Adélaïde De Souza

Adélaïde de Souza

Adélaïde de Souza
AdelaideSouza.jpg
Activité(s) Écrivaine
Naissance 1761
Paris
Décès 1836
Paris
Langue d'écriture Français

Adélaïde-Marie-Émilie de Souza, comtesse de Flahaut de la Billarderie de par son premier mari, puis après son second mariage devenue Madame de Souza, est née Filleul le 14 mai 1761 à Paris, où elle est morte le 19 avril 1836. Elle est une écrivaine et moraliste féministe[réf. nécessaire] française.

Sa mère, Marie Irène Catherine du Buisson de Longpré, est mariée à un bourgeois du nom de Filleul ; elle aurait été la maîtresse de Louis XV (au Parc-aux-cerfs) ayant de lui Julie ; son mari devient un secrétaire du roi. À sa sortie, sa mère est prise sous la protection d’un fermier général qui, selon Jean Orieux, est le véritable père d’Adélaïde ; selon d’autres (dont Charles de Morny), il s’agit du roi. À seize ans, Julie épouse Abel-François Poisson de Vandières, marquis de Marigny et frère de madame de Pompadour. Sa mère meurt en 1767 et elle a la charge d’Adélaïde.

Selon Sainte-Beuve[1], elle perd très tôt ses parents et fait ses études au couvent, lieu qui servira de cadre à certains épisodes de ses romans.

À l’âge de dix-huit ans, à sa sortie du couvent, elle épouse le 30 novembre 1779, le comte Charles-François de Flahaut de la Billarderie, sur décision de sa sœur aînée Julie. Il a 36 ans de plus qu’elle et est maréchal de camp, intendant des jardins et du cabinet du roi ; selon elle, le mariage n’est jamais consommé. Les époux résident au Louvre alors en pleine effervescence prérévolutionnaire où la jeune femme, trop jeune pour apprécier la situation politique, s’ennuie[1]. Elle a alors l’idée d’écrire et commence Adèle de Sénange, l’histoire d’une toute jeune fille, mariée à un homme beaucoup plus âgé qu’elle, qui vit une situation évoquant l’amour impossible de la Princesse de Clèves.

Maitresse de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, elle tient un salon où il a la première place durant dix ans, de 1783 à 1792. Ils vivent tous deux quasiment maritalement, et le 21 avril 1785, naît leur enfant (la paternité de Talleyrand est généralement admise), Charles de Flahaut. Son salon compte également Gouverneur Morris, ministre plénipotentiaire des États-Unis et témoin de son temps qui passe l’été 1784 avec elle et qui se défendra d’être le père de Charles de Flahaut, William Windham, à qui la paternité de Charles de Flahaut est parfois attribuée, d’Holbach, Jean Baptiste Antoine Suard, Jean-François Marmontel, Charles-Joseph Panckouke et bien entendu Talleyrand.

Talleyrand se rapproche, durant les débuts de la Révolution de Germaine de Staël ; suit une période de brouille entre eux et elle s’inquiète de la tournure que prend la Révolution. Elle se cache avec son fils chez Gouverneur Morris durant les massacres de septembre.

Au début de la Terreur, elle s’installe à Londres, laissant son mari en France. C’est là qu’est publié son premier roman, en 1793. Le comte de Flahaut se rend de lui-même au Tribunal révolutionnaire pour épargner son avocat ; il est guillotiné en 1794.

Pour vivre à Londres et payer l’éducation de son fils, elle confectionne des chapeaux. Lord Wycombe la convainc d’écrire un roman ; ce sera Adèle de Senange, inspiré de sa propre histoire et qui connaît un grand succès.

Elle se rend en Suisse où elle rencontre Louis-Philippe d'Orléans qui est peut-être alors son amant. Elle le suit à Hambourg où elle retrouve le Gouverneur Morris, où elle rencontre aussi son futur mari, Dom José Maria de Sousa Botelho Mourão e Vasconcelos, ambassadeur de Portugal au Danemark.

Talleyrand l’aide à rentrer en France fin 1797, puis à la radier de la liste des émigrés. Il fait entrer son fils au ministère de la Marine en 1799. Elle continue à écrire, publiant Émilie et Alphonse en 1799, Charles et Marie en 1801.

