Elisabeth de Wittelsbach


Elisabeth de Wittelsbach

Élisabeth de Wittelsbach

Sissi
Impératrice d'Autriche-Hongrie
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L'impératrice Élisabeth d'Autriche, par Franz Xaver Winterhalter

Règne
24 avril 1854 - 10 septembre 1898
Dynastie Habsbourg-Lorraine
Titre complet Impératrice d'Autriche-Hongrie
reine de Hongrie
Reine de Bohême
Prédécesseur Marie Anne de Sardaigne
Successeur Zita de Bourbon-Parme

Autres fonctions
Reine de Hongrie
Période
8 juin 1867 - 10 septembre 1898
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Monarque
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Prédécesseur Marie Anne de Sardaigne
Successeur Zita de Bourbon-Parme

Reine de Bohême
Période
24 avril 1854 - 10 septembre 1898
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Prédécesseur Marie Anne de Sardaigne
Successeur Zita de Bourbon-Parme

Reine de Lombardie-Vénétie
Période
24 avril 1854 - 18 octobre 1866
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Biographie
Naissance 24 décembre 1837
Munich
Décès 10 septembre 1898
Genève
Père Maximilien en Bavière
Mère Ludovica de Bavière
Conjoint(s) François-Joseph Ier
Descendance Sophie Frédérique Dorothée Marie Josèphe

Impératrices d'Autriche

Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach (née le 24 décembre 1837 à Munich et morte le 10 septembre 1898 à Genève) née duchesse en Bavière, épousa l’empereur François-Joseph Ier et fut impératrice d’Autriche (18541898) et reine couronnée de Hongrie (18671898). Elle est universellement connue sous le surnom de Sissi, bien que la graphie autrichienne soit Sisi.

Sommaire

Biographie

Duchesse en Bavière

Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, dite Sissi ou Sisi comme elle signait parfois, naît le dimanche 24 décembre 1837 à 22h43 précisément dans le palais de la Ludwigstrasse à Munich, résidence hivernale de ses parents . Le nourrisson a déjà une dent (tout comme Napoléon Ier, qui éleva la Bavière au rang de royaume en 1806 et donna pour épouse à son fils adoptif la princesse Augusta, qui est la tante de Sisi ).[réf. nécessaire]

Sisi est le troisième enfant et la deuxième fille du duc Maximilien en Bavière et de la duchesse Ludovica de Bavière. Le duc, couramment appelé "Max", est le chef de la branche cadette des Wittelsbach qui sera élevée en 1845 au rang d'"Altesse Royale". La duchesse Ludovica est la fille cadette du roi de Bavière Maximilien Ier Joseph et de sa seconde épouse née Caroline de Bade. Leur mariage était au sens le plus strict un mariage dynastique servant à réconcilier les branches aînées et cadettes de la Maison de Bavière. Les deux époux n'avaient aucun goût en commun. La duchesse, dont les sœurs avaient contracté des unions brillantes, était une princesse des plus conformiste et était éprise de l'ex-roi Michel Ier de Portugal, elle avait vécu son mariage avec un "cadet" comme une humiliation. Le mariage de ses filles fut, pour elle, une revanche sur le destin. Le duc Maximilien se révéla un époux excentrique et volage. Grand voyageur, il délaissait très souvent sa femme et ses enfants, allant jusqu'à jouer de la cithare en haut de la pyramide de Khéops… De plus, il ne se cachait pas d'avoir des enfants naturels, et le seul horaire qu'il respectât était le déjeuner qu'il prenait quotidiennement seul avec ses deux filles naturelles préférées.

L’enfant reçoit le prénom d’Élisabeth en l’honneur de sa marraine et tante maternelle, reine de Prusse, née princesse royale Elisabeth de Bavière (1801-1873). Les autres sœurs de sa mère sont la duchesse de Leuchtenberg, belle-fille de l'ex-emperereur des Français Napoléon Ier et veuve de son fils adoptif l'ex-vice-roi d'Italie, l'impératrice douairière Caroline-Augusta d'Autriche, les reines Marie-Léopoldine et Amélie de Saxe et la mère de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche. Quant à ses oncles maternels, le prince héritier Maximilien est un intellectuel et le prince Charles Théodore vit à l'écart de la cour ayant préféré épouser la femme roturière de son choix plutôt qu'un membre d'une famille princière.

