Art Aztèque

Art aztèque

Arts précolombiens

Par zone géographique
Art des Andes centrales
Art de l'Équateur

Par civilisation
Art aztèque
Art inca
Art maya
Art olmèque
Art toltèque
Art zapotèque
Précolompédia

Voir : Civilisation précolombienne - Chronologie
Projets : Amérique précolombienne - Archéologia


L’art aztèque s'inscrit dans une tradition culturelle millénaire dont toute la production fait partie du cœur de l'espace mésoaméricain. Les Mexicas, autre nom des Aztèques, héritiers de plus de trente siècles de civilisation, adoptent et améliorent en effet les techniques artistiques et architecturales des peuples qui, avant eux, dominèrent le Mexique central. La production artistique et architecturale de la civilisation aztèque s'étend du XIVe au début du XVIe siècle, entre la formation de la Triple Alliance à la conquête espagnole. De nombreux objets ont été détruits ou envoyés en Europe.

Sommaire

Histoire et caractéristiques principales

Les débuts de la culture aztèque

Article détaillé : Époque préhispanique du Mexique.
Aztec Sun Stone Replica cropped.jpg
Monde aztèque
Société aztèque

Nahuatl
Mythologie aztèque
Religion aztèque
Astrologie aztèque
Calendrier aztèque
Art aztèque

Histoire des Aztèques

Aztlan
Codex indigène du Mexique central
Triple alliance aztèque
Conquête de l'Empire aztèque
Siège de Tenochtitlan
Noche Triste
Moctezuma II
Hernán Cortés

Les Aztèques ou Mexicas sont un peuple chichimèques venus du nord du Mexique et qui s'installe en Mésoamérique. Ils étaient considérés comme des barbares par les cultures du centre du Mexique. Ils apportent leur langue (le nahuatl), de nouvelles croyances astrales, la pratique des sacrifices humains et une organisation militariste de la société[1]. Leur migration vers le sud semble se faire en l'an 1-couteau de silex (1116) ou peut-être au moment de la chute de Tula en 1168[2]. Guidés par le dieu Huitzilopochtli, ils errent pendant plusieurs générations avant de se fixer sur le site actuel de Mexico. Les Mexicas fondèrent la ville de Tenochtitlan sur une petite île marécageuse au milieu du lac Texcoco, en 1325. En 1375, ils élirent leur premier chef (Huey Tlatoani), Acamapichtli, qui venait de Colhuacan et appartenait à une dynastie toltèque[3]. Au XVe siècle, le chef aztèque Itzcoatl, s’allia avec deux autres cités-états pour former la Triple alliance aztèque. Celle-ci réussit à imposer sa domination sur la vallée de Mexico et étendit son influence du golfe du Mexique au littoral du Pacifique. Tenochtitlan devint progressivement la cité-État la plus puissante sur le plateau central du Mexique. Sous Tlacaelel et Moctezuma I (1440-1469), l'Empire aztèque se forme par des conquêtes.

L’Empire aztèque connut son apogée sous le règne d’Ahuitzotl entre 1486 et 1502. En moins de 200 ans, l’humble peuple nomade chassé par plus puissant que lui était devenu le maître de la vallée de Mexico et de ses environs. Les Mexicas attribuaient leur succès à Huitzilopochtli et adoraient conter la glorieuse épopée de leur longue errance dans le désert. L'« empire » qu'ils bâtirent rapidement et la soumission des nations occupant ce territoire trouvait leur légitimité dans le fait que les Tenochcas (autre nom pour désigner les Aztèques) étaient d'après eux-mêmes le peuple élu du soleil pour diriger le « monde ».

Le successeur d’Ahuitzotl, Motecuzōma Xocoyotzin (plus connu sous le nom de Moctezuma II), poursuivit l'organisation administrative de l'empire. Il était Hueyi Tlatoani depuis 17 ans lorsque le conquistador Hernán Cortés débarqua sur les côtes mexicaines au printemps 1519. Ce dernier conclut une alliance avec la confédération de Tlaxcala qui était depuis longtemps ennemie des Aztèques. Les Espagnols et leurs alliés amérindiens finirent par faire disparaître l'Etat aztèque. A partir d'août 1521, ils entrèrent dans la capitale Tenochtitlan et la réduirent à néant. Après la mort de Moctezuma II, l’empire aztèque tomba entre les mains d’empereurs affaiblis comme Cuitláhuac ; puis il fut dirigé par des chefs fantoches comme Andrés de Tapia Motelchiuh, choisi par les Espagnols. L'exécution de Cuauhtemoc en 1524 marque la fin de l'Empire aztèque

Une culture originale de la synthèse

L'art aztèque emprunte de nombreux éléments aux héritages de l'époque classique et aux autres cultures contemporaines. Il s'inspirait des Olmèques pour les sculptures monumentales[4].

