Jacques Verges


Jacques Verges

Jacques Vergès

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Jacques Vergès
Naissance 5 mars 1925
Ubon Ratchathani, Flag of Thailand.svg Thaïlande
Nationalité France France
Profession(s) Avocat
Formation Faculté de droit
Famille Raymond Vergès, son père
Paul Vergès, son frère

Jacques Vergès est un avocat français né d'un père réunionnais et d'une mère vietnamienne le 5 mars 1925 à Ubon Ratchathani au Siam[1] (actuelle Thaïlande). Il est célèbre pour ses convictions anticolonialistes, pour son passé d'ancien résistant, et pour avoir défendu des personnes ayant commis des crimes particulièrement graves, telle qu'un auteur de crimes contre l'humanité, Klaus Barbie lors de son procès à Lyon en 1987.

Sommaire

Enfance et adolescence

Fils de Pham Thi Khang, institutrice vietnamienne (annamite), et du docteur Raymond Vergès, consul de France dans sa ville natale, il est le frère de l'homme politique Paul Vergès.

À compter de la mort de leur mère survenue alors qu'il a trois ans, il vit à la Réunion, où une partie de ses ancêtres sont établis depuis la fin du XVIIe siècle et effectue parfois depuis cette île quelques brefs séjours à Madagascar. La famille s'installe d'abord à Saint-Denis, puis à Hell-Bourg et enfin à Saint-André.

Famille Vergès



 
 
Raymond Vergès
18821957
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Jacques Vergès
1925
 
Paul Vergès
1925
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Françoise Vergès
1952
 
Laurent Vergès
19551988
 
 
Pierre Vergès
1958

Il est sensibilisé très tôt à la politique : à l'âge de douze ans, il participe avec son frère à un grand défilé du Front populaire qui le marquera, au Port. Sa jeunesse est en outre l'occasion de fréquenter de futurs dirigeants. Enfant, il a pour camarade de classe la future femme de l'homme politique Pierre Lagourgue. Plus tard, il est scolarisé au lycée Leconte-de-Lisle dans la même classe que Raymond Barre, à qui il dispute la place de premier.

Il obtient son bac à seize ans et sa première année de droit l'année suivante. Il quitte la Réunion à 17 ans et demi pour s'engager dans la Résistance en 1941 puis passe en Angleterre, où il s'engage dans les Forces françaises libres (FFL) le 22 janvier 1943. Plusieurs fois médaillé, il se bat notamment en Algérie, au Maroc, en Italie puis en France avec le grade de sous-officier. Il reste toujours profondément gaulliste et attaché à la personne du Général, on parle même de gaullo-communisme pour le qualifier idéologiquement. Il ne revient à la Réunion en voyage qu'en 1961 puis 1984.

Engagement politique

Arrivé à Paris, Jacques Vergès adhère en 1945 au Parti communiste français. En 1950, il est élu membre du bureau du Congrès de l'Union internationale des étudiants à Prague contre l'avis de ce dernier. En 1952, il devient secrétaire du mouvement, toujours contre l'avis de son parti. Il reste sur place jusqu'en 1954. Il y obtient sa deuxième année de droit.

De retour en France, il obtient sa troisième année en 1955. La même année, il s'inscrit au Barreau de Paris après avoir passé le CAPA. L'année suivante, il se présente au Concours de la Conférence du barreau de Paris, appelé aussi Concours de la Conférence du stage Conférence Berryer où il rencontre Edgar Faure et Gaston Monnerville, entre autres.

Dans les années 1950, il fait connaissance avec les futurs chefs khmers rouges Saloth Sar (plus connu ensuite sous le nom de Pol Pot) et Khieu Samphan, dont il admet avoir « participé, dans un certain sens, à la politisation »[2].

Le jeune avocat anticolonialiste demande alors au PCF et au PSU de s'occuper d'affaires en Algérie. Il milite alors pour le FLN et défend leurs combattants, dont l'emblématique Djamila Bouhired, qui avait été capturée par les paras français, torturée puis jugée et condamnée à mort pour attentats à la bombe en Algérie. En 1965, sa cliente devient pour quelques années son épouse et ils ont 2 enfants, Meriem et Liess Vergès dont Fatima Nur Arcanys Vergès Habboub sa petite fille venant de Meriem. Il quitte le PCF en 1957.