La jeune Elisabeth (à droite) et sa sœur Hélène

Le père de Sissi était fils unique et son père le duc Pie, profondément misanthrope, avait épousé une fille du duc d'Arenberg, mariage convenable mais sans plus que l'on reprochera plus tard à l'impératrice. Le duc Pie mourut l'année même de la naissance de Sissi en 1837.

Élisabeth grandit l’hiver à Munich et l’été dès que possible à la campagne, au château de Possenhofen, dit Possi, petit château aux tourelles carrées, situé sur les rives du lac de Starnberg. Paradoxalemant, malgré les ambitions matrimoniales de sa mère pour ses filles, Sisi, comme ses frères et sœurs, est élevée sans contrainte ni manières. Elle est passionnée d’équitation, de poésie et adore faire de longues promenades en forêt. Élisabeth porte en elle la mélancolie des Wittelsbach, dynastie composée de nombreux artistes et de mécènes, dont Louis II de Bavière, protecteur de Richard Wagner.

Impératrice d’Autriche

L'impératrice et reine Élisabeth

En août 1853, l'empereur François-Joseph d’Autriche fête son vingt-troisième anniversaire dans la résidence impériale d’été d'Ischl. C’est à cette occasion qu’il doit se fiancer officiellement avec sa cousine germaine la duchesse Hélène en Bavière, sœur aînée d’Élisabeth. Mais c’est de Sissi que le jeune souverain s'éprend. À la surprise de sa mère, l’autoritaire archiduchesse Sophie (le seul homme de la famille d'après les diplomates), il annonce le 19 août son intention d'épouser la jeune Sissi, à peine âgée de quinze ans, perturbée par la perte de son premier amour, Richard, jeune écuyer de son père. En effet, Ludovica, ne trouvant pas le comte assez bien pour elle, avait décidé d'éloigner le jeune homme qui décèdera quelque mois plus tard de la tuberculose. Le mariage est célébré le 24 avril 1854 à Vienne, en Autriche. La nuit de noces se passe mal. Le jeune empereur, habitué à des dames peu farouches et audacieuses, ne sait pas comprendre la jeune fille pudique qu'il avait épousée. Il est vrai qu'à l'époque le rôle d'une épouse se cantonne à être disponible et soumise à son mari.[réf. nécessaire] De plus, la jeune impératrice, habituée aux manières simples de son entourage provincial, supporte mal la pesante étiquette viennoise, et s'enfonce vite dans une profonde dépression.

Les premiers temps du mariage, le couple prend ses quartiers au château de Laxenbourg, aux environs de la capitale. Élisabeth se sent perdue et surveillée par sa belle-mère, une femme intelligente mais dirigiste et obsédée par la révolution de 1848, et par son entourage. L'empereur, qui adore pourtant sa femme[réf. nécessaire], est peu présent. La guerre de crimée vient d'être déclarée, opposant la France de Napoléon III et l'Angleterre Victorienne à la Russie du tsar Nicolas Ier, précieux allié de l'Autriche pendant la révolution de 1848 puisqu'il permit aux Habsbourg-Lorraine de conserver en leur possession le vaste royaume de Hongrie. Le jeune empereur est accaparé par les obligations de sa fonction et doit se rendre tous les jours à Vienne, au palais de la Hofburg, ou au palais de Schönbrunn et n'en revient que très tard dans la soirée. Élisabeth se sent abandonnée. De là proviennent ses premières répugnances pour la vie conjugale[réf. nécessaire].

Beaucoup plus tard, elle confiera à sa fille Marie-Valérie « le mariage est une institution absurde. Enfant de 15 ans, j'ai été vendue… »[réf. nécessaire]. Cependant, elle est rapidement enceinte et donne naissance successivement à deux filles, Sophie, qui meurt à 2 ans, et Gisèle en 1856. En 1858, elle met au monde un garçon, Rodolphe. L'archiduchesse Sophie décida de prendre en charge l'éducation des enfants du couple ce qui créa des conflits à répétition[réf. nécessaire]. De plus, la mort de Sophie, la première fille d'Élisabeth marqua profondément sa mère. La naissance difficile de Rodolphe par la suite et la culpabilité qui la rongeait n'a rien arrangé entre elle et François-Joseph, ni avec sa belle-mère[réf. nécessaire].

