Au commencement était le Verbe

Évangile selon Jean

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L'Évangile selon Jean (en grec Κατά Ιωαννην, Kata Iōannēn) est le quatrième Évangile canonique du Nouveau Testament. Il ne comporte pas de nom d'auteur, mais est traditionnellement attribué à l'apôtre Jean, et ce, dès la seconde moitié du IIe siècle, par saint Irénée.

Comme les trois évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc), il rapporte certaines des actions et des paroles de Jésus, mais s'en distingue par son charisme et son emphase spiritualisante. Il insiste sur la mission de Jésus de rédemption de l'humanité plutôt que sur son ministère terrestre d'enseigner, de chasser les démons et de réconforter les pauvres.

Dans la doctrine trinitaire, l'évangile selon Jean est le plus important en matière de christologie, car il énonce implicitement la divinité de Jésus[1].

Sommaire

Résumé et structure de l'évangile selon Jean

Après le célèbre prologue Jn 1. 1-5 : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. », le récit de l'évangile commence au verset 6, et peut être séparé en deux parties, que Raymond E. Brown appelle le livre des Signes (ou miracles) et le livre de la Gloire[2]. La première partie (1:6-ch. 12) raconte le ministère public de Jésus depuis son baptême par Jean le Baptiste jusqu'à son arrivée à Jérusalem. Cette première partie insiste sur sept miracles (« signes ») de Jésus. La deuxième partie (ch. 13-21) présente les dialogues de Jésus avec ses principaux disciples (13-17) et décrit sa passion, sa crucifixion et ses apparitions à ses disciples après sa résurrection (18-20). Dans le dernier chapitre (21), en forme d'« appendice », Jésus pardonne à Pierre son reniement, lui prédit sa mort, et parle de la mort du « disciple que Jésus aimait » ; il demande en outre à Pierre, par trois fois, de faire paître son troupeau.

Plan

  • 1,1-18 : Prologue
  • 1,19 – 12,50 : le « livre des Signes »
    • 1,19 – 2,11 : début de la révélation de Jésus à ses disciples
    • 2,12 – 4 : du premier au second miracle de Cana (Noces de Cana, eau changée en vin ; purification du Temple de Jérusalem ; Nicodème ; la Samaritaine ; guérison du fils d'un fonctionnaire)
    • 5 – 10 : remplacement des jeûnes de l'Ancien Testament
      • 5 : Jésus renouvelle le commandement du repos du sabbat
      • 6 : Jésus remplace la manne de l'Exode par le Pain de Vie
      • 7 – 10,21 : la source d'Eau vive et la Lumière du monde remplacent les cérémonies (eau et lumière) de la fête des Tabernacles
      • 10,22-42 : Jésus est consacré à la place de l'autel du Temple de Jérusalem
    • 11 – 12 : résurrection de Lazare et fin du ministère public de Jésus (condamnation à mort par le Sanhédrin ; onction à Béthanie ; entrée à Jérusalem)
  • 13 – 20 : le « livre de la Gloire »
    • 13 – 17 : Dernière Cène et dernier discours de Jésus
      • 13 : repas, lavement des pieds, trahison de Judas, début du discours (commandement de l'amour ; trahison de Pierre)
      • 14-17 : dernier discours de Jésus
        • 14 : départ de Jésus, demeure divine, envoi du « Défenseur » (Paraclet)
        • 15-16 : vigne et sarments, haine du monde, témoignage du Paraclet
        • 17 : prière sacerdotale
    • 18 – 19 : Passion et mort (arrestation, interrogatoire devant le grand prêtre et reniement de Pierre, procès devant Pilate, crucifixion et mort, sépulture)
    • 20,1-29 : Résurrection (deux scènes au tombeau, deux au Cénacle)
  • 20,30-31 : conclusion de l'évangile
  • 21 : Epilogue (apparitions de Jésus ressuscité en Galilée ; seconde conclusion)

Manuscrits

Le manuscrit P52 de la bibliothèque Ryland, daté d'environ 125 est le plus ancien fragment de l'évangile selon saint Jean.

Le plus ancien manuscrit connu du Nouveau Testament est un fragment de l'évangile selon saint Jean. Ce fragment de papyrus, de la taille d'une carte de crédit a été découvert en Égypte en 1920 et est maintenant conservé à la bibliothèque John Rylands de Manchester, sous la référence P52. Il contient des morceaux du procès de Jésus par Pilate (Jn 18. 31-33 d'un côté et de Jn 18. 37-38 de l'autre). Il est généralement daté d'environ 125[3],[4]. La difficulté de dater précisément un fragment par les méthodes paléographiques autorise cependant une fourchette de 100 à 175. La petite taille du fragment P52 fait que, bien qu'une restitution plausible puisse être faite pour la plupart des quatorze lignes présentes, il n'est guère utilisable pour l'analyse textuelle[5].

