Viol

Viol
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Le Titien, Viol de Lucrèce, ce qui la conduit au suicide.

Le viol est un « rapport sexuel imposé à quelqu'un par la violence, obtenu par la contrainte, qui constitue pénalement un crime »[1]. Une définition plus restrictive édicte que ce rapport sexuel doit comporter une pénétration[2]; l'ancienne définition du Littré précisait qu'il s'agissait d'une « violence faite à une femme que l'on prend de force »[3]. Dans le droit français, c'est une agression sexuelle impliquant, selon l'article 222-23 du Code pénal, "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise"[4]. Dans certains pays comme l'Allemagne et le Canada, des définitions plus larges sont adoptées. Au Canada, l'infraction de viol a été abolie et remplacée par le crime d'agression sexuelle, notamment pour mettre l'accent sur la dimension violente de l'acte et pour inclure toute forme d'attouchement sexuel non consenti. Les Nations Unies définissent le viol comme toute forme de relation sexuelle non consentie[5].

Au XXIe siècle, le viol constitue un crime dans la plupart des législations ; la tromperie ou le dol constituent en général, comme la violence, un élément appréciateur du viol. En France, le criminel s'expose à une peine allant de 15 ans de prison ferme jusqu'à la prison à perpétuité (par exemple en cas de récidive ou si le viol est accompagné de tortures). Le viol n'a pas toujours été puni, et il existe toujours des sociétés où il est toléré, voire non juridiquement défini. Même quand on le reconnaît comme un crime, il n'est pas toujours défini par la violation du consentement de la victime. Ce qui a longtemps été puni (et ce qui l'est encore dans certaines sociétés), c'est plutôt le fait de prendre la femme d'un autre, ou une femme non encore mariée. Le consentement de la femme peut la rendre complice du crime ainsi défini, mais ne l'annule pas[réf. nécessaire]. Aujourd'hui, le viol par contrainte physique est désapprouvé dans la plupart des sociétés. Quant à la contrainte psychologique, peu de législations la retiennent pour définir le viol. On peut pourtant considérer l'agression sexuelle par contrainte psychologique comme un crime fréquent dont la prévention comme la répression connaissent des difficultés dans tous les pays.

Sommaire

Approche socio-historique du viol

Le viol dans l'Antiquité

La première mention écrite du viol est dans le Code d'Hammourabi, qui distingue entre viol et adultère. La loi 129 établissait que si une femme mariée et un homme étaient surpris ensemble "en flagrant délit", les deux devaient être noyés. Le mari pouvait cependant pardonner sa femme. La loi 130 établissait, en revanche, que si une jeune fille vierge était trouvée avec un homme, seul l'homme devait être mis à mort[6]

Chez les Israélites le viol est interdit dans le dernier des 10 commandements: Tu ne convoiteras ni la femme, ni la maison, ni rien de ce qui appartient à ton prochain.. Dans le Code deutéronomique on établissait la punition : si une femme mariée ou fiancée était surprise avec un homme à l'intérieur d'une ville, on considérait qu'il y avait eu adultère et on prévoyait la mort par lapidation pour la femme et l'homme ensemble. Si, en revanche, une femme mariée ou fiancée était prise par un homme à l'extérieur de la ville, on supposait le viol et seul l'homme était lapidé. Si la victime était une jeune fille non fiancée, l'homme devait payer une amende au père de la fille et épouser la jeune fille sans possibilité de divorce. C'est une des premières attestations du mariage réparateur, conçu comme une forme de dédommagement et de protection pour la femme, qui avait perdu son honneur et n'aurait probablement pu trouver d'autre mari."Si l'on prend sur le fait un homme couchant avec une femme mariée, tous deux mourront : l'homme qui a couché avec la femme et la femme elle-même. Tu feras disparaître d'Israël le mal. Si une jeune fille vierge est fiancée à un homme, qu'un autre homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les conduirez tous deux à la porte de cette ville et vous les lapiderez jusqu'à ce que mort s'ensuive : la jeune fille parce qu'elle n'a pas appelé au secours dans la ville, et l'homme parce qu'il a usé de la femme de son prochain. Tu feras disparaître le mal du milieu de toi. Mais si c'est dans la campagne que l'homme a rencontré la jeune fille fiancée, qu'il l'a violentée et a couché avec elle, l'homme qui a couché avec elle mourra seul ; tu ne feras rien à la jeune fille, il n'y a pas en elle de péché qui mérite la mort. Le cas est semblable à celui d'un homme qui se jette sur son prochain pour le tuer : car c'est à la campagne qu'il l'a rencontrée, et la jeune fille fiancée a pu crier sans que personne vienne à son secours. Si un homme rencontre une jeune fille vierge qui n'est pas fiancée, la saisit et couche avec elle, pris sur le fait, l'homme qui a couché avec elle donnera au père de la jeune fille cinquante pièces d'argent ; elle sera sa femme, puisqu'il a usé d'elle, et il ne pourra jamais la répudier[7]".[pertinence]

