Servais Beaudouin Boulanger
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Servais Beaudouin Boulanger, né le 7 janvier 1755 à Herstal (Belgique), guillotiné à Paris le 11 thermidor an II (29 juillet 1794), est un révolutionnaire français d'origine liégeoise.

Biographie

Né le 7 janvier 1755 à Herstal (Belgique), Boulanger s'installe à Paris, où il devient en 1772 ouvrier joaillier, au 54 rue Saint-Honoré[1],[2].

En juillet 1789, il entre dans la garde nationale parisienne, où il sert comme canonnier, puis lieutenant[1] et capitaine du second bataillon de la Section de la Halle-aux-Blés, dont il est le commandant en second de la force armée, sous les ordres de Charles Sepher, par ailleurs commandant du premier bataillon[2],[3],[4].

Membre de l'assemblée électorale de la Seine lors des élections de 1791, il est l'un des signataires du manifeste du club de l'Évêché d'octobre 1791[5].

Le 10 août 1792, il participe à la chute de la royauté[4]. Lorsque Antoine Joseph Santerre est envoyé exercer le commandement militaire en Vendée, le Conseil général de Paris, le nomme, par arrêté du 17 mai 1793, commandant général provisoire[3], avec 74 voix sur 75. Le lendemain, il se présente pour prêter serment, au milieu des applaudissements des assistants. Toutefois, sa nomination a suscité une vive opposition dans certaines sections, dominées par les modérés[2], qui ont envoyé à la Commune des représentants afin de protester contre cette nomination. Pierre-Gaspard Chaumette répond assez rudement : « Tant que la patrie sera en danger nous prendrons des mesures promptes et révolutionnaires. Nous avons nommé un remplaçant à Santerre parce que nous avons cru devoir le nommer. Ce ne sera pas le général des avocats mais celui des sans-culottes ». Toutefois, la Commune prend un second arrêté en date du 18 mai décidant de soumettre cette nomination aux 48 sections. Sans attendre le résultat de cette consultation, Boulanger donne sa démission le 20 mai[3].

En juillet, Charles Sepher est nommé commandant en chef de l'armée dite de la Pacification, qui doit écraser l'insurrection fédéraliste dans l'Eure ; Boulanger rejoint son état-major avec le grade d'adjudant-général chef de brigade (5 juillet)[2] et commande la place de Caen[6]. Le 22 juillet 1793, il devient général de brigade[2].

En octobre 1793, il est rappelé à Paris, où il a été créé l'armée révolutionnaire parisienne au début de septembre ; Boulanger doit en assumer le commandement sous les ordres du général Ronsin[7]. Acceptant ce poste avec joie, il rivalise de sévérité avec Parein : Boulanger ayant réclamé une guillotine auprès de chaque détachement, Parein en demande deux[8]. Toutefois, devenue un sujet d'inquiétude pour le Comité de salut public, dans le courant de novembre, cette armée est morcelée : Parein part pour Lyon avec deux détachements les 4 et 5 novembre, 4 compagnies de canonniers pour Caen le 10, Ronsin pour Lyon le 20. Boulanger prend alors le commandement des troupes demeurées à Paris et dans les environs[7].

Rentré à Paris le 10 février 1794, Ronsin reprend le commandement de l'armée jusqu'à son arrestation, le 14 mars. Boulanger lui succède à ce poste jusqu'au licenciement de l'armée révolutionnaire, le 27 mars[7]. Lié aux Hébertistes par l'intermédiaire de son chef Ronsin, Boulanger échappe à la répression, rejoignant, comme François Hanriot, les partisans de Maximilien de Robespierre[9].

Aide-de-camp de François Hanriot[3] avec Jean-Baptiste de Lavalette, c'est lui que le Comité de salut public charge d'arrêter Thérésa Cabarrus le 3 prairial an II (22 mai 1794).

Accusé par Billaud-Varenne d'avoir été « conspirateur avec Hébert », il est décrété d'arrestation et guillotiné sans procès le 11 thermidor an II (29 juillet 1794)[10].

Notes et références

  1. a et b Henri Calvet, Un instrument de la terreur à Paris: le Comité de salut public ou de surveillance du département de Paris (8 juin 1793-21 messidor an II), Librairie Nizet et Bastard, 1941, 408 p., p. 57 
  2. a, b, c, d et e Richard Cobb, Les armées révolutionnaires, Mouton, 1961, 1017 p., p. 102-103 .
  3. a, b, c et d Alphonse Aulard, La Sociétédes Jacobins. Recueil de documents pour l'histoire du Club des Jacobins de Paris, vol. 5 : janvier 1793-mars 1794, Paris, Léopold Cerf, 1895 [lire en ligne], p. 192 , note 2.
  4. a et b Amand Montier, Robert Lindet: député à l'Assemblée législative et à la convention, membre du Comité de salut public, ministre des finances : notice biographique, Félix Alcan, 1899, 444 p., p. 206 .
  5. Assemblée électorale de Paris, 26 août 1791-12 août 1792: procès-verbaux de l'élection des députés à l'Assemblée législative, des hautes jurés, des administrateurs, du procureur général syndic, du président du Tribunal criminel et de son substitut, de juges suppléants de l'accusateur public, de curés, Paris, Cerf, 1894, p. 14 et 518 .
  6. Répertoire du personnel sectionnaire parisien en l'an II, Publications de la Sorbonne, 1985, 564 p. [lire en ligne], p. 131 .
  7. a, b et c Charles Dolly, « Chronologie historique des armées de la République et de l'Empire », dans Le Spectateur militaire: Recueil de science, d'art et d'histoire militaires, vol. XLIX, 15 avril-15 septembre 1850, p. 516-517 [texte intégral] .
  8. Octave Desmé de Chavigny, Histoire de Saumur pendant la révolution, Éditions Cheminements, 1892, 356 p. [lire en ligne], p. 261 .
  9. Michel Biard, Collot d'Herbois: légendes noires et Révolution, Presses Universitaires de Lyon, 1995, 225 p. [lire en ligne], p. 172 .
  10. Ernest Hamel, Thermidor : d'après les sources originales et les documents authentiques, Paris, Flammarion, 1897, XII-363 p. p. [lire en ligne], p. 287 , note 2.

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