Chez les Aztèques, la différence entre les arts majeurs et les arts mineurs, les artistes et les artisans est presque imperceptible : à l'instar d'habiles sculpteurs, existent de bons orfèvres et des artisans travaillant les plumes (du nom d’amantecatl). En revanche, la société nahua préhispanique connaissait un grand nombre de catégories d'artistes. Le terme nahuatl utilisé pour définir les artistes est toltecatl (toltèque), car les Aztèques estiment que les arts sont nés à Tula, grâce à l'influence de Quetzalcoatl. De ce terme en découlent d'autres qui indiquent les différentes branches artistiques, comme nous l'avons vu plus haut : la décoration avec les plumes, celle de l'écriture et de la peinture, les deux ayant pour les Mexicas le même statut, et le travail des pierres semi-précieuses.

La société aztèque accorde une grande importance à la guerre qui fournit des prisonniers pouvant être sacrifiés. Elle est également hiérarchisée à l'arrivée des Espagnols. Les classes supérieures cherchent à se distinguer du peuple et commande des œuvres d’art. Elles achètent des objets venus de tout l'Empire et acheminés vers Tenochtitlan.

Si l'art aztèque fut essentiellement religieux, il utilisa aussi des thèmes profanes  : les Aztèques s’intéressaient à la nature et à leur histoire.

Les moyens techniques

Les Aztèques ne maîtrisaient pas la métallurgie. Ils ne possédaient pas d’animaux de trait ou de bât. Les matériaux étaient transportés par bateau sur les lacs et les canaux.

Architecture et urbanisme mexica

Généralités

Malgré sa destruction systématique par les Espagnols, l'architecture et l'urbanisme aztèques sont les mieux connus pour la capitale Tenochtitlan. D'ailleurs, les autres villes de l'empire reprennent le même plan que la capitale[5]. Le centre était occupé par un quartier religieux entouré par une enceinte. Celle-ci était trapézoidale à Cempoala, rectangulaire à Huexotla et à Cholula[5]. À l'intérieur de l'enceinte se trouvaient de nombreux temples, des collèges religieux, des palais, etc.

L'architecture des temples aztèques est la plus facile à décrire : ils avaient la forme d'une pyramide tronquée et se composaient de plusieurs bâtiments emboîtés (6 à Tenayuca par exemple[5]). Chaque génération construisait en effet un nouvel édifice par dessus le précédent. En 1507, lors de la cérémonie du Feu nouveau, le temple de la montagne des étoiles fut reconstruit[6]. Au sommet de la pyramide se trouvait un petit sanctuaire précédé d’une plate-forme pour les sacrifices. Les temples circulaires étaient rares et sans doute destiné au culte du dieu des vents, Ehecatl[7]. Il existait d'autres temples creusés dans des parois rocheuses : on peut citer celui du mont Tlaloc, de Tetzcotzingo, de Malinalco ou encore d'Acatzingo[8].

Dans l’enceinte sacrée des cités se trouvaient également des terrains de jeu de pelote (tlachtli ou ollamaliztli)[7]. La balle en caoutchouc symbolisait le soleil et terrain représentait le monde ; les deux joueurs devaient faire passer la balle dans l'un des deux anneaux de pierre de chaque côté du terrain[7]. Les joueurs la frappaient avec leurs hanches, leurs genoux et leurs coudes. s'agissait d'un jeu dangereux sur lequel les Aztèques faisaient des paris[9].

Tenochtitlan

Article détaillé : Tenochtitlan.

Les témoignages de Cortés et des soldats l'accompagnant dans sa conquête, notamment Bernal Diaz del Castillo, montrent toute leur incrédulité et leur admiration pour les villes aztèques, en particulier pour la capitale Mexico-Tenochtitlan. La ville devait compter entre 500 000 et un million d'habitants[10].

