Jacques Cathelineau


Jacques Cathelineau
Jacques Cathelineau
Jacques Cathelineau par Girodet
Jacques Cathelineau par Girodet

Surnom Le saint de l'Anjou
Naissance 5 janvier 1759
Le Pin-en-Mauges
Décès 14 juillet 1793 (à 34 ans)
Saint-Florent-le-Vieil
Mort au combat
Origine Français
Allégeance Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Grade Général
Années de service 1793 - 1793
Conflits Guerre de Vendée
Faits d'armes Bataille de Thouars
Première Bataille de Fontenay-le-Comte
Bataille de Saumur
Bataille de Nantes
Distinctions Anoblissement posthume
Famille Jacques-Joseph de Cathelineau (son fils)
Henri de Cathelineau (son petit-fils)
Gérard de Cathelineau

Jacques Cathelineau, né au Pin-en-Mauges le 5 janvier 1759 et mort à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) le 14 juillet 1793, était un militaire, chef royaliste des Vendéens, généralissime des armées vendéennes pendant la Révolution française. Il est souvent surnommé le Saint de l'Anjou.

Sommaire

Biographie

Jeunesse

Né au Pin-en-Mauges dans le département de Maine-et-Loire, il exerçait la profession de colporteur[1], lors du déclenchement de la révolte en Vendée. Il était aussi sacristain de sa paroisse. Très pieux, il fut surnommé "Saint de l'Anjou", tellement son investissement était grand dans cette fonction. Il a ainsi pris la tête des processions réclamant le retour des prêtres réfractaires. Jacques Cathelineau est entraîné dans l'insurrection par son curé l'abbé Cantiteau. C'est poussé par ce prêtre militant que Jacques Cathelineau qui avait alors trente-cinq ans, qui était père de famille et, par conséquent exempté de la levée proclamée par la Convention prit les armes.

Cathelineau pendant la Révolution française

Les Vendéens demandent à Cathelineau de prendre la tête de l'insurrection, peinture de Jean-Hubert Sauzeau , 1900.

Le 10 mars 1793, des jeunes gens du district de Saint-Florent-le-Vieil rassemblés pour tirer au sort, se soulevèrent contre l'autorité, battirent et dispersèrent la force armée, puis retournèrent tranquillement chez eux. Cathelineau, instruit de ces événements, abandonne sa chaumière, rassemble ses voisins et les persuade que le seul moyen de se soustraire au châtiment qui les attend est de prendre ouvertement les armes et de chasser les républicains.

Le 12 mars, il prit l'initiative de réunir tous les hommes valides de son village pour affronter les républicains. Vingt-sept jeunes gens le suivent, s'arment à la hâte de tous les instruments qui leur tombent sous la main, et marchent sur Jallais, en sonnant le tocsin et en recrutant une foule de paysans qu'entraîne la voix de Cathelineau.

Arrivé devant Jallais le 13 mars, défendu par 80 républicains et une pièce de canon, il s'empare du poste et enlève la pièce. Bientôt Chemillé le 14 mars est aussi emporté après une vive résistance: cet exploit exalte toutes les têtes, de nombreux renforts viennent encore accroître la troupe de Cathelineau.

Dès le 14 mars, il compte déjà 3 000 hommes sous les armes, et avec l'aide de Stofflet il se présente devant Cholet où il est encore vainqueur. C'est alors que l'importance toujours croissante de la révolte décida les Vendéens à choisir pour chefs Bonchamps et d'Elbée.

Cathelineau conserva sous ces chefs un rang important et une immense influence sur les paysans, et il combattit avec sa bravoure ordinaire à Vihiers, Chalonnes. La campagne fut alors interrompue, les insurgés rentrant chez eux pour célébrer les fêtes de Pâques.

Le 9 avril, ses bandes étaient de nouveau sous les armes, mais il dut évacuer Chemillé et se retirer jusqu'à Tiffauges. Avec trois mille hommes, il se joint à Nicolas Stofflet, prend avec lui Cholet, Vihiers et Chalonnes. Il s'empara de Beaupréau le 23 avril et de Thouars le 5 mai.

