Bituriges Cubes


Bituriges Cubes

Les Bituriges Cubes (Lat. bituriges cubii, grec. Βιτούριγες οἱ Κοῦβοι) étaient un peuple gaulois qui occupait un territoire correspondant approximativement à l'ancienne province du Berry[1]. Leur capitale était Avaricon (Lat. Avaricum, gr. Αναρικον), aujourd'hui Bourges[2]. Leur nom, d’où sont issus les toponymes Berry et Bourges, signifie « les rois du monde » de « Bitu » Monde et « rix » roi[3]. Ils faisaient partie des peuples de Gaule Celtique[4], puis ils furent intégrés à la Gaule Aquitaine après la conquête romaine et les réorganisations administratives effectuées à la suite de celle-ci[5]. Lors de la guerre des Gaules, ils étaient membre de la Confédération Eduenne, en tant que clients des Eduens[6].

La Gaule et les peuplements gaulois, d'après César

Sommaire

Ethnogénèse

Tite-Live mentionne un roi Biturige nommé Ambigatos. Ce roi, considéré aujourd’hui comme légendaire, serait à l’origine des invasions gauloises en Italie du Nord au Ve Siécle[4]. Ce texte présente des problèmes de chronologie, Tite live plaçant le règne d’Ambigatos sous Tarquin l’ancien, vers 600 avant J.-C., soit près de deux siècles avant les invasions celtiques en Italie, à partir d’environs 400 avant J.-C.. Vu actuellement comme un mythe de fondation du peuple des Insubres, ce témoignage pose néanmoins la question de l’ancienneté du peuple Biturige.

L’archéologie avec la publication récente des fouilles réalisées dans le quartier Saint-Martin-des-Champs[7] montre qu’au Ve siècle av. J.-C., Bourges voit le développement d’une vaste agglomération proto-urbaine étendue sur plusieurs dizaines d’hectares et en contact étroit avec la Méditerranée (Marseille, Golasecca, Etrurie padane, etc.). Des tombes riches, comme le grand tumulus de Lazenay, manifestent par ailleurs la puissance de l’aristocratie biturige contemporaine. Compte tenu de ces récentes découvertes archéologiques, le texte de Tite-Live selon lequel les Bituriges Cubi auraient encadré les premières migrations celtiques en Italie du Nord prend un nouveau relief. Les Bituriges pourraient ainsi être parmi les plus anciennes Civitas constituée, ceci dès le Hallstatt Final.

On ignore en revanche à quel point les évènements postérieurs – l'expansion de la culture latenienne, l'arrivée des peuples belges en Gaule, l'hégémonie Arverne aux IIIe et IInd siecle avant JC et la guerre des Cimbres - ont pu affecter l’ethnogénèse de la civitas des Bituriges.

Enfin, on attribue à l’action de César, l’installation des Bituriges Vivisques dans la région bordelaise[8]. Il semble qu’avant cette date, les Bituriges Cube et Vivisque ne formaient qu’une seule et même Civitas, peut-être composée de 2 Pagi[9]. Le territoire occupé par les bituriges vivisques selon Strabon[5] est celui dont César nous dit qu’il est désert et recherché par les helvètes en -58[10].

Histoire

La difficile connaissance d'un peuple de la protohistoire

Les Bituriges, Cubes comme Vivisques, à l’instar de tous les peuples gaulois, ne nous ont pas laissé d’écrits susceptibles de nous aider à retracer leur histoire. Nous sommes donc tributaires des œuvres latines et grecques. Celles-ci sont, avant César, muettes sur le peuple des Bituriges. Elles ne seront qu’à peine plus loquaces après la conquête romaine de la Gaule.

C’est Tite-live qui fait mention du temps le plus reculé, avec le passage sur Ambigatos déjà cité[4]. Il le place sous le règne de Tarquin l'Ancien. L’archéologie confirme à Avaricum la puissance Biturige. Mais cette citation pose problème car Tite-Live met les Bituriges à l’initiative des invasions de l’Italie, qui, elles, ont lieu deux cent ans plus tard, dans le courant du IIIe siècle avant JC., avec notamment l’épisode du sac de Rome par les troupes du sénon Brennos. On peut aussi penser que les Bituriges ont joué un rôle dans l'ethnogénèse des Insubres, en se mêlant aux populations celtes de la culture de Golasecca.

Les Arvernes prennent ensuite, au IInd siècle avant JC la prédominance politique[5]. Il est probable que les Bituriges, leur voisins du nord, en souffrent. On les retrouve à la période historique comme clients des éduens, Enfin si nous n’avons pas de mention d’une action des Bituriges lors de l’invasion des Cimbres et des Teutons, nous savons qu’ils joueront un rôle lors de la guerre des Gaules[11].