Plan

Vue aérienne de Mexico-Tenochtitlan

Construite à l'image du cosmos, elle était divisée en quatre grandes sections (campan) dont le centre était le Templo Mayor : Cuepopan au nord, Teopan à l'est, Moyotlan au sud et Atzacalco à l'ouest. Ces sections ont été conservées par les Espagnols[11]. Elle était placée sous la responsabilité d'un chef militaire désigné par le pouvoir central[11]. Chaque section comportait plusieurs quartiers ou groupes de maisons, les calpulli[12]. Ce territoire de base avait un chef, un temple, une maison des guerriers et constituait la propriété collective de plusieurs familles[12]. Au total, il y avait une centaine de districts à Tenochtitlan[13].

Tenochtitlan s'étendait sur un carré d'environ 3 km de côté, pour une superficie approximative de 1 000 ha[14]. Le plan de Tenochtitlan était orthogonal. Il s'inspirait grandement de celui de Teotihuacan[6].

Infrastructures et voies de communication

Quatre grandes chaussées traversaient la ville. Bernal Díaz del Castillo rapporte que 10 chevaux pouvaient y passer de front. La ville avait une grande symétrie. La chaussée vers Tlatelcolco mesurait 8 km de long sur 40 m de large[6]. Toutes les constructions devaient être approuvés par le calmimilocatl, un fonctionnaire chargé de l'urbanisme de la ville. Moctezuma Ier avait fait construire un premier aqueduc de 5 km de long[15],[16]. Un deuxième fut aménagé sous Auitzotl entre Coyoacan et le centre[15]. En 1449, une digue de 16 km a été édifiée pour protéger la ville des inondations[17],[18].

Le centre religieux (Templo Mayor)

Article détaillé : Templo Mayor.
Maquette du Templo Mayor
Représentation d'un temple aztèque et d'un sacrifice humain

Au nord de la place centrale, 78 monuments ou bâtiments publics[19] formaient le centre religieux (Templo Mayor). Il comptait une pyramide avec deux sanctuaires ainsi que d'autres temples (de Quetzalcoatl, de Tezcatlipoca, de Ciuacoatl, de Coacalco)[20], mais aussi un collège religieux (calmecac), le Mecatlan (école de musique), des arsenaux[21], un terrain de jeu de paume. Ce centre religieux était fortifié par une enceinte crénelée de têtes de serpents (Coatepantli, « muraille de serpents ») de 300 mètres de large sur 400 de long[22], qui longeait le nord de la place centrale et le flanc du palais de l'empereur Moctezuma II. Elle pouvait contenir 8 000 à 10 000 personnes qui venaient assister aux sacrifices[19].

Le grand temple, construit pour l'essentiel à partir du règne de Moctezuma Ier, possédait trois escaliers pour aller au sommet soit un total de 360 marches[23]. Il fut inauguré en 1455 avec des sacrifices[24]. La pyramide avait une base de 100 m de long sur 80 m de large[25]. Sa hauteur était d'environ 30 mètres[26]. Au solstice d’été, temple principal se trouvait exactement face au soleil levant[13]. Une grande frise entourait le temple principal de Mexico, constituée de 52 panneaux sculptés figurant une procession de guerriers et des serpents[27].

Le complexe platial se trouvait à l'ouest et s'incrivait dans un espace de 200 mètres de côté[28]. Sa superficie était de 24 000 m²[6]. Il comportait plusieurs bâtiments distribués autour d’un jardin : appartements impériaux, tribunaux, magasins, trésor, volière, jardin zoologique, salles de musique et de danse[21], prison. Le palais de l’empereur était accessible en barque[29].

Les autres bâtiments de la ville

Il existait ailleurs dans la ville d'autres monuments prestigieux comme le temple circulaire de Quetzalcoatl. Mais ils ont tous été détruits par les conquistadores.

Seules les maisons des dignitaires comportaient deux étages[30]. Les maisons n'avaient pas de fenêtres sur l’extérieur et s'ouvraient sur une cour intérieure[30]. Chaque maison, même modeste possédait son jardin et son bain de vapeur (temazcalli)[15]. Les maisons modestes étaient coiffée de toits en chaume ; les plus riches possédaient un toit en tuiles[13].

La cité de Tlatelolco

Article détaillé : Tlatelolco.

Tlatelolco est la deuxième ville aztèque la plus importante, avant qu'elle ne soit fusionnée à Tenochtitlan. Elle fut fondée par un groupe de Mexicas rebelles sur un îlot communicant avec Mexico, un peu plus de dix ans après sa création, environ en 1337 après J.-C. Cependant, la ville est cependant assujettie à Tenochtitlan en 1493 après J.C., puis construite de la même manière que celle-ci, avec une enceinte sacrée (dont il reste encore des vestiges) au centre de laquelle se trouve un Templo Mayor. Cette pyramide est très semblable à celui de la capitale aztèque dans sa forme, ses dimensions et ses doubles édifices dédiés à Tlaloc et à Huitzilopochtli. Le conquistador Cortès a décrit un édifice circulaire dont l'entrée avait la forme d'une gueule ouverte (aujourd'hui disparu)[31].