Dans la mythologie de la Grèce antique, les dieux femmes comme hommes recourent très souvent au viol notamment contre les humains mais en utilisant rarement la violence. Dans certains cas on peut parler de mariage par enlèvement, qui est pratiqué encore aujourd'hui par certaines cultures traditionnelles. On peut citer l'enlèvement de Perséphone par Hadès ; de Daphné par Apollon ; de Cassandre par Ajax ; d'Andromaque par Hector ; de Polyxène par Achille ; de Clymène par Acamant ; pour ne pas mentionner la liste de femmes et de nymphées aimées par la force ou la tromperie par Zeus. Dans la Grèce antique, l'adultère de la femme était puni mais l'homme pouvait légalement entretenir des concubines. Dans la société romaine primitive, le pater familias dispose du droit de vie et de mort sur ce qui lui appartient et notamment les femmes placées sous son autorité. Le développement du droit romain leur donnera un statut et une liberté exceptionnelle tout en restant sous l'autorité du père.

Le viol au Moyen Âge

Scène de viol, Utagawa Kuniyoshi (1797-1861).

Le début du christianisme est marqué par la promotion de la chasteté et le respect des vierges.

L'Eglise s'attache d'abord à condamner le rapt des veuves et des vierges consacrées (conciles de Chalcédoine et de Lérida au VIe siècle) puis en précise l'interdiction pour toutes les femmes : un pénitentiel du XIe siècle condamne les ravisseurs de femmes mariées à l'anathème, ceux de jeunes filles ou de veuves à l'excommunication.

Si le viol est un pseudo viol arrangé par l'homme et la femme dans le but d'obtenir le consentement des parents, il bénéficie d'une certaine indulgence[8].

Les viols de guerre

Le viol en temps de guerre est un moyen d'humilier le vaincu ou de provoquer un adversaire lorsque le conflit est latent. On peut citer la guerre de Troie pour venger Ménélas.

Dans l'histoire de l'Antiquité, Augustin (cf. La Cité de Dieu) note que le viol est une pratique habituelle lors des pillages de villes, au même titre que le massacre des hommes. Selon lui, on ne trouve guère plus d'un ou deux contre-exemples, et encore seraient-ils douteux. On peut citer le cas d'Alexandre le Grand dont le comportement semble avoir parfois témoigné d'une volonté de protéger certaines femmes de la violence masculine.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, des militaires soviétiques, allemands, japonais ou américains se livrèrent au viol. Le cas de l'armée impériale japonaise utilisant de 20 000 à 200 000 femmes de réconfort enlevées est un cas extrême dans lequel le commandement lui-même a organisé le viol, alors que dans l'immense majorité des armées, il est totalement interdit par le règlement.

Pendant la chute du IIIe Reich en 1945, le nombre de femmes allemandes violées par l'armée soviétique a été estimé à 2 millions[9].