Les relations entre Élisabeth et sa belle-mère (qui est aussi sa tante), l'archiduchesse Sophie, furent souvent orageuses. Bien au-delà du conflit familial traditionnel, il y avait entre elles le fossé de deux visions différentes des devoirs d'une souveraine et de deux conceptions politiques différentes de l'avenir de l'Autriche[réf. nécessaire]. Sophie avait sacrifié sans se plaindre les espérances d'une jeune fille romantique, acceptant son destin de princesse mariée malgré elle [réf. nécessaire].

Contrairement à la légende, Sophie n'avait pas été déçue du choix d'Élisabeth, surprise certes, mais pas déçue. Elle en appréciait les qualités personnelles et elle l'aimait. Seulement, Sissi n'avait aucun gout pour la vie royale, elle souffrait du protocole rigide de la cour. De plus, sur le plan dynastique et diplomatique, une duchesse en Bavière en valait bien une autre, l'essentiel étant de trouver des alliés au sein de la Confédération germanique pour contrer les ambitions du royaume de Prusse.

Au départ, les ambitions de Sophie et de François-Joseph se portèrent sur la princesse Anne de Prusse mais le gouvernement de Berlin s'y opposa pour mieux préserver sa liberté de manœuvre face à la prééminence autrichienne. Le « couple » d'archiducs se tourna alors vers la famille royale de Saxe mais la princesse Sidonie n'eut pas l'heur de plaire au jeune empereur qui s'éprit ensuite d'une de ses cousines hongroises, archiduchesse déjà veuve et mère d'une petite fille. Sophie, qui gardait un souvenir cuisant de la révolution hongroise - soutenue par le frère de la jeune femme, chef de la branche hongroise - y était opposée. Femme de caractère, elle maria l'archiduchesse veuve - qui se prénommait également Élisabeth - à un cousin autrichien de la branche de Teschen. Elle se rabattit, en désespoir de cause, sur une de ses nièces issues de la branche ducale de sa maison. C'était le moins mauvais parti à prendre.

L'archiduchesse Sophie reprochait à sa belle-fille un tempérament « puéril et égoïste » qui refusait de sacrifier sa vie privée et ses goûts à ses devoirs. Intelligente, sensible et cultivée, ayant sacrifié sa vie, ses ambitions et ses amours à une union certes prestigieuse mais avec un homme sans éclat, Sophie ne pouvait comprendre ni admettre que la jeune impératrice n'aimât pas être une souveraine et surtout rechignait à remplir ses devoirs de représentation. De fait, la ville et la Cour de Vienne n'aimèrent pas Élisabeth dont le mépris pour la capitale autrichienne et ses institutions était connu de tous. Ironiquement, un journal titra un 1er janvier : « Nous remercions Votre Majesté d'avoir daigné passer quatre jours à Vienne cette année ! ».[réf. nécessaire]

Élisabeth ne souhaitait pas être impératrice, mais profita largement des avantages financiers de sa position. Comprenant tout le parti qu'elle pouvait tirer de sa beauté, qu'elle entretenait avec des soins maniaques, elle dépensa sans compter en toilettes, chevaux, équipages et voyages. François-Joseph payait toutes ses dépenses sans jamais lui en faire le reproche. En 1875, à la mort de l'empereur Ferdinand Ier, qui avait abdiqué en sa faveur en 1848, François-Joseph remit à Élisabeth des sommes importantes prélevées sur cet héritage considérable car il avait conservé la possession de tous les apanages du défunt. Élisabeth plaça lesdites sommes en Suisse[réf. nécessaire]. Elles furent ensuite partagées entre ses héritiers à sa mort.

Si sa beauté, qu'elle entretint excessivement une fois qu'elle eut compris qu'elle lui conférait un certain pouvoir, était unanimement admirée et célébrée, ses aptitudes équestres étaient également plus que remarquables. Elle fut considérée comme la meilleure, voire la plus intrépide cavalière de son temps.

