Musee des Beaux-Arts de Dijon


Musee des Beaux-Arts de Dijon

Musée des Beaux-Arts de Dijon

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Musée des Beaux-Arts de Dijon
Entree musee des Beaux Arts.jpg
Informations géographiques
Coordonnées
Pays France France
Localité Dijon
Informations générales
Date d'ouverture
Collections
Informations visiteurs
Visiteurs / an
Adresse Palais des ducs et des États de Bourgogne
Site officiel mba.dijon.fr

Le musée des Beaux-Arts de Dijon est installé dans l’ancien hôtel des ducs de Bourgogne et dans la partie orientale du palais des états. Cet ensemble architectural, témoignage essentiel sur l’art et l’histoire de la Bourgogne, fut d’abord, à partir de 1364, la demeure des ducs de Bourgogne, de Philippe le Hardi à Charles le Téméraire ; c’est Philippe le Bon qui fit construire le corps de logis principal, dominé par la haute tour qui porte son nom, et les cuisines ducales, chef-d’œuvre de l’architecture civile gothique, situées dans la cour de Bar. En 1477, lorsque Louis XI rattache la Bourgogne au royaume de France, la demeure ducale devient logis du roi. Le palais des états de Bourgogne est élevé à la fin du XVIIe siècle sur un projet de Jules Hardouin-Mansart, avec des adjonctions et des modifications au siècle suivant. L’école de dessin et le museum y seront logés.

Sommaire

Origine du musée

Fondé en 1787, au Siècle des Lumières, pour faciliter l’enseignement des élèves de l'école de dessin créée en 1766 par François Devosge, le musée de Dijon ouvre ses portes au public en 1799.

Composé de deux salles, la salle des Statues, destinée aux sculptures, et le salon Condé, dévolu aux peintures, et qui célèbre pour son décor la gloire des Condé, gouverneurs de Bourgogne, il présente des collections constituées par les œuvres des lauréats des prix de Rome et par les saisies révolutionnaires.

Enrichi par des envois impériaux, des dépôts de l’État, des dons et legs de collectionneurs (Trimolet, Joliet, et plus récemment les donations Granville), et par des acquisitions, le musée s’étendra peu à peu dans l’enceinte du Palais.

Les collections

Les tombeaux des Ducs de Bourgogne

Tombeau de Phillipe le Hardi
Œuvre de Jean de Marville, Claus Sluter et Claus de Werve
Albâtre doré et polychromé, soubassement et dalle de marbre noir de Dinant (Wallonie)
Au premier plan, tombeau de Jean sans Peur et Marguerite de Bavière

Les tombeaux de Philippe le Hardi et Jean sans Peur, les deux premiers ducs Valois de Bourgogne, comptent parmi les monuments funéraires les plus remarquables du Moyen-Âge. Philippe le Hardi confie successivement la réalisation de son tombeau à Jean de Marville et Claus Sluter, un imagier (sculpteur) originaire de Haarlem aux Pays-Bas. Le tombeau n'est pas achevé, ni à la mort du duc en 1404, ni à la mort de Sluter en janvier 1405. Après la mort de Sluter, Claus de Werve, neveu de Sluter, travaille à l'achèvement du tombeau qu'il termine en 1410. Jean sans Peur avait exprimé sa volonté d'édifier « une sépulture semblable à celle de feu son père ». Son tombeau est réalisé entre 1443 et 1470 par les deux sculpteurs Jean de la Huerta et Antoine le Moiturier[1]. Le Moiturier réalise les gisants de 1466 à 1469, et achève en outre pleurants et arcatures. En 1470, le tombeau est mis en place dans le chœur de l'église de la chartreuse de Champmol, en avant de celui de Philippe le Hardi.

Les deux monuments restent dans le chœur de la chartreuse jusqu'à la Révolution où ils sont ensuite déplacés en 1792, sous la direction du sculpteur Attiret, dans la cathédrale Saint-Bénigne. Dans cette cathédrale, devenue en 1793 le temple de la Raison, ils y subissent d'importants dommages et sont entièrement démontés. Les gisants sont détruits, des fragments d'architecture et des pleurants disparaissent, certains récupérés par des amateurs.

