Autobus de ville

Autobus

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Bus standard Irisbus Agora à Lyon.
Bus bi-articulé Van Hool.

Un autobus ou bus est un véhicule affecté au transport urbain de voyageurs, contrairement à un autocar (ou car), qui est un véhicule affecté aux transports interurbains, principalement scolaires, linéaires ou touristiques. Souvent confondus, on peut toutefois les regrouper dans la catégorie des véhicules automobiles pour le transport en commun de voyageurs.

Sommaire

Étymologie

Article connexe : Omnibus.
Omnibus parisien par David W. Bartlett

À Nantes, en 1826[1], Étienne Bureau, petit-fils d'armateur[2], imagine un véhicule pour transporter les employés entre les bureaux situé dans la rue Jean-Jacques Rousseau et les entrepôts Salorges où se trouvent les services de la Douane.

Il crée alors le premier omnibus, qui doit son nom à la boutique de chapelier « Omnes », située place du port au Vin (devenue place du Commerce), où stationnaient les véhicules. C'est ainsi que les usagers de la ligne prennent l'habitude de dire : « Je prends (ou je vais à)... l'omnibus ! »

Historique

En 1825 à Nantes, Stanislas Baudry, un ancien officier de l’Empire, désire attirer des clients dans le quartier de Richebourg où il a installé un établissement de bains chauds. Les bains sont alimentés à partir de la récupération de l’eau de condensation d’une chaudière qu’il utilise pour actionner une minoterie à vapeur [3], la « Pompe à feu de Richebourg » [4]. Il met une voiture à disposition de ses clients. Il s’aperçoit que sa clientèle préfère fréquenter sa voiture que son établissement de bains chauds[2][3]. Il demande donc à la municipalité l’autorisation d’établir un service de voitures publiques entre le quartier de Richebourg et les entrepôts Salorges, succédant ainsi à Etienne Bureau en créant la première ligne d’omnibus urbain. Le 10 août 1826, il fonde une entreprise comportant deux voitures suspendues pouvant recevoir chacune 16 personnes. L'une relie la rue de Richebourg aux Salorges où se trouve l’entrepôt des Douanes, l'autre relie le pont de la Poissonnerie à la tour de Pirmil.[5]

Après la Seconde Guerre mondiale, l'autobus remplaça progressivement le tramway dans la majorité des villes de France, d'Espagne, de Grande-Bretagne et d'Amérique du Nord.

À partir des années 1980, l'autobus est parfois remplacé par le tramway, voire le métro, sur les lignes à fort trafic de certaines grandes villes. Ces autres modes de transport ont un coût d'investissement élevé, mais une plus forte capacité modulable, un coût d'exploitation plus faible et sont moins polluants, du fait de leur traction électrique.

Autobus et autocar : les différences

Autobus

Intérieur d'un Mercedes-Benz Citaro.

Le terme autobus fait référence à un usage urbain ou périurbain dans lequel la vitesse des véhicules est relativement faible et les arrêts fréquents. On y autorise donc la station debout, et ces véhicules comportent plusieurs portes pour la montée et la descente des voyageurs. Ils sont interdits sur voie autoroutière et ne peuvent donc pas toujours emprunter les rocades des grandes villes.

Désormais, les autobus sont très souvent à boîte de vitesses automatique. Les autobus les plus récents sont surbaissés pour faciliter la montée et la descente des passagers à mobilité réduite (handicapés, personnes âgées, personnes avec poussettes) ; ils peuvent s'incliner vers le trottoir et certains sont même munis d'une rampe rétractable allant jusqu'au sol.

Capacités

Bus bi-articulé à Curitiba (Brésil).

Les autobus les plus courants peuvent transporter environ 100 personnes, la compagnie de bus norvègienne Oslo Public Transport, dans une publicité, a fait un calcul qui a permis de déterminer qu'un tel bus équivalait à un bouchon de voitures d'à peu près 1 kilomètre de long, en calculant 1 mètre entre chaque voiture et une longueur moyenne de 5 mètres pour les automobiles[6]. Le covoiturage n'est pas pris en compte dans cette publicité.

Pour les lignes urbaines à faible trafic ou circulant dans des rues étroites (centre-ville historique, etc …), on utilise généralement des minibus. Il s'agit d'autobus à gabarit réduit. Leur largeur est inférieure à 2,55 m et leur longueur est comprise entre 8 et 10 mètres.

Pour les lignes urbaines à fort trafic, on utilise parfois des autobus articulés de 18 m, voire 26 m pour les bi-articulés, qui apportent un gain de capacité notable (jusqu'à 160 passagers).

Autocar

Article détaillé : Autocar.