La plus ancienne version à peu près complète est celle du Papyrus 66[6], de la fondation Bodmer[7] à Genève. Les papyrus Bodmer ont été trouvés en Égypte en 1952. Le texte est daté du milieu du second siècle[8]. Il y manque notamment le passage de la femme adultère.

Attribution et datation du texte

L'attribution de cet évangile est un sujet de controverse depuis au moins le IIe siècle. Dans la tradition chrétienne l'auteur en est l'apôtre saint Jean l'évangéliste. Ce point de vue est toujours défendu par certains érudits chrétiens, mais pour la plupart des experts modernes l'auteur (ou les auteurs) est un inconnu, non-contemporain de Jésus, le texte ayant été écrit vers 90 (avec une fourchette allant de 60 à 140). Pour l'attribution, les questions qui se posent sont les suivantes :

  • Peut-on identifier « le disciple que Jésus aimait » et l'auteur de l'évangile ?
  • Peut-on les identifier (ensemble ou indépendamment) avec l'apôtre Jean ?
  • Les textes du Nouveau Testament traditionnellement attribués à Jean , l'évangile, les trois épîtres et l'Apocalypse (aussi appelés écrits johanniques) sont-ils du même auteur ?

Le disciple que Jésus aimait

Ni le nom de l'auteur, ni celui de l'apôtre Jean, un des principaux disciples dans les évangiles synoptiques et dans les Actes des Apôtres, n'apparaissent dans l'évangile selon Jean. Le « Jean » nommé dans le Prologue et les versets 3:23 à 4:3 est Jean le Baptiste.

L'expression le disciple que Jésus aimait ou le disciple bien-aimé, est utilisée à plusieurs reprises dans l’évangile selon Jean, alors qu'elle n'apparaît dans aucun autre texte du Nouveau Testament. Dans l’évangile selon Jean, lors de la Cène, c'est le disciple bien-aimé, qui, « couché sur le sein de Jésus », lui demande qui va le trahir (Jn 13. 23-26). Plus tard à la crucifixion, Jésus confie sa mère Marie au disciple bien-aimé, auquel il dit : « Voici ta mère » Jn 19. 26-27. Quand Marie-Madeleine découvre le tombeau vide, elle court le dire au disciple bien-aimé et à Pierre. C'est le premier à atteindre le tombeau, mais Pierre est le premier à y entrer.(Jn 20. 2-8). C'est encore le disciple bien-aimé qui reconnaît le premier Jésus au lac de Tibériade après sa résurrection (Jn 21. 7). Enfin dans l'épilogue, Pierre s'enquiert auprès de Jésus du sort de ce disciple (Jn 21. 20-22). Le texte s'achève sur deux versets : « C’est ce disciple qui rend témoignage de ces choses, et qui les a écrites. Et nous savons que son témoignage est vrai. Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu’on écrirait. » (Jn 21. 24-25), le passage à la première personne permettant, selon l'interprétation traditionnelle, d'identifier l'auteur de l'évangile avec le disciple que Jésus aimait[9],[10],[11]. Les historiens jugent que le brusque passage de la troisième à la première personne dans les versets 24-25 montre que l'auteur de l'épilogue se fonde sur le témoignage du disciple bien-aimé[12],[13].

Dans l'art religieux chrétien, le disciple bien-aimé est généralement représenté comme un jeune homme imberbe. Il apparaît souvent dans les scènes majeures de l’évangile selon Jean, particulièrement la Cène (où il est représenté se reposant sur la poitrine de Jésus) et la Crucifixion.

Bien que l'identification du disciple bien-aimé à l'apôtre Jean soit la plus courante, d'autres identifications ont été proposées de façon plus ou moins marginale, notamment au ressuscité Lazare[14] et même Marie Madeleine.

L'attribution traditionnelle à saint Jean l'apôtre

On trouve dans l’Apologie des Chrétiens de Justin Martyr (~100 - ~165), envoyée à l'empereur romain Antonin vers 150, des citations de l'évangile de Jean[15]. La première mention de l'évangile en tant que tel, et son attribution à l'apôtre Jean est celle d'Irénée de Lyon (~130-207)[16], qui aura une influence déterminante sur la définition du canon des quatre évangiles (et le rejet des évangiles apocryphes) et l'affirmation de son inspiration divine. Selon Eusèbe de Césarée(~265–339), un siècle et demi plus tard, Irénée tenait cette information de Polycarpe de Smyrne, lui-même disciple de Jean[17].