Lors du débarquement des soldats alliés en Europe, de nombreuses plaintes ont été portées sans grands résultats contre les soldats américains par des femmes françaises. L'historien américain J. Robert Lilly dans son ouvrage « La Face cachée des GI’s » rapporte que plus de 17 000 viols ont été commis par les GIs au Royaume-Uni, en France et en Allemagne[10]. Il y a eu, selon Susan Brownmiller, 971 condamnations pour viol par les cours martiales américaines entre janvier 1942 et juin 1947 dont 57 exécutions capitales.

Durant la guerre de libération du Bangladesh en 1971, les militaires pakistanais ont commis environ 20 000 viols[11].

À Chypre, durant la période d'Enosis (annexion à la Grèce) déclenchée par le régime des colonels grecs, les milices chypriotes grecques se livrèrent jusqu'à l'intervention de l'armée turque à de nombreux viols, non dénoncés par les Turcs désireux de cacher cette humiliation[réf. nécessaire]. Au Congo-Brazzaville, des milliers de femmes qui fuyaient la capitale ont été violées dans la région du Pool, qui entoure celle-ci, durant les guerres de 1998-2000[12]; en Irak, au moins 10 000 femmes, jeunes filles et fillettes, rien qu'à Abu Ghraib ont été violées pendant la guerre, depuis avril 2003 (Amnesty International, 2004). En Algérie, pendant les années noires (1992-1999), selon les sources officielles, plus de 10 000 femmes ont été violées, essentiellement par les généraux et la GIA.[réf. nécessaire]

Le viol de guerre est un instrument d'épuration ethnique, les nombreuses naissances qui s'ensuivent brisant la cohésion ethnique du groupe victime. Ainsi au Darfour, les chefs de village disent des enfants nés de viols par les Djandjaouids qu'ils pourront rester dans leurs villages « s'ils se conduisent bien ». Ces viols systématiques contribuent très fortement à la propagation du SIDA et d'autres MST. Enfin, pour affaiblir leurs victimes, les tortionnaires violent souvent leurs victimes. Les traumatismes physiques et psychologiques « facilitent l’interrogatoire ».

En 2001, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie qualifie et condamne pour la première fois le viol comme crime contre l’humanité[13].

Le viol des esclaves

La pratique du viol des esclaves n'a pas toujours été impunie, voir Esclavage en Grèce antique.

La lutte contre le viol

La lutte contre le viol est récente. Dès 1950, ce sont les intellectuels de France pendant la guerre d'Algérie qui, dans leur lutte pour dénoncer la torture, tentent aussi de lever le voile sur les innombrables viols commis par l'armée française. Parmi les nombreuses victimes, seulement quelques-unes ont eu le courage de dénoncer ce crime devant une cour ; notamment Djamila Boupacha, une combattante du FLN torturée par le contingent de parachutistes sous les ordres du général Massu. Son avocate Gisèle Halimi et l'auteur féministe Simone de Beauvoir créeront le comité à son nom pour plaider sa cause devant la Cour. Gisèle Halimi défendra d'autres victimes de viol, notamment l'affaire Bobigny. Plus tard, ce sont les féministes américaines qui, dès le début des années 1970, dénonceront aussi les violences sexuelles.[réf. nécessaire] Leurs études ont eu un large écho dans les pays anglo-saxons, puis en France, où le Collectif féministe contre le viol s'est constitué en 1985[réf. nécessaire]. Ce sont les luttes féministes qui ont contribué à faire évoluer les lois.

Voir aussi analyse féministe du patriarcat à propos de ce point de vue.

Le viol en prison

Aux États-Unis, entre 22 et 25 % des hommes en prison seraient victimes de viols[14].

Les détenus condamnés pour des crimes sexuels (les « pointeurs ») ne sont pas nécessairement les plus exposés, car ils sont souvent isolés des autres détenus[15]. D'autre part les violences auxquelles ils sont exposés ne sont pas, le plus souvent, de nature sexuelle. Selon une étude américaine de 2006, seuls 3 % des détenus condamnés pour viol subiraient des violences, contre 22 % des détenus de droit commun[14].