L’entrée des Bituriges dans l’Histoire

Concernant la guerre des Gaules, Jules César est, par défaut, notre seule source. Il est le plus ancien auteur latin conservé à mentionner le peuple des Bituriges. Dans ses commentaires ceux-ci sont cités comme étant clients des Eduens[6]. Ils sont donc membre de leur Confédération Eduenne et, en tant que tel, alliés des romains, à qui ils fournissent probablement un soutien logistique.

En -52 ils participent à la révolte de Vercingétorix. Néanmoins, les conditions de leur ralliement sont troubles[6], le chef Arverne devant emmener son armée sur leur territoire pour les convaincre de rejoindre la rébellion. Une bonne part des combats de l’année -52 se dérouleront alors sur leur sol, César assiégeant et prenant deux de leurs oppidums, dont leur chef-lieu. De plus, leur territoire sera victime de la politique de terre brulée pratiquée par Vercingétorix. Seule la capitale biturige sera épargnée. C’est d’ailleurs une des raisons majeure du siège d’Avaricum. Au terme de celui-ci, la ville sera pillée, et la quasi-totalité de sa population est tuée. Seuls 800 guerriers réussiront à rejoindre indemne l’armée gauloise, selon César[12].

Les Bituriges fourniront néanmoins 12000 guerriers à l’armée envoyée à Alesia secourir Vercingétorix[13].

Les Bituriges après la conquête romaine

En -51, à la fin de la guerre des Gaules, les Bituriges sont toujours en guerre contre Jules César qui interviendra rapidement, dès le mois de Janvier, pour les soumettre.

Après avoir fait leur soumission à César, ils seront attaqués par les Carnutes, pour une raison que l’on ignore. Le consul interviendra, avec deux légions pour les protéger[14].

C’est probablement peu après ces évènements qu’intervient la séparation entre les Bituriges Cubes et les Bituriges Vivisques qui iront s’installer à l’embouchure de la Gironde et qui y fonderont la ville de Burdigala[8].

Après la guerre des Gaules, les Bituriges Cubes, dont la civitas est mentionnée par Pline l'ancien comme étant libre[15] semblent ne pas être impliqué dans les révoltes successives qui troubleront les Gaules, comme la révolte de Sacrovir par exemple. Leur Civitas sera intégré à la province d’Aquitaine, puis deviendra, sous Dioclétien une partie de la Province d’Aquitaine Première.

Le territoire Biturige Cubes

Etendue et limites

Le territoire des Bituriges Cubes couvrait les actuels départements du Cher et de l'Indre, ainsi que la partie ouest de l'Allier. Il affecte grossièrement la forme d’un triangle, centré sur le cours du Cher. Ses frontières sont assez bien connues aujourd’hui. les peuples voisins sont, à partir du nord et en tournant dans le sens horaire, les Carnutes, les Sénons, les Éduens, les Arvernes, les Lémovices, les Pictons et les Turons.

La Loire les séparait des Sénons et, avec l'Allier, des Éduens[14], ces derniers ayant peut-être le contrôle d’une partie de la rive gauche, traditionnellement dévolue aux Bituriges[16]. Venceslas Kruta pense que la rive gauche de la Loire et la région du Sancerrois, aurait appartenu aux Eduens et aurait ensuite été offerte au reste du contingent Boiens qui accompagnaient les Helvètes lors de leur migration de 58 avant J.-C.[17]. La position géographique du village d’Ygrande, dont le nom, basé sur le celtique « equoranda »[18], va dans ce sens.

La frontière Nord, avec les Carnutes, est matérialisée par les les "marais de Vierzon". L’emplacement exact de cette frontière reste discuté, selon que l’on place Noviodunum à Neung-sur-Beuvron ou à Neuvy-sur-Barangeon. Dans ce dernier cas, la frontière pourrait avoir été sur le cours de la Sauldre. Venceslas Kruta place, lui, cette frontière sur la Loire[3].

Les Bituriges sont séparés des Turons par les marais de Brenne

le nom de la commune d'Aigurande, celui d'Ingrandes, dont l'étymologie est également le toponyme gaulois equoranda[18], indique l'emplacement de leur frontière avec les Lémovices. Leur frontière avec les Arvernes passait entre Chantelle-la-vieille, vicus des Bituriges Cubes sous le nom de Cantilia et l'actuelle ville de Bègues.

On constate par ailleurs que la position géographique des Bituriges Cubes les place à la charnière entre le complexe atlantique et le complexe Nord-Alpin.