Néanmoins, selon le père de l'église Épiphane de Salamine (~315 - 403), une secte du christianisme primitif, les alogiens[18], attribuait cet écrit à un gnostique du deuxième siècle, Cérinthe. Mais selon Eusèbe de Césarée (dans son Histoire ecclésiastique, 7, 25, 2), Denys d'Alexandrie (mort en 265) affirme que l'Apocalypse de Jean (mais non son évangile) était attribué à Cérinthe par certains de ses aînés. Cette discussion sur les alogiens est le seul exemple d'une attribution primitive divergente de la tradition ultérieure[19].

En ce qui concerne la datation, selon Clément d'Alexandrie, cité dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, Jean aurait écrit son évangile comme un supplément aux trois autres évangiles, ce qui explique sa place classique dans le Nouveau Testament.

Attribution moderne

C'est à partir du XIXe siècle que l'historicisme critique questionnera plus avant la paternité johannique du texte, soulignant que celui-ci avait été rédigé des décennies après les événements qu'il décrit. Les universitaires de ce courant appuient leur opinion sur les différences linguistiques du grec à l'intérieur même de l'évangile, sur les ruptures et les incohérences constatées dans certains passages, sur les répétitions du discours aussi bien que l'insertion de séquences de textes très clairement hors de leur contexte, ce qui suggère plusieurs auteurs et des remaniements. Les historiens considèrent généralement que l'évangile de Jean a été composé par couches, la datation de la première restant difficile (entre 50 et 70 après J.-C.) et s'achevant pour la dernière vers 95-100. Cette dernière date correspondrait à la deuxième ou troisième génération de disciples après la mort de Jésus (vers 33), au sein d'un groupe de chrétiens appelé communauté johannique.

Raymond E. Brown, universitaire spécialiste de l'étude de la communauté Johannique identifie trois couches de texte :

  1. Une version initiale dont Brown croit qu'elle se base sur un témoin direct ayant rencontré Jésus.
  2. Une production littéraire structurée par un évangéliste qui ajoute des sources supplémentaires.
  3. La version publiée que le lecteur d'aujourd'hui peut lire (Brown, 1979).

Comparaison avec les synoptiques

Le quatrième évangile se démarque des évangiles synoptiques de manière particulièrement claire : il omet 90% du matériel narratif des trois autres évangiles[20]. Ceux-ci décrivent beaucoup plus la vie de Jésus, ses miracles, ses paraboles, ses exorcismes. Il est étonnant de ce fait de constater l'influence du matériel propre à l'évangile de Jean, influence très importante, tant sur le christianisme historique que contemporain.

Différences avec les évangiles synoptiques

Le quatrième évangile diffère significativement des évangiles synoptiques. Parmi ces différences, on peut remarquer que :

  • L'évangile de Jean relate trois fêtes de pâque, suggérant que le ministère du Christ aurait duré entre deux et trois ans, alors que les évangiles synoptiques présentent ce même ministère sur un an.
  • L'expression « royaume de Dieu » n'est utilisée que deux fois. Cela est d'autant plus important à noter que le « royaume » est un concept de grande portée dans les évangiles synoptiques. Le Jésus que Jean décrit annonce un royaume qui lui est propre, qui n'est « pas de ce monde ».
  • Techniquement, l'évangile de Jean ne contient pas de paraboles. Il renferme néanmoins des histoires à portée métaphorique, comme celle du bon berger. Les paraboles des évangiles synoptiques sont des historiettes poétiques, illustrant chacune un seul message ou une seule idée. Les histoires métaphoriques de Jean ressemblent plus à des allégories, dans lesquelles chaque élément entretient une correspondance symbolique avec un élément ou un groupe d'éléments particuliers. Les exégètes médiévaux assignaient parfois un sens allégorique aux éléments composants les paraboles, mais les historiens modernes trouvent ce point de vue plus intéressant théologiquement qu'historiquement.
  • L'expression récurrente « Qui a des oreilles entende ! » n'existe pas chez Jean.
  • Aucun exorcisme n'y est relaté.
  • Le nombre de miracles est beaucoup moins important chez Jean que chez Marc, Luc et Matthieu.
  • De grands discours des évangiles synoptiques sont absents, comme le sermon sur la montagne et celui du mont des oliviers. Manquent aussi les instructions que Jésus donne aux apôtres dans les synoptiques avant de les envoyer prêcher de par le monde. À leur place se trouvent le discours sur la mer de Galilée, au temple et celui de la cène.
  • La scène où Jésus chasse les marchands du temple apparaît au début du ministère de Jésus chez Jean, et à la fin dans les synoptiques.
  • La plus grande partie de l'évangile selon Jean se déroule dans la province de Judée et à Jérusalem ; très peu se déroule en Galilée, et les événements relatés par Jean qui se déroulent en Galilée se retrouvent dans les évangiles synoptiques.
  • La date de la crucifixion est placée par Jean un jour avant celle des synoptiques, le 14 du mois de Nisan au lieu du 15.
  • On ne trouve pas chez Jean les grands discours eschatologiques que l'on trouve dans les synoptiques (Matthieu 25, par exemple).

