmographie

  • Cinéma : Le Pull-over rouge, sorti en 1979, adapté du livre de Gilles Perrault, réalisé par Michel Drach, sur un scénario de Michel Drach et Ariane Litaize, avec Serge Avedikian dans le rôle de Christian Ranucci. Le film défend explicitement, et plus nettement encore que le livre de Gilles Perrault, la thèse de l'innocence de Ranucci, en faisant interpréter par un autre comédien le rôle de l'assassin.


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