Jean Ier de Bourgogne


Jean Ier de Bourgogne
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Jean Ier de Bourgogne
John duke of burgundy.jpg
Titre
Comte de Nevers
13851404
Prédécesseur Philippe II de Bourgogne et
Marguerite III de Flandre
Successeur Philippe de Bourgogne
Duc de Bourgogne
Comte de Flandre
Comte palatin de Bourgogne
14041419
Prédécesseur Philippe II de Bourgogne et
Marguerite III de Flandre
Successeur Philippe III de Bourgogne
Biographie
Date de naissance 28 mai 1371
Lieu de naissance Palais des ducs de Bourgogne à Dijon
Date de décès 10 septembre 1419
Lieu de décès Montereau-Fault-Yonne
Père Philippe II de Bourgogne
Mère Marguerite III de Flandre
Conjoint Marguerite de Bavière (1363-1423)
Enfants Marguerite
Catherine
Marie
Isabelle
Philippe III de Bourgogne
Jeanne
Anne
Agnès

Jean Ier de Bourgogne, dit Jean sans Peur, duc de Bourgogne, comte de Flandre, d'Artois et de Charolais, comte palatin de Bourgogne, seigneur de Mâcon, Châlons et autres lieux (° 28 mai 1371 à Dijon - † 10 septembre 1419 à Montereau-Fault-Yonne), fut près de reconstituer l'ancienne Lotharingie ; mais faute d'avoir su s'imposer aux Anglais, ce prince réformiste ne parvint pas à contrer la réaction du parti Armagnac[non neutre]. Il perdit finalement Paris et trouva la mort lors d'une entrevue avec son rival, le dauphin (futur Charles VII de France).

Sommaire

Biographie

Né le 28 mai 1371 au palais des ducs de Bourgogne à Dijon, il est le fils aîné du duc Philippe II de Bourgogne et de la duchesse et comtesse Marguerite III de Flandre et le frère d'Antoine de Bourgogne, comte de Rethel, puis duc de Brabant et de Limbourg.

Il est d'abord comte de Nevers en 1384, comté qu'il cède à son frère Philippe en 1404, lorsqu'il hérite du duché de Bourgogne.

À l'appel du roi Sigismond de Hongrie, menacé par la progression des Ottomans, il réunit une armée qui combat le sultan Bayezid Ier, mais est vaincu à Nicopolis le 25 septembre 1396, bataille après laquelle il gagne le surnom de « Jean sans Peur ». Son père doit emprunter 200 000 florins à son conseiller Dino Rapondi pour payer sa rançon.

Son père meurt le 27 avril 1404. Il prête hommage au roi Charles VI le 23 mai de la même année et fait son entrée à Dijon le 17 juin 1404. Le 21 mars 1405, sa mère meurt à son tour, après l'hommage rendu le 26 août 1405[précision nécessaire], il prend possession des comtés de Flandre, d'Artois et de Bourgogne. Le 26 janvier 1406, il se fait reconnaître les droits acquis par son père sur la tutelle des enfants de France. Le roi le fait lieutenant général pour la Picardie et la Flandre. Il prend sous sa protection l'abbaye de Saint-Martin d'Autun et constitue six gardiens spéciaux chargés de veiller à tous les intérêts de cette dernière. Il autorise en outre à marquer de ses armes toutes les maisons des sujets de cette abbaye, en signe de sauvegarde[1]. La folie du roi Charles VI entraîne la création d'un conseil de régence présidé par la reine Isabeau de Bavière et où s'opposent de façon irréductible le frère de Charles VI, le duc Louis d'Orléans, et le cousin germain de Charles VI, Jean Ier de Bourgogne. Celui-ci fait assassiner le duc d'Orléans le 23 novembre 1407, ce qui lui vaut d'être exclu du conseil de régence.
Le 23 septembre 1408, il écrase les bourgeois et ouvtiers liégeois révoltés à la bataille d'Othée, obtient l'alliance des duchés de Luxembourg et de Lorraine, et continue la construction de l'État bourguignon[2].