L'importance comparée de Jean et des synoptiques du point de vue historique

Depuis la fin du XIXe siècle et la « critique radicale », les historiens rejettent très largement l'évangile selon Jean en tant que source d'informations fiable sur le Jésus historique[21]. En particulier, le quatrième Évangile, "qui ne vient pas ou n'indique pas venir de l'apôtre Jean"[22], est souvent récusé comme référence historique dans son acception conventionnelle. Son auteur s'est accordé la plus grande liberté, transposant des évènements pour les éclairer d'un nouveau jour, écrivant lui-même certains discours et illustrant certains concepts par des images lui étant propres. Et donc, si on ne peut dénier à son travail certains éléments de la tradition, son autorité concernant la vie de Jésus est sujette à caution. Seule une fraction de ce qu'il raconte est acceptée par la majorité des historiens au sens historique du terme[réf. nécessaire].

Depuis l'avènement de l'historicisme critique, l'apport historique de l'évangile de Jean est considéré comme moins fiable que celui des synoptiques. Certains universitaires du XIXe siècle allaient même jusqu'à affirmer que l'évangile de Jean n'était d'aucune valeur pour l'historien. Néanmoins, des spécialistes comme Rudolf Bultmann et Charles-Harold Dodd, après de minutieuses études, ont trouvé qu'il y avait des données historiques d'importance dans cet évangile. Une partie des spécialistes actuels considèrent qu'une partie de l'évangile représente une tradition historique indépendante des synoptiques, tandis que d'autres parties de Jean sont le reflet de traditions ultérieures. Malgré des doutes certainement légitimes sur l'historicité des écrits johanniques, ceux-ci restent un document capital pour comprendre la théologie chrétienne, souvent encore plus important que les synoptiques eux-mêmes.

Sources

Théorie de Rudolf Bultmann

En 1941, Rudolf Bultmann suggéra l'existence d'une tradition orale, voire d'un manuscrit, centré sur les miracles du Christ et qui aurait été indépendant des évangiles synoptiques. Cet « évangile des signes » aurait circulé dès avant 70. Ses traces seraient visibles grâce aux rémanences d'une structure de récit accompagnant les miracles propres au quatrième évangile (que l'on ne trouve pas dans les synoptiques). Les signes (nom employé dans le quatrième évangile pour miracle, semeia en grec) que l'on ne trouve que dans Jean se passent toujours en présence de Jean, ils ont une connotation inhabituellement dramatique et, contrairement aux évangiles synoptiques, ils ne sont pas une conséquence de la foi : ils sont là pour la provoquer (Jean, 12:37). Ces miracles étant différents à la fois des autres miracles du quatrième évangile et de ceux des évangiles synoptiques, Bultmann en conclut que l'auteur a réinterprété une tradition primitive du christianisme hellénistique. Cette hypothèse, malgré la grande réputation de son auteur, n'a guère trouvé d'écho positif dans la communauté des chercheurs.

Éléments communs avec la pensée gnostique

Bien qu'il serait inexact de l'appeler gnostique, l'évangile de Jean contient bien quelques éléments laissant à penser à une influence ou des croisements possibles avec le gnosticisme[20]. Il est presque certain que les gnostiques ont lu l'évangile de Jean, puisqu'on en retrouve des passages dans leurs textes. Le principe du gnosticisme est que le salut vient de la gnose, un savoir secret. Pendant la quasi-totalité des cinq chapitres du dernier discours du Christ aux disciples (Jean 13[23], 18[24]), Jésus ne parle qu'aux douze apôtres. Jésus existait avant sa naissance charnelle, il est désigné dans le prologue (Jean, 1) comme « le verbe » (logos). Tout cela pourrait se rapprocher de la définition gnostique de l'æon (une émanation de Dieu) envoyé depuis le plérôme (région de la lumière) qui vient donner aux humains le savoir nécessaire pour joindre eux-mêmes le plérôme. Le mépris johannique de la chair opposée à l'esprit est aussi un thème fort du gnosticisme[20].