En 1819, à l'instigation du sculpteur et architecte Claude Saint-Père aidé de Févret de Saint-Mémin, conservateur du musée de Dijon, et après recherches des pièces manquantes dont certaines sont passées dans des mains privées, les tombeaux sont restaurés par le sculpteur Joseph Moreau pour la statuaire et Marion de Semur pour l'architecture. Quatre des pleurants, sur les dix manquants et reconstitués, représentent les acteurs de la restauration : Claude Saint-Père, Févret de Saint-Mémin, Joseph Moreau et Marion de Semur. Les deux tombeaux sont enfin remontés dans la Salle des Gardes du palais des ducs, qui est alors affectée au musée. La nouvelle présentation est inaugurée en 1827.

Au XX siècle des pleurants commencent par être découverts, au Louvre, au musée de Cluny, et chez un collectionneur anglais, Percy Moore. Ils ont pu retrouver leur place en 1945 grâce à l'action de Pierre Quarré, conservateur du musée. Sur les sept pleurants d'origine encore manquants, quatre ont quitté la France à la fin des années 1930, et ont été acquis par le musée de Cleveland[2], un se trouve en collection privée et deux semblent avoir disparu. En 1990 certaines pièces réapparaissent dans le commerce de l'art, dont un dais du tombeau de Philippe le Hardi.

Les tombeaux ont fait l'objet d'une légère restauration entre les années 2002 et 2005. Cette rénovation subventionnée par la Direction régionales des affaires culturelles de Bourgogne a reçu le soutien financier de la Fondation Getty de Los Angeles

De la chartreuse de Champmol proviennent également les grands retables sculptés, le Retable de Saint Georges attribué à Jean de Beaumetz, puis Jean Malouel ainsi que le Retable des saints et martyrs et le Retable de la Crucifixion de Jacques de Baerze et Melchior Broederlam.

Ambox notice.png Cliquez sur une vignette pour l’agrandir


La salle du chapitre

Musée des Beaux-Arts
La salle capitulaire

La salle du Chapitre abrite des souvenirs de la Sainte-Chapelle[3] et de la Toison d’Or, ordre de chevalerie créé par Philippe le Bon en 1430. Enfin, le musée possède une importante collection de Primitifs, flamands - la Nativité du Maître de Flémalle -, suisses et allemands - L’Empereur Auguste et la Sibylle de Tibur de Conrad Witz -, et italiens - le Triptyque de Lorenzetti. Les collections du musée illustrent l’importance de la production artistique et des artistes d’origine locale : l’architecte menuisier Hugues Sambin à la Renaissance, les peintres Jean Tassel et Philippe Quantin et le sculpteur baroque Jean Dubois au XVIIe siècle, les membres de l’Ecole de Dessin de Dijon - Naigeon, Gagneraux, Prud’hon – au tournant des XVIIIe-XIXe siècles, les sculpteurs Fremiet et Rude et le célèbre sculpteur animalier Pompon au XIXe et au début du XXe siècle.

La peinture de la Renaissance au XVIIIe siècle

De nombreux courants artistiques européens trouvent leur place dans les collections du musée. Lorenzo Lotto et Véronèse évoquent l’Italie de la Renaissance, la Dame à sa toilette le raffinement de l’Ecole de Fontainebleau. Les écoles étrangères du XVIIe siècleBrueghel de Velours, Rubens, Guido Reni – côtoient la production parisienne et royale – Philippe de Champaigne, Charles Le Brun –, tandis que le Souffleur à la Lampe de La Tour témoigne de l’influence caravagesque dans l’Est de la France. Présentées en partie dans un décor d’époque – dont les boiseries du salon Gaulin -, les toiles du XVIIIe illustrent la variété des genres picturaux : peinture d’histoire (Van Loo), portrait (Nattier, Greuze), peinture de genre (Colson), paysage (Hubert Robert, Lallemand), nature morte (Oudry).