Le viol en droit

Dans de nombreux pays, le statut juridique du viol et le traitement que la justice réserve aux victimes a évolué notamment grâce aux féministes.

Les viols échappent dans certains pays à tout contrôle et toute sanction : la législation est souvent imparfaite et parfois inexistante. Seuls 16 pays ont des lois faisant spécifiquement référence aux agressions sexuelles. Mais même avec une législation adéquate, aucun pays n’applique la loi en totalité (UNIFEM, Nations unies, 2003).

Certains États ne considèrent pas que le viol puisse exister entre époux. Alors que certaines civilisations ou religions considèrent que la femme doit être soumise sexuellement à son époux, la législation ou la jurisprudence de certains pays admettent l'accusation de viol d'une femme par son mari. Le viol conjugal est reconnu comme une infraction à part entière dans 51 pays. En France, le « devoir conjugal » a été aboli en 1990 et le viol entre conjoints est condamnable depuis 1992. En 2006, l'ONU a estimé que le viol entre époux pourrait être poursuivi dans au moins 104 États (dans 4 de ces pays, le viol conjugal peut être poursuivi seulement si les époux etaient séparés)[16].

La plupart des juridictions considèrent qu'un enfant en dessous de l'âge de la majorité sexuelle, ne peut valablement consentir à un rapport sexuel : c'est ainsi qu'en France, la législation interdit les rapports sexuels entre un mineur de 15 ans et un majeur civil[17]. Dans d'autres États, la limite d'âge est supérieure comme par exemple dix-huit ans.

Le viol est, dans la plupart des juridictions, un crime défini comme relation sexuelle ou pénétration sans consentement valide des deux parties. Dans certaines juridictions, le viol est défini par une pénétration de l'anus ou du vagin par un pénis,[réf. nécessaire] tandis que dans d'autres juridictions, la pénétration que ce soit du vagin ou de l'anus n'ont pas besoin d'un pénis : un doigt ou un godemichet suffisent.[réf. nécessaire] Certaines juridictions étendent la définition du viol pour inclure d'autres activités sexuelles sans consentement valide, incluant la fellation, le cunnilingus et la masturbation.[réf. nécessaire] L'absence de consentement valide ne signifie pas nécessairement que la victime a explicitement refusé de donner son consentement; généralement le consentement est considéré invalide :

  • quand le consentement a été obtenu par la force physique, menace ou pression, ou
  • quand le consentement a été donné par une personne dont l'âge était en dessous de la maturité sexuelle, ou
  • par une personne intoxiquée par des drogues ou de l'alcool, ou
  • par une personne mentalement déficiente.

Quand l'acte sexuel implique une personne dont l'âge est en dessous de la majorité sexuelle, le crime est nommé "viol" même si certaines juridictions utilisent l'expression « acte sexuel non autorisé par la loi ». Ceci est pour éviter le terme puissant de viol.[réf. nécessaire]

En 2008, une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU a défini le viol comme une "arme de guerre[18]".

Législation française

Viol
Territoire d’application Drapeau de France France
Classification Crime
Réclusion de 15 ans à perpétuité
Prescription 10 ans
Compétence Cour d'assises

En France, le viol est un crime depuis 1810 (article 331 du Code Pénal de 1810), bien que la répression ait autrefois été incertaine. Depuis 1980 il est passible de quinze ans de réclusion criminelle, d'un suivi socio-judiciaire (loi Guigou de 1998) et d'une surveillance de sûreté, pouvant être accompagnée d'une injonction de soins (loi Guigou) qui peut inclure la castration chimique (voir débats autour du projet de loi tendant à amoindrir le risque de récidive criminelle). La loi française apporte une définition précise du viol. L’article L.222-23 du Code pénal dispose que : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol ».

Depuis 1992, la qualité de conjoint est retenue comme circonstance aggravante en cas de violences conjugales, et la jurisprudence reconnaît le viol conjugal.

Selon l'article article L.222-23 du Code pénal, le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle, vingt en cas de viol aggravé (article L.222-24).

