Asatru

Asatru

Odin chevauchant Sleipnir

L’Ásatrú (qui signifie littéralement « loyauté envers les Æsir », en islandais moderne) est une religion ethnique polythéiste basée sur la mythologie nordique[1] qui comporte deux familles de dieux, les Æsir et les Vanir. C'était la religion dominante en Europe non romaine avant la conversion des tribus germaniques et scandinaves au christianisme. Cette religion, en sommeil depuis le XIIe siècle, est en phase de réveil depuis le XIXe siècle. Le nom d’Ásatrú est apparu d’ailleurs à cette époque ; les pratiquants de cette religion ne donnaient pas de nom à leur religion avant l'arrivée du christianisme. Suite à l'arrivée des missionnaires chrétiens, les textes médiévaux de Scandinavie mentionnèrent les termes forn siðr et heiðenn pour désigner la religion primitive des peuples germaniques.

Le mot « Asatru » est assez mal choisi pour représenter les croyances vikings car c’est une invention chrétienne. Pour nommer cette religion, on pourrait lui préférer « Odinisme » ou « Vanatru », les Vanes étant les plus anciens et célébrés à l’époque Viking. Afin d’éradiquer les croyances païennes, les auteurs chrétiens évhéméristes prétendaient que les dieux nordiques n’étaient en fait que de simples humains, troyens, venus d’Asie, ainsi ils les ont nommés « Ases ». « Asatru » vient de « Ases », il est apparu dans les textes chrétiens au XIIe siècle ou XIIIe siècle, les Vikings n’utilisaient pas ce terme pas plus que « Asgard ». Snorri et Saxo Grammaticus s’efforceront bien de reconstituer un panthéon organisé vaille que vaille autour de quelques grands dieux en se contredisant souvent et parfois gravement. Il n’est pas difficile de montrer l’inconsistance de leur doctrine, notamment dans leur application à faire de l’évhémérisme [2] en affirmant que les dieux ne sont que d’anciens magiciens divinisés Trojumanna saga (saga des troyens)[3][4]

L'Islande devenue chrétienne, l'Église ne badine pas plus là qu'ailleurs sur la stricte observance de ses lois[5]. La rédaction deux siècles après l’âge Viking, donne latitude à l’Église, d’entreprendre un travail patient et opiniâtre d’éradication, bien connu d’autre part[6]. Elle s’efforçait de dévaluer les croyances et pratiques menaçant la doctrine chrétienne, les dieux passent à l’état de diables, ou subtilement ils se retrouvent ridiculisés. (Harbardsljod ou la Lokasenna). Ou les dieux ne sont plus que de simples humains divinisés[7], ainsi ils périssent lors du combat final (Voluspa, ragnarök…)[8] [9][10] L’Église apportait dans ses bagages toute une magie biblique ou orientale qui connut un grand succès dans le monde [11]


On confond parfois le terme Ásatrú avec le terme odinisme, qui pour certains auteurs ne signifie pas tout à fait la même chose. Pour certains pratiquants, l'Ásatrú est souvent utilisé pour qualifier la croyance purement scandinave et l'Odinisme s'étend aux peuples germaniques (voir le chapitre Croyances).

Les pratiquants de l’Ásatrú sont parfois appelés asatruer, asatruar, truar ou encore asatruiste, qui constitue un pur néologisme, faute de terme plus approprié. Les pratiquants de l'Ásatrú et / ou de l'Odinisme sont aussi parfois appelé nordisants, un terme beaucoup plus général.

Sommaire

Forme historique

Il est très difficile aujourd'hui d'approcher un tant soit peu les croyances originales des Vikings, compte tenu de mille ans de censures et de réécritures chrétiennes: « il faut demeurer conscient que cette imprégnation pour ne pas dire intoxication littéraire (chrétienne et classique), afin d’apprécier à leur juste valeur les prestations scaldiques, eddiques, et sagas »[12].