Pour les liaisons interurbaines, on utilise des autocars, dans lesquels les voyageurs sont obligatoirement assis. La directive 2003/20/CE du Parlement européen impose d'ailleurs l'usage des ceintures de sécurité dans les autocars qui en sont équipés (ceux qui ont été mis en circulation après le 1er octobre 2001). Le Code de la route français a été modifié dans ce sens en juillet 2003.

Les autocars sont équipés de soutes dans lesquelles les passagers peuvent déposer leurs bagages encombrants. Ces soutes sont situées sous l'habitacle et, par conséquent, les autocars sont sensiblement plus hauts que les autobus. Pour les longues liaisons (souvent de nuit), certains autocars disposent de toilettes et de couchettes ou de sièges inclinables.

Les autobus sont surtout conçus pour effectuer des trajets moins longs que leurs grands frères, les autocars.

Typologie

Certains autobus sont organisés en deux niveaux ou ponts : on parle dans ce cas d'impériale (bus à impériale de Londres, autocars de tourisme à impériale). L'intérêt est de disposer de plus de place dans un véhicule de même longueur et présentant la même manœuvrabilité. Cependant, la hauteur supplémentaire induite par cette organisation pose des problèmes de sécurité, des accidents graves étant survenus lors du passage sous des ouvrages d'art trop bas. Il impose un élagage (des arbres) plus grand et l'installation de l'escalier fait perdre une partie de l'avantage de capacité. La vue est souvent meilleure, au moins plus dégagée, pour les passagers du premier étage.

Certains autobus sont constitués de deux parties articulées entre elles afin d'augmenter la capacité de transport de chaque véhicule.

Bus à impériale

Bus à impériale à Londres (Angleterre).
Article détaillé : Bus à impériale.

Un bus à impériale est un bus à deux niveaux, dont l'étage supérieur peut être décapotable ou carrossé. Ces bus sont très répandus dans le monde entier soit pour utilisation touristique ou de transport en commun, mais cette dernière utilisation est moins courante. Le nom vient du fait que ce genre de bus est utilisé à Londres.

Bus articulé

Bus articulé également appelé bus accordéon ou bus-double.

Droit

En Europe

Dès le 1er octobre 2009, dans l’Union européenne, tout véhicules lourds immatriculés pour la première fois doit respecter la norme Euro V, qui par rapport à la précédente (Euro IV du 1er octobre 2006) diminue les seuils maximum d’émission d'oxydes d’azote (de 3,5 g/Kwh à 2 g/Kwh). Les seuils d'émissions d’hydrocarbure (0,46 g/Kwh), de monoxyde de carbone (1,5 g/Kwh ) et de particules (0,02 g/Kwh) sont inchangés.
Euro VI entrera en vigueur le 31 décembre 2012 et diminuera les émissions autorisées d'oxydes d'azote (-80%) mais aussi d'hydrocarbures (-72%) et de particules (-50%). La norme pour le monoxyde de carbone restera inchangée, mais une nouvelle norme apparaît pour l'ammoniac (10 ppm).

Selon la fédération Nationale des Transports Routiers (ferançaise), ces normes Euro, ont déjà permis de réduire de 2 à 3 fois les émissions polluantes du début des années 90 : en 20 ans la pollution des véhicules a chuté de 49 % pour l’oxyde d’azote, 61 % pour les particules, 64 % pour le monoxyde de carbone et 99 % pour le souffre, mais l'augmentation de la circulation et du nombre de véhicules a en partie limité les effets positifs de la norme en bilan net.

En France

Le texte de base du transport de voyageurs en France reste la Loi d'Orientation des Transports Intérieurs du 30 décembre 1982, dite LOTI, amendée par divers textes[7].

Un même permis de conduire est nécessaire pour les autobus et les autocars : le permis transports en commun (D en France)[8], obligatoire dès que le nombre de passagers potentiels du véhicule, conducteur compris, dépasse neuf personnes. En dessous de ce nombre, les dispositions légales applicables sont celles des véhicules de tourisme. Ce permis est valable pour tous les véhicules assimilés au transport de voyageurs.

Les conducteurs doivent également passer la FIMO (formation initiale minimale obligatoire). Un rappel (FCOS ou formation continue obligatoire de sécurité) a lieu tous les 5 ans[9].

Les conducteurs sont de plus soumis à de nombreuses règles sociales en ce qui concerne les temps de conduite et la durée du travail. Elles varient selon leur activité.

La réglementation sociale européenne s'applique aux conducteurs d'autocars ou d'autobus effectuant des lignes de plus de 50 km[10] avec :

  • une pause de 45 minutes toutes les 4 h 30 de conduite, fractionnable en pauses de 15 minutes minimum + 30 minutes minimum (en respectant l'ordre 15+30) (4 h maxi entre 21 h et 6 h) ;
  • une période de conduite maximale de 9 heures pouvant être portée à 10 heures deux fois par semaine.

