Insulte


Insulte
Insultes représentées dans la bande-dessinée.

Une insulte est un état, expression, ou souvent comportement, considéré comme dégradant ou offensif. Les insultes peuvent être intentionnelles ou accidentelles.

Sommaire

Origines et étymologie

Le premier texte en français mentionnant des insultes qui soit parvenu est intitulé La Chanson de Roland au XIe siècle, les dites insultes étant adressées par les Sarrasins aux Français : « requiescate in patche« Il va disant sur nos Français de laides paroles », La Chanson de Roland, traduction de Joseph Bédier, v. 1190</ref>. »

Le mot "Insulte" (du latin insultare: sauter sur, dans, contre)[1] apparaît d'abord sous la forme "insult", (1380) au sens de "soulèvement, sédition", sans doute emprunté au latin médiéval insultus, "assault, attaque" (avant 1125) désigne l'action d'offenser, blesser oralement intentionnellement ou accidentellement. Aujourd'hui le terme est couramment employé au sens d'acte ou de parole qui vise à outrager, ou qui constitue un outrage. Les notions connexes sont celles d'injure, d'offense, de blasphème, de sacrilège, d'invective, de sacre (au Québec).

Il existe de nombreuse insultes mais souvent, dans les textes, elles sont d'un "bip" ou d'un "*" Ex : P****n ! ou PBIIPn !

Contre-valeur et atteinte

L’insulte exprime toujours le contraire d’une valeur, l’insulte, quand elle est intentionnelle, est négation de ce qui compte aux yeux de celui qui la profère.

Transgression première

Pour envisager l'insulte comme transgression première, il faut se référer à la notion connexe d'injure : où juris renvoie au droit et à sa violation dans l'injure. C'est donc une atteinte à la loi. Quelle loi ? Celle du langage juste, celui que toute mère apprend à son enfant. En lui interdisant les "gros mots". Avant même de viser l'autre dans la relation interpersonnelle pour devenir insulte et donc "assaut", attaque, l'enfant expérimentera le plaisir de la transgression du langage "propre" en osant dire "merde". Ce mot-là intervient après le "caca" qui était un stade perçu comme normal par les parents. C'est plus tard, vers quatre ou cinq ans que l'enfant va découvrir le pouvoir particulier procuré par l'usage de ce type de mots. En fait, l'injure n'est sans doute pas le terme exact ici, car l'injure s'adresse bien à quelqu'un qu'on injurie, un petit autre ou un grand Autre (le langage, les dieux, la norme sociale). Mais quand on se cogne dans une porte et qu'on dit "bordel de dieu !" on jure plus qu'on injure et la notion correcte serait celle de juron. L'enfant de quatre ans qui joue seul dans sa chambre avec ses jouets dira "merde" et "bordel" à son jeu de construction :

  • Pour le plaisir de transgresser la norme édictée par la mère comme "grand Autre" du langage ;
  • Pour décharger son agressivité à travers l'usage de mots interdits.

Evelyne Larguèche, propose la théorisation suivante de l'injure : La scène de l'injure : un injurieur, celui qui dit l'injure ; un injuriaire, celui à qui s'adresse l'injure mais qui n'est pas nécessairement l'objet de l'injure, et un injurié qui joue office de "référent". Elle parle dans ce cas d'injure référentielle". Lorsque injuriaire et injurié sont la même personne, elle nomme cette situation injure interpellative. Elle propose ensuite une catégorisation selon les effets visés par l'injurieur qu'elle classe en deux catégories : - Les injures qui visent à blesser l'injurié et celles qui visent à choquer l'injurié et/ou les témoins de la scène de l'injure. Elle insiste ensuite sur les places sociales occupées par les protagonistes, jeux de places qui rendront possibles ou impossible toute répartie pour l'injurié selon que la relation est paritaire ou fortement hiérarchique.