Sculpture

Bas-relief de Coyolxauhqui
statue de Coatlicue
Stèle calendrier

Les Aztèques étaient passés maîtres dans l'art de sculpter divers matériaux : statues monumentales, calendriers, pierres pour les sacrifices. Les idoles étaient en pierre ou en bois recouvert de métaux précieux, de perles et de pierres précieuses. La plupart ont été détruites par les Espagnols.

Des statues des dieux ornaient les lieux de culte : par exemple, on trouvait une statue de Chac-Mool davant le temple de Tlaloc à Tenochtitlan[31]. Les bâtiments religieux étaient décorés de bas-reliefs représentant des serpents, des têtes de grenouilles, etc[31]. Le temple de Huitzilopochtli dans le capitale était décoré de crânes sculptés[31]. On possède un bas-relief en forme de disque représentant le corps démembré de Coyolxauhqui qui se trouvait sur le principal escalier du temple de Huitzilopochtli.

La statuaire aztèque religieuse et profane, utilisait des éléments symboliques tout en faisant preuve d'un réalisme vigoureux. Les dieux anciens étaient de facture archaïque (Tlaloc par exemple)[32]. L'une des œuvres les plus célèbres, conservée à Mexico, est celle du calendrier, figurant un soleil assoiffé de sang en son centre[33]. Le bas-relief en disque de la déesse Cyolxauhqui, découvert en 1978 à Mexico, est un monolithe polychromé. Des objets plus petits temoignent du savoir-faire des artistes aztèques, tels les crânes en cristal de roche conservés à Paris et à Londres[34]. Les empereurs et les souverains commandaient aussi des pièces profanes. Dans le sanctuaire de Chapultepec, la statue de Moctezuma II a été taillée par 14 sculpteurs[35]. Les bas-reliefs décorant les sanctuaires, les autels et les palais représentaient des animaux et des végétaux.

Chaque dieu était représenté avec des attributs et une couleur déterminés. Le plus représenté était Quetzalcoatl[36] sous la forme d'un serpent à plumes ou surgissant d’un serpent ; Xolotl, son jumeau monstrueux, était le plus souvent cynocéphale[36]. Ehecatl le dieu du vent avait une avec bouche proéminente. Chac-Mool était sculpté en position allongée avec un récipient sur le ventre[37]. Tlaloc avait un éventail derrière la tête, des serpents enroulés autour de la bouche et des yeux, une coiffure avec despierres précieuses. Chicomecoatl, l'une des divinité du maïs, était parée d'épis, était peinte en rouge avec une coiffe carrée[38]. Xipe Totec avait souvent les yeux clos et la bouche ouverte en signe de mort. Xiuhtecuhtli ou Huehueteotl, dieu du foyer, avait le crâne evidé pour accueillir le foyer sacré.

L'aigle et le jaguar étaient des symboles guerriers. La chouette était symbole de sagesse, le poisson et la grenouille de fertilité. Le singe figurait les sens mais aussi la punition des péchés sexuels[39]. Des crânes sculptés ornaient les temples ; ils étaient parfois en cristal de roche (?). Un morceau de jade était déposé dans une fente sur la poitrine des macehuatlin[40]. Les figures féminines aux seins nus représentaient les femmes du peuple. Les quauhxicalli étaient des vases-aigles rituels destinés à recueillir le sang et le cœur des sacrifiés[37].

Arts décoratifs et artisanat

Masque de Xipe Totec

Les artisans aztèques excellaient dans l'art du masque en pierre, hérité des Toltèques, dont on faisait un usage funéraire ou religieux. Les couteaux de sacrifice ou les boucliers d’apparat couverts de plumes montrent le raffinement de l'artisanat aztèque. Les empereurs commandaient des objets somptuaires en métal précieux comme la statuette en or de l’empereur Tizoc, conservée à New York, ou encore comme les deux disques de 2,10 m de diamètre en or et en argent offert à Cortés, puis envoyé à l'empereur Charles Quint[41].