Allié à la reine Isabeau de Bavière, il s'empare de l'autorité royale et reçoit en novembre 1411 la mission de chasser les Armagnacs[Par qui ?], mais la paix d'Arras (4 septembre 1414) l'écarte du gouvernement. En 1416, profitant de la mort du duc Jean Ier de Berry, il s'empare du comté de Boulogne au détriment de la veuve, Jeanne d'Auvergne. Le 29 avril 1417, à Constance, il s'allie avec l'empereur.

Les Armagnacs considèrent la reine Isabeau de Bavière comme suspecte à leur cause et l'écartent du pouvoir, mais Jean sans Peur la rejoint et constitue avec elle à Troyes un gouvernement opposé à celui des Armagnacs. Après avoir suscité, le 12 juin 1418, une insurrection au cours de laquelle le comte Bernard VII d'Armagnac est massacré, ils rentrent à Paris le 14 juillet 1418 où ils transfèrent le gouvernement de Troyes.

Jean sans Peur est assassiné le 10 septembre 1419 par quelques hommes de main des Armagnacs à l'occasion d'une entrevue avec le dauphin à Montereau-Fault-Yonne. Son corps est ramené d'Auxerre à Avallon par Claude de Chastellux qui le remet ensuite à Guillaume de la Tournelle chargé du trajet jusqu'à Dijon.

Article détaillé : assassinat de Jean sans Peur.

Son tombeau

Tombeau de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière.
Gisants de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière.

Comme son père Philippe le Hardi, Jean sans Peur a été enterré à la Chartreuse de Champmol. Philippe le Bon, fils et héritier de Jean sans Peur, se charge de lui faire exécuter un tombeau monumental, digne de son rang de prince, sur le modèle de celui de Philippe le Hardi. La commande en est donnée à Claus de Werve, alors sculpteur officiel des ducs de Bourgogne, qui avait achevé le tombeau de Philippe le Hardi. Le chantier dure en longueur et à la mort de Claus de Werve en 1439, le chantier est confié à son successeur Jean de la Huerta. Il est achevé par un troisième sculpteur, Antoine le Moiturier.

Le tombeau de Jean sans Peur est copié sur celui de son père. Il s'agit donc d'un gisant sur dalle noire, avec un cortège de pleurants en soubassement. Jean sans Peur partage son tombeau avec son épouse, Marguerite de Bavière. La qualité est comparable à celui de Philippe le Hardi, bon nombre de pleurants sont même des copies conformes des pleurants du tombeau de Philippe, mais par la suite, lors du remontage des tombeaux, les pleurants ont été mélangés, rendant difficile toute comparaison stylistique. Déplacé à Saint-Bénigne en 1792, le tombeau est aujourd'hui, comme celui de Philippe le Hardi, présenté au musée des Beaux-Arts de Dijon.

Ascendance


Mariage et enfants

L’année 1385 voit la concrétisation d'une double alliance politico-familiale de la maison de Bourgogne avec les ducs de Bavière-Straubing.

À Cambrai, le 11 avril 1385, le futur Guillaume IV de Hainaut épouse Marguerite de Bourgogne.[3]. Ce mariage, fruit d'une politique d'implantation des deux familles dans les territoires du nord, est célébré le même jour que celui du futur Jean Ier de Bourgogne avec Marguerite de Bavière (-Straubing), le frère et la sœur du premier couple[4].