A l’origine "les Pères des Vikings" avaient le culte d’une Déesse Mère et des grandes forces naturelles: soleil, eau, terre, air, feu et vie qu’ils ont représenté plus tard par la création d’un panthéon [13]. Les Êtres surnaturels adoptés sur le tard, sont apportés par l'Église lors de la christianisation.[14]Les clercs chrétiens rajoutent et adaptent des textes bibliques, orientaux ou classiques tels que: les Nornes comme les Parques grecques et le Destin immuable, Alfar (Elfes) comme les chérubins ou les anges, Dises, Valkyries (femmes cygnes) comme les Apsaras, ... Dès lors le "fond indo Européen" est très contestable car en réalité les vikings avaient leurs propres croyances avant la christianisation :

« ils (germains du nord) n’ont ni druides qui président au culte des dieux, ni aucun goût pour les sacrifices, ils ne rangent au nombre des dieux que ceux qu’ils voient et dont ils ressentent manifestement les bienfaits, le soleil, le feu, la lune. Ils n’ont même pas entendu parler des autres. »

César dans De Bello VI, 21

« ils répugnaient à présenter leurs Dieux sous formes humaines, il leur semble peu convenable à la grandeur des habitants du ciel, ils leurs consacrent les bois, les bocages et donnent le nom de Dieux (et Landvaettir) à cette réalité mystérieuse que leur seule piété leur fait voir » « Aucun de ces peuples ne se distinguent des autres par rien de notable, sinon qu’ils ont un culte commun pour Nerthus c'est-à-dire la Terre Mère, croient qu’elle intervient dans les affaires des hommes et circule parmi les peuples » (La grande Aïlleule primordiale, la Stammor, Jord, Fjorgyn.)

Tacite. Germania IX, 3

Les Scandinaves ou Germains du Nord, jusqu'à la période Vikings incluse, ne pratiquaient pas de sacrifices humains (inventions chrétiennes pour les diaboliser), la "peine de mort" n'existait pas non plus: les Havamal le disent, "un mort n'est utile à personne". Il y a une compensation pour tout (bot)[15]. En plus du Bot, pour les crimes les plus graves, on prononçait le bannissement pour trois ans (fjörbaugsgardr)[16].

Les "sacrifices" dont parlent les textes (blot) revêtent plusieurs pratiques. Avant de consommer une boisson, un aliment végétal ou animal on verse un peu de liquide, d'aliment ou de sang pour remercier les forces naturelles, la terre nourricière ou les dieux: pour la nourriture, les bienfaits, les interventions passées ou à venir, pour solliciter... C'est l'occasion pour faire un "drekka minni" en l'honneur des Landvaettir, des Ancêtres, des forces naturelles ou des dieux...Ils ont avec les puissances naturelles et les dieux un rapport de "donnant donnant"[17]


"eiginn mattr ok megin"

Les Vikings n’ont pas une conception du destin immuable comme les auteurs chrétiens nous l'ont dépeint.

Dans tous leurs textes, les clercs faisaient de l'interpretatio christiana, pour ré-inventer la mentalité des Vikings deux ou trois siècles après leur disparition.

"L'Eglise apportait dans ses bagages toute une magie biblique ou orientale fatidique que l'on attribua à tort aux Vikings"[18].

En introduisant les Nornes (Parques grecques), ...: "les clercs chrétiens se trompaient gravement sur la mentalité Viking." En effet, pour imposer leur vision du Destin irrévocable, les auteurs chrétiens associèrent: Urd (le nom d'une source), Skuld (le nom d'une Valkyrie), et Verdandi (seule la Voluspa cite ce nom). Pour Jean Renaud: "Urd était probablement la plus authentique des trois, à laquelle on aurait associé par la suite les deux autres"[19].

Les spécialistes ont démontré que tous les textes ayant échappé à l’éradication et à la censure chrétienne, ne peuvent nous donner la réalité des croyances Vikings. Pour le professeur Régis Boyer: "Tous les documents islandais anciens sont écrits sur palimpsestes (parchemins dont on a effacé l’écriture pour les réutiliser), il faut gratter l'apport continental chrétien pour tenter de retrouver l'authenticité scandinave (germanique) ancienne" [20]

La seule réalité historique de ces textes est la mentalité : il est bien plus intéressant d'essayer de la reconstituer que de prendre à la lettre des récits souvent trop complaisants ou adaptés de sources latines[21].


En fait, quels que soient les projets de leurs Dieux, les Vikings demeurent libres et croient en leur capacité d’infléchir leurs Dieux et de forcer le destin, pour le modifier, car ils croient à la chance (gaefa), à leurs talents, à leur force et volonté, à leur capacité de réussite, et aussi à l'appui de leurs ancêtres: ce qu’ils nomment « eiginn mattr ok megin » [22][23][24].