Souveraine malade

En 1860, Élisabeth souffre d'une toux incessante. On diagnostique une tuberculose et on l'envoie à Madère pour se soigner. En réalité, maladie et faiblesse furent la conséquence de toute une série d'événements qui faisaient souffrir Élisabeth. Il y eut d'abord la mort de sa première fille, la petite Sophie; la culpabilité qui la rongeait, et sa belle-mère qui ne cessait de l'accuser d'avoir tué sa fille; puis la naissance de Rodolphe qui l'avait affaiblie.

C'est à cette époque que François-Joseph part faire la guerre contre Napoléon III et laisse son épouse seule à Vienne. Élisabeth combat son désœuvrement en inaugurant un hôpital au château de Laxenbourg pour soigner les blessés qui reviennent vers la capitale. Elle y passe des journées entières et suscite même l'admiration de sa belle-mère qui pour une fois reconnaît son courage.

Quand elle n'en peut plus des blessés, elle part des journées entières à cheval pour épuiser ses forces. La nuit, elle écrit à son mari, l'implorant de revenir et détrempant le papier par ses larmes. Elle s'est mise à fumer et scandalise la cour. Surtout que beaucoup de jeunes filles se mettent à l'imiter et un drame se produit. Une de ses jeunes cousines, l'archiduchesse Mathilde, promise au prince héritier d'Italie, entendant son père arriver, et voulant cacher sa cigarette dans un des pans de sa robe, mourra brûlée vive en 1867.

Pour célébrer le printemps, Élisabeth organise des bals privés dans ses appartements avec de jeunes couples de petite noblesse, mais elle se lasse très vite. Elle vit la nuit et le jour, épuise ses forces et mange très peu. Aussi, à Vienne il y a maintenant une nouvelle rivale, sa belle-sœur née Charlotte de Belgique, épousée en 1857 par l'archiduc Maximilien. Charlotte est ambitieuse, intrigante, rompue au protocole, fille de roi (quand Elisabeth n'est que petite-fille de roi) et très jalouse d'Élisabeth. De plus, elle sait comment plaire à l'archiduchesse Sophie. Immédiatement Élisabeth et Charlotte se détestent. Surtout qu'à la cour, on murmure que Charlotte est bien plus jolie qu'Élisabeth. C'en est trop, Élisabeth ne sait plus qui elle est, et ne reconnaît même plus son image.

En 1859, après la guerre contre la France et la Sardaigne, l'empereur revient à Vienne, il est défait, il a perdu et dans la foule on crie à l'abdication en faveur de Maximilien. De plus à son retour, tout à changé, il ne reconnait plus sa femme, et s'en éloigne. Il part retrouver les comtesses qu'il voyait avant son mariage pour faire son éducation sexuelle et bien sûr à la cour on ne se gêne pas pour en parler espérant que cela arrive aux oreilles d'Élisabeth. C'est la goutte d'eau qui provoque son mal. Elle se met à tousser et on la croit perdue.

Elle passera quelques mois sur l'Île de Madère, puis on la fera revenir à Vienne, mais, dès son retour, son mal réapparait encore plus fort que lorsqu'elle était partie. On l'emmène à Corfou, croyant qu'elle n'en reviendra pas. Là-bas, les médecins cherchent à soigner son aversion pour Vienne et pour la cour, bien plus que son mal physique. C'est à Corfou qu'elle commencera une collection de photos de femmes en tout genre, afin de l'aider à apprivoiser son image. Elle revient à Vienne après deux ans d'absence. Plus sereine, prête à accepter la cour et le palais qu'elle appelle sa « prison dorée », elle a pourtant envie de voyager de par le monde, ce qu'elle fera très souvent, délaissant mari, devoirs et enfants.

Nonobstant, si Élisabeth n'a pas eu le droit d'éduquer ses trois premiers enfants (la première, Sophie, est morte très jeune), elle a su intervenir quand il le fallait, par exemple pour le choix du précepteur de l'archiduc héritier Rodolphe.

