Parc national des Cevennes


Parc national des Cevennes

Parc national des Cévennes

Parc national des Cévennes
Catégorie V de la CMAP
(Paysage terrestre/marin protégé)
 [1]
Logo parc national Cévennes-fr.svg
Pays France France
Régions Massif Central et Languedoc-Roussillon
Départements Ardèche, Aveyron, Gard et Lozère
Ville proche Florac
Coordonnées 44° 20′ 00″ Nord
       3° 35′ 00″ Est
/ 44.333333, 3.583333
Superficie 912,79 km2 (zone centrale)
2 297,26 km2 (zone périphérique)
Population 40 875 dont 591 en zone centrale habitants en 1999 (recensement INSEE)
Création 2 septembre 1970
Visiteurs/an 800 000 / an[1]
Administration Parcs nationaux de France
Site web Site officiel
  Géolocalisation sur la carte : France
France location map-Regions and departements.svg
Parc national des Cévennes

Le parc national des Cévennes est un parc national français créé le 2 septembre 1970, couvrant la région naturelle des Cévennes et situé principalement dans les départements de la Lozère (48) et du Gard (30), ainsi qu'en moindre partie en Ardèche (07) et en Aveyron (12). Il s'étend donc sur trois régions : le Languedoc-Roussillon, le Midi-Pyrénées et le Rhône-Alpes. Son siège social se trouve à Florac dans son château.

Le parc national des Cévennes présente plusieurs particularités qui le distingue des autres parc nationaux français : c'est le seul parc national français en zone terrestre situé en moyenne montagne, dont la zone centrale est habitée par des résidents permanents, et où la chasse est réglementée mais pas interdite.

Sommaire

Géographie

Situation et description générale

Carte du parc national des Cévennes, indiquant en rouge la zone centrale de protection et en vert la zone périphérique d'adhésion

Seul parc national français de moyenne montagne, l'espace du parc national des Cévennes se découpe en deux zones principales : une zone centrale et une zone périphérique. Un secteur plus vaste appelé réserve de biosphère est venu englober les deux zones formant le cœur du Parc en 1985.

Le parc proprement dit constitue un espace de 321 380 ha et regroupe 117 communes. Il abrite de ce fait une population permanente significative : 41 000 personnes y vivent en zone périphérique et 591 en zone centrale de conservation. Les habitants sont essentiellement des éleveurs.

Le territoire du parc s'étend à l'ouest sur les Grands Causses, vastes plateaux calcaires à climat atlantique. À l'est, les vallées cévenoles schisteuses s'étendent sur le mont Aigoual, le mont Lozère, et les vallées des Gardons. Les étages de végétation s'étalent de l'étage méso-méditerranéen sur toutes les gorges sud-ouest, jusqu'à l'étage subalpin au mont Lozère.

Relief

Le parc est situé sur des hautes terres (plus de 1 000 m) en altitude moyenne, véritables balcons de la Méditerranée, du mont Lozère au mont Aigoual, du bord des Grands Causses aux vallées cévenoles.

L'altitude du parc varie de 378 m (Vallée Française) à 1 699 m au pic de Finiels (mont Lozère).

Climat

Hydrographie

Le territoire du parc est à cheval entre deux grands bassins versants (ou « bassins hydrographiques ») : le bassin de la Garonne côté atlantique et le bassin du Rhône côté méditerranéen. La ligne de partage des eaux forme un axe approximatif d'orientation sud-ouest / nord-est.


Liite des cours d'eau, du nord au sud[2]
Versant méditerranéen Borne, Chassezac, Altier, Paillère, Cèze, Ganière, Homol, Luech, Gardon d’Alès, Galeizon, Gardon de Saint-Germain-de-Calberte, Gardon de Saint-Martin-de-Lansuscle, Gardon de Sainte-Croix, Gardon de Mialet, Gardon de Saint-André-de-Valborgne, Borgne, Gardon de Saint-Jean-du-Gard, Hérault, Salindrenque, Vidourle, Rieutord, Arboux, Souls, Bavezon, Vis
Versant atlantique Lot, Nize, Bramont, Tarn, Runes, Mimente, Malzac, Sistre, Briançon, Tarnon, Fraissinet, Jonte, Brèze, Béthuzon, Bonheur, Trévezel, Dourbie