Peinture et enluminure

Il n'est pas douteux que les Aztèques ont revêtu de peintures les parois de leurs temples et de leurs palais. Ces œuvres ont été détruites en même temps que les édifices qu'elles ornaient. Un fragment de fresque subsiste toutefois à Malinalco[42],[35], dans un bâtiment attenant au temple monolithique : son sujet semble être une scène où figure le dieu chasseur et guerrier Mixcoatl.

Le scribe mexica portait le titre de « peintre » (tlacuilo en nahuatl). De fait, les manuscrits hiéroglyphiques et pictographiques, que leurs thèmes fussent religieux, historiques ou même administratifs, constituaient avant tout des recueils d'images, des suites de tableaux soigneusement dessinés et coloriés.

Art colonial

Malgré les très nombreuses destructions résultant de la colonisation du Mexique, une forme d'art colonial s'est développé à partir du XVIe siècle ; et ce pour plusieurs raisons : Contexte humaniste européen et développement des cabinets de curiosités, prosélytisme religieux, émergence d'une élite métisse, développement d'un commerce intercontinental, etc. Ce phénomène a en outre permis la conservation et la diffusion – pendant un temps au moins – de nombreuses techniques précolombiennes uniques au monde, comme l'art de la laque mexicaine (technique de collage très différent de la laque asiatique), du papier d'amate ou encore celui de la mosaïque de plumes, d'une extraordinaire virtuosité aux vues des moyens à la disposition des artisans précolombiens. De ces très nombreux ouvrages de plumes envoyés en Europe pour la délectation des princes et collectionneurs, très peu sont parvenus jusqu'à nous. Quatre tableaux en mosaïques de plumes sont aujourd'hui conservés en France, dont deux datant du XVIe siècle :

  • Le Triptyque de la crucifixion, conservé au musée national de la Renaissance à Écouen (Val-d'Oise)[43]
  • La Messe de Saint-Grégoire, conservée au musée des Jacobins d'Auch (Gers)[44].

Historiographie

L'art aztèque a souffert des destructions occasionnées par les Espagnols dès le début du XVIe siècle. Quelques objets et monuments ont été sauvés. Certains ont été décrits par les documents indigènes ou les témoignages espagnols, d'autres ont été découverts grâce aux fouilles archéologiques. Les nouvelles méthodes et approches ont permis de renouvelé le panorama de l'art aztèque.

Les Espagnols n’ont épargné que 2,5 km² du centre de Teotihuacan, la capitale de l'empire aztèqe[45]. Depuis, des fouilles ont été entreprises, essentiellement au XXe siècle, à l'occasion de chantiers urbains (comme le creusement du métro de Mexico) ou de sauvegarde de bâtiments plus récents, comme la cathédrale. Le secteur du Temploy Mayor a par exemple été sondé en 1900, 1915, 1934, 1978[46].

Plusieurs sites ont été classés et l’UNESCO a classé le centre historique de Mexico et Xochimilco sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité en 1987.

Chronologies

Tableau chronologique de DUVERGER[47]
Étapes Datations Caractéristiques
Chasseurs-cueilleurs Arrivée de l’homme vers 7000 avant J.C.
Paléo-sédentaires 7000 à 1200 avant J.C.
Époque I 1200 à 500 avant J.C. Horizon unificateur olmèque
Époque II 500 à 200 après J.C. “Floraisons régionales”
Époque III 200 à 800 après J.C. Méso-Amérique bipolaire
Époque IV 800 à 1300 après J.C. Horizon unificateur toltèque
Époque V 1300 à 1519 après J.C. Horizon unificateur mexica


Tableau chronologique de WILLEY & PHILLIPS[48]
Étapes Datations
Lithique de l’arrivée de l’homme à 8000-7000 avant J.C.
Archaïque de 8000-7000 à 2500 avant J.C.
Pré-classique de 2500 à 300 après J.C.
Classique de 300 à 900 après J.C.
Post-classique de 900 à la Conquête (1519 après J.C.)