Elle épousera en secondes noces Dom José Maria de Sousa, dont elle sera la seconde épouse, un riche aristocrate Portugais et illustre mécène littéraire, plus connu comme Morgado de Mateus, le 17 octobre 1802[1]. Ce dernier renonce à un poste d’ambassadeur en Russie pour rester à Paris, se consacrant aux lettres. Souza est l'ortographe ancienne du nom Sousa en langue portugaise; morgado un titre de courtoisie donné au Portugal aux seigneurs de maison indivisible.

Même si Madame de Souza est souvent désignée comme "marquise de Souza Botelho" en littérature ou bien par snobisme social, ce titre n'a jamais existé. Son invention se devra peut-être à une confusion du fait que son beau-fils, Dom José Luís de Sousa Botelho Mourão e Vasconcelos, ait été creé 1er comte de Vila Real en 1823. Oú bien parce que ces Sousa Botelho descendent, par les femmes et par batardise, du célèbre Dom António Luís de Sousa, 2me marquis de Minas, le célèbre conquéreur de Madrid à la guerre de Succession d'Espagne, le 25 Juin 1706.

Adélaïde de Souza va fréquenter de nouveau les salons pour favoriser la fortune de Charles de Flahaut. Elle va jusqu’à favoriser la liaison de celui-ci avec Hortense de Beauharnais, dont le fruit est Charles de Morny, son petit-fils né en 1811 ; puis elle marie Charles de Flahaut avec Mercer Elphinstone ; il a par la suite une carrière militaire politique importante. Elle perd de son influence avec la chute de l’Empire (elle dissuade son fils, devenu aide de camp de Napoléon, de partir avec lui à Sainte-Hélène) ; Dom José Luís de Sousa meurt à Paris le 1er Juin 1825. Il reste surtout connu pour la magnifique édition de luxe des Lusiades, qu'il a payé et fait imprimer de son vivant à la capitale française.

Madame de Souza se retire alors de la vie mondaine et reporte une partie de son affection de son fils vers son petit-fils, qu’elle élève. Il sera lui-même l’éminence grise de son demi-frère Napoléon III.

Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris (20e division) auprès de son mari Portugais, qui, lui, sera ramené dans sa patrie en 1964, et reste inumé depuis lors à son château de Mateus, près de Vila Real.

Notes

  1. a , b  et c Revue des Deux Mondes, tome 1, 1834, Poètes et romanciers modernes de France : Mme De Souza

Œuvre

Adélaïde de Souza a écrit un grand nombre de romans dont le plus important est Adèle de Senange. Chénier a dit d’elle qu’elle était de ces femmes « qui figurent avec le plus de distinction parmi les romanciers modernes ». Sainte-Beuve a procédé à une édition de ses œuvres en 1843 ; Léon Tolstoï évoque ses romans à plusieurs reprises dans Guerre et paix.

Romans

  • Adèle de Senange, ou Lettres de Lord Sydenham, Éd. Alix Deguise, 1798 ; Genève, Slatkine Reprints, 1995
  • Émilie et Alphonse ou le Danger de se livrer à ses premières impressions, Hambourg, P. F. Fauche ; Paris, Charles Pougens, 1799
  • Charles et Marie, 1802
  • Eugène de Rothelin, Londres, Dulan, 1808
  • Eugénie de Revel : souvenirs des dernières années du dix-huitième siècle, Lille, L. Lefort, 1853
  • Eugénie et Mathilde, ou, Mémoires de la famille du comte de Revel, Paris, F. Schoell, 1811
  • La Comtesse de Fargy, Paris, Alexis Eymery, 1823
  • La Duchesse de Guise, ou intérieur d’une famille illustre dans le temps de la Ligue ; drame en trois actes, Paris, C. Gosselin, 1832
  • La Pensionnaire mariée, comédie-vaudeville en un acte, [S.l.s.n.], 1835
  • Mademoiselle de Tournon, Paris, Firmin Didot, 1820
  • Œuvres complètes de Madame de Souza, Paris, Garnier, 1865

Bibliographie

  • André de Maricourt, Madame de Souza et sa famille. Les Marigny, les Flahaut, Auguste de Morny (1761-1836), 1874-1945, Paris, Émile-Paul, 1907
  • Simone Vincens,Vestiges du classicisme au temps de Chateaubriand : les romans de Madame de Souza (1761-1836), Thèse de l’Université du Colorado, 1974, 1969

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