Appius Claudius Sabinus (consul en -495)
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Appius Claudius Sabinus Regillensis, originellement Attus Clausus, est un homme politique romain, d'origine sabine, des débuts de la République romaine.

Son arrivée à Rome (504)

En 504 av. J.-C., les Sabins, après une nouvelle défaite face aux Romains, se préparent à une nouvelle guerre. Des dissensions éclatent entre les partisans de cette nouvelle offensive contre Rome et ceux de la paix, menés par Attus Clausus Inregillensis. Ce dernier, méprisé et opprimé par ces adversaires politiques, fuit de la Sabine et se réfugie à Rome, suivi d'une nombreuse clientèle[1],[2], près de 5 000 personnes[3].

Le sénat romain leur octroie de nombreuses terres au-delà de l'Anio et la citoyenneté romaine pleine et entière, et ils forment une nouvelle gens, les Claudii[1],[2], dont le pater familias est Appius Claudius (nom romanisé de Attus Clausus) Sabinus (cognomen rappelant son origine, la Sabine) (In)Regillensis (du nom de sa ville d'origine, Inregillum ou Régille[2], en Sabine).

En tant que pater familias de cette nouvelle gens, il est admis en tant que sénateur au sein de la Curie. Pendant ce temps là, les consuls Publius Valerius Publicola et Titus Lucretius Tricipitinus ravagent une nouvelle fois le territoire sabin, et rentrent en triomphe à Rome[1].

Suétone rapporte une autre tradition sur l’origine des Claudii, en précisant qu’elle est moins reconnue des historiens romains : Attius Claudius aurait été appelé peu après la fondation de Rome par Titus Tatius, roi sabin et collègue de Romulus[2].

Son consulat (495)

En 495 av. J.-C., il est élu au consulat au côté de Publius Servilius Priscus Structus[4]. C'est sous leur consulat que débute la première sécession de la plèbe.

Les Volsques et les Herniques se préparent à une nouvelle guerre contre Rome, qui doit former les légions pour faire face[5]. Mais le peuple, sans cesse mobilisé sous les aigles, ne pouvant s'occuper de ses biens, est écrasé de dettes, qui s'alourdissent de guerres en guerres, et la révolte gronde au sein de Rome[6].

Appius Claudius propose d'user de son autorité consulaire pour mettre au pas les récalcitrants, tandis que son collègue Publius Servilius prône l'apaisement[6]. C'est alors qu'une armée voslque marche sur Rome et s'apprête à l'assiéger. Le peuple refuse de prendre les armes et le sénat romain conjure Publius Servilius, populaire, de convaincre le peuple. Il publie en ce sens un édit protégeant les citotens romains tant qu'ils sont mobilisés, et promet, soutenu par le sénat, d'améliorer leurs sorts dès la guerre terminée[7].

Tous les débiteurs échappent aux griffes de leurs créanciens le temps de la guerre et rejoignent l'armée, où il se distinguent, écrasant les Volsques[8], puis les Sabins et les Aurunces[9].

Appius Claudius, à peine les ennemis vaincus et l'armée démobilisée, remet tous les débiteurs à leurs créanciers, faisant preuve d'une odieuse rigueur, soutenu bientôt par une majorité de sénateur patricien. Son collègue Publius Servilius tergiverse, ses anciens soldats lui demandant son aide, lui rappelant son engagement, et bientôt il est autant rejeté par le peuple que par les nobles[10].

Le temple de Mercure doit être dédicacé par l'un des deux consuls, qui s'en disputent l'honneur. L'affaire est renvoyée devant le peuple, qui chosit un simple centurion, plutôt qu'un des consuls, ce qui est un grave affront à l'autorité des magistrats. Bientôt une nouvelle offensive des Sabins aggrave la situation, les anciens soldats, débiteurs, refusant d'obéir aux ordres du consul Appius Claudius, ordres de retour au calme et de mobilisation. Ce dernier fait arrêter l'un des meneurs de la révolte, refuse son droit d'appel devant le peuple, mais le sénat, craignant de plus en plus le peuple, l'oblige à céder. La fin de l'année arrive et les deux consuls, haïs par le peuple, sortent de charge[10].

Après son consulat (494)

Les consuls avaient besoin d'enrôler nombre de soldats pour continuer la guerre face aux Volsques et aux Èques. L'ancien dictateur Titus Larcius Flavus proposa d'interdire pendant ces guerres continuelles de saisir les biens d'un débiteur, soldat ou non à l'image de Publius Servilius, tandis qu'Appius Claudius qui ne voulait rien entendre exigeait que l'autorité consulaire soit respestée, et qu'on nomme un dictateur dont la puissance est indiscutable pour mettre au pas le peuple[11]. Selon Tite-Live, le Sénat faillit le nommer à ce poste, mais c'est finalement le neveu de Publius Valerius Publicola qui est nommé dictateur, et il publie immédiatement un édit similaire à celui de Publius Servilius, avec le même effet : une grande armée est réunie, notamment parmi les débiteurs. Le peuple est en partie apaisé, bien qu'on est créé un dictateur contre lui, il appartenait à la famille de feu Publius Valerius Publicola, très populaire[12].

Mais la lutte continue dès la victoire remportée, les patriciens menés par Appius Claudius doivent faire face à l'insurrection du mont Sacré, car ils ont inventés une nouvelle guerre de peur de licencier l'armée, et le peuple s'est retiré sur l'Aventin[13].

Sa descendance

Tite-Live ne mentionne plus Appius Claudius ensuite dans son Histoire romaine, mais il a sans doute continué à mener les patriciens contre la plèbe, comme un de ses fils après lui, Appius Claudius Crassinus Regillensis Sabinus (consul en 471 av. J.-C., qui meurt avant la fin de son procès, risquant l'exil, pour s'être alliené les tribuns de la plèbe) et son petit-fils Appius Claudius Crassus Regillensis Sabinus (consul en 451 av. J.-C. et président des deux collèges de décemvirs, qui se suicide en prison avant son procès, pour s'être lui aussi alliéné les tribuns de la plèbe, et pour s'être maintenu longtemps illégalement au pouvoir et tant que président du deuxième collège des décemvirs).

Un de ses autres fils, Caius Claudius Sabinus Regillensis, est aussi consul en 460 av. J.-C., sans pour autant s'être opposé à la plèbe.

La gens des Claudii engendrera nombre de consuls et des magistrats, et même des empereurs romains. D'après Suétone, la branche patricienne sous la République, « compte successivement vingt-huit consulats, cinq dictatures, sept censures, sept triomphes et deux ovations »[2].

Sources

Notes

  1. a, b et c Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 16
  2. a, b, c, d et e Suétone, Vie des douze Césars, Tibère, I
  3. Les gentes romaines, C, Claudia
  4. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 21
  5. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 22
  6. a et b Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 23
  7. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 24
  8. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 25
  9. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 26
  10. a et b Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 27
  11. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 29
  12. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 30
  13. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 32

Références


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