Alexandre Graham Bell
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Alexander Graham Bell
Image illustrative de l'article Alexandre Graham Bell
Portrait d'Alexander Graham Bell vers 1914 – 1919
Naissance 3 mars 1847
Édimbourg (Écosse)
Décès 2 août 1922 (à 75 ans)
Baddeck (Canada)
Nationalité Flag of Scotland.svg Écossais
Champs Inventeur, Scientifique, Ingénieur, Professeur de diction (Boston University)
Diplômé de Université d'Edimbourg
University College London
Renommé pour téléphone
Signature
AGB Signature.svg
conjoint
Mabel Hubbard (marié 1877–1922)
ascendants
Alexander Melville Bell, Eliza Grace Symonds Bell
descendants
4: Deux fils morts durant leur enfance et deux filles
famille
Gardiner Greene Hubbard (beau-père), Gilbert Hovey Grosvenor (beau-fils), Melville Bell Grosvenor (grand-père)

Alexandre Graham Bell (3 mars 1847 à Édimbourg en Écosse - 2 août 1922 à Baddeck au Canada) est un scientifique, ingénieur inventeur britannique d’origine écossaise naturalisé canadien en 1882 qui est surtout connu pour l'invention du téléphone, pour laquelle l'antériorité d'Antonio Meucci a depuis été officiellement reconnue le 11 juin 2002 par la Chambre des représentants des États-Unis. Il a été lauréat de la Médaille Hughes en 1913

La mère et la femme d'Alexander Bell étaient sourdes, ce qui a sans nul doute encouragé Bell à consacrer sa vie à apprendre à parler aux sourds[1]. Il était professeur de diction à l'université de Boston et un spécialiste de l'élocution, on dirait aujourd'hui phonologue ou phoniatre. Le père, le grand-père et le frère de Bell se sont joints à son travail sur l'élocution et la parole. Ses recherches sur l'audition et la parole l'ont conduit à construire des appareils auditifs, dont le couronnement aurait été le premier brevet pour un téléphone en 1876[2]. Bell considéra par la suite son invention la plus connue comme une intrusion dans son travail de scientifique et refusa d'avoir un téléphone dans son laboratoire[3].

D'autres inventions marquèrent la vie de Bell : les travaux exploratoires en télécommunications optiques, l'hydroptère en aéronautique. En 1888, Alexandre Graham Bell devint l'un des membres fondateurs de la National Geographic Society.

Sommaire

Biographie

Alexander Melville Bell

Alexandre Bell est né à Édimbourg en Écosse le 3 mars 1847[4]. La résidence familiale se trouve au numéro 16, South Charlotte Street à Édimbourg; une plaque commémorative y est apposée. Alexandre avait deux frères : Melvin James Bell (1845-1870) et Edward Charles Bell (1848-1867), tous deux morts de la tuberculose[5]. Son père Alexander Melville Bell était professeur, et sa mère était Eliza Grace (née à Symonds)[6]. Alexandre, alors âgé de 10 ans, réclama à son père de pouvoir porter un deuxième prénom, comme ses frères[7]. Son père accepta et lui permit, à l'occasion de son 11e anniversaire, le deuxième prénom "Graham". Il choisit ce prénom en raison de son admiration pour Alexandre Graham, un interne Canadien soigné par son père, qui devint un ami de la famille[8].

Première invention

Système Bell (1877)

Dès son plus jeune âge, Alexandre Graham Bell disposait d'une grande curiosité pour le monde qui l'entourait, il fit ainsi collection d'espèces de plantes et réalisa déjà ses premières expériences. Son meilleur ami était Ben Herdman, un voisin, dont la famille travaillait dans un moulin. Alexandre et Ben allaient souvent au moulin. Le jeune Alexandre demanda ce qui devait être amélioré au moulin. On lui expliqua que le blé devait être décortiqué à l'aide d'un procédé complexe et laborieux. Alexandre, à l'âge de 12 ans, construisit un appareil qui combinait des palettes tournantes et un ensemble de brosses à ongles, inventant ainsi une simple machine pour le décorticage du grain. Cette machine fut utilisée avec succès, et ce pendant plusieurs années[9]. En retour, John Herdman donna aux deux garçons un petit atelier où « inventer »[9].