Répartitions départementale

Répartition de la superficie du Parc en hectare en 2008[3]
Lozère Gard Ardèche Aveyron Total
Zone centrale (1) 74 600
82 %
16 670
18 %
0
0 %
0
0 %
91 270
100 %
Zone périphérique (2) 124 120
54 %
83 110
36 %
22 880
10 %
0
0 %
230 110
100 %
Espace Parc (1)+(2) 198 720
62 %
99 780
31 %
22 880
7 %
0
0 %
321 380
100 %
Réserve de biosphère 184 000
57 %
115 000
36 %
7 650
2 %
14 280
5 %
320 930
100 %
Espace Parc + réserve de biosphère 206 200
56 %
124 800
34 %
24 360
6 %
14 280
4 %
369 640
100 %

Populations et activités socio-économiques

Population

Seul parc national de France dont la zone centrale accueille des résidents permanents, le Parc national des Cévennes compte une population de 40 875 habitants permanents, dont 591 en zone centrale[4]. La densité de population sur l'ensemble du parc est de 12,7 hab/km2 dont 0,65 hab/km2 dans sa zone centrale.

Chasse

Autre différence de taille entre le parc des Cévennes et les autres parcs nationaux, la chasse est réglementée mais pas interdite sur le territoire du parc, même en zone centrale[5]. Pour cette raison, le parc national des Cévennes est classé en catégorie V des aires protégées de l'UICN, tandis que les autres parcs nationaux de France appartiennent à la catégorie II.[6]

Agriculture et pastoralisme

Tourisme


Le chemin de Stevenson

Randonneur avec un âne sur le Chemin de Stevenson GR70

Le belvédère des vautours

Article détaillé : Belvédère des vautours.

C'est un parc où les vautours sont ici en totale liberté et n'ont aucune obligation de rester sur place. Une terrasse d'observation a été mise en place afin de pouvoir les observer au mieux volant dans les gorges.

Sylviculture

Histoire

Le protestantisme et les Cévennes

Le pays des Cévennes possède une identité culturelle forte, et fut le berceau de l'insurrection des Camisards lors de la révocation de l'édit de Nantes, et le théâtre de la persécution qui suivit contre le protestantisme. De nombreux témoignages de la guerre des Camisards en Cévennes jalonnent les villes et villages du Parc national.

Les origines du parc

Le château de Florac, siège du parc

Les patrimoines naturel et culturel des Cévennes sont connus au moins depuis le XIXe siècle, grâce à des auteurs comme l'anglais Robert Louis Stevenson qui participent à la popularisation de la région, grâce à la publication de son ouvrage « Voyage avec un âne dans les Cévennes » en 1879, récit de son voyage de 12 jours et 195 km à travers la Lozère.

En 1913, le spéléologue Édouard-Alfred Martel, un des pères de la spéléologie moderne publie un article dans la revue Montagne, où il propose de classer en parc national une zone comprenant les gorges de la Borne en Ardèche et une grande partie des Causses Noir et Méjean. Le Club Cévenol et d'autres associations constituées au début du XIXe siècle réclamèrent également la création d'un parc national afin de préserver le patrimoine de la région. Face à l'exode rural massif que connaît la région, le Conseil général de la Lozère relancera cette idée après la Seconde Guerre mondiale en 1956.

En 1957, l'« Association du Parc National Culturel des Cévennes » est créée[7] de la fusion de deux groupes porteurs du projet de création du Parc national : l'« association du Parc Cévennes-Lozère » créée en 1953 et animée par Maître Bieau, avoué à Florac puis à Mende, et la « Confrérie des Amis des Sources », créée en 1955 par deux notables locaux, les Docteurs Pellet et Richard.