Les Vikings pragmatiques ne sont en aucun cas des fatalistes subissant un destin[25]. Ce sont avant tout des combattants et des hommes libres qui décident de leur sort au risque de déplaire aux dieux. Ils croient à la magie ou si l'on préfère, au sentiment de la présence constante du surnaturel[26] et à la divination pour percer les projets de leurs ennemis, des dieux et des forces tutélaires, afin de changer le cours des évènements, d'anticiper sur le destin[27], donc de le modifier, car rien n'est écrit définitivement.

Ils sollicitent les forces, les dieux et leurs Ancêtres qui leurs répondent dans leurs songes "mik dreymdi, at Freyja" (exemple: Freyja m'a rêvé que...)[28].

Ces faits sont très éloignés et incompatibles avec la vision du Destin, des auteurs chrétiens qui ont rédigé ou corrigé la quasi totalité des documents dont nous disposons, comme la Voluspa, le Ragnarök... Il n'y a donc pas de destin que leur volonté ou l'aide de leurs Dieux ou de leurs Ancêtres ne puisse modifier car « les Scandinaves étaient des hommes d’actions prisant les valeurs d’actions et on leur fait tort en les accablant de pratiques et de concepts dont, sans aucun doute, ils eussent été fort empêchés !»[29]

L'archéologie, l'histoire, et le passage à l'étamine de toutes nos sources, et en considérant avec plus d'attention les témoignages antérieurs à la domination chrétienne, qui semblent être les plus objectifs, permettront d'avoir une idée plus précise de ce qui auraient pu être les "Croyances Vikings".

Les informations qui sont arrivées jusqu’à nous sont assez rares et fragmentaires et d’autant plus sujettes à caution qu’elles ont pour la plupart été rédigées par des chrétiens pendant l’âge d’or de la culture islandaise (XIIe - XVe siècle). Néanmoins, des poèmes comme l'Hávamál, attribué à Odin sont spécialement importants pour comprendre les racines de la religion nordique. On peut trouver d’autres guides dans le folklore allemand ou nordique, toujours imprégnés de leur passé près de huit siècles après la conversion du roi de Suède.

La forme moderne

De nos jours, l’Ásatrú est une religion reconstruite. Malheureusement elle est encore trop imprégnée de textes inventés par les auteurs chrétiens, que l'on attribue à tort aux Vikings,"[30] comme le ragnarök ou la voluspa. Certains nordisants parviennent néanmoins à approcher une authenticité, en s'appuyant sur l'archéologie et sur des témoignages d'auteurs païens. Ils doivent passer à l'étamine tous les palimpsestes chrétiens.[31] Il est bien plus intéressant d'essayer de reconstituer ces croyances que de prendre à la lettre les textes chrétiens dont nous disposons.[32]

Ce n’est pas une religion néopaïenne au sens usuel, et la majorité des fidèles rejettent cette étiquette. La pratique est basée sur les enregistrements historiques disponibles, leurs interprétations et leur extension. Les rites varient d’un groupe ou d’une communauté à l’autre, mais seulement dans leurs détails. L’Ásatrú se propage grâce à un fort fond littéraire.

Après avoir eu peu, voire pas, de pratiquants durant des siècles, l’Ásatrú réapparut au cours du XIXe siècle sous l’impulsion du romantisme. Des groupes organisés apparurent en Allemagne au début du XXe siècle. Plusieurs membres fondateurs du nazisme faisaient partie de la Société de Thule, un groupe d’étude sur l’Antiquité germanique (sans doute dans le but d'essayer de légitimer l'idéologie nazie), bien qu’il semble que ce ne fut qu’un élément marginal qui ne se soit pas généralisé au parti entier.

La seconde renaissance de l’Ásatrú débuta à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix. En 1973 le gouvernement islandais reconnaît l’Ásatrú comme une religion d'État officielle, principalement grâce aux efforts de Sveinbjörn Beinteinsson. Dans le même temps, Else Christiansen débuta l'édition du journal « The Odinist » au Canada. Aux États-Unis, Steve McNallen, un officier de l’armée de terre américaine, lança l'édition d’un journal intitulé « The Runestone » et créa The Ásatrú Free Assembly renommée par la suite Ásatrú Folk Assembly.