Pour éviter de prendre du poids, Élisabeth s'astreint à consommer uniquement du lait et du bouillon de poulet, des substances très nourrissantes[réf. nécessaire] mais absolument répugnantes au palais[réf. nécessaire], mises au point pour combler les besoins alimentaires des ouvriers trop pauvres pour acheter la nourriture normale des marchés. L'impératrice était tellement obsédée par la peur de grossir - elle ne pesait pourtant qu'un frêle(??) 41 kilos pour 1 m 72 - que certains la considèrent a posteriori comme souffrant d'anorexie mentale.

Reine de Hongrie

Photo prise le jour du couronnement de l'impératrice Elisabeth a Budapest le 8 juin 1867.

Le 8 juin 1867, Élisabeth, passionnée par la Hongrie, sa langue, le hongrois et son peuple, est couronnée reine de Hongrie aux côtés de son mari. Le compositeur Liszt, présent à la cérémonie, dira d'elle émerveillé "Elle n'avait jamais été aussi belle.. elle apparaissait comme une vision céleste dans le déroulement d'un faste barbare". Élisabeth devient donc Érzsébet, une souveraine aimée, admirée, acclamée, fêtée et adulée[réf. nécessaire] par le peuple magyar, qui lui offre[réf. nécessaire] le château de Gödöllő qui est situé à une trentaine de kilomètres de Budapest. C'est le seul véritable endroit où elle se sente chez elle. Elle s'y rendra très souvent.

Le rôle politique d'Élisabeth dans l'élaboration du compromis austro-hongrois, sans avoir été déterminant, est incontestable. Au moins dans l'influence qu'elle eut auprès de François-Joseph à surmonter sa répugnance vis-à-vis des Magyars et celle de ces derniers à l'encontre de leur roi. La répression de la révolution hongroise de 1848/1849 avait laissé des traces d'amertume d'autant plus profondes dans les élites et dans le peuple hongrois qu'il avait fallu que François-Joseph, débutant, fasse appel aux troupes russes pour rétablir l'ordre.

La joie éprouvée lors du compromis avec la Hongrie raviva pour une courte période sa relation avec François-Joseph et Sissi revint sur sa décision de ne plus tomber enceinte. Un an après le couronnement, elle donna à Budapest le jour à une fille, Marie-Valérie. Cette couronne de Hongrie et la naissance de cette enfant, pour laquelle elle éprouvera toute sa vie un amour exclusif et oppressant, marqueront un tournant dans la vie d'Elisabeth. Elle s'est enfin imposée. L'archiduchesse Sophie, encore sous le choc de l'exécution de son fils, l'archiduc Maximilien, à Queretaro au Mexique, n'est plus que l'ombre d'elle-même (elle mourra cinq ans plus tard). La confrontation entre les deux femmes est définitivement terminée.

Une inlassable mouette

La nouvelle position d'Élisabeth a pour effet de distendre un peu plus les liens qui l'unissent à l'Autriche, et surtout à cette cour impériale qu'elle déteste. Elle s'entoure de dames de compagnie uniquement hongroises, parmi lesquelles Marie Festetics, et Ida Ferenczy. L'impératrice passe de plus en plus de temps à l'étranger en particulier à Gödöllő, et ne rentre à Vienne qu'en de rares occasions. Elle se surnomme elle-même " la mouette des mers". Elle confie un jour à son fils Rodolphe que si elle devait s'établir au même endroit pour le restant de ses jours « le séjour dans un paradis même lui paraîtrait l'enfer ». À travers ses évasions, c'est en réalité elle-même qu'elle fuit, et cette relation conjugale qu' elle ne peut assumer et qui l'étouffe. Au fil des années, les époux ne se retrouvent que rarement. Francois-Joseph en souffre, et Élisabeth, qui culpabilise de ses absences répétées, pousse son époux dans les bras d'une actrice réputée du nom de Katharina Schratt. la relation en restera d'ailleurs au stade de l'amitié mais Francois-Joseph trouvera auprès de « l'amie » - c'est ainsi que le couple impérial désigne Mme Shratt dans ses lettres - l 'atmosphère "familiale" qui lui manquait depuis la mort de sa mère en 1872.

