Andre Obrecht

André Obrecht

André Obrecht, né le 9 août 1899 à Paris et décédé le 30 juillet 1985 à Nice, est l'avant-dernier bourreau en poste en France.

Jeunesse

Sa mère Juliette Rogis, meurt de tuberculose alors qu'il n'est âgé que de cinq mois et il est d'abord éduqué par les voisins Durieux. Rosalie, la sœur de sa mère, et son époux Anatole Deibler prennent très vite le garçon en affection, à cela une raison : le couple a perdu un fils sensiblement du même âge que le jeune André.

Ce dernier, choyé, devient l'aîné de quatre enfants, suite au remariage de son père Jean-Baptiste avec Louise, la fille des Durieux.

À l'âge de dix ans, André prend conscience du métier de son oncle Anatole, qu'on n'évoquait qu'à demi-mot chez lui, grâce à la série de cartes postales tirées de l'exécution des "Chauffeurs de la Drôme", à Valence en septembre 1909. Ces images marqueront ses nuits d'enfants.

À 14 ans, il décroche son certificat d'étude et entend bien continuer l'école, mais les ressources familiales sont maigres et son père l'oblige à trouver du travail. Il devient ouvrier mécanicien.

Séducteur né, il multiplie les conquêtes (selon ses mémoires). C'est lors de son service militaire à Strasbourg, qu'il s'éprend d'une jeune Alsacienne dont il a toujours refusé de donner le nom avec qui il eut une fille (Gilaine) qu'il a reconnue plus tard.

Le 20 octobre 1921, il assiste à l'exécution à Strasbourg des tueurs de la Poste, Frintz et Luntz, guillotinés par son oncle Anatole Deibler. C'est à la suite de celle-ci qu'il prend la décision de devenir à son tour adjoint dès qu'il sera démobilisé.

En permission, cinq mois plus tard, le 25 février 1922, il assiste à une nouvelle exécution avant son intégration au sein des exécuteurs : pas la moindre, celle de Landru !

Carrière de bourreau

Un mois après avoir quitté l'armée, il est institué adjoint de deuxième classe, et est employé à la tâche pour la première fois le 23 mai 1922 à Paris, pour mettre à mort deux bandits de son âge : Loeuillette et Cadet. Ses gestes sont précis, il sait obéir et diriger quand il le faut. Son oncle le prit ensuite à chacune des exécutions suivantes.

En 1926, André fait la connaissance de Georgina Lezaacq, professeur de musique chez qui il vient régulièrement entretenir sa voix de ténor. Il l'épouse et leur union dure près de quinze ans.

À la mort d'Anatole Deibler en 1939, André et son cousin Jules-Henri Desfourneaux sont tous deux candidats potentiels au poste d'exécuteur en chef. Finalement, Desfourneaux est choisi pour des raisons financières (des dettes contractées envers Rosalie et Anatole Deibler). Néanmoins, Obrecht est promu adjoint de première classe, la 15 mars 1939. Il officie lors de l'exécution de Eugène Weidmann, le 17 juin suivant à Versailles.

Puis, la deuxième guerre mondiale éclate et son travail de mécanicien aux usines Salmson est annulé. Durant l'occupation allemande, les exécutions se poursuivent. Il reproche à Desfourneaux son zèle à mettre à mort, notamment, des femmes et des résistants. Ce qui l'amène à démissionner de son poste à l'automne 1943, en compagnie d'Henri Sabin et des frères Martin.

Jusqu'à la fin de la guerre, Obrecht vécut comme bookmaker aux courses de lévriers et créa une entreprise d'« esquimaux glacés » que l'on distribue dans tous les cinémas de la capitale.

À la Libération, il est ré-engagé comme adjoint de première classe, mais ses rapports avec son cousin Desfourneaux le mettent hors de lui plus d'une fois, jusqu'à ce qu'ils en viennent aux mains. Il démissionne une nouvelle fois en 1947, après avoir exécuté le docteur Petiot l'année précédente.

Divorcé de Georgina depuis 1940, Obrecht épouse Berthe Labbé, propriétaire d'un magasin de frivolités. En 1949, il part s'installer à Casablanca au Maroc, et n'en revient que 18 mois plus tard à la mort de Desfourneaux en octobre 1951. Le 1er novembre suivant il est nommé exécuteur en chef par le directeur du département des arrêts criminels, nomination qui est critiquée par les nombreux candidats au poste, car André Obrecht n'était plus aide du bourreau à la mort de son prédécesseur.

Douze jours plus tard, il commence ainsi une série de 65 exécutions avec celle de Ythier, un tueur de policiers, le 13 novembre à Marseille. La plupart de ceux qui passeront entre ses mains furent des condamnés de droit commun, mais aussi des membres du FLN entre 1958 et 1961.

C'est aussi en 1958 qu'il engage le mari de sa nièce, Marcel Chevalier, qui fut son successeur plus tard.

Parmi les criminels qui ont été exécutés par ses soins, citons :

Sa dernière exécution fut celle de Christian Ranucci, le 28 juillet 1976 à la prison des Baumettes à Marseille.

Atteint de la maladie de Parkinson, André Obrecht a été mis à la retraite le 30 septembre 1976, après 25 ans de service. Son neveu par alliance Marcel Chevalier lui succédant le lendemain.

Veuf depuis 1967, Obrecht passe sa vie entre Paris et Nice où il mourut le 30 juillet 1985 à 3 heures 15 du matin.

André Obrecht a participé en tout à 322 exécutions, dont près de 150 en tant qu'aide d'Anatole Deibler et 65 en tant que chef (dont deux en Martinique).

Ses mémoires posthumes, Le Carnet noir du bourreau rédigées avec le journaliste de Paris-Match, Jean Ker, ont été publiées en 1989.

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Exécuteur en chef des arrêts criminels de la République Française
1951-1976
Marcel Chevalier
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