Prise de conscience

Bell montra également très jeune un vif intérêt, et un talent, pour l'art, la poésie et la musique, intérêts encouragés par sa mère. Il apprit le piano sans professeur ni manuel, et devint le pianiste familial[10]. Malgré le fait qu'il était d'un naturel calme et introspectif, il faisait couramment des "blagues vocales" et de la ventriloquie pour divertir la famille[10]. Bell fut très affecté par la surdité graduelle de sa mère (elle commença à perdre l'audition quand Bell avait 12 ans) et apprit un petit manuel de langue des signes. Ainsi, il pouvait s'asseoir à côté d'elle et converser silencieusement dans le salon familial[11]. Il développa également une technique de parler par des sons clairs et modulés directement sur le front de sa mère, ce qui lui permettait d'entendre son fils relativement clairement[12]. La préoccupation de Bell au sujet de la surdité de sa mère, le conduisit à étudier l'acoustique.

Sa famille était depuis longtemps associée à l'enseignement de l'élocution : son grand-père, Alexandre Bell, à Londres, son oncle à Dublin et son père à Édimbourg étaient professeurs de diction. Son père a publié énormément à ce sujet, et nombre de ses travaux sont encore bien connu actuellement, surtout son "The Standard Elocutionist", apparu dans 168 éditions britanniques et vendu à plus de 250 000 exemplaires aux États-Unis seulement. Dans ce traité, son père explique les méthodes qu'il a développées pour apprendre aux sourds-muets (appellation de l'époque) à articuler les mots et lire sur les lèvres des autres afin de comprendre les messages qui leur étaient adressés. Le père d'Alexandre lui avait expliqué ainsi qu'à ses frères de ne pas seulement écrire mais aussi identifier chaque symbole et le son l'accompagnant[13]. Alexandre devint si doué qu'il fut l'assistant de son père lors de démonstrations publiques où il étonna l'assistance par ses facultés à déchiffrer les symboles du latin, du gaélique et du sanskrit[13].

Éducation

Comme ses frères, Bell reçut très jeune des cours à la maison par son père. Il fut également enrôlé très tôt à la Royal High School, Édimbourg, Écosse, qu'il quitta à l'âge de 15 ans, finissant seulement les 4 premières années[14]. Il ne fut pas un brillant élève, sa scolarité ayant plus été marquée par l'absentéisme et des résultats ternes. Son principal intérêt restait dans les sciences, et plus particulièrement en biologie, alors qu'il traitait des autres sujets d'école avec indifférence, à la plus grande consternation de son père[15]. Après avoir quitté l'école, Bell déménagea à Londres pour vivre avec son grand-père, Alexandre Bell. Il prit goût à l'enseignement durant les années qu'il passa avec son grand-père, grâce aux longues et sérieuses discussions mais aussi de nombreuses heures d'études. Son grand-père fit de gros efforts pour que son petit-fils parle clairement et avec conviction, qualités nécessaires pour qu'il puisse être un bon enseignant[16]. À l'âge de 16 ans, Bell fut nommé étudiant-professeur de diction et de musique à la Weston House Academy (Elgin, Moray, Écosse). Il était lui-même étudiant en latin-grec, mais donnait des cours pour 10 $ la session[17]. L'année suivante, il rejoignit son frère Melville à l'université d'Edimbourg.

