Abitibi-Témiscamingue
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Abitibi-Témiscamingue
LocationAbitibi-Témiscamingue.png
Localisation de l'Abitibi-Témiscamingue au Québec
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Type Région administrative
Province Drapeau : Québec Québec
Siège Rouyn-Noranda
Autres villes Rouyn-Noranda, Val-d'Or, Amos, La Sarre, Ville-Marie
Président de la CRÉ Ulrick Chérubin
Géographie
Superficie 65 143 km2
Population
Population 145 835 hab. (2010)
Densité 2,2 hab./km2
Gentilé Témiscabitibien,
Témiscabitibienne
Langue(s) Français
Groupes ethniques Canadiens français, Algonquins (4.8%)[1]

L’Abitibi-Témiscamingue est une région administrative de l'ouest du Québec. Elle est composée de 5 municipalités régionales de comté (MRC) et de 79 municipalités. Son économie dépend principalement de l'exploitation forestière dans les MRC d'Abitibi, d'Abitibi-Ouest et de Témiscamingue, des mines tout le long de la faille de Cadillac, entre Val-d'Or et Rouyn-Noranda, ainsi que de l'agriculture dans les MRC de Témiscamingue et Abitibi-Ouest.

Sommaire

Démographie

  • Population: 145 835 (2010)
  • Superficie: 65 143 km2 (2007)
  • Densité: 2 hab./km² (2007)
  • Taux de natalité: 9,2 ‰ (2004)
  • Taux de mortalité: 7,5 ‰ (2003)
  • Langue parlée à la maison
    • Français, 94,8 %
    • Anglais, 3,6 % (5 100 personnes en 2006 et 5 265 en 2001)
    • Langue algonquine, 1,6 % (environ 2 000 personnes soit un quart de la population totale autochtone, les autres ont l'anglais le plus souvent ou le français comme langue maternelle.)[2]
  • Langue parlée au travail (2001)
    • Français, 78,6 %
    • Français et anglais, 19,1 %[3]

Histoire

Les Abitibis (Cris) et les Témiscamingues (Algonquins) au XVIIe siècle.

D'abord habité depuis 8 000 ans par les Amérindiens et plus spécifiquement par les Algonquins depuis au moins le XIIIe siècle selon certaines recherches archéologiques, le territoire abitibien voit les premières expéditions européennes vers 1670 sous la direction de Radisson, expéditions inhérentes à une stratégie de développement de la traite des fourrures dans la région de la baie d'Hudson et des colonies de la Nouvelle-France. Le Fort Témiscamingue, érigé en un point névralgique sur la berge Est du lac Témiscamingue par un commerçant français en 1720 sur des terres Anicinabées, devient à l'époque un important carrefour pour la traite des fourrures le long de la route de traite de la baie d'Hudson.

Devenu possession française, puis britannique à la suite du traité d'Utrecht, le territoire abitibien appartient ensuite à la Compagnie de la Baie d'Hudson jusqu'à ce que celle-ci soit acquise par le Canada en 1868, et joint aux Territoires du Nord-Ouest. Après de longues négociations auprès du gouvernement fédéral de Sir Wilfrid Laurier par le Québec, l'Abitibi est annexée à la province de Québec le 13 juin 1898 par décret fédéral. Le Témiscamingue de son côté, est déjà à cette époque au sein de la province de Québec, ce depuis le début de la Confédération. Il faisait déjà partie des configurations territoriales de la province, celles même qui composaient le Bas-Canada avant les Actes de l'Amérique du Nord britannique.

Si d'ores et déjà y vivent les Algonquins depuis fort longtemps, le développement à grande échelle du territoire témiscabitibien s'opère significativement vers la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle par le biais du développement de l'agriculture et de la foresterie. Initialement, ce développement prend racine dans la partie sud de la région, menant à la fondation entre autres, de Ville-Marie en 1886, et Témiscaming en 1888, cette dernière subséquemment conçue selon un aménagement urbain de type cité-jardin par l'architecte écossais Thomas Adams à la demande de la papetière Riordon Pulp and Paper Co.

Cependant, les premières vagues coloniales d'importance que rencontre la région, s'amorcent dans les années entourant les deux conflits mondiaux du début du XXe siècle. Faisant fi des aléas et des conditions de vie rudimentaires, des milliers de citadins des centres urbains du sud de la province rejoindront la région. Cette première vague migratoire amène les colons dans la partie septentrionale de la région, principalement le long du nouveau chemin de fer du National Transcontinental Railway. Premier creuset démographique à atteindre cette partie de la région, celui-ci ouvre dès lors le territoire à l'agriculture et conduit notamment à la fondation des villes d'Amos en 1914, de La Sarre en 1917, ou même à l'érection de différentes infrastructures n'ayant nul regard à la colonisation, comme le camp de prisonniers de Spirit Lake[4], instauré afin de servir la Loi des mesures de guerre lors de la Première Guerre mondiale.

