Jean Dieudonne Lion

Jean Dieudonné Lion

Jean Dieudonné Lion, né le 28 octobre 1771 à Morialmé (Belgique), est un militaire belge.

Soldat au régiment Royal-Liégeois le 10 septembre 1789, il fut fait fourrier le 1er janvier 1791, et sergent le 1er avril 1792. Maréchal-des-logis dans le 20e régiment de chasseurs à cheval le 10 octobre 1792, il fit toutes les campagnes depuis cette époque jusqu'en l'an IX aux armées des Ardennes, de Sambre-et-Meuse, de Rhin-et-Moselle, de Mayence, du Danube et du Rhin. Nommé sous-lieutenant le 1er pluviôse an II, il devint lieutenant le 28 ventôse an IV. Le 7 fructidor de cette dernière année, à l'affaire de Friedberg, à la tête de la 8e compagnie qu'il commandait en ce moment, il chargea l'ennemi avec tant d'impétuosité et d'à- propos qu'il le débusqua de sa position, lui prit deux pièces de canon et fit mettre bas les armes à un bataillon d'infanterie qui fut fait prisonnier, ainsi que 20 hussards autrichiens. Le 25 frimaire an V, à l'affaire de Mainbourg, avec la même compagnie; et après avoir essuyé le feu de l'ennemi, il s'empara des hauteurs qui dominent la ville, obligea un bataillon à déposer les armes, l'emmena prisonnier, prit un drapeau et deux pièces de canon. Le 19 messidor an VII, à la reprise d'Offenbourg, il commandait la compagnie du 20e de chasseurs à cheval.

Capitaine le 11 frimaire an VIII, il soutint, avec sa compagnie, à l'affaire de Lapheim, le 1er prairial suivant, le choc de 200 dragons autrichiens qui avaient mis en déroute une compagnie du 13e de dragons, et sauva toute l'infanterie qui, envoyée en avant, se trouvait- fortement compromise. Le lendemain, à la bataille d'Erbach, il maintint les tirailleurs ennemis qui étaient nombreux, les empêcha de s'emparer d'un plateau d'où ils auraient pu découvrir les mouvements de l'armée française, et dans une charge vigoureusement conduite, il tua trois ennemis de sa main, et fit prisonnier l'officier qui les commandait; mais il fut blessé d'un coup de sabre à la joue gauche. En l'an XII, il était du camp de Bruges, où il fut nommé membre de la Légion d'honneur le 26 frimaire. Il servit au camp de Brest et au corps d'Irlande en l'an XIII, et passa à l'armée du Nord en l'an XIV. Il fit, à l'armée de Batavie et à la Grande Armée, la campagne de 1806 en Prusse. À Eylau, il reçut un coup de sabre au bras gauche. Fait chef d'escadron le 8 mai suivant, il passa au 2e régiment de chasseurs à cheval le 30 du même mois.

En 1808, il faisait partie de l'armée d'observation, et il entra en Allemagne avec la Grande Armée. Le 20 avril 1809, à la tête de la compagnie d'élite de son régiment, il chargea deux bataillons hongrois, rangés en bataille, les contraignit de mettre bas les armes, au nombre de 3 000 hommes, et enleva deux drapeaux qui furent présentés à l'Empereur comme étant les premiers pris dans la campagne. Le 29 du même mois, il devint officier de la Légion d'honneur; le lendemain, colonel du 14e régiment de chasseurs à cheval et baron de l'Empire.

Bientôt après, à la bataille d'Essling, il fut blessé d'un coup de boulet à la jambe gauche, et le 10 août suivant, l'Empereur le nomma colonel-major des chasseurs à cheval de la Garde impériale. Il fit, avec ce corps d'élite, les campagnes de 1812 et 1813, et le 23 juin de cette dernière année, il fut promu au grade de général de brigade et maintenu dans ses fonctions de major des chasseurs de la Garde impériale.

Pendant la campagne de France en 1814, il fut blessé d'un coup de feu à la têie et d'un autre à la main droite, le 13 février, au combat de Vauchamp. Le gouvernement royal le conserva dans ses fonctions de major du corps royal des chasseurs de France, et Louis XVIII le créa chevalier de Saint-Louis le 19 juillet suivant.

Le 9 mars 1815, le général Lefebvre Des Noëttes, commandant les chasseurs royaux de France, partit de Cambrai et se mit en marche sur Paris. Son intention était de réunir les régiments qu'il trouverait sur sa route et de marcher avec eux sur la capitale, pour y faire reconnaître l'autorité de Napoléon Ier, il échoua à La Fère d'abord, et ensuite à Compiègne. Ces deux tentatives malheureuses donnèrent l'éveil aux officiers des chasseurs de France. Ils se rendirent chez le général Lefebvre Des Noëttes, ayant à leur tête le général Lion, pour lui demander des explications sur le mouver ment qu'ils exécutaient. Le général Lefebvre Des Noëttes leur ayant proposé d'aller rejoindre l'Empereur, les officiers refusèrent de seconder son projet, et le général Lion prit le commandement du régiment et le reconduisit à Cambrai.

Louis XVIII le nomma-lieutenant-général commandant le corps royal des chasseurs de France le 13 mars 1815. Mis en disponibilité le 14 avril suivant, il reçut, le 9 juin, une lettre de service pour être employé comme général de brigade à la suite de la réserve de cavalerie de l'armée du Nord.

Après les désastres de mont Saint-Jean, le gouvernement royal rétablit le baron Lion dans le grade de lieutenant-général, lui conféra le titre de comte, et lui donna le commandement de la 2e division militaire le 7 septembre de la même année.

Compris comme disponible dans le cadre de l'état-major général de l'armée le 30 décembre 1818, il reprit de nouveau le commandement de la 2e division militaire le 19 janvier 1820, fut élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur le 1er mai 1821, et nommé commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis le 20 août 1823.

Charles X, lors de son sacre, lui conféra la décoration de grand'croix de la Légion d'honneur. Mis en disponibilité le 6 août 1830, inspecteur général de la gendarmerie dans les 8e, 9e et 20e divisions militaires, il fut mis en non-activité le 28 octobre 1836, et placé, le 15 août 1839 dans la section de réserve du cadre de l'état-major général.

Il est mort à Châlons-sur-Marne le 8 août 1840, où il s'était retiré.

Source

« Jean Dieudonné Lion », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition] (Wikisource)

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