De nos jours, on peut trouver des fidèles asatruer à travers le monde entier mais principalement en Scandinavie, en Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il n’existe en revanche pas d’estimation fiable du nombre exact de fidèles.

Les groupes Ásatrúar sont en général en faveur d’organisation démocratique, inspirée des Things parlementaires des Vikings. Elles sont également en faveur de la libre expression des fidèles, restant ainsi fidèles aux sagas. Il n’existe aucune autorité centrale, et les groupes religieux sont en général de petites tailles et fractionnés.

Les asatruar modernes se rencontrent souvent via Internet pour organiser des rencontres et des cérémonies (voir blót et sumbel).

Depuis le 22 juin 2007, l'Odinisme est reconnu officiellement par l'Espagne comme religion.

Croyances

La plus grande majorité des pratiquants ne voient pas la mythologie comme une vérité littérale, mais comme une vérité métaphorique. Il n’existe pas de théologie orthodoxe de la religion asatruar, bien qu’il existe des écoles de pensées. La nature est adorée, relativement à sa représentation dans le Panthéon nordique, mais également révérée dans la pratique. Cependant, l’Ásatrú n’est pas une religion repoussant les innovations techniques.

La comparaison entre l’Ásatrú et d’autres religions est assez délicate et consisterait plutôt à mettre en lumière leurs différences que leurs points communs. Dans la religion asatruar, les dieux ne sont pas les êtres omnipotents et infaillibles, ni même immortels et on ne les adore pas comme tels. Ils sont plus considérés comme des amis dont la sagesse et la puissance peuvent venir en aide à point nommé. De plus, les dieux du nord ne sortent pas tout en armes de la tête de leur géniteur et ne restent pas immuables devant le passage du temps. Ils sont le produit de leur existence, comme on peut le voir en étudiant la vie de Loki, le géant du feu ou mieux, celle de Freyr, le dieu de la vie. Les hommes, créés par Odin et ses frères, sont très proches des dieux, par leur comportement et les relations hommes/dieux sont en quelque sorte familiales.

Autrefois, il n'était pas rare qu’un Scandinave punisse le dieu qui l’avait trahi en lui retirant (pour un temps) son adoration et ses offrandes. C’est d’ailleurs ce trait de caractère qui rendit l’implantation de la religion chrétienne si délicate dans ces contrées : au moindre revers, Jésus était mis au coin au profit des Æsir et des Vanir.

La religion asatruar, depuis son origine, ne comporte aucune liste de comportements à proscrire, à la différence de la plupart des autres religions. La recherche d’un compromis entre la liberté et la responsabilité est en revanche un thème central dans la littérature légendaire, mystique et historique de cette religion, littérature que les membres des églises asatruer sont tenus d’étudier sérieusement. Certains comportements condamnés dans d’autres religions (comme la fierté) sont considérés comme des qualités, à condition qu’ils soient correctement exprimés. Il n’est jamais question de rédemption, de sauvegarde, ni même de perfection dans l’Ásatrú, et la théorie de la vie après la mort est sans doute le reflet de la justice expéditive des temps anciens.

De même, cette religion voit d’un assez mauvais œil le prosélytisme. Pour elle, le croyant doit venir de lui-même.

Bien qu’elle descende d’une culture guerrière, l’Ásatrú n’est pas une religion misogyne : Odin fit l’homme et la femme de deux branches distinctes, la déesse de l’amour est également une déesse guerrière et dans l’Antiquité nordique, hommes et femmes pouvaient être appelés à se battre (voir par exemple l’article sur les Berserkir). C’est pourquoi hommes et femmes sont considérés à de nombreux égards comme égaux, bien que différents et les femmes ont un rôle important à jouer dans les rites asatruer.