Insultes sur l'identité

Raciales

L'identité est le paradoxe de l'idem et de l'ipse : être identique (à un groupe) et ipse : être singulier, autrement dit, se distinguer du groupe. L'insulte joue surtout sur le registre de l'idem pour attaquer l'ipse : « Tu n'es pas comme nous. Gros débile ! Tu es différent, sale blanc, sale nègre, sale juif, sale arabe, sale français, chien d'infidèle, sale goye, sale travelo… » Dans ces exemples, le locuteur de l'insulte confirme son appartenance au "bon" groupe en mettant à distance le groupe de l'autre perçu comme "mauvais objet" au sens de la psychanalyste Melanie Klein.

Personnelles

L'insulte est une contre valeur, elle vise l'identité du destinataire. L'identité et plus spécifiquement l'estime de soi, se fonde sur les sentiments de valeur et de compétence personnelles. Une des premières insultes dans la bouche de l'enfant : "c'est nul, il est nul celui-là" nul = sans valeur. Puis viennent les "débiles!" et autres "con !" "fada !" "gogol !" (ou "épais", "niaiseux" au Québec) dans la cour de récréation. On est à l'école, et la compétence c'est l'intelligence mais aussi la conformité aux normes groupales d'où tout un registre d'insultes spacialement situées et désignant le lieu où l'on enferme les "hors normes" privés de raison : "On va te mettre à Saint Anne", à Charenton où tout autre hôpital psychiatrique selon le secteur où vivent les protagonistes.

Danger de "proférance identitaire"

Proférer, c'est faire exister quelque chose par un "acte de langage". Pour John Langshaw Austin, théoricien du langage, "dire c'est faire", c'est agir sur la réalité par les mots qu'on emploie. Un exemple classique de proférance ou d'énoncé performatif se trouve dans la phrase du maire qui dit : " Je vous déclare unis par les liens du mariage ". Cette phrase ne constate pas des faits, elle fait advenir une réalité : le couple marié. L'insulte conçue comme énoncé performatif porterait donc le risque de faire exister l'insulté selon la catégorie utilisée par l'insulteur. Plus l'insulté est "pris dans le langage" au sens lacanien : il est dans le langage sans avoir conscience qu'il est dans le langage, plus le risque de s'aliéner dans la parole de l'autre est grand. (voir le Schéma L).

Situations propices

La situation la plus propice à l'insulte est, selon la loi du talion, lorsque l'on nous insulte. De plus, en société, il est parfois bien vu d'insulter une personne mal aimée afin de se faire apprécier des autres convives. L'insulte devient alors un instrument d'ascension sociale. Au contraire, dans certains pays d'Afrique, la parenté à plaisanterie permet de ritualiser l'insulte. On appelle « appropriation du stigmate » le fait de retourner une insulte en terme valorisé. Voir négritude et queer.

Droit

En droit français, l'insulte fait l'objet de sanctions pénales lorsqu'elle est commise contre une personne chargée d'une mission de service public. On parle alors d'« outrage ». Il ne concerne que des insultes commises de manière non publique. Une insulte publique est une infraction de presse. Voir l'article injure en section droit.

Insulte rituelle

L'insulte rituelle est une joute verbale dans laquelle des individus s'insultent de manière caricaturale. Le gagnant est celui qui aurait été le plus imaginatif, original et constructif. Les insultes sont tellement amplifiées qu'elles ne peuvent être prises personnellement. Celui ayant reçu le plus d'applaudissement est désigné comme gagnant[2]. Dans la culture du rap, les « dozens » sont des improvisations poétiques de joutes avec insultes dans les ghettos Afro-Américains.

Insultes couramment employées

Les insultes sont souvent accompagnées d'adjectifs tels que vieux... jeune... sale... gros...
Elles peuvent appartenir au caractère sexuel ou raciste. Leur emploi oral ou écrit est puni par la loi de juillet 1881.

Bibliographies

(après les présentations, à la fin du document), bibliographie internationale.

Références

  1. Dictionnaire historique de la langue française, dir. Alain Rey
  2. Les gros mots sur Radio-Canada, 8 avril 2009. Consulté le 29 juillet 2010

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Insulte de Wikipédia en français (auteurs)

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