28 août 1944

Libération de Nice

Bataille de Nice
Informations générales
Date 28 août 1944
Lieu Nice
Issue Victoire française
Belligérants
Flag of Free France 1940-1944.svg Forces françaises de l'intérieur Flag of Germany 1933.svg Allemagne
Bannieremilice.png Milice française
Commandants
Général Nickelman
Pertes
23 morts,
280 blessés
25 morts,
105 prisonniers
Seconde Guerre mondiale
Batailles
2e campagne de France
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La libération de Nice eut lieu le 28 août 1944. Les Alliés n'arrivèrent que deux jours plus tard.

Les insurgés n'étaient qu'une centaine au début de la journée, mais l'ampleur qu'avait pris le soulèvement en fin de journée poussa l’occupant allemand à fuir la ville.

Le bilan fut de 23 morts et de 280 blessés du côté des insurgés niçois. Les Allemands perdirent quant à eux 21 hommes et 105 furent prisonniers ainsi que 4 morts côté italien. Dans un discours prononcé le 9 avril 1945, Place Masséna à Nice, le général de Gaulle évoqua la libération de la ville en ces termes: « Nice, le 28 août 1944, par l’héroïque sacrifice de ses enfants, s’est libérée de l’occupant. (..) Nice libérée, Nice fière, Nice glorieuse ! »


Sommaire

Déroulement

27 août

La veille, le 27 août, le Comité insurrectionnel prit la décision de déclencher le soulèvement général pour le lendemain dès six heures, bien que ne disposant que d’un peu plus de cent hommes armés de grenades, de 20 mitrailleuses, 40 mousquetons et quatre mitrailleuses lourdes.

28 août, jour de l’insurrection

A l’heure dite, des combats éclatent simultanément en plusieurs points de la ville. Les Francs-tireurs partisans dressent une première barricade au passage à niveau et, à l’angle du boulevard Auguste Raynaud, un véhicule de gradés allemands est neutralisé par une grenade, les résistants récupérant leurs armes ; à 7h30, un camion allemand tractant une arme lourde arrive par le boulevard Joseph Garnier et est lui aussi attaqué à la grenade: les assaillants s’emparent d’une mitrailleuse lourde et de Mausers ; un troisième véhicule subira le même sort tandis que les habitants construisent une deuxième barricade pour empêcher les renforts allemands de passer.

Bientôt les groupes Francs du mouvement Combat viennent appuyer leurs camarades; à 10 heures, la plupart des gardiens de la Paix rejoignent les insurgés; on se bat dans toute la ville et un chef de groupe surnommé « Loulou » se signale en tuant six allemands en cinq minutes[réf. nécessaire].

Le général Nickelman, commandant des forces allemandes, fait savoir à midi que si l’insurrection ne cessait pas immédiatement, il ferait bombarder la ville et la mettrait à feu et à sang, tous les combattants pris seraient traités en franc-tireurs et fusillés sur place.

De ses retranchements de Gairaut, du Mont-Alban de la caserne Auvare et du col de Villefranche, l'occupant canonne la ville, mitraillant le Vieux-Nice depuis le Château; la mutinerie des servants Polonais gênera cependant momentanément la défense allemande.

Malgré le repli de la colonne niçoise de la Milice française, daté du 15 août par Jacques Delperrié de Bayac[1], Joseph Girard signale la présence de miliciens ayant épaulé les allemands pour la reprise momentanée d'un blockhaus au pont de la Brague[2]

Dans la journée les rangs des combattants augmentent pour atteindre le millier, avec peu d’armes et de munitions: l’on attendait l’arrivé des maquisards qui, près de Levens, harcelaient les troupes allemandes refluant vers l’Italie.
En peu de temps et malgré les tirs nourris de mortiers, toutes les positions stratégiques tombent aux mains de la Résistance: la Poste Thiers, la gare SNCF, les Ets Michel, le siège de la police, puis la Gendarmerie, le lycée Masséna, la Préfecture, l’Hôtel de Ville, l’Usine à Gaz, le siège de la Milice française, le dépôt du TNL, la gare Saint-Roch, la caserne Filley.

Les locaux de l’Éclaireur sont investis ainsi que les principales imprimeries et l’on commence immédiatement à imprimer tracts et affiches appelant à la révolte.

Mitrailleuse MG34 prise a l'ennemi.

L’après-midi, vers 18 heures et après d’âpres combats, les blockhaus du boulevard Gambetta, de l’avenue de la Victoire et de la place Saluzzo sont pris d’assaut, mais la lutte se poursuit autour de certaines positions. Les Allemands comprennent en fin de journée qu’il ne pourront faire face au soulèvement populaire, et la Kriegsmarine évacue en hâte le château, tandis que le général Nickelman informe son état-major général qu’il va être contraint d’évacuer la ville, selon lui « infestée de quatre mille terroristes »[réf. nécessaire].

Vers 19 heures les artificiers allemands font sauter le port de Nice, deux môles, le phare, les grues, et coulent plusieurs navires à quai. Deux heures plus tard, la flotte alliée canonne les blockhaus du front de mer, déjà abandonnés par leurs occupants. Toutes les forces allemandes se replient, mitraillant la ville au passage.
En l'absence de contre-offensive, les libérateurs purent défiler dans les rues de Nice dès le lendemain. Les troupes américaines entrèrent dans la ville deux jours plus tard.

Galerie

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Bibliographie

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"La Résistance azuréenne" de Jean-Louis Panicacci aux Éditions Serre (1994) (ISBN 2864102110)

Voir aussi

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Notes et références

  1. Histoire de la Milice 1918-1945, éd. Fayard, 1969
  2. La Résistance et la libération de Nice, la fin d'une légende, Serre, 2006
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