Organisation

César parle d’une vingtaine de villes qui auraient brûlées peu avant le siège d’Avaricum. Ceci en application de la stratégie de la terre brûlée appliquée par Vercingétorix[19]. Quelque une ont été découvertes et identifiée, parmi lesquelles :

Avaricum : Capitale des Bituriges Cubes, la forme gauloise de son nom etait probablement Avaricon. Il proviendrait du nom gaulois de l'Yèvre et pourrait signifier "le port sur l'Avara". Une première agglomération importante apparaît au VIe siècle av J.C. avant d'être abandonnée à la fin du Ve siècle av J.C. et le site sera réinvesti au IInd siècle av J.C[20]. César l'assiège en -52, lors de la guerre des Gaules, massacre ses habitants et la pille[21]. Il évoque à son sujet la technique de construction du murus gallicus dont elle aurait été ceinte. la ville se maintient à l'époque romaine et reste le chef-lieu de la cité. Elle est devenue aujourd'hui la ville de Bourges

Noviodunum : Egalement connue sous le nom de "Noviodunum Biturigum", c'est l'autre ville biturige citée et assiégée par Jules César lors de l’épisode de la révolte de -52[22]. Son nom signifie « la nouvelle forteresse ». On la place généralement à Neung sur Beuvron, toutefois cet emplacement est contesté. Elle est également placée à Neuvy sur Barangeon. Elle garde la frontière Nord avec les Carnutes.

Mediolanum : Oppidum apparaissant sur la table de Peutinger, occupé à partir de la tène C2 (-150av JC), aujourd’hui nommé Châteaumeillant. Son nom signifie « centre du territoire »[23]. L'oppidum se trouve sur la voie qui va de Lemonum, capitale des Pictons, à Augustonemetum, l'actuelle Clermont-Ferrand et le chef-lieu des Arvernes.

Neriomagus : Petit oppidum de 3h, qui deviendra après la conquête, la ville thermale d’Aquae Nerii mentionnée sur la Table de Peutinger, en tant qu'étape sur la voie de Lemonum à Augustonemetum. Ville frontière avec les Arvernes, son nom signifie « marché de Nérios », ce nom indique que la source thermale était dédiée à Nérios, Dieu mineur des sources. Son nom actuel est « Néris les Bains ».

Argentomagus : le grand centre métallurgique biturige, sur les villages actuels d’Argenton sur Creuse/Saint Marcel. Son nom peut être traduit par "le marché de l'argent". Oppidum d'une trentaine d'hectares[24], Il a été fondé au Ier siècle av J.C. et connait son apogée aux IInd et IIIe siècles de notre ère. Une importante fabrique d'armes y sera implantée au IVe siècle.

L’oppidum de Cordes-Chatelois à Hérisson : Son rempart présente des traces d’incendie pouvant se rapporter à la guerre des Gaules et à l’épisode des villes brûlées de -52[25]. L’oppidum est sur la route de Bourges à Clermont-Ferrand et garde la frontière avec les Arvernes. Son nom antique est inconnu.

Le territoire des Bituriges Cubes

Le territoire des Bituriges Cubes est traversé par plusieurs routes gauloises majeures. Celles-ci perdureront sous la forme de voies romaines, plusieurs bornes milliaires correspondant à ces voies ont d'ailleurs été découvertes. Les principales routes, que l'on retourve sur la Table de Peutinger et sur l'Itinéraire d'Antonin, sont, la route de Tours/Caesarodunum à Autun/Augustodunum, via Bourges/Avaricum ou celle de Poitier/lemonum à Clermont-Ferrand/Augustonemetum et de là à Lugdunum qui passe par Argentomagus, Châteaumeillant et Aquae Nerii. Les archéologues et historiens ont également retrouvé une bonne partie des routes secondaires. Dans le réseau tel que reconstitué par les archéologues, seuls 35% restent incertains[26]

Enfin, la Civitas Biturige est irrigué par de nombreux cours d’eau, tel que la Creuse, l’Indre ou le Cher. Ce dernier en particulier, et ses affluents, apparait comme un axe majeur du territoire. Le Cher partage en effet celui-ci en deux parties de superficie équivalente et apparait ainsi comme la colonne vertébrale de la cité. C'est à sa proximité ou à proximité de ses affluents que l'on retrouve les vestiges archéologiques gaulois les plus anciens[27]. La capitale se trouve sur l’un de ses affluents, l’Yèvre. Les Bituriges pouvaient l’utiliser pour faire du commerce batelier, notamment en direction des Turons.

Un autre cours d’eau est à mentionner. La Loire est, en effet, considéré comme une de leur frontière, mais il est possible que les Bituriges n’en aient pas eu le contrôle et le fret fluvial transitant par la Loire, en provenance des Carnutes ou en leur direction, était plus probablement géré par les Éduens.