On explique parfois cette proximité par l'hypothèse de sources communes d'inspiration de Jean et des gnostiques dans la littérature apocalyptique juive[25].

Christologie

Stephen L. Harris affirme que Jean décrit Jésus comme « une brève manifestation du Verbe éternel, dont l'esprit immortel reste toujours présent auprès du chrétien fidèle[26] ». L'évangile de Jean se concentre beaucoup plus que les autres sur la relation mystique qui unit le Père et le Fils. On affirme souvent que c'est en s'appuyant sur celui-ci qu'a été produite la doctrine de la Trinité. Le quatrième évangile traite plus spécifiquement que les autres de la relation du rédempteur aux croyants, de l'annonce du Paraclet, assimilé à l'Esprit Saint, comme réconfort et comme défenseur. Ce qui marque avant tout les esprits, c'est bien sûr le développement du thème (johannique par excellence) de la primauté de l'amour dans la doctrine chrétienne et la vie du chrétien.

L'absence de parousie

Un point théologiquement très important, dans l'évangile de Jean, est qu'il ne contient pas de référence explicite à la Parousie, nom que l'on donnait à cette époque au retour du Christ. Certains universitaires ont même suggéré que pour Jean, le Christ est déjà revenu spirituellement[26]. Mais l'Apocalypse de Jean est consacré à la Parousie.

Notes et références

  1. Une discussion technique détaillée se trouve dans l'article de Raymond E. Brown : « Does the New Testament call Jesus God? » in Theological Studies, n° 26 (1965), p. 545-73.
  2. Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard, 2000.
  3. (en) (en) Bruce M. Metzger, The Text of the New Testament: Its Transmission, Corruption, and Restoration, 1992 [détail des éditions] .
  4. (en) (en) Kurt Aland, Barbara Aland, The Text of the New Testament an Introduction to the Critical Editions and to the Theory and Practice of Modern Textual Criticism 
  5. Tuckett, p. 544 ; [1] ; [2].
  6. Des informations complémentaires sur ce papyrus sont disponibles sur le site internet www.bible-researcher.com.
  7. Site internet de la fondation Bodmer.
  8. (de) Herbert Hunger, Zur Datierung des Papyrus Bodmer II (P66), 1960.
  9. (en) A Historical Introduction to the New Testament
  10. (en) bible.org: Exegetical Commentary on John 21
  11. (en) bible.org: The Gospel of John: Introduction, Argument, Outline
  12. (en) The Gospel of John
  13. Gospel of John
  14. Par exemple le théosophe Rudolf Steiner, L'évangile de saint Jean dans ses rapports avec les trois autres évangiles et notamment celui de Luc, Paris, centre Triades, 1989.
  15. Justin Martyr.
  16. (en)Raymond Brown, An Introduction to the New Testament, , 1re édition, 1997 (ISBN 978-0385247672), p. 368.
  17. (en) bible.org: The Gospel of John: Introduction, Argument, Outline.
  18. http://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?a.2:373./var/artfla/encyclopedie/textdata/IMAGE/
  19. Voir Charles E. Hill.
  20. a , b  et c (en) Stephen L. Harris, Understanding the Bible, Palo Alto: Mayfield, 1985.
  21. Évangile selon Jean, in Catholic Encyclopedia.
  22. Hans Conzelmann, Andreas Lindemann, Les écrits du Nouveau Testament, Guide pour l'étude du Nouveau Testament, Labor et Fides, page 396.
  23. Jean 13
  24. Jean 18
  25. (en) Judith L. Kovacs, « Now Shall the Ruler of This World Be Driven Out: Jesus’ Death as Cosmic Battle in John 12:20-36 », dans Journal of Biblical Literature, n° 114(2) (1995), p. 227-247.
  26. a  et b (en) Stephen L. Harris. op. cit., p. 304.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • LÉTOURNEAU, Pierre, « L'Évangile de Jean », dans O. Mainville (dir.), Introduction au Nouveau Testament, Montréal, Médiaspaul, 1999, p. 175-227.
  • (en) Charles Fox Burney, The Aramaic Origin of the Fourth Gospel, Clarendon Press, Oxford, 1922.

Liens externes

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