Souveraine meurtrie

Au cours des années, les morts successives de sa fille aînée Sophie (alors âgée de deux ans), de son beau-frère l'empereur Maximilien Ier du Mexique (exécuté sommairement en 1867), celle prématurée de Maximilien, prince de Tours-et-Taxis (mari d'Hélène) la même année, de son cousin le roi Louis II de Bavière, retrouvé noyé dans le lac de Starnberg, de son père le duc Max, de sa mère la duchesse Ludovica de Bavière, de son ami le comte Gyula Andrássy (que d'aucuns ont prétendu être le père de Marie-Valérie), de sa sœur Sophie-Charlotte, duchesse d'Alençon brûlée vive dans le tristement célèbre incendie du Bazar de la Charité et la folie dont est atteinte sa belle-sœur (bien que détestée) Charlotte et qui durera 60 ans, mais surtout la mort restée mystérieuse et entourée d'une atmosphère de scandale de son fils unique l'archiduc Rodolphe à Mayerling en 1889, plongent Élisabeth dans une douleur et une mélancolie indescriptibles. Elle décide ne plus porter que le deuil (en noir), et n'ayant plus de liens avec la cour de Vienne (sa fille Valérie s'est mariée en 1890), accentue ses voyages à travers l'Europe. Passionnée par la Grèce Antique et les héros homériques, elle apprécie particulièrement Corfou, où elle fait construire un magnifique palais de style antique, l'Achilleion. Elle séjournera aussi en 1896-1897 en France à Roquebrune-Cap-Martin, au Grand Hôtel du Cap, près duquel a été érigé un monument à sa mémoire dans le petit « square Sissi »

Monument à l'Impératrice d'Autriche à Roquebrune-Cap-Martin.

Impératrice assassinée

L'impératrice est atteinte d'anémie. Ne manger que huit oranges par jour est, malgré les vitamines, insuffisant. Elle souffre aussi de névrite, d'insomnie et d'une légère dilatation cardiaque. Le 16 juillet 1898 elle part pour une énième cure, le 30 août 1898 elle arrive par le train à Munich après un périple en Allemagne. François-Joseph quant à lui est resté pour fêter son 50e anniversaire d'accession au trône. Le 9 septembre 1898, veille de sa mort, Sissi se trouve dans le jardin Brunswick, assise avec la comtesse Sztàray. Elle mange une pêche, lorsqu'un corbeau passe à côté d'elle et d'un battement d'aile fait tomber le fruit de l'impératrice qu'elle tenait alors à la main. Elle déclara "Un corbeau n'est pas bon signe, il indique toujours un malheur dans notre maison". Le 10 septembre 1898, à l'âge de 60 ans, elle est assassinée à Genève, en sortant de l’hôtel Beau-Rivage, situé face au lac Léman, par un italien, Luigi Luccheni, âgé de 26 ans, dont le seul but était de se faire un nom en accomplissant une action éclatante -comme il le déclarera lors de son interrogatoire dans lequel il affirme n'avoir jamais été anarchiste[1]. Le jeune homme voulait assassiner le duc d'Orléans mais celui-ci avait changé son emploi du temps. Il se "rabat" sur l'impératrice et reine. Il attend près de l'hôtel Beau-Rivage où l'impératrice-reine est descendue. À 13h35, celle-ci sort - incognito comme toujours - au bras de sa dame de compagnie, une jeune hongroise du nom d'Irma Stzaray. Passant près du jeune homme, l'impératrice reçoit ce qu'elle croit être un coup de poing et trébuche. Le meurtrier, qui vient de la poignarder au moyen d'une lime (exposée à Vienne dans un musée dédié à l'impératrice), s'échappe mais est interpelé quelques mètres plus loin. L'impératrice tient quand même à prendre le bateau, ce qu'elle fait avec peine. le bateau démarre et peu après l'impératrice perd connaissance. En ouvrant son corsage, le médecin observe un infime point rouge au-dessus du sein gauche. Sa dame de compagnie révèle alors le nom de sa maîtresse et le bateau fait demi-tour. Ramenée dans ses appartements, Sissi décède à 14h40 dans les bras de Fanny Mayer, l'épouse du propriétaire de l'hôtel. Elle repose aux côtés de 137 autres membres de la dynastie des Habsbourg-Lorraine, dans la crypte des Capucins, à Vienne.