Au cours des années 1930, des plans fédéraux et provinciaux tels que le plan Vautrin et le plan Gordon sont mis en œuvre; ces subsides étatiques prenant la forme de dons terriens subordonnées à conditions. Ces deux scénarios de colonisation planifiés tentent entre autres de soustraire des chômeurs des grandes villes victimes du Krach de 1929, et les inciter à investir les régions non développées de la province, tout en accroissant ces populations régionales. Conjugués à la découverte de nombreux gisements aurifères le long de la faille de Cadillac qui amène avec elle des milliers de travailleurs miniers de l'Europe orientale, ces plans de colonisation engendrent ce qui peut être perçu comme la deuxième vague coloniale en Abitibi-Témiscamingue. Sans doute la colonisation la plus pluriethnique qu'ait pu connaître une région périphérique du Québec à l'époque hors Montréal, ce mouvement de colonisation laisse sur son passage plusieurs éléments architecturaux inusités, tels que des églises orthodoxes russes et ukrainiennes et même une synagogue à Rouyn-Noranda.

Ainsi, l'industrie minière, laquelle consiste essentiellement à l'exploitation de gisements d'or et de cuivre, contribuera également à l'effervescence que rencontre la région à l'aube de la seconde grande guerre, alors que de nombreux gisements exceptionnels entrent en phase d'exploitation à travers la région. De nouvelles villes sont alors créées et explosent en quelques années, parmi elles, les villes de Rouyn-Noranda (initialement deux villes distinctes) en 1926 dans l'ouest de la région et Val-d'Or dans l'est de la région en 1934 qui encore aujourd'hui constituent les piliers économiques et démographiques de la région.

Au cours des années 1960 et 1970, conséquemment à la lancée des grands projets hydro-électriques dans le moyen-nord québécois et de par sa situation géographique, la région deviendra progressivement un centre important en ce qui a trait aux relations commerciales avec le Nord-du-Québec et les communautés autochtones. Cet isolement géographique relatif de la région avec le reste du Québec tendra également à favoriser maintes relations culturelles, économiques et sociales avec le nord de l'Ontario, les autochtones de la région et du Nord-du-Québec.

Étymologie

Abitibi: Il y aurait plusieurs variétés orthographiques dans la littérature ethnohistorique sur cet ethnonyme[5]. Selon le père Antoine Silvy[6], les Abitibis, apparentés aux Cris de la baie James et qui peuplent le pourtour du lac Abitibi au XVIIe siècle s’auto-désignent Apittipi anissinape qui signifie « Gens du lac à coloration foncée »[7].

Le terme le plus populaire proviendrait de l'algonquin signifiant : «là où les eaux se séparent». La région est sise sur une ligne de partage des eaux, d'où cette dénomination donnée par les Algonquins à cette région, reprise par la suite par les Européens.

Selon une autre interprétation, ce mot signifierait « eaux mitoyennes » puisque le lac Abitibi (d'où la région tire son nom) est situé à mi-parcours entre la baie d'Hudson et le fleuve St-Laurent. Le mot Abitibi semble venir de "Abitaw" (dont la racine est abitt: milieu, la moitié) et nipiy (eau--qui fait "ipi"--), d'où abitipi: eau de milieu, eau à mi-distance[8].

Témiscamingue : dérive de l'algonquin timiskaming, se décomposant en « timi », (profond), « kami », (étendue d'eau) et «ing», (au) pour ainsi signifier « au lac profond ». On retrouve justement dans cette région un grand lac très profond appelé Lac Témiscamingue[9]. Les Témiscamingues, apparentés aux Algonquins et qui peuplent le pourtour du lac Témiscamingue au XVIIe siècle s’auto-désignent Sagi wan icana bi[7].

