Bethioua
Bethioua

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Administration
Nom algérien بـَـطـِّـيـوَة
Pays Drapeau d'Algérie Algérie
Région Oranie
Wilaya Oran
Daïra Bethioua
Code ONS 3107
Code postal 31210
Président de l'APC Cheraka (2007-2012)
Culture et démographie
Population 18 215 hab. (2009[1])
Densité 168 hab./km2
Géographie
Coordonnées 35° 48′ 17″ N 0° 15′ 34″ W / 35.80471, -0.25957335° 48′ 17″ N 0° 15′ 34″ W / 35.80471, -0.259573
Superficie 108,57 km2
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Bethioua
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Bethioua
DZ-3107-Bethioua.svg
Localisation de la commune dans la wilaya d'Oran.

Bethioua (arabe : بـَـطـِّـيـوَة ), anciennement Saint-Leu[2] à l'époque de la colonisation française, est une commune algérienne de la wilaya d'Oran.

Sommaire

Géographie

Toponymie

Plusieurs hypothèses ont été rapportées quant à l'origine du nom du village « Bethioua ».

Une d'entre-elles prétend que le nom vient directement de la tribu berbère éponyme. Les Bethioua[Qui ?] eux-mêmes se disent descendants de tribus issues du Rif marocain[Lesquelles ?] dont on a pu évaluer la période d'émigration au milieu du XVIIIe siècle. Quant au nom « Bethioua » lui même, il n'aurait été donné par les arabes aux nouveaux arrivant qu'après leur installation dans le pays ; il serait tiré de l'arabe « بَطَّة » (batta = outre, bouteille en cuir) du nom du récipient associé à Sidi Amar dont la baraka se serait manifestée lors d'un sauvetage miraculeux au large de la baie d'Arzew [3].

René Basset nous livre une hypothèse plus proche des sources même des auteurs arabes antérieures à l'émigration des Bettioua[4]. L'historien Ibn Khaldoun (1332-1406) cite « بطيوة » (Botioua) comme l'une des trois divisions du Maroc. Au XIe siècle EL Bekri dans son « كِتاب ألمسالك و ألممالك » (livre des routes et des royaumes) mentionne un « محرس بُطيوة » (Mahrs Botiouia) près de Sfax. Botioua, prononcé aussi Bettiouia, semble avoir désigné une des plus importante tribut du Rif marocain. Renforçant cette hypothèse, ce terme a laissé plusieurs traces dans divers lieux du nord du Maroc [5].

Enfin le toponyme « Battouia » a été trouvé dans l'ouest de Algérie, entre Nedroma et Tlemcen[6].

Histoire

Fondée sur les ruines d'une ville phénicienne[7] devenue ensuite Portus Magnus. Elle est connue depuis le 5e siècle (Xe Grégorien) sous le nom de Rziou.

Le petit hameau a toujours été un centre d'exportation de blé et de bétail grâce à son port "El Marsa" devenu ensuite Arzew le port. Dès le XVIIIe siècle elle est habitée principalement par les "Bettioua" originaires du Rif. Les alentours sont aussi habités par les Hmians refoulés de la plaine de Mlèta.

L'histoire de la ville romaine de Portus Magnus est peu connue. Erigée sur une falaise, qui domine une plaine la séparant de la mer, elle portait bien le nom de Portus Magnus, que l'on suppose également avoir recouvert le site portuaire s'étendant depuis Arzew. L'emplacement exact de son port n'est pas parfaitement reconnu[8]. Elle atteint son apogée au IIIe siècle, et parait abandonnée dès le début du IV°, sous le règne de Dioclétien, dans le but de raccourcir les frontières de l'Empire romain pour mieux les défendre[9]. On sait, par Pline l'Ancien, que ses habitants étaient citoyens romains[10]. Des inscriptions indiquent que les habitants étaient inscrits dans la tribu Quirina et que la ville avait des duumvirs quinquennaux et des flamines[11].

Les ruines étaient désertées au XIe siècle quand Al-Bakri les visite[12].