À cela s'ajoute le décret n° 2003-1242 sur la durée du travail dans le transport de personnes[11] :

  • La durée du travail effectif maximale est de 10 heures mais peut être portée à 2 fois 12 heures sous condition. Elle comprend les temps de conduite, de mise à disposition et les autres travaux.
  • L'amplitude comprend la durée du travail effectif et les pauses.
  • Dans le transport régulier, l'amplitude est de 13 h mais peut être portée à 14 h sous réserve d'autorisation de l'inspecteur du travail des transports. Dans le transport occasionnel, elle est fixée de droit à 14 heures.
  • Interdiction de travailler plus de 9 heures au-delà de 12 heures d'amplitude.
  • Obligation de respecter une pause de 11 h minimum entre deux amplitudes pouvant être réduite jusqu'à 9 h, trois fois par semaine maximum.

Ce décret est applicable à l'ensemble des conducteurs du transport de personnes sauf les salariés des entreprises soumises à la convention collective des transports urbains.

Les autocars sont limités à une vitesse maximale de 90 km/h sur routes (100 km/h sur autoroutes s'ils disposent de l'ABS).

Un chronotachygraphe analogique (ou disque dans le jargon du métier) enregistre en continu la vitesse du véhicule en fonction de l'heure, permettant aux forces de l'ordre de vérifier à la fois les temps de conduite, le respect des pauses et le respect des vitesses maximales autorisées. Il se présente sous forme d'un disque de carton, noir à l'origine, recouvert de paraffine, que le chauffeur insère sous le compteur de vitesse à sa prise de fonctions. Il ne peut l'en retirer qu'à la fin de son temps de conduite. Un seul disque est admis par 24h sauf si en changeant de véhicule le disque n'est pas compatible avec l'autre chronotachygraphe.

Il n'est pas obligatoire que le car soit équipé d'un chronotachygraphe et donc, même si le véhicule en est équipé, de placer un disque à l'intérieur s'il s'agit de lignes régulières de moins de 50 km (cas des réseaux urbains notamment).

Depuis le 1er mai 2006, le chronotachygraphe numérique ou électronique a été mis en place. Il est obligatoire dans tous les véhicules neufs de plus de 9 places (conducteur compris) de transport en commun de personnes. Une carte à puce remplace le disque de « papier ». Elle est personnelle et appartient au conducteur (et non à l'employeur). Sa photo d'identité y figure. Elle a une durée de validité limitée à 5 ans. La carte à puce conserve en mémoire tous les trajets, les repos, les excès de vitesse... des 28 derniers jours. L'appareil, lui, conserve ces données pendant 1 an. Il existe quatre types de cartes à puce : carte conducteur, carte entreprise, carte ateliers (mécaniciens), carte contrôleurs (police, DRE, inspection du travail ...).

Pour des trajets interurbains longs, deux chauffeurs (ou plus) peuvent — ou doivent au regard de la réglementation susvisée — se relayer, effectuant une rotation toutes les 4 h 30 par exemple pour optimiser le temps pendant lequel le véhicule roule. Chacun met un disque dans le tachygraphe ou une carte à puce.

Réseaux d'autobus

Constructeurs

Constructeurs de bus

Les principaux constructeurs de bus sont :

Carrossiers

Notes et Références

  1. Julien François Turgan, Les grandes usines, études industrielles en France et à l'étranger, Michel Lévy Frères, 1863 (réimpr. 1874, 1878, 1879), 50 p. (OCLC 5061811), partie Les Omnibus de Paris 
  2. a  et b 10 août 1826 : premiers omnibus à Nantes
  3. a  et b Musée des Transports - Histoire générale des transports
  4. «  », dans Revue de Bretagne et de Vendée, J. Forest ainé : Mazeau, vol. 5 « TOME 5 », 1879, p. 165 :
    « [...]M. Baudry exploitait, en face d la grande gare actuelle, une minoterie à vapeur, bien connue alors sous le nom de Pompe à feu de Richebourg. »
     
  5. Musée Dobrée, exposition, Pièces d'histoire, les transports nantais, Les omnibus à traction hippomobile
  6. (fr)Comment éliminer une file de voitures de 1 kilomètre de long sur antivoitures.free.fr
  7. Transport routier de voyageurs > Réglementation . Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire. Dernier accès à l'url le 1er août 2008
  8. Permis D : véhicules affectés au transport en commun des personnes. Service-public.fr. Dernier accès à l'url le 1er août 2008
  9. La FIMO/FCOS transport interurbain de voyageurs. Direction Régionale de l'équipement d'Ile de France. Dernier accès à l'url le 1er août 2008
  10. Règlement (CE) no 561/2006 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2006. Eur-Lex. Dernier accès à l'url le 1er août 2008
  11. Décret 2003-1242. Légifrance. Dernier accès à l'url le 1er août 2008

Voir aussi

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