Géographie

Quatrième plus vaste région du Québec, seulement devancée par le Nord-du-Québec, la Côte-Nord et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l'Abitibi-Témiscamingue a une superficie de 65 000 km2 soit plus de 2 fois la Belgique. Région la plus à l'ouest du Québec, elle s'étend depuis la frontière ontarienne à l'ouest jusqu'à la Mauricie à l'est, puis de l'Outaouais au sud jusqu'au Nord-du Québec dans sa limite septentrionale, soit au 49e parallèle. À titre indicatif, la ville la plus au sud est Témiscaming (46°45'), la plus au nord; Val-Paradis (49°09'), la plus à l'est; Senneterre (47°14') et la plus à l'ouest; La Reine (49°30')

Situé à même le bouclier canadien, la région est en partie composée de plateaux et de collines peu élevées et l'élévation moyenne y dépasse difficilement les 300 mètres. On retrouve néanmoins quelques petites formations montagneuses, comme les collines Abijévis, situées dans le Parc national d'Aiguebelle, (mont Dominant, 565m) et les collines Kékéko, se situant au sud-ouest de Rouyn-Noranda (colline Cheminis ou le Mont Chaudron) (Arntfield) à 507 mètres). Cependant, le plus haut sommet se situe à l'est de Senneterre ou une colline sans nom au registre officiel culmine à 599;(la deuxième colline la plus élevée, également anonyme, atteint 598 mètres).

Les bassins hydrographiques sont composés d'une importante quantité de cours d'eau, dans l'ensemble peu profonds dans la partie nord vu la relative planéité du relief. Si la partie nord appartient au bassin versant de la baie James, inversement la partie sud appartient au bassin versant de l'Outaouais et du Saint-Laurent. L'Abitibi est située sur la ligne de partage des eaux, qu'une série de petites collines forme, scindant en deux versants le relief abitibien.

C'est pourquoi deux des principales rivières de cette région progressent en directions opposées. Alors que la rivière Kinojévis sillonne le sol argileux des plateaux abitibiens sur 140 km afin de rejoindre la rivière des Outaouais au sud, la rivière Harricana chemine vers le nord sur 553 km avant d'aboutir dans la Baie James. Parmi les principaux lacs de la région, on répertorie notamment le lac Osisko, ceinturé par le centre-ville de Rouyn-Noranda et apparaissant régulièrement sur certaines cartes en tant que lac Tremoy. Si ce lac est plutôt connu, il n'est toutefois pas important en taille, les lacs Témiscamingue, Kipawa, De Montigny, Malartic, Preissac, Abitibi étant parmi les plus vastes.

La forêt y est variée, passant d'une forêt mixte dans le Témiscamingue à la forêt boréale en Abitibi, et les terres étonnamment riches près des lacs Abitibi et Témiscamingue; l'ancienne période glacière ayant déposé de riches ceintures d'argile à ces endroits.

Parcs Nationaux

La région comporte un seul parc, le parc national d'Aiguebelle, qui contrairement à ce que son nom l'indique, est de ressort provincial.

Municipalités régionales de comté

Carte des municipalités régionales de comté de l'Abitibi-Témiscamingue.

Municipalités autochtones hors MRC

Ce sont des réserves et établissement Algonquins.

  • Réserve d'Eagle Village First Nation ou Kebaowek- Plus connu sous le nom de Kipawa (612 habitants)
  • Établissement d'Hunter's Point - Wolf lake (239 habitants).
  • Établissement de Grand-Lac-Victoria - Kitcisakik (334 habitants).
  • Réserve de Lac-Simon (1311 habitants).
  • Établissement de Winneway (624 habitants).
  • Réserve de Pikogan (727 habitants).
  • Réserve de Timiskaming (1487 habitants).

Festivals

La Ville de Rouyn-Noranda a lancé officiellement, le 22 mars 2010, sa candidature au titre de « Capitale culturelle du Canada 2012 ».

Références

  1. Guide des collectivités indiennes et Inuites du Québec en 2003
  2. L'état des langues autochtones sur le site du Ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, peuples autochtones
  3. Institut de la statistique du Québec
  4. Site du camp de prisonniers de Spirit Lake
  5. John J. Honigmann, West Main Cree, dans June Helm (dir), Handbook of North American Indians Vol. 6, Subarctic. Smithsonian Institution Washington, D.C, 1982.
  6. Antoine Silvy prêtre jésuite, missionnaire, né le 16 octobre 1638, à Aix-en-Provence, France, mort le 24 septembre 1711, à Québec.
  7. a et b Histoire de l’Abitibi Témiscamingue. Collectif Odette Vincent, M. Asselin, B. Beaudry Gourd, C. Mercier, R. Viau, M. Côté, J-P Marquis, M. Riopel, C. Sabourin, 1995, IQRC, Collection Les régions du Québec, ISBN 2-89224-251=7
  8. "Noms géographiques de la province de Québec et du Canada / Nos découvreurs :Traduction des noms empruntés aux langues amérindiennes du Canada, Éditions des amitiés Franco-Québécoises,1999
  9. Noms et lieux du Québec : si chaque lieu m'était conté. Commission de toponymie du Québec. Les Publications du Québec, 1997

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