Première expérience avec le son

Le père de Bell encouragea l'intérêt de son fils pour la parole et, en 1863, l'emmena voir un automate développé par Sir Charles Wheatstone. Cet automate était basé sur les précédents travaux de Baron Wolfgang von Kempelen[18]. "L'homme mécanique", très rudimentaire, simulait une voix humaine. Alexandre fut fasciné par cette machine. Il obtint une copie de l'ouvrage de von Kempelen (en allemand) et la traduit péniblement. Il construisit alors avec son frère Melville leur propre automate (une tête). Leur père, très intéressé par ce projet, leur paya toutes les fournitures et pour les encourager, leur promit un "prix" s'ils réussissaient ce projet[18]. Alors que son frère construisait la gorge et le larynx, Alexandre surmonta la difficile tâche de recréer un crâne réaliste. Ces efforts furent récompensés car il créa une tête aussi vraie que nature, capable de prononcer seulement quelques mots[18]. Les garçons ajustèrent précautionneusement les "lèvres" et quand un soufflet d'air forcé passa à travers la trachée, un très reconnaissable "maman" se fit entendre, au plus grand plaisir des voisins qui vinrent voir l'invention du fils Bell[19].

Intrigué par les résultats de cet automate, Bell continua ses expériences sur un sujet vivant, le Skye Terrier de la famille "Trouve"[20]. Après qu'il lui appris à faire des grognements continus, Alexandre manipula les lèvres et les cordes vocales de son chien pour produire un son brut "Ow ah oo ga ma ma". Avec un peu de volonté, les visiteurs pouvaient croire que le chien articulait "How are you grandma?" (« Comment allez-vous grand-mère ? »). Bell était assez joueur et ses expériences ont convaincu plus d'un visiteur d'avoir affaire à un chien parlant[21]. Quoi qu'il en soit, ces premières expériences avec les sons encouragèrent Bell à entreprendre ses premiers travaux sérieux sur le son en utilisant une fourchette modifiée pour étudier la résonance. À l'âge de 19 ans, il écrivit un rapport sur son travail et l'envoya au philologue Alexander Ellis, un collègue de son père qui sera plus tard décrit comme le professeur Henry Higgins dans Pygmalion"[21]. Ellis lui répondit immédiatement lui expliquant que ses travaux étaient similaires à ceux existant en Allemagne. Consterné d'apprendre que le travail exploratoire avait déjà été entrepris par Hermann von Helmholtz qui avait transporté des voyelles avec une fourchette modifiée semblable à la sienne, il étudia de manière approfondie le livre du scientifique allemand (Sensations of Tone). Travaillant sur sa propre mauvaise traduction de l'édition originale allemande, Alexandre fit fortuitement la déduction qui fut la ligne directrice de tous ses futurs travaux sur la transmission du son, reportant : "Sans en connaître beaucoup sur le sujet, il me semblait que si les voyelles pouvaient être produites par de l'électricité, les consonnes pourraient également l'être, et ainsi il serait possible de reproduire la parole", et il remarqua aussi plus tard : "Je pensais qu'Helmholtz l'avait fait ... et que mon échec était seulement dû à ma méconnaissance de l'électricité. Ce fut une erreur constructive ... Si j'avais été capable de lire l'allemand en ce temps-là, je n'aurais sans doute jamais commencé mes expériences"[22],[23].

Carrière

Bell parlant au téléphone en 1876

Bell a consacré sa vie à apprendre à parler aux sourds, encouragé par le fait que sa mère et sa femme étaient sourdes. Il était professeur de diction à l'université de Boston et un spécialiste de l'élocution, on dirait aujourd'hui phonologue ou phoniatre.

Il épouse Mabel Gardiner Hubbard (1857-1923), la fille de son mécène Gardiner Greene Hubbard (premier président de la National Geographic Society), sourde à la suite d'une scarlatine, et élève de Graham Bell. Le couple aura quatre enfants.

Inventeur chevronné, il est surtout connu pour être le père du téléphone, bien que cette paternité soit controversée (cf plus bas).

En 1876, à l'exposition du centenaire de l'indépendance des États-Unis à Philadelphie, Bell rencontre Dom Pedro II, empereur du Brésil. Ce dernier s'intéresse au téléphone de Bell et demande une démonstration. Bell lui récite le fameux monologue d'Hamlet de Shakespeare « To be or not to be ». Il fonde la Bell telephone company.