L'histoire en Oranie des Bethioua qui ont donné le nom de la commune est établie, sans certitude absolue, par recoupement entre des données orales recueillies au XIXe siècle et des faits historiques bien connus. Les Bettioua (en berbère Ibettiwen[13]) sont issus d'une puissante tribu berbère du même nom, installée dans le Rif (Maroc), qui avait prêté ses armes aux Beni Merin contre le Beni bou-Hafs. En 1370, les Bettioua suivirent le sultan mérinide Abd el-Aziz dans son expédition contre Mazouna et les Maghraoua, et se fixèrent, après leur défaite, près de Mostaganem, tout en maintenant un certain courant d'échanges avec leurs congénères rifains. Leur entrée « officielle » dans l'histoire s'effectue par un acte de 1784 qui les établit précisément auprès des ruines de Portus Magnus: l'acte décrit l'échange avec la tribu des Bordjia de leur territoire proche de Mostaganem contre le territoire d'Arzew, sous l'égide du bey de Mascara Mohammed El Kebir[14]; l'échange comportait le droit d'exploitation des salines d'Arzew, toujours incluses dans le territoire actuel de Bethioua. Leurs descendants vivaient au XIXe siècle sur les ruines de la cité romaine[15]. Ils avaient conservé longtemps leur parler berbère, signalé en voie d'extinction au profit de l'arabe en 1883, et dont il ne subsistait plus que quelques locuteurs âgés en 1910[16].

Après la conquête française de l'Algérie, un centre de population européen est fondé en 1846 à quelque distance de la tribu des Bettioua sous le nom de Saint-Leu, érigé en commune de plein exercice en 1873, commune englobant la tribu des Bettioua et le site de Portus Magnus.

Économie

La ville dispose d'un port gazier, d'installations pétrochimiques Sonatrach[17], et d'une station de dessalement d’eau de mer.

Patrimoine

Site de Portus Magnus

Dessin (1862) de la grande mosaïque de Portus Magnus déplacée au musée municipal d'Oran.

Le site du "Vieil Arzew" ne fut identifié comme étant Portus Magnus qu'à partir de 1858 par Berbrugger, après la découverte d'un document épigraphique mentionnant son nom abrégé, inscription déplacée ensuite sur la promenade de Létang, à Oran[18].

Certes, ce nom était connu, par l'Itinéraire d'Antonin et par l'anonyme de Ravenne, et par deux allusions de Pline l'Ancien et de Pomponius Mela (Portus cui Magno cognomen est ob spatium).. Mais le voyageur anglais Thomas Shaw identifiait en 1732 le site du Vieil Arzew avec Arsenaria, car l'identité de sens -le grand port- entre Portus Magnus et Mers el-Kebir l'avait aveuglé[19]. Cette erreur se perpétuera quelques décennies.

La confirmation sera acquise par divers documents épigraphiques, des bornes milliaires notamment. Les recherches étaient difficles, car les Bettioua ont leurs maisons au milieu des ruines. Un petit musée fut installé dans une maison romaine, dont les chambres et le péristyle sont pavés de mosaïques (en voie de dégradation vers 1880). Des fouilles faites à la ferme Robert, elle aussi en ruine, permirent de découvrir en 1862 deux magnifiques mosaïques[20], qui seront déplacées au musée municipal d'Oran vers 1885. L'opinion de J.Lassus, directeur des antiquités de l'Algérie sur ces mosaïques est moins enthousiaste: « Compositions, plus ambitieuse que réussies, sont traitées dans des couleurs terre-ocre, beige et gris »[9]. Louis Demaeght notait en 1884 que les ruines servent de matériau de construction tant aux Bettioua qu'aux colons de Saint-Leu, et qu'à ce rythme, le site serait détruit en quelques années[21].

Les fouilles furent poursuivies au XXe siècle par Mme Julien, qui avait acquis patiemment de ses deniers le secteur Nord-Est du site. Elle dégagea plusieurs édifices, dont certains de plan assez inhabituel[22].