De cette union, naissent un fils et sept filles :

Il laisse également quatre enfants illégitimes :

  • nés de Marguerite de Borselen :
    • Guy († à Calais en 1436) ;
    • Antoine, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem ;
    • Philippotte ;


Bibliographie

  • Bertrand Schnerb, Jean sans Peur, le prince meurtrier, Paris, Payot, coll. « Biographie Payot », 2005, 824 p. (4 p. de pl.), 23 cm. – ISBN 2-228-89978-X.
  • Philip Vaughan, John the Fearless : The Growth of Burgundian Power (1404-1419), Woodbridge, 2002 (2e éd.).
  • Bernard Guenée, Un meurtre, une société. L'Assassinat du duc d'Orléans, 23 novembre 1407, Paris, Gallimard, collection « Bibliothèque des histoires », 1992, 350 p.
  • Sury, Geoffroy G., « Bayern Straubing Hennegau : la Maison de Bavière en Hainaut, XIVe - XVe s. », (2nd Ed.), Geoffroy G. Sury, Edit., Brussels, © 2010. pp. 149-150,154, 203-205.
  • Prosper Brugière de Barante, Histoire des ducs de Bourgogne de la Maison de Valois : 1364-1477, t. 1, Société typographique belge, Adolphe Wahlen et Compagnie, 1838, 5e éd., 614 p. [lire en ligne (page consultée le 2 septembre 2009)], p. 203 .