Autres activités

Alexander Graham Bell est initialement attiré par la musique. Il s’en détourne cependant au profit d’études sur la phonétique, suivant les traces de son père et probablement touché par les problèmes de surdité dont souffrait sa mère. Après des études à l'université d'Oxford (Angleterre), il s’établit au Canada en 1870, puis aux États-Unis d’Amérique un an plus tard. Il fonde en 1872 une école pour les malentendants et débute ses travaux qui aboutiront au téléphone. Convaincu de pouvoir transformer les ondes sonores en impulsions électriques dès 1874, il réalise son rêve en 1876. L’invention connaît rapidement un succès retentissant qui aboutit en 1877 à la création de la compagnie téléphonique Bell. La fortune aidant, Bell se tourne alors vers d’autres champs d’expérimentations, jetant les bases du gramophone, s’intéressant à l’aviation, et aux transports nautiques. Il crée également la "National Geographic Society", dont il est président de 1897 à 1903.

Anecdotes

Statue Bell située devant l'immeuble du Brantford Bell Telephone
  • Le bell (B) est une unité acoustique (et électrique) nommée en l'honneur de l'inventeur.
  • Les Laboratoires Bell portent son nom.
  • La compagnie canadienne de téléphonie Bell Canada porte son nom.
  • "Alexander Graham Bell" est une chanson du groupe britannique Sweet.
  • Lors des funérailles de Graham Bell, le 4 août 1922, le Canada et les États-Unis coupèrent les services téléphoniques pendant une minute à sa mémoire[24].
  • « Venez Watson, j'ai besoin de vous ! » (« Mr. Watson -- Come here -- I want to see you. ») est la première conversation téléphonique de l'histoire (le 10 mars 1876, à Boston) qu'il eut avec son assistant qui se trouvait alors dans une autre pièce[25].

C'est d'ailleurs pourquoi la compagnie Bell vend des téléphones

  • Alexander Graham Bell et Elisha Gray trouvèrent le moyen en même temps de converser au téléphone. 2 heures avant, Bell déposa son brevet; ce qui, au grand malheur de Gray, lui rapporta la gloire et la fortune.

Controverses à propos de l'invention du téléphone

Article détaillé : Téléphone.

Notes et références

  1. Bruce 1990, p. 419.
  2. Black 1997, p. 18. Citation: "Il pensait qu'il pourrait se servir de l'électronique naissante pour créer une machine avec un transmetteur et un receveur qui pourrait envoyer des sons de manière télégraphique et ainsi aider les sourds à entendre."
  3. MacLeod 1999, p. 19.
  4. Petrie 1975, p. 4.
  5. Time Line of Alexander Graham Bell
  6. "Alexander M. Bell Dead. Father of Prof. A.G. Bell Developed Sign Language for Mutes." New York Times Tuesday, August 8, 1905.
  7. Call me Alexander Graham Bell Note: Bell signait systématiquement ses lettres de son nom complet.
  8. Bruce 1990, pp. 17–19.
  9. a et b Bruce 1990, p. 16.
  10. a et b Gray 2006, p. 8.
  11. Gray 2006, p. 9.
  12. Mackay 1997, p.25.
  13. a et b Petrie 1975, p. 7.
  14. Mackay 1997, p. 31.
  15. Gray 2006, p. 11.
  16. Town 1988, p. 7.
  17. Bruce 1990, p. 37.
  18. a, b et c Groundwater 2005, p. 25.
  19. Petrie 1975, pp. 7–9.
  20. Petrie 1975, p. 9.
  21. a et b Groundwater 2005, p. 30.
  22. MacKenzie 2003, p. 41.
  23. Groundwater 2005, p. 31.
  24. (en) Arrêt des services téléphoniques
  25. Naissance du téléphone

Annexes

Bibliographie

  • Wishinsky, Alexander Graham Bell : l'homme aux cent idées, Montréal : Chenelière éducation, 2005. (OCLC 56876394)
  • Michael Webb, Alexander Graham Bell, l'inventeur du téléphone, Montréal : Éditions de la Chenelière, 1993. (OCLC 28023159)
  • Orlando John Stevenson, Et Bell inventa le téléphone, Paris : Éditions France-Empire, 1964. (OCLC 41744788)

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