Notes et références

  1. Population de la wilaya d'Oran sur le site internet de la DPAT.Consulté le 14/02/2011.
  2. Ordonnance des 4 et 31 décembre 1846 page 668 - Fondation du centre de population de Saint Leu; érigé en commune de plein exercice en 1873
  3. Laperrine et al., « Les Bettioua du Viel-Arzew », dans Revue Africaine, Société Historique Algérienne, Of. Pub. Univ. Alger, vol. 54, janvier 1910, p. 97-194 [texte intégral (page consultée le 27/03/2011)] 
  4. Laperrine et al. op. cit. page 114
  5. Laperrine et al. op. cit. pages 115-116
  6. Emile Janier, « Les Bettiwa de Saint-Leu », dans Revue Africaine, Société Historique Algérienne, Of. Pub. Univ. Alger, vol. 89, no 402-403, 1945, p. 245 [texte intégral (page consultée le 28/03/2011)] 
  7. J. Lassus, dans l'article ci-dessous cité, considère que Portus Magnus ne présente aucune des caractéristiques habituelles des installations phéniciennes: un cap rocheux, une île proche de la côte, une grève à proximité où tirer aisément les bateaux. Cependant, de nombreuses inscriptions du "Vieil Arzew" conservées au musée d'Alger sont en néo-punique, ce qui ne prouve pas la fondation phénicienne
  8. J.Lassus - Le site de Saint Leu Portus Magnus (Oran) - 1956 - dans Comptes-rendus des séances de l'académie des inscriptions et belles lettres. p.285 Lire en ligne
  9. a et b J.Lassus, opus cité p.292
  10. Louis Demaeght Article "Portus Magnus" page 113 à 121 du Bulletin trimestriel des Antiquités africaines - Tome 2 - Troisième année - Oran 1884. Lire en ligne
  11. L.Demaeght, opus cité
  12. El Bekri: Description de l'Afrique septentrionale - Traduction de Mac Guckin de Slane - Paris imprimerie impériale 1859 page 165 « Sur le littoral de cette plaine s'élève Arzao "Le Vieil Arzew", ville construite par les Romains et maintenant abandonnée. Elle renferme de vastes débris d'anciens monuments et tant d'autres objets merveilleux, que le voyageur en est frappé d'un profond étonnement. Dans le voisinage de cette ville est une colline qui porte trois châteaux entourés de murs et formant un ribat très fréquenté. Cette colline renferme une mine de fer et une autre de mercure. »
  13. Selon Emile Janier, Revue Aficaine 1945 opus cité page 247; le même considère page 240 qu'ils sont issus des Sanhadja de la 3° race, qu'Ibn Khaldoun mentionne - trad. de Slane Histoire des Berbères tome II page 123
  14. Emile Janier Les Bettiwa de Saint Leu - Revue Africaine 1945 pp. 238-241 Lire en ligne
  15. L.Demaeght, opus cité, page 120
  16. Laperrine et al. op. cit. pp.97-98 Lire en ligne
  17. "Bethioua spoliée de sa côte" - journal El Watan
  18. L. Demaeght, opus cité p.113
  19. Thomas Shaw: Voyages de M Shaw dans plusieurs provinces de la Barbarie et du Levant - Jean Neaulme 1743 La Haye - page 37 port d'Arzew - page 38 & 39 Ruines antiques - Lire en ligne Shaw voit à trois milles romains du port d'Arzew, "Arsenaria": ruines, citernes, chapiteaux, bases et fûts de colonnes, magnifique chapiteau en marbre servant de base à l'enclume du forgeron, pavé à la mosaïque dans la maison du Caïd... Deux ports à galère creusés dans le rocher, à 5 milles à l'est d'Arzew, défendus par un fort, et aqueduc.
  20. L. Demaeght, opus cité
  21. Louis Demaeght, opus cité p.120 & 121
  22. J.Lassus, opus cité: état des fouilles de Madame Julien, en 1956, de la page 286 à 291



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