Législation suisse

Selon le Code pénal suisse, le viol, à l'article 190[19], ne peut être commis que sur une personne de sexe féminin et doit consister en l’acte sexuel au sens strict : il doit y avoir pénétration vaginale, même partielle, mais sans obligation de résultat (éjaculation)[20]. La peine est la privation de liberté pour 10 ans au maximum et, dans les cas graves, de trois ans au moins. L'article 189[21] prévoit la même peine et s'applique aux actes analogues à l'acte sexuel, dont le viol masculin. Ces deux dispositions sont aussi applicables en cas de viol sur une personne mineure, qui entre alors en concours[22] avec l'article 187[23] : comme conséquence, la peine possible est de 15 ans de privation de liberté[24]. En l'absence de viol ou de contrainte sexuelle, l'acte sexuel sur des mineurs de moins de 16 ans est réprimé exclusivement par l'article 187 (Cf. Majorité sexuelle en Suisse).

À noter que la sodomie tomberait sous le coup de l'article 189, si l'on en croit la jurisprudence de la cour suprême suisse[25].

Depuis le 1er avril 2004, le viol ou la contrainte sexuelle entre époux ou partenaire enregistré est poursuivi d'office. Auparavant, l'infraction n'était poursuivie que sur plainte[26].

Statistiques

D'une façon générale, on dispose de peu de données statistiques sur cette criminalité qui n'est étudiée que depuis quelques dizaines d'années. Les pays qui poursuivent avec le plus de succès les criminels sexuels semblent avoir le plus fort taux de violeurs, tandis que les pays où le viol est généralement ignoré par la société ne tiennent aucun compte de cette criminalité. De même, les chiffres sur les fausses accusations de viols varient beaucoup selon les sources. Le FBI Uniform Crime Reports (UCR), 1996, montre que 8 % des accusations de viol se révèlent fausses, mais cela n'inclut pas les situations où les plaignantes refusent de coopérer avec la police[27].

Une enquête controversée de 1994 aux États-Unis menée par Eugene J. Kanin aurait abouti, après 9 ans (1978-1987), à un chiffre de 41% (avec des variations de 25% à 85% selon la date). Ce chiffre n'inclurait que les accusations reconnues fausses par les plaigantes elles-mêmes, ce qui donne à penser que le véritable chiffre pourrait être plus élevé.

Cependant, cette étude a été critiquée. Des organisations qui travaillent avec les victimes de violences sexuelles ont accusé la police dans la petite ville où Kanin a fait son enquête d'utiliser le polygraphe pour intimider les victimes et refuser d'enquêter sur certaines réclamations[28]. Selon David Lisak, cette étude n'en est pas une réellement, puisqu'elle ne fait que relater les opinions des policiers en adoptant leur propre méthodologie. Selon l'étude de Lisak publiée en 2010 dans Violence Against Women le taux de fausses accusations serait plus proche de 5,9%[29].

Une proportion élevée de viols ne sont jamais comptabilisés dans les statistiques puisque non juridiquement reconnus comme crime dans le pays , et aussi très souvent parce qu'il est difficile pour les victimes de porter l'accusation.