Voir aussi

Notes

  1. Jacques Soustelle 2003, p. 9
  2. Jacques Soustelle 2003, p. 10
  3. Jacques Soustelle 2003, p. 17
  4. Nigel Cawthorne 1999, p. 19
  5. a , b  et c Nigel Cawthorne 1999, p. 32
  6. a , b , c  et d Nigel Cawthorne 1999, p. 25
  7. a , b  et c Nigel Cawthorne 1999, p. 35
  8. Nigel Cawthorne 1999, p. 39
  9. Jacques Soustelle 2003, p. 61
  10. Jacques Soustelle 2002, p. 34
  11. a  et b Jacques Soustelle 2002, p. 33
  12. a  et b Jacques Soustelle 2002, p. 32
  13. a , b  et c Nigel Cawthorne 1999, p. 28
  14. Jacques Soustelle 2003, p. 50
  15. a , b  et c Jacques Soustelle 2003, p. 54
  16. Jacques Soustelle 2002, p. 55
  17. Jacques Soustelle 2003, p. 55
  18. Jacques Soustelle 2002, p. 57
  19. a  et b Paul Hosotte 2001, p. 158
  20. Jacques Soustelle 2003, p. 51
  21. a  et b Jacques Soustelle 2003, p. 52
  22. Jacques Soustelle 2002, p. 45
  23. Jacques Soustelle 2002, p. 41
  24. Don Alvaro Tezozomoc, Histoire du Mexique, 1853, pp.151-153
  25. Jacques Soustelle 2002, p. 42
  26. Jacques Soustelle 2002, p. 44
  27. Nigel Cawthorne 1999, p. 59
  28. Jacques Soustelle 2002, p. 49
  29. Jacques Soustelle 2002, p. 37
  30. a  et b Jacques Soustelle 2002, p. 36
  31. a , b , c  et d Nigel Cawthorne 1999, p. 31
  32. Jacques Soustelle 2003, p. 100
  33. Jacques Soustelle 2003, p. 101
  34. Jacques Soustelle 2003, p. 103
  35. a  et b Jacques Soustelle 2002, p. 261
  36. a  et b Nigel Cawthorne 1999, p. 44
  37. a  et b Nigel Cawthorne 1999, p. 56
  38. Nigel Cawthorne 1999, p. 47
  39. Nigel Cawthorne 1999, p. 55
  40. Nigel Cawthorne 1999, p. 52
  41. Jacques Soustelle 2003, p. 108
  42. Jacques Soustelle 2003, p. 105
  43. "Le triptyque aztèque de la Crucifixion", ouvrage collectif, sous la direction d’Alain Erlande-Brandenburg, Cahier du musée national de la Renaissance n°4, Editions RMN, 2004
  44. Pascal Mongne, « La Messe de Saint-Grégoire du musée des Jacobins d'Auch, une mosaïque de plumes mexicaine du XVIe siècle », in Revue du Louvre, n°5/6, Paris, 1994
  45. Nigel Cawthorne 1999, p. 22
  46. Tlatelolco a été fouillée en 1945 et en 1965.
  47. Christian Duverger, La Méso-Amérique, Flammarion, 1999
  48. Willey & Phillips, Method and Theory in American Archaeology, University of Chicago Press, 1958

1. Le triptyque aztèque de la Crucifixion, ouvrage collectif, sous la direction d’Alain Erlande-Brandenburg, "Cahier du musée national de la Renaissance" n°4, Éditions RMN, 2004

2. Pascal Mongne, « La Messe de Saint-Grégoire du musée des Jacobins d'Auch, une mosaïque de plumes mexicaine du XVIe siècle », in Revue du Louvre, n°5/6, Paris, 1994

  • Jacques Soustelle, Les Aztèques, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », Paris, 2003, 128 p. (ISBN 2130537138) .
  • Jacques Soustelle, Les Aztèques à la veille de la conquête espagnole, Presses Hachette Littératures, Paris, 2002, 318 p. (ISBN 2012790801) 
  • Nigel Cawthorne (trad. Daniel Alibert-Kouraguine), L’art des Aztèques, Solar, Paris, 1999, 96 p. (ISBN 2263028609) 
  • Paul Hosotte, L'Empire aztèque. Impérialisme militaire et terrorisme d'État., Economica, Paris, 2001, 332 p. (ISBN 2717841946) 

Bibliographie

  • Le Figaro collections, la Grande Histoire de l'art, les Aztèques
  • Henri Stierlin, L'Art aztèque et ses origines. De Teotihuacan à Tenochtitlan, Paris, Seuil, 1982
  • E. Pasztory, Aztec art, New York, Abrams, 1983
  • H.B. Nicholson, E. Quiñones Keber, Art of Aztec Mexico, treasures, National Gallery of Art, Washington D.C., 1983
  • C. McEwan, Ancient Mexico in the British, Londres, The British Museum Press, 1994
  • E. Carmichael, Turquoise mosaics from Mexico, Londres, The British Museum Press, 1970

Articles connexes

Liens externes

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