Appius Claudius Sabinus (Consul En -471)

Appius Claudius Sabinus (consul en -471)

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Appius Claudius Crassinus Regillensis Sabinus (décédé en 470 av. J.-C.) est un homme politique au début de la République romaine, consul en 471 av. J.-C.

Ses origines

Son père Appius Claudius Sabinus Regillensis est le fondateur de la gens patricienne des Claudii en s’installant à Rome vers 504 av. J.-C. Il naît donc dans une famille nantie et aristocratique, sans que l’on puisse savoir avec certitude s’il est né à Rome ou en territoire sabin. Toutefois, son cognomen Sabinus rappelle son ascendance sabine.

Appius Claudius grandit dans une République romaine encore peu organisée : les seuls magistrats existant alors sont les consuls, toujours des patriciens, qui jouissent de pouvoirs équivalents à ceux des anciens rois. La masse des plébéiens a obtenu d’être représentée par des tribuns de la plèbe. Son père Appius Claudius, consul en 495 av. J.-C. et sénateur, s’est signalé par son intransigeance face à l’agitation de la plèbe écrasée de dettes engendrées par les guerres incessantes. Lui-même continue dans cette hostilité en s’opposant aux projets de loi agraire, périodiquement réclamé par les tribuns de la plèbe à partir de 485 av. J.-C., qui revendiquent une répartition plus équitable des territoires romains (ager romanus) nouvellement conquis et accaparés par certains patriciens[1].

Son consulat (471)

Appuis Claudius est élu consul pour 471 av. J.-C. en raison de l’hostilité que son père manifesta à la plèbe. Comme les patriciens le souhaitent, il s’oppose aux tribuns, notamment Publilius Volero, qui veulent faire voter une loi instaurant l’élection des tribuns de la plèbe par l’assemblée des plébéiens, tribu par tribu, en excluant le vote des patriciens : la Lex Publilia Voleronis. Ceci renforcerait la représentativité des tribuns et empêcherait les patriciens d’influer sur leur désignation[2].

Claudius s’oppose physiquement au déroulement du vote, avec de jeunes patriciens. Il proclame l’absence de représentativité des tribuns de la plèbe, qui à ses yeux ne sont pas des magistrats mais de simples particuliers, et tente de faire arrêter un tribun par un de ses licteurs. L’émeute gronde, que son collègue le consul Titus Quinctius Capitolinus Barbatus parvient de justesse à calmer en s’adressant à la population de façon plus conciliante, et en obligeant Claudius à se replier dans la Curie[2]. Là, les sénateurs pressent Claudius d’abandonner son attitude intransigeante, qui risque d’engendrer des troubles civils. Isolé et privé d’appui politique, Claudius doit laisser s’effectuer le vote. La loi à laquelle il s’oppose, la Lex Publilia Voleronis, est proclamée[3].

Une autre loi oppose riches patriciens au peuple mené par les Tribun de la plèbe, loi dont le vote est sans cesse repoussée par le Sénat. Les tribuns demandent une meilleure répartition de l'ager publicus, accaparé par les plus riches[4].

Attentifs à l’agitation politique qui affaiblit les Romains, leurs ennemis Volsques et Èques mènent des raids sur le territoire romain. Deux armées romaines sont levées, commandées chacune par un consul. Furieux d’avoir dû céder devant les tribuns de la plèbe, Appius Claudius traite ses soldats, issus de la plèbe, avec autorité et brutalité[5]. Ceux-ci réagissent par une grève larvée, obéissant aux ordres avec mauvaise volonté et lenteur. Plus grave, ils refusent le combat en ligne contre les Volsques, et se replient dans leur camp, et s’enfuient en désordre lorsque les Volsques l’attaquent. Défait militairement, Claudius exerce les sanctions les plus sévères en faisant fouetter et décapiter tous les gradés qui ont quitté leurs rangs, et en faisant décimer le reste des soldats[6].

Son procès et sa mort (470)

A l’issue de son mandat de consul, Appius Claudius est devenu par ses excès le plus impopulaire des patriciens, alors que ceux-ci l’avaient fait élire comme leur meilleur défenseur. Sa rigueur extrême à l’encontre de son armée ne peut lui être reprochée, car son imperium (pouvoir consulaire) lui donnait droit de vie et de mort sur ses soldats, qui n’avaient su faire face à l’ennemi. Sa défaite désastreuse ne peut non plus faire l’objet d’une incrimination, son commandement a été plus que maladroit vis-à-vis de ses troupes mais sans erreur tactique dans la conduite des opérations.

Les tribuns de la plèbe l’attaquent donc en justice pour son opposition à la loi agraire, et la défense qu’il prend des patriciens qui accaparent indûment les biens nationaux (ager publicus). Malgré les recommandations des sénateurs qui lui conseillent la modération, Appius Claudius réplique à l’accusation avec arrogance et agressivité. Il risque l’exil, comme Coriolan vingt ans plus tôt. Mais son décès par maladie avant que le jugement soit rendu lui évite ce déshonneur. Ses funérailles se déroulent sans incident, quoique selon Tite-Live, les tribuns de la plèbe aient tenté d’empêcher qu’on prononce son éloge funèbre[7].

Certains livres d’histoire lui attribuent un second consulat en 451 av. J.-C., le confondant avec son fils également nommé Appius Claudius Sabinus (décemvir), qui se suicidera en prison avant un procès pour s'être lui aussi, tel son père et son grand père, alliéné les tribuns de la plèbe.

Famille et consulats

Sources

Notes

  1. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 42
  2. a  et b Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 56
  3. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 57
  4. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 41
  5. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 58
  6. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 59
  7. Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 61

Références

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