Le culte des dieux nordiques et germaniques est sujet à des variations régionales, dues à l’interprétation subjective des pratiquants les plus influents (goðis). Par exemple, en Islande, beaucoup considèrent l’Ásatrú comme une religion orientée politiquement à gauche, alors qu'une petite partie des pratiquants allemands ou américains sont parfois clairement d’extrême droite, ces derniers cherchant à justifier leurs idées par une religion qui, à l'origine, n'a rien à voir avec la pensée politique développée par ces individus. Entre autres choses, ces personnes ne réservent l’adhésion à leurs associations qu'aux seules personnes d’origine germanique ou nordique. Dans tous les cas, le pratiquant devra se rapprocher avec prudence des associations religieuses qu'il ne connait pas.

En France, l’Ásatrú ne tient pas compte de l'origine des individus : chacun peut se réclamer de l’Ásatrú, quelle que soit son origine ethnique, tant qu'il a la foi. D’autres estiment que l’Ásatrú est la religion naturelle des Scandinaves, des Germains et des Anglo-Saxons : il n’y aurait donc aucune raison que d’autres peuples puissent se réclamer de l’Ásatrú.

Rites

Le blót

Un blót est un rite asatruer qui honore les dieux, généralement centré autour d’un dieu du panthéon. Ce rituel peut-être très formel, mais l’idée sous-jacente est plus proche de l’invitation d’un membre de la famille à sa table que d’une messe. Nourriture et boisson sont souvent offertes à cette occasion. La plupart seront consommées par les participants, et la partie destinée à la divinité sera versée au sol, comme offrande. La boisson traditionnelle à cette occasion est l’hydromel ou la bière.

Le sumbel

Le Sumbel est un rite dans lequel une boisson est passée d’un membre à l’autre d’une assemblée réunie en cercle. À chaque passage de la boisson, les participants font une déclaration, un toast, ou un serment.

Le toast honore un goði (mentor), un dieu ou un proche. La déclaration est en général une opportunité pour le participant de s’enorgueillir d’un succès. Le serment est en général la promesse d’accomplir une action dans un futur proche. Les participants sous serment sont liés par la promesse et sont tenus de la respecter.

Le Seydr (ou Seith ou sayth)

C’est un rite shamanique, réservé aux initiés permettant de prédire l’avenir ou de modifier le hamr, c’est-à-dire la nature de la forme physique, à la suite d’une transe.

Les Corps et hauts festivals

[réf. nécessaire]

Selon les croyances de l'Odinisme et l'Odalisme, l'homme est constitué de cinq corps que sont :

  1. le corps physique, lík,
  2. le corps éthérique, várðr,
  3. le corps astral, Hamr,
  4. le corps mental, Hugr,
  5. le corps spirituel ou ánd.

L'amélioration du corps éthérique peut débuter seulement quand le corps physique est satisfait. L'amélioration du corps astral peut débuter seulement quand le corps éthérique est satisfait. L'amélioration du corps mental peut débuter seulement quand le corps astral est satisfait. L'amélioration du corps spirituel peut débuter seulement quand le corps mental est satisfait. Le but du paganisme et des rites païens est de satisfaire tous nos corps, nous instruire et de nous élever finalement au divin.

Pour réaliser ceci, les hauts festivals païens ont plusieurs étapes. Le voyage vers l'emplacement des rites (un théâtre, un monticule funèbre, le sommet d'une montagne, un espace boisé, une source sainte ou autres endroits) est la première étape. Ce déplacement fait partie intégrante de la cérémonie : il représente un effort physique parfois épuisant tout en créant une atmosphère propice à la solennité du rituel.

Le jeu religieux est la deuxième étape. Les prêtres et prêtresses jouent une scène (une tragédie ou une comédie, selon le type de haut festival), avec des masques et des costumes pour personnifier les dieux et les déesses. C'est un moment fort pour la congrégation, stimulant les émotions, l'imaginaire et les capacités de concentration des membres. La musique et divers types d'expressions artistiques font souvent partie intégrante des cérémonies. Ils sont utilisés comme catalyseurs émotifs. Lors d'une cérémonie d'initiation le candidat participe au jeu le plus souvent démasqué, ignorant ce qui va se produire. Naturellement de tels rituels ne peuvent être vus que par les individus de la congrégation qui sont déjà passés par cette initiation particulière.

L'examen est la troisième étape. Pendant la cérémonie d'initiation, le candidat doit dire ou faire quelque chose pour influencer la conclusion, pour que la cérémonie se termine comme il se doit. Le candidat a été normalement instruit à l'avance par un mystagogue (un précepteur religieux) sur la façon de réagir à différentes éventualités, ainsi lui ou elle devrait savoir quoi dire ou faire, mais parfois les candidats doivent se figurer d'eux-mêmes.