Lors de la rédaction du projet de loi sur les parcs nationaux français de 1960, l'association du Parc national culturel des Cévennes va jouer le rôle d'un groupe de pression afin de s'assurer que les spécificités du territoire des Cévennes seront prises en compte ; alors que les autres parcs nationaux n'ont pas de population permanente résidente en zone centrale, l'association tient à s'assurer que la présence de résidents permanents de la future zone centrale du parc des Cévennes ne nuira pas au projet de création du parc.

Après avoir défendu le projet de parc auprès des décideurs nationaux, et présenté aux habitants locaux les bénéfices retirés d'une structure telle qu'un parc national pour lutter contre le dépeuplement des Cévennes, le Conseil national de la protection de la nature émettra un avis favorable à la création du Parc national des Cévennes le 7 novembre 1962.

Le Parc national des Cévennes sera officiellement crée par le décret n°70-777 du 2 septembre 1970[8]. C'est le quatrième parc national à voir le jour depuis la loi de 1960 instituant les parcs nationaux en France, après celui de la Vanoise, le Parc national de Port-Cros et le Parc national des Pyrénées-Occidentales.

1985 : Réserve de biosphère de l'UNESCO

La réserve de biosphère des Cévennes, créée en 1985, est jumelée avec la réserve de biosphère de Montseny en Catalogne.

Les tensions et les oppositions au Parc

Dès avant la création du Parc national, les opposants à ce projet ont voulu faire entendre leur voix contre ce projet. L'association « Terre cévenole », créée en 1967. Les arguments avancés par l'association sont la crainte de voir les droits et propriétés privées amenuisés par la structure du Parc national. La mise en place d'un parc national conduirait à déposséder les collectivités locales d'une partie de leur pouvoir. Selon Terres Cévenoles, créer un parc national en Cévennes est inutile pour régler les problèmes socio-économiques locaux, tels que la déprise rurale, le chômage et la dépopulation des villages.

La mission d'étude pour la création du Parc créée en 1967 par le gouvernement, trop éloignée des réalités du pays Cévenol, prendra le parti d'adapter le projet de parc au texte de loi des parcs nationaux, plutôt que de reconnaître les caractères originaux des Cévennes. Une brochure d'information éditée par la mission d'étude provoquera de vives réactions parmi les habitants concernés par le projet de Parc. À propos de la population du parc, estimée alors à 450 habitants, fait l'objet de ces commentaires dans la brochure[9] :

« Ce chiffre est d'autant plus insignifiant que la moyenne d'âge varie entre 65 et 80 ans. [...] Aussi bien la vie agricole traditionnelle, si noble et attachante, est-elle condamnée à l'intérieur de la zone parc. »

Lors des consultations publiques, les collectivités locales qui seront situées en zone périphérique s'expriment majoritairement en faveur du projet[10], à 78,5%, contre 21,5% d'opposition. Le résultat est en revanche bien moins partagé pour les communes dont le territoire est situé sur ce qui formera la zone centrale. En Lozère, 22 collectivités s'expriment pour le projet de parc, contre 17 votes défavorables, et dans le Gard, 5 collectivités sont pour, et 7 s'y opposent.

En 1969, Terre Cévenole adressa un pamphlet contre l'organisation du Parc national des Cévennes, alors en cours de création, au Conseil national de la protection de la nature, qui en débattra et répondra lors de la session du 18 novembre 1969.[11]

Gestion et administration

L'établissement public « Parc national des Cévennes »

Le Parc national des Cévennes est géré par un établissement public, placé sous la tutelle du ministère français de l'environnement. La gestion du parc est assurée par un conseil d'administration, présidé par Jean-Paul Pottier. Le conseil est aidé dans sa tâche par un conseil scientifique de 20 membres et par différentes commissions spécialisées, dans les domaines de l'agriculture, de l'architecture et des sites, la cynégétique, la gestion piscicole, le tourisme, l'action culturelle et associative. Le directeur qui applique les décisions du conseil et gère l'établissement anime une équipe d'agents de terrains et personnel des services spécialisés. En janvier 2006, le Parc comptait 77 postes.[12]

Jumelage inter-parcs

Le Parc national des Cévennes est jumelé avec deux parcs nationaux :

Parc national du Saguenay

Crique dans le Fjord du Saguenay, parc national du Saguenay, Québec.
Article détaillé : Parc national du Saguenay.