À travers le monde

  • En moyenne dans le monde, près d’une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de son existence[30].
  • En Afrique du Sud, la violence sexuelle est la plus élevée au monde en 2000. 147 femmes sont violées chaque jour selon un rapport de 2003[31]. Le taux de condamnation pour viol reste bas, de 7 % en moyenne. Un tiers du nombre de viols estimé aurait été signalé en 2003[32].
  • En République démocratique du Congo, une étude du journal américain "The American Journal of Public Health" a révélé le 4 mai que 1152 femmes sont violées chaque jour, soit 48 femmes par heure. Il s'agit d'un nombre 26 fois supérieur à celui avancé par l'ONU[33].
  • En Arabie saoudite, les victimes d'un viol sont passibles de la peine de mort[34]. Le 22 novembre 2007, une chiite violée par sept hommes près de Qatif a été condamnée par un tribunal à recevoir 200 coups de fouet et à 6 mois de prison. La femme avait cependant été surprise en compagnie d'un homme n'appartenant pas à sa famille[34], ce qui constitue une infraction de la loi locale.
  • En Australie, une étudiante australienne sur six affirme avoir été victime d'un viol durant sa vie (17% ont été victimes de viol et 12% de tentative de viol) et plus d'une sur deux a subi du harcèlement sexuel, selon une enquête réalisée par l'Union nationale des étudiants australiens auprès de 1.500 femmes étudiant à l'université. Selon l'étude, 67% des étudiantes affirment avoir connu une expérience sexuelle non consentie, tandis que 31% n'étaient pas en état de donner leur accord. Dans 57% des cas, l'auteur des actes était un ami ou une connaissance et dans 22% des cas, les femmes connaissaient très bien l'auteur. Seules 2% des femmes victimes ont saisi la police, la plupart estimant que les faits n'étaient pas assez graves pour justifier qu'elles en fassent état auprès des policiers. En 2005, le Bureau australien des statistiques montrait que 19% des femmes avaient été victimes de violences sexuelles depuis l'âge de 15 ans[35].
  • 11,6 % des Canadiennes disent avoir été victimes de violence sexuelle de la part de non-partenaires dans leur vie[36]. Au Québec, 1 femme sur 3 a été victime d’au moins une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans, 1 homme sur 6 sera victime d’une agression sexuelle au cours de sa vie (au total, 82 % des victimes d’agression sexuelle sont des femmes) et les 2/3 des victimes sont âgées de moins de 18 ans[37],[38].
  • Aux États-Unis, en 2004-2005, 64 080 personnes ont été victimes d'un viol, 51 500 d'une tentative de viol[39],[40], soit une personne toutes les deux minutes et demi[39] ; 50 % des viols déclarés ont été commis au domicile de la victime. Seuls 41 % des viols sont signalés à la police[39]. Le nombre de viols diminue de façon continue depuis plusieurs années[41] : le taux est passé de 2,8 pour mille personnes de plus de 12 ans en 1979 à environ pour 0,8 mille en 2004[39]. Entre 1993 et 2005, les viols ou tentatives de viol ont diminué de 68 % aux États-Unis[40].
  • Au Pakistan, la loi religieuse, introduite en 1979 et en vigueur jusqu'en 2006, fixait que le viol devait être attesté par quatre témoins masculins, sans quoi la plaignante pouvait être poursuivie pour relation extra-conjugale. Désormais, la preuve du viol se fera sur la base d'expertises médicales et d'une enquête sur les circonstances[42].
  • En Turquie, 35,6 % des femmes subissent des viols conjugaux parfois, et 16,3 % souvent[43].

France

Le viol est un phénomène de société considérable dont l'ampleur commence à être reconnue. On ne dispose de données chiffrées officielles que depuis l'enquête nationale menée en 1999 (ENVEFF)[44]. Selon Amnesty International, 50 000 à 90 000 femmes ont été violées en France[45][Quand ?]. En 2010, les enquêtes de victimation révèlent que 75 000 personnes sont victimes de viols et 198 000 de tentatives de viols, soit une femme sur six et 206 viols chaque jour, 90% des violeurs ne présentant aucune pathologie mentale et 90% des condamnés venant des classes populaires[46].

96 % des auteurs de viol sont de sexe masculin et 91 % des victimes sont de sexe féminin (statistiques concordantes du ministère de la Justice et du CFCV, Collectif Féministe Contre le Viol). Cependant on ignore le nombre réel de victimes de sexe masculin, les hommes révélant rarement ces crimes.

Selon les statistiques de la permanence téléphonique nationale Viols Femmes Informations :

  • 74 % des viols sont commis par une personne connue de la victime ;
  • 25 % des viols sont commis par un membre de la famille ;
  • 57 % des viols sont commis sur des personnes mineures (filles et garçons) ;
  • 49 % des viols sont commis sans aucune violence physique ;
  • 67 % des viols ont lieu au domicile (de la victime ou de l'agresseur) ;
  • 45 % des viols sont commis de jour.