La graduation (des candidats) ou la conclusion est la quatrième étape. Le « but » du jeu est dévoilé au candidat, qui est accepté ou rejeté par les dieux et les déesses (incarnés par les prêtres et les prêtresses). La présente partie de la cérémonie se termine quand le soleil se lève et que le candidat a été accepté en tant qu'élément de la congrégation ou dans un certain sens, a un nouveau rôle dans la congrégation.

La célébration est la cinquième étape. Quand le jeu rituel est terminé, la cérémonie se clôt avec un grand festin, le premier pour le candidat maintenant initié. La cérémonie se termine dans le silence et le repos.

Critiques

Le FBI, dans le texte du Projet Megiddo, a désigné les croyances odinistes comme "racistes" et susceptibles de commettre des actes terroristes aux États-Unis à l'approche de l'an 2000[33]. Trois groupes religieux mis en cause ont réagi à la suite de ces accusations.[34]

Certains pratiquants dont Steinn Markvard Gillarson, le gestionnaire du site Web Asatru.ca, suggère des différences majeures entre les différents termes utilisés pour désigner la religion primitive des peuples germaniques. Selon une perspective politique, Steinn Markvard Gillarson suggère que les groupes se réclamant de l'Ásatrú tendent davantage vers le centre ou la gauche politique tandis que les groupes se réclamant de l'Odinisme tendent davantage vers la droite politique.

Compléments

Articles connexes

Notes

  1. On se reportera à l’article mythologie nordique ou aux ouvrages de Georges Dumézil, Régis Boyer, H. R. Ellis Davidson ou Hans Günther pour plus de détails sur cette période.
  2. Régis Boyer, Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves, édition Payot, P 8 ISBN 978-2-228-90165-9
  3. Régis Boyer « l’Islande médiévale », Guide des belles lettres, ISBN 2-251-41014-7 pages 179,202,211
  4. Régis Boyer Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.34
  5. Régis Boyer « l’Islande médiévale », Guide des belles lettres, ISBN 2-251-41014-7, p185
  6. Régis Boyer, Les Sagas islandaises, Payot, ISBN 978-2-228-90164-2 p122
  7. Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.33-34
  8. Régis Boyer, L’Islande médiévale, Guide des belles lettres, ISBN 2-251-41014-7 p186
  9. Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.34
  10. Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.34
  11. Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.47
  12. Régis Boyer, L’Islande médiévale, Guide des belles lettres, ISBN 2-251-41014-7 p 206
  13. Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.23;35
  14. Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.37
  15. Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.33
  16. Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.69
  17. Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.38
  18. Régis Boyer le Christ des Barbares, éditions du CERF, p.&nbs;44,47
  19. Jean Renaud: les dieux des Vikings, éditions Ouest France, ISBN 2-7373-1468-2, page 122
  20. Régis Boyer, L’Islande médiévale, Guide des belles lettres, ISBN 2-251-41014-7 page90
  21. Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9, p 18
  22. Régis Boyer : Les Vikings 800-1050, la vie quotidienne Hachette page 218, ISBN : 2-0123-5690-7
  23. F. Ström : Den egna kraftens män, Göteborg, 1948
  24. Régis Boyer le Christ des Barbares, éditions du CERF, p.&nbs; 32, 33
  25. Régis Boyer le Christ des Barbares, éditions du CERF, p.&nbs; 37,40,44
  26. Régis Boyer le Christ des Barbares, éditions du CERF, p.&nbs; 42
  27. Régis Boyer, le Christ des Barbares, éditions du CERF, p.&nbs;93
  28. Régis Boyer le Christ des Barbares, éditions du CERF, p.&nbs; 43
  29. Régis Boyer, Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves, édition Payot, P8 ISBN 978-2-228-90165-9
  30. Régis Boyer le Christ des Barbares, éditions du CERF, p.&nbs;44,47
  31. Régis Boyer, L’Islande médiévale, Guide des belles lettres, ISBN 2-251-41014-7 page90
  32. Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9, p 18
  33. "adherents of racist belief systems such as Odinism"
  34. Dépêche de trois groupes "odinistes"
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