Le parc québécois du Saguenay, situé près de la ville du même nom, dans la région de Saguenay-Lac-Saint-Jean au Québec, est jumelé depuis le 5 juillet 1984 au Parc national des Cévennes. C'est à la suite d'une visite en France de représentants Québécois que le projet de jumelage commença à s'organiser[13].

Le jumelage a été officialisé lors de la visite d'une délégation française menée par Huguette Bouchardeau, ministre de l'environnement pour la France, au Parc du Saguenay, accueillie par Guy Chevrette, ministre du loisir, de la chasse et de la pêche. Des échanges entre parcs ont lieu régulièrement, entre les personnels des deux parcs, entre écoles, etc.

Pour le bicentenaire de la révolution française, le gouvernement du Québec a nommé trois caps selon la devise française, soit les caps Liberté, Égalité et Fraternité. Ces trois caps sont situés sur la rive nord en face du secteur de Baie-Éternité.

Autres zones protégées dans le parc

Réserve naturelle volontaire de Combe Chaude : 79 ha (dont 20 ha dans l'Hérault)

Milieu naturel

Faune

2410 espèces animales inventoriées, dont 45% des vertébrés de France.

Le retour des vautours

Flore

2 656 espèces végétales inventoriées, dont 35 protégées et 21 endémiques.

Notes et références

  1. IFEN, « Les parcs nationaux entre protection et développement », novembre 2002, les données de l'environnement, n°78, p. 4. Consulté le 3 octobre 2009
  2. Atlas du parc, section Hydrographie et bassins versants, page 14
  3. (fr) Atlas du parc national des Cévennes, page 8. Consulté le 3 mars 2008
  4. Fiche d'identité du parc, section « Données administratives générales », données de l'INSEE, 1999.
  5. Articles 12 à 13ter du décret 70-777 portant création du Parc national des Cévennes, version consolidée au 10 mai 2005.
  6. Jean-Pierre Giran, « Rapport n° 2347 relatif aux parcs nationaux et aux parcs naturels marins » sur Assemblee-nationale.fr, 22 novembre 2005. Consulté le 6 mars 2008. « [...] les parcs nationaux relèvent aujourd'hui de la catégorie 2 [...] de l'UICN (Union Mondiale pour la Nature) sur une grille de cotation en comportant 6, à l'exception du parc national des Cévennes qui bénéficie d'un classement inférieur (catégorie V) en raison de la reconnaissance d'un droit de chasse en faveur des propriétaires des terrains situés dans le parc. »
  7. En 1970, elle prend le nom d'Association des Amis du Parc National des Cévennes ; elle se propose de coopérer pour que « la vie montagnarde et le tourisme cités par l'attrait du parc National des Cévennes deviennent pour tous source de bien être matériel, intellectuel et moral(...). Elle a vocation pour susciter un renouveau d'intérêts des populations locales en faveur (...) de la mise en valeur de leur territoire en coopérant à la promotion de la vie en montagne (...). Dans la limite des dispositions particulières du parc National et de sa zone périphérique ». (Statuts de l'Association).
  8. Décret du 2 septembre 1970 portant création du parc national des Cévennes
  9. Marie-Claude Guerrini in Strates
  10. d'après les données fournies par Jean Capiaux, cité dans STRATES, parc national des Cévennes ; ce sont au final 89 communes qui s'exprime en faveur du projet de parc, contre 41 oppositions.
  11. Ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement Durables, « Répertoire d’archives détaillé : Conseil national de la protection de la nature : PV séances plénières, décisions, budget, 1947-2004 » sur Site officiel du MEDAD. Consulté le 6 mars 2008
  12. Fiche d'identité du parc, section « Institutions de l'Établissement Public ».
  13. (fr) [doc] Jacques Verreault, Ministère du loisir, de la chasse et de la pêche, « Compte rendu des événements, Jumelage du parc national du Saguenay au parc national des Cévennes », août 1984. Consulté le 25 septembre 2009

Annexes

Articles connexes

Documents officiels

Liens et documents externes

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Bibliographie


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