Les statistiques du ministère de la Justice ne sont pas révélatrices de l'ampleur du phénomène, puisqu'elles ne prennent en compte que les viols faisant l'objet d'un procès sous cette qualification (il arrive aussi que la justice qualifie un viol, qui est un crime, comme délit d'« agression sexuelle » afin qu'il soit jugé en correctionnelle donc sans jury, et non devant les assises pour des raisons de coût et parce que la preuve est plus facile à apporter)[46]. Or seul 1 viol sur 11 fait l'objet d'une plainte (ENVEFF). Le nombre de plaintes pour viol est en constante augmentation ; il a plus que doublé entre 1985 et 1995, avec un ralentissement de l'augmentation depuis. Cette évolution est attribuée, selon certains, à une augmentation des faits commis, tandis que, pour d'autres, elle révèle plutôt que les femmes portent plainte de plus en plus souvent.

Conséquences du viol

Pour la victime

Sur le plan personnel

Le viol affecte, parfois pendant de longues années, la personnalité et la santé de la victime.

Sur le plan social

Pour l'auteur

Sur le plan personnel

Sur le plan social

Pour la société

Soins et aide aux personnes victimes de viol

Les soins médicaux-hospitaliers

Les soins médicaux qui sont d'abord ceux d'ordre général appliqués aux personnes blessées ou victimes de traumatismes physiques, se complètent d'attitudes médicales particulières à la sphère sexuelle et uro-génitale, car le trauma se complique de conséquences psychologiques propres aux personnes abusées, plus particulièrement encore dans les cas d'inceste ou de viol d'enfant. Le personnel hospitalier est encore insuffisamment sensibilisé et attentif à ces particularités, mais des réunions ou des stages de sensibilisation se mettent en place, grâce à la prise de conscience générale du problème de la fragilité particulière de la personne violée, et à la compassion du personnel médical qui veut améliorer et optimiser sa réponse dans la prise en charge de la victime de viol.

Les Soins Psychiatriques - Psychologiques

La Réadaptation Sociale

Le viol au cinéma

Article détaillé : Catégorie:Film traitant du viol.

Si le viol fait partie de bon nombre de films de guerre et d'action, certains longs métrages l'évoquent comme thème principal en en dénonçant ses conséquences. C'est notamment le cas des films Les Accusés, Vivante, Thelma et Louise, Les Oubliées de Juarez, Baise-moi, L'Amour violé, Millénium ou Irréversible.

Le film City of Life and Death le met aussi en scène durant la prise de Nankin par les troupes japonaises durant la seconde guerre mondiale.