Peintures et sculptures du XIXe siècle

Le XIXe siècle est représenté par un important fonds de sculptures, et en peinture par les romantiques (Géricault, Prud’hon), puis les artistes officiels (Bouguereau, Tissot) et les Indépendants (Monet, Manet, Sisley, Cross). La section d’art moderne, constituée essentiellement des donations Granville, rassemble entre autres des toiles cubistes (Braque, Gris), expressionnistes (Rouault), et des œuvres de l’École de Paris des années 1950 à 1970 ( Charles Lapicque, Vieira da Silva, Nicolas de Staël, Messagier, Hajdu, Véra Pagava). Alfred Manessier y est particulièrement bien représenté.

La collection égyptienne

Portait d'homme barbu, peinture sur bois, III° siècle apr. JC

Depuis 1998, une salle accueille également une partie des collections égyptiennes du musée, à savoir 340 œuvres sur le millier qu'il possède. La plupart de ces pièces furent léguées au musée par l'archéologue dijonnais Albert Gayet, qui fouilla notamment le site d'Antinoë. Le point fort de la collection est formé par les masques funéraires d'époque gréco-romaine ainsi que par une remarquable série de 11 portraits peints sur bois appelés « portraits du Fayoum ».


Projet d'agrandissement

Inscrit dans des limites physiques strictes du fait de sa cohabitation, au sein du Palais des Ducs de Bourgogne, avec certains services de la mairie de Dijon, le Musée des Beaux-Arts n'expose de façon permanente qu'une petite partie de ses riches collections. Afin de pallier cet inconvénient majeur, un projet d'agrandissement a été lancé en 2006, après plusieurs années de concertations. Les Ateliers Lion Architectes Urbanistes, lauréats du concours, ont défini trois axes de travail principaux afin de mener à bien cette tâche délicate :

  • l'ouverture sur la ville qui passera par la déposition des grilles du square des Ducs de Bourgogne, côté Nord, et la réouverture de larges baies en alcôve. Il est prévu d'ouvrir un espace détente avec café-brasserie dans l'aile ainsi allégée. L'entrée actuelle se fait par la face intérieure de l'aile Est (dans la cour de Bar) et se trouve donc par trop écrasée par l'édifice. Elle sera, à l'issue des travaux, traversante sur toute la largeur de ladite aile, afin d'amener plus de lumière naturelle et une meilleure visibilité - d'où, bien sûr, facilité de repérer le musée et d'y accéder ;
  • le respect du bâtiment passera par un gain de place optimal au niveau de structures invisibles depuis l'extérieur du Palais, c'est-à-dire principalement dans les étages supérieurs et directement sous la toiture. Celle-ci sera a priori modifiée afin de favoriser, là encore, un bon usage de la lumière naturelle ;
  • enfin, la mise en exergue de la cour de Bar qui passera par une valorisation, non encore arrêtée, du pavage de ce bel espace.

Une exposition évolutive permet aux visiteurs du musée de mieux visualiser l'impact des décisions prises par les acteurs du projet, au fur et à mesure de son avancement.

Notes et références

  1. Antoine le Moiturier est le neveu de Jacques Morel, qui avait réalisé entre 1446 et 1452 à Souvigny (Allier) un tombeau pour Charles de Bourbon et Agnès de Bourgogne.
  2. Les photographies de quatre pleurants acquis par le musée de Cleveland sont visibles à l'adresse suivante : Les quatre pleurants du musée de Cleveland (lien valide en juillet 2009)
  3. La Sainte-Chapelle dut son édification à un vœu fait par le duc Hugues III († 1192). Prit dans une tempête alors qu’il se rendait en Terre Sainte, il fit la promesse de construire près de son palais une église dédiée à la Vierge et à saint Jean l’Évangéliste s'il échappait au naufrage. La construction commença dès 1172. Elle possédait un chœur à déambulatoire, achevé dès 1196. La triple nef fut élevée au XIIIe siècle dans le style gothique bourguignon. Les tours de la façade furent élevées de 1495 à 1515. Sa flèche s’élevait à plus de cinquante mètres. La dédicace n’eut lieu qu’en 1500. À la Révolution, les statues furent transférées, mutilées ou détruites. Jugée trop insignifiante par son architecture et d’un entretien trop couteux elle fut détruite en 1802. elle occupait l'emplacement de l'actuelle aile orientale du musée.

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