Notes et références

  1. Jacques-Gabriel Bulliot: Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, note de la charte 149.
  2. Patrick Van Kerrebrouck, Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 3 : Les Valois, Patrick van Kerrebrouck, 1990 [détail de l’édition], p. 364-5 .
  3. Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing Hennegau, XIV - XVe s. : la Maison de Bavière en Hainaut », Edit. Geoffroy G. Sury, Bruxelles, © 2010 (2e éd.), pp. 149-150,154, 203-205 : - Guillaume de Bavière (alias Guillaume d’Ostrevant, futur Guillaume II duc de Bavière-Straubing alias Guillaume IV comte de Hainaut) et, Marguerite de (Valois) Bourgogne : selon l’acte de mariage dressé à Cambrai, le 11/4/1385, le futur marié bénéficiera de l'héritage paternel (provenant antérieurement d’un héritage maternel, par la Maison d’Avesnes (Avesnes-sur-Helpe), comte de Hainaut aux XIIIe –XIVe s.) en Hainaut, en Hollande, en Zélande et en Frise ; les seigneurs et les villes concernés ratifient l'acte en y apposant leurs sceaux. Il y avait 31 sceaux de cire brune ou verte appendus par des cordons verts de soie laquée à cet acte de mariage sur parchemin de Cambrai daté du 11/04/1385, et ce, dans un ordre très concerté [le duc et la duchesse de Bavière, les seigneurs puis les villes de Hainaut (11 sceaux), puis de Hollande (11 sceaux) et enfin de Zélande (7 sceaux)], 21 subsistent (certains sont endommagés) : le duc de Bavière ; pour le Hainaut, Guy comte de Blois (et seigneur d’Avesnes), Jean de Condeit (de Condé) sire de Moreausmes, Engelbert d'Enghien, les seigneurs d'Antoing, de Briffeul, de Lens, la ville de Mons ; pour la Hollande, le seigneur de Hoerne, Othe, seigneur d'Ercle, les seigneurs de Ghaesebeke, de Montfort, d'Haspere, de Zevenberghe, les villes de Harlem, Delft et Leyde ; pour la Zélande, le seigneur de Haemsteden, Frank(e), seigneur de Borssele (alias, van Borselen), le seigneur de Cruint (Cruninghe) et Rasse de Borssele (alias, van Borselen.) ;
    « Contrat de mariage (année 1385, le 11 avril. Le mariage sera célébré à Cambrai le lendemain, le 12 avril.) entre Guillaume d’Ostrevant (futur Guillaume IV comte de Hainaut) et Marguerite de (Valois) Bourgogne », in, Bibliothèque du château de Chantilly, Mss 1385, folio 58 (traités de 1374-1385)
  4. Geoffroy G. Sury, « Bayern Straubing Hennegau, XIV - XVe s. : la Maison de Bavière en Hainaut », Edit. Geoffroy G. Sury, Bruxelles, © 2010 (2e éd.), pp. 203-204 : « A Beauté-sur-Marne, le 19 février 1385 (date nouv. st.), Philippe II (le Hardi), duc de Bourgogne, comte de Flandre, d’Artois, de Bourgogne et de Rethel, et son épouse Marguerite (Marguerite III (de Dampierre) de Flandre)', déclarent que la prorogation décidée de la célébration du mariage de leurs enfants Jean (futur Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne) et Marguerite (de Bourgogne) et de respectivement Marguerite (de Bavière-Straubing) et Guillaume (Guillaume d’Ostrevant), enfants du duc Albert de Bavière(-Straubing), ne changera en rien les clauses des traités passés à ce sujet ». In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1146, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 243. (Or. sur pch. ; sc. brisé app., 1 sc. disp. ;
    • A Courtrai (Kortrijk), le 11 avril 1385, Philippe (le Hardi), duc de Bourgogne, comte de Flandre, d’Artois, de Bourgogne et de Rethel, et son épouse Marguerite (de Flandre), et le duc Albert de Bavière, bail, gouverneur des comtés de Hainaut, etc., et son épouse Marguerite (Marguerite de Brieg, alias, Margaretha von Schlesien-Liegnitz), font connaître les clauses du traité de mariage conclu entre Jean (futur Jean-sans-Peur) et Marguerite (de Bavière-Straubing), leurs enfants respectifs. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1147, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 243. (Or. sur pch. ; 4 sc. app., dont 2 ébréchés.;
    • A Courtrai (Kortrijk), le 11 avril 1385, Philippe (le Hardi), duc de Bourgogne, comte de Flandre, d’Artois, de Bourgogne et de Rethel, et son épouse Marguerite (de Flandre), font connaître les dispositions complémentaires qu’ils ont prises touchant la fixation du douaire de Marguerite (de Bavière-Straubing), fille d’Albert de Bavière, promise à leur fils aîné (le futur Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne). In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1148, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 243. (Or. sur pch. ; 2 sc. app., dont 1 ébréché. ;
    • A Gênes, le 5 avril 1385 (date nouv. st. : 1386), le pape Urbain (VI) accorde les dispenses nécessaires pour la célébration du mariage de Jean (le futur Jean-sans-Peur), fils aîné de Philippe (le Hardi) de Bourgogne et de Marguerite (de Bavière-Straubing), fille du duc Albert de Bavière. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1149, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 244. (Or. sur pch. ; 1 sc.);
    • A Arras, le 21 juin 1389, Philippe (le Hardi) duc de Bourgogne, etc., donne procuration à Pierre Varopel, receveur général de ses finances, et à d’autres pour recevoir du duc Albert de Bavière, comte de Hainaut, de Hollande, et de Zélande, le reliquat de la dot convenue lors du mariage de la fille de ce dernier (Marguerite de Bavière-Straubing) avec Jean (le futur Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne), comte de Nevers, fils du disposant. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1155, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 245. (Copie dans un acte du 4 juillet 1389 relatant un acte dressé à Arras le 21/06/1389.) ;
    • A Cambrai, le 4 juillet 1389, l’Official de Cambrai fait savoir qu’en sa présence, Pierre Varopel, receveur général des finances de Philippe (le Hardi), duc de Bourgogne, procureur de celui-ci et de son fils Jean (le futur Jean-sans-Peur), comte de Nevers, a donné quittance au duc Albert de Bavière, comte de Hainaut, de Hollande, de Zélande, et à son fils Guillaume, comte d’Ostrevant (en Hainaut), d’une somme de 18.000 florins d’or, dits francs de France, constituant le reliquat de la somme principale attribuée en dot par ledit duc Albert à sa fille Marguerite (de Bavière-Straubing ), à l’occasion de son mariage avec le susdit comte de Nevers. Suit la teneur des lettres de procurations dressées à cet effet, le 21 juin 1389, par le duc de Bourgogne et son fils. Souscription et signature de Jean Creton, tabellion du diocèse de Cambrai et notaire de la curie du même lieu. In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1158, Editions A.G.R., Bruxelles, 1985, p. 246. (Or. sur pch. ; sc. disp.
  5. voir Les Valois, de Patrick Van Kerrebrouck - 1990, page 518.

Voir aussi


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