À l'indépendance de l'Algérie en 1962, Jacques Vergès s'installe à Alger et devient le chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères. Il fonde alors une revue tiers-mondiste financée par le FLN, Révolution africaine. Jacques Vergès rencontre Mao Tsé-Tsoung en mars 1963 et se rallie très rapidement aux thèses maoïstes. Il est alors destitué de ses fonctions et doit rentrer à Paris. Au mois de septembre, il crée une nouvelle revue, Révolution, qui est alors le premier journal maoïste publié en France. En 1965, la destitution du président Ben Bella permet à Jacques Vergès de rentrer en Algérie. Il met fin alors à la revue Révolution. Il est avocat jusqu'en 1970 à Alger.

En janvier 2008, il apporte son soutien en personne à Tomislav Nikolic, dirigeant nationaliste du Parti radical serbe[3].

La disparition

De 1970 à 1978, Jacques Vergès disparaît. Il a toujours entretenu le mystère sur cette période.

Aux journalistes qui lui demandaient s'il était au Liban, à Moscou ou s'il travaillait pour les Khmers rouges chez Pol Pot, au Cambodge, il a répondu qu'il était « très à l'est de la France » et « avec des amis qui sont encore vivants, dont certains ont des responsabilités importantes ». « Les événements, ajoute-t-il, que nous avons vécus ensemble sont connus. C'est notre rôle qui ne l'est pas ; non pas réellement le mien, qui fut modeste, mais le leur. Il ne m'appartient pas d'en parler[4]. » Bernard Violet, un de ses biographes controversés, avance une affaire de gros sous au Katanga. Le juge Thierry Jean-Pierre, qui a écrit un livre sur les frères Vergès, argue d'une fuite en avant : « À l'époque, il est mal. Michel Debré veut sa peau, et le Mossad veut le tuer, car il défend des Palestiniens. Il part du jour au lendemain, en Asie, agent des services secrets chinois. Ils l'utilisent au Cambodge et au Viêt Nam ». Dans le documentaire L'Avocat de la terreur, de Barbet Schroeder, il reconnaît avoir été ponctuellement présent à Paris de manière clandestine pendant cette période. Le cinéaste retient également la thèse d'un problème financier personnel comme seule cause de sa disparition.

Carrière d'avocat

Le premier dossier que Jacques Vergès a géré en tant qu'avocat concerne la Sonacotra. Il s'engage dans une défense de rupture (l'accusé se fait accusateur et prend l'opinion à témoin), plutôt que la défense de connivence qui était classiquement plaidée. Depuis, au carrefour du politique et du judiciaire, il a associé son nom à de nombreux procès médiatisés, notamment ceux des personnalités suivantes :

Il apparaît souvent mis en scène dans son bureau en bois de fer, véritable bric-à-brac décoré de nombreux objets africains et notamment de lithographies de Louis-Antoine Roussin.

Pour tourner en dérision l'accusation, il prend l'habitude d'introduire ses plaidoiries par le fameux : « Et c'est pour ça qu'on me dérange ? » emprunté selon certains au fameux avocat marseillais Me Juanito.

Publications

Voir aussi

Bibliographie

  • Bernard Violet, Vergès, le maître de l'ombre, Fayard, 7 janvier 2000[12].
  • Thierry Jean-Pierre, Vergès et Vergès, de l'autre côté du miroir, Médiaspaul, 6 avril 2000.

Documentaire

Liens externes

Notes et références

  1. Cette date est celle de l'état-civil, ce qui fait de Jacques Vergès le jumeau de son frère Paul. Mais l'intéressé penche pour une naissance datée d'un an plus tôt, le 20 avril 1924, à Savannakhet dans l'actuel Laos, et a établi une déclaration conjointe une année plus tard avec son frère Cf. « Les mille et une vies de Me Vergès », L'Express, 28 février 2005.
  2. Dans le journal allemand Der Spiegel rapporté par le site Cambodge Soir, 25-11-2008
  3. À Belgrade, Vergès soutient le candidat ultranationaliste
  4. « Les mille et une vies de Me Vergès » et « Défendre Bush et Sharon ? Pourquoi pas ? », L'Express, 28 février 2005.
  5. [pdf] sur fidh.org
  6. sur humanite.presse.fr
  7. sur humanite.presse.fr
  8. sur genocidewatch.org
  9. sur carapid.com
  10. sur blog.france2.fr
  11. « Les avocats de la famille d'Ivan demandent l'ouverture d'une information judiciaire », Le Monde, 14 août 2007.
  12. Le 26 avril 2000, la Cour d'appel de Paris déboute Jacques Vergès de son action à l'encontre de cette biographie.
  13. Site officiel de L'Avocat de la terreur
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