Famille

Armoiries de l'impératrice Élisabeth

Parents

Frères et sœurs

Enfants

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

  • 1905 : "Une Impératrice de la solitude" de Maurice Barrès (préface à Élisabeth de Bavière de Constantin Christomanos, Mercure de France)
  • 1936 : "Élisabeth d'Autriche" de Egon C. Corti
  • 1957 : "Élisabeth d'Autriche l'impératrice assassinée" de Henry Valloton, Librairie Arthème Fayard
  • 1961 : "Le vrai visage de Sissi" roman de Michel Manoll
  • 1963 : "La Dame blanche des Habsbourg" de Paul Morand
  • 1963 : "Adieu, Sissi !" roman de Michel Manoll
  • 1979 : La tragédie d'Élisabeth de Carlo Scharding, Maurice Muller à Aubange
  • 1982 : "Élisabeth d'Autriche" de Brigitte Hamann
  • 1983 : Sissi ou la fatalité de Jean des Cars, Perrin, ISBN 2-262-02068-X
  • 1983 : "Sissi ou la vulnérabilité" de Cioran (in Vienne 1880-1938, L'Apocalypse joyeuse, Paris, 1986)
  • 1987 : "Sissi, vie et destin d'Elisabeth d'Autriche" de Raymond CHEVRIER, Ed. MINERVA, ISBN 2-8307-0050-3
  • 1992 : L'Impératrice anarchiste de Catherine Clément, Gallimard, ISBN 2-07-053204-6
  • 1993 : L'Impératrice de Nicole Avril, biographie romancée, Grasset. Édition LGF-Livre de Poche en 1995.
  • 1994 : La Valse inachevée de Catherine Clément, roman. Édition LGF-Livre de poche en 1996.
  • 1998 : "Sur les pas de Sissi" de Jean des Cars
  • 1998 : "Mémoires de l'assassin de Sissi" de Louis Lucheni
  • 1998 : "Sissi, une vie retrouvée" roman d'Agnès Micheux.
  • 1998 : "Le Journal poétique de Sissi" poésie d'Élisabeth, impératrice d'Autriche
  • 2003 : Sissi les forces du Destin de Hortense Dufour
  • 2004 : Sissi, ses frères et sœurs : Valse tragique en Bavière de Erika Bestenreiner, Pygmalion, ISBN 2-85704-852-1
  • 2004 : "Sissi à Sassetot le Mauconduit - 1875: un séjour impérial en France" de Marie-Thérèse Denet-Sinsirt, Gilles Gallas éditeur
  • 2005 : "Le Roman de Sissi" roman d'André Besson
  • 2005 : " Le Livre de l’impératrice Élisabeth. Pages de Journal." de Constantin Christomanos
  • 2006 : Specchi ad angoli obliqui. Diario poetico di Elisabetta d'Austria' de Matteo Tuveri, Aracne, Roma, ISBN 88-548-0741-9
  • 2007 : Tabularium. Considerazioni su Elisabetta d'Austria de Matteo Tuveri, Aracne, Roma, ISBN 978-88-548-1148-5
  • 2007 : "Mes années avec Sissi" d'Irma Sztáray ISBN 978-2-228-90321-9
  • 2007 : "Sissi/Une femme d'avant-garde" de Christine Mondon
  • 2007 : "Da Cioran a d'Annunzio: percorsi letterari di Elisabetta d'Austria" - "De Cioran vers d'Annunzio: sentiers littéraire de Elizabeth d’Autriche" - de Matteo Tuveri, Rassegna d'Annunziana-revue de Centre National des études sur Gabriele d'Annunzio, Pescara, Italie
  • 2008 : "Sissi(doublement) assassinée " de Marie-Thérèse Denet-Sinsirt, Gilles Gallas éditeur

Filmographie

Références

  1. Histoire de la répression de la propagande par le fait de 1880-1930, [lire en ligne] dans CFLX (radio communautaire)
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