Ayant repoussé à La Châtaigneraie le 14 mai, le général Alexis Chalbos, il fut battu à Fontenay le 16 mai, il prit sa revanche en occupant Montreuil-Bellay et Saumur le 9 juin 1793.

Après la prise de cette dernière ville, l'insurrection avait pris un tel degré d'importance que les chefs royalistes crurent devoir, pour assurer l'accord dans leurs opérations, confier le commandement à un seul. Très aimé des troupes, il fut proclamé par Louis Marie de Lescure et Maurice-Louis-Joseph Gigot d'Elbée généralissime de l'Armée catholique et royale par l'assemblée des chefs vendéens le 12 juin 1793, une façon peut-être de flatter les masses paysannes qui constituaient l'essentiel de l'armée en mettant un de leurs représentants à leur tête.

Mort

Jacques Cathelineau

Après avoir pris Angers sans difficulté le 23 juin, l'Armée catholique et royale fut menée à l'attaque de Nantes, le 29 juin. Le nouveau généralissime se présenta, devant la ville de Nantes, à la tête de 40 000 hommes, tandis que Charette devait le seconder avec 10 000 insurgés du Pays de Retz et du bas-Poitou. Mais cette expédition était mal combinée, elle vint échouer contre les efforts des habitants et d'une garnison de 12 000 hommes. Le 29, Jacques Cathelineau, qui attaquait la porte de Rennes, pénétra jusqu'à la place Viarme où un coup de feu, tiré d'une fenêtre, le blessa mortellement. Voyant leur chef grièvement frappé, les Vendéens reculèrent et furent défaits.

Transporté mourant à Saint-Florent-le-Vieil, il y mourut de ses blessures le 14 juillet 1793. Sa dépouille gît en la chapelle Saint-Charles à Saint-Florent-Le-Vieil (Maine-et-Loire).

Son fils, Jacques-Joseph de Cathelineau fut anobli à la Restauration. Son petit-fils, Henri de Cathelineau, était un officier pendant la Guerre franco-prussienne de (1870).

Canonisation

Compte tenu de sa grande piété et de son courage reconnu pour la défense de la foi, sa cause de béatification fut introduite dès la fin du XIXe siècle. La plus grande partie des pièces informatives du procès diocésain a péri dans l'incendie des archives de l'évêché d'Angers, lors de bombardements en 1944, et l'instruction s'en trouve, de ce fait, bloquée.

Il reste cependant prié comme saint homme, même s'il n'est pas reconnu comme tel par l'Église.[réf. nécessaire]

Regards contemporains

« Cathelineau commandait les gens du Pin-en-Mauge et des environs. C'était, comme je l'ai dit, un simple paysan qui avait fait quelque temps le métier de colporteur pour le commerce des laines. Jamais on a vu un homme plus doux, plus modeste et meilleur. On avait pour lui d'autant plus d'égards, qu'il se mettait toujours à la dernière place. Il avait une intelligence extraordinaire, une éloquence entraînante, des talents naturels pour faire la guerre et diriger les soldats: il était âgé de trente-quatre ans. Les paysans l'adorait, et lui portaient le plus grand respect. Il avait depuis longtemps une grande réputation de piété et de régularité; tellement que les soldats l'appelaient le Saint de l'Anjou, et se plaçaient quand il le pouvaient auprès de lui dans les combats, pensant qu'on ne pouvait être blessé à côté d'un si saint homme[2]. »

— Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires.

Références

  1. et de voiturier. C. Mullié indique qu'il était un pauvre marchand de laine, selon d'autres un tisserand, et vivant tranquillement au sein de sa famille où il se faisait remarquer par sa dévotion.
  2. Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires de Madame la marquise de la Rochejaquelein, sixième édition, 1848. p.151.

Sources

  • « Jacques Cathelineau », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition]
  • Jean-Clément Martin, Blancs et bleus dans la vendée déchirée

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