Notes et références

  1. Viol. CNRTL.
  2. « Acte de violence par lequel une personne (violeur) impose des relations sexuelles avec pénétration à une autre personne, contre sa volonté. En droit français, le viol est un crime ». Dictionnaire culturel en langue française sous la direction d'Alain Rey, page 1931, 2006
  3. Viol. Littré.
  4. Article 222-23 à 222-26 du code pénal sur le site Légifrance
  5. UNECE STATISTICAL DATABASE. Convictions by Type of Conviction , Sex, Country and Year.
  6. Code d'Hammourabi, traduction en anglais par L. W. King (1910)
  7. Bible de Jérusalem, Code deuteronomique, 22,23-29
  8. http://books.google.fr/books?id=VaDqN1M9HuAC&pg=PA73&lpg=PA73&dq=viol+au+moyen+age&source=bl&ots=Y9rqTKJTan&sig=cUVdf_H3X6IRt1iZGwzLcv5Q46o&hl=fr&ei=zls6Ss8z2qCMB_2VsY4O&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=8
  9. They raped every German female from eight to 80 par Antony Beevor
  10. La Face cachée des GI’s par J. Robert Lilly
  11. (fr) L'aide des Nations unies dans le cadre d'enquêtes menées par le Bangladesh sur des crimes de guerre est bienvenue sur http://www.amnesty.org/, Amnesty international, 7 avril 2009. Consulté le 10 octobre 2010
  12. Sidonie Matokot-Mianzenza, Viol des femmes dans les conflits armés et thérapies familiales, l'Harmattan, 2003.
  13. Viol tactique de guerre
  14. a et b http://wordfirstjustice.wordpress.com/2011/05/27/la-lutte-contre-le-viol-en-france/
  15. Pour la France, l'isolement est permis par les articles 1, 2 et 3 de la loi n°79-587 du 11 juillet 1979 et la circulaire JUSE9840065C du 14 décembre 1998
  16. Viol entre époux
  17. « Un mineur de quinze ans » est une personne âgée de moins de quinze ans, un "majeur civil" est une personne âgée de plus de 18 ans ; l'expression fréquemment employée « mineur de moins de quinze ans » est donc un pléonasme.
  18. http://www.viol-tactique-de-guerre.org/IMG/pdf/ResCS1820.pdf
  19. Art. 190 CPS
  20. ATF 107 IV 178
  21. Art. 189 CPS
  22. Art. 49 CPS
  23. Art. 187 CPS
  24. ATF 123 IV 49, considérant 2, let. e
  25. ATF 119 IV 309
  26. FF 2003 1750
  27. Données du FBI
  28. Kanin Study
  29. Lisak, David; Gardinier, Lori; Nicksa, Sarah C.; Cote, Ashley M. (December 2010). "False allegations of sexual assualt: an analysis of ten years of reported cases". Violence Against Women 16 (12): 1318–1334
  30. María José Alcalá, L’état de la population mondiale 2005. La promesse d’égalité : égalité des sexes, santé en matière de procréation et objectifs du Millénaire pour le développement, UNFPA, 2005, p. 65
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Voir aussi

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Bibliographie

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  • Catherine Morbois, Marie-France Casalis, L'Aide aux femmes victimes de viol, L'Esprit du Temps, 2002, 131 pages (ISBN 2-913062-92-X) ;
  • Randy Thorpe Hill, Craig T. Palmer, Histoire biologique du viol : comprendre pour mieux se défendre, Favre, 2002, dossiers et témoignages, 325 pages (ISBN 2-8289-0693-0) ;
  • Samira Bellil, Dans l'enfer des tournantes, Gallimard, coll. « Folio documents », 2003, 307 pages (ISBN 2-07-042990-3) ;
  • Georges Vigarello, Histoire du Viol, XVIe - XXe siècle, Seuil, coll. « Univers Historique », 1998, 287 pages (ISBN 2-02-026266-5) ;
  • Anne Poiret, L'ultime tabou. Femmes pédophiles, femmes incestueuses, Patrick Robin, 2006, 188 pages (ISBN 978-2-35228-000-2) ;
  • Gérard Lopez et Gina Piffaut-Filizzola, Le viol, Que sais-je ?, PUF, 1993, 127 pages ;
  • Twagiramariya C, Turshen M. “Faveurs à accorder” et “victimes consentantes” : les politiques de survie au Rwanda. In : Turshen M, Twagiramariya C, éditeurs. Ce que font les femmes en temps de guerre : Genre et conflit en Afrique. Paris : L’Harmattan 2001.p.139-162 ;
  • K. Guenivet, Violences sexuelles - La nouvelle arme de guerre, Michalon, 2001, 206 pages ;
  • Véronique Cormon, psychologue, psychothérapeute, Journal international de victimologie : "Viols et métamorphoses" ;
  • Alixe Loane Vivre, enfin et ne plus survivre , récit-témoignage du combat d'une victime de viols incestueux, 112 pages, ISBN : 2-912807-13-1, éditions guillemain (diffusion GE29), 2004.
  • Daniel Welzer-Lang, Lilian Mathieu, Michaël Faure, Sexualités et violences en prison, ces abus qu'ont dit sexuels. Observatoire international des prisons Aléas éditeur (1996) (ISBN 2-908016-78-8)

Articles connexes

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