Ses ressources économiques

Le Berry est réputé riche en minerai de fer. Quatre sources antiques mentionnent la grande capacité industrielle des Bituriges en matière de métallurgie. César évoque leurs mines. Strabon parlent de forges, certaines ont été retrouvée et fouillées, comme l’atelier métallurgique d’Oulche, proche de l’oppidum d’Argentomagus. Un document officiel du bas-empire mentionne une fabrique d’arme, toujours à Argentomagus[28].

Outre cela, Hirius, poursuivant les écrits de César, qualifie le pays Biturige de « Fertile », le qualificatif est repris par Pline l'Ancien. On peut donc imaginer une agriculture florissante. Les archéologues ont a notamment retrouvé dans le Berry des traces possibles de viticulture[29]

Enfin, les importants axes de communications routiers et fluviaux présents sur le territoire de la cité permettent d'envisager une forte implication dans les échanges commerciaux entre la façade atlantique et la province de Narbonnaise.

Eléments culturels des Bituriges Cubes

La statuaire

On a retrouvé dans le domaine Biturige cubes, un certain nombre de statues gallo-romaines qui forment un ensemble cohérent d’une douzaine d’éléments. Il s’agit de statues de personnages assis en tailleur, vraisemblablement des notables, aux jambes en proportions plus petites que le reste du corps et tenant souvent des objets symboliques. Elles sont datées des premier et second siècle de notre ère

Une main de statue retrouvée tend à montrer que ces statues quoique toutes Gallo-romaine sont issues d’une tradition plus ancienne qu’elles actualisent. La présence d’un torque et la posture générale de la statue montre la survivance au premier siècle d’éléments de la tradition celtique[30]

La monnaie

L'artisanat

Notes et références

  1. Plus précisément, ce territoire correspond en gros à l'ancien territoire du diocèse de Bourges.
  2. Jules César Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VII, 13 et 15.
  3. a et b Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire", article Bituriges
  4. a, b et c Tite-Live, Histoire romaine, Livre V, 34.
  5. a, b et c Strabon, Géographie, Livre IV, 2
  6. a, b et c Jules César Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VII, 5.
  7. Pierre-Yves Milcent, Bourges-Avaricum : Un centre proto-urbain celtique du Ve siècle av. J.‑C. ; les fouilles du quartier de Saint-Martin-des-Champs et les découvertes des établissements militaires, coédition Bourges : Service d’archéologie municipale/Toulouse : UMR 5608 Cultures et sociétés de la Préhistoire, 2007. Dans la collection Bituriga : monographie
  8. a et b Christian Goudineau, Annuaire des cours à la chaire d’antiquité nationale du collège de France 2005-2006
  9. Jean Hiernard,Bituriges du Bordelais et Bituriges du Berry : l’apport de la numismatique, Revue archéologique de Bordeaux
  10. Jules César Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre I, 10.
  11. Jules César Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VII et VIII.
  12. Jules César Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VII, 12-32.
  13. Jules César Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VII, 75.
  14. a et b Jules César Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VIII, 1-4.
  15. Pline l'Ancien, "Histoire Naturelle",IV, 33
  16. Alain Deyber Les Gaulois en guerre,
  17. Vencesla Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire", article Eduens
  18. a et b Charles Rostaing, Les Noms de lieux, PUF, coll. Que sais-je ?, Paris, 1969
  19. Jules César Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VII, 15.
  20. Vencesla Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire", article Avaricum
  21. Jules César Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VII, 16-28.
  22. Jules César Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre VII, 16 et 13.
  23. Vencesla Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire", article Mediolanum
  24. site du musée d'Argentomagus, http://www.argentomagus.com
  25. David Lallemand, Fouilles effectuées pour l'association pour la Recherche sur l'Âge du Fer en Auvergne, Arafa.fr
  26. Revue L'Archéologue n°93,décembre 2007, "Les voies romaines du Berry"
  27. Jean-François Chevrot, Jacques Troadec, Carte Archéologique de la Gaule n°18 - le Cher, Introduction, Le Cher aux âges des métaux
  28. Nadine Dieudonné-Glad, "L'atelier sidérurgique gallo-romain du Latté à Oulche", revue Gallia n°57, 2000
  29. Alain Ferdière, Alexis Luberne, Olivier Ruffier, "Du nouveau sur la viticulture Biturige ? Réinterprétation d'une découverte", Revue Archéologique du Centre de la France n°39, 2000
  30. Sophie Krausz, Gérard Coulon, "Une statue assise gallo-romaine de tradition celtique à Meillant", Revue Archéologique du Centre de la France n°49, 2010

Voir aussi

Liens internes

Lien externe

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