Bacchus (mythologie latine)

Bacchus (mythologie latine)

Bacchus

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Bacchus
Michelangelo Caravaggio 007.jpg
Liens avec les autres mythologies
Nom latin
Bacchus
Équivalent grec
Dionysos
Équivalent étrusque
Liber Pater,
Fufluns
Fonctions
Fonctions
dieu du vin
Attributs
patère, canthare, vigne,
grappe de raisin.
Animal favori
panthère
Culte
Culte
Temple de Baalbeck
Mythologie romaine et liste des divinités mineures
Série Rome antique
Bacchus enfant, bronze gallo-romain

Bacchus est un Dieu romain correspondant à Dionysos dans la mythologie grecque, beaucoup plus ancien. Les Romains l'ont adopté, comme beaucoup d'autres divinités étrangères dans la mythologie romaine, en l'assimilant avec le vieux dieu italique Liber Pater.

C'est le dieu du vin, de l'ivresse, des débordements, notamment sexuels, ainsi que de la nature.

Priape est un de ses compagnons favoris. Les fêtes de Bacchus s'appellent les bacchanales.

Sommaire

Attributs

La panthère, la patère, le canthare, la vigne et la grappe de raisin. D'autres attributs ont été empruntés à Dionysos, comme le thyrse qu'il porte parfois.

Pouvoir

C'est le dieu de la vigne, de la fête et du vin.
C'est le père du théâtre et de la tragédie.
Ses symboles sont le lierre, la vigne et la panthère.
Il tient souvent à la main un thyrse, entouré de vigne et de lierre et est surmonté d'une pomme de pin. Le thyrse peut faire jaillir la vigne ou le lierre.

Liens de parenté mythologique

Bacchus est le fils de Jupiter et de Sémélé, fille du roi de Thèbes, par translation du mythe de Dionysos.

Légende

Les romains l'ont calquée sur le mythe de Dionysos.
Sémélé était une jeune princesse mortelle, aimée de Jupiter. Ce dernier trompa Junon et fit un enfant à Sémélé, Bacchus.

Par vengeance, Junon incite Sémélé à demander à Jupiter (qui a promis d'accomplir le souhait de la future mère) de se montrer dans sa gloire. Sémélé le lui demande ; Jupiter ne peut se dédire et s'exécute, mais en apparaissant sous sa forme réelle, il la foudroie. Cependant il recueille le fœtus et le coud dans sa cuisse, le cachant pour un temps de la vindicte de Junon.

Cette dernière ne désarme pas : une fois Bacchus né, elle délègue les Titans pour en finir avec lui. Ils le découpent en morceaux et le font bouillir dans un chaudron. Puis Mercure transforme l'enfant en un chevreau et le confie aux Nymphes de Nysa. Une vigne dissimule leur grotte et le jeune dieu s'en nourrit.

Autre version

D'autres racontent que les Nymphes le retirèrent du milieu des cendres maternelles, et se chargèrent de l'élever. Quoi qu'il en soit, Bacchus passa toute son enfance loin de l'Olympe et des regards malveillants de Junon, dans les campagnes de Nysa, ville fabuleuse de l'Arabie Heureuse ou peut-être des Indes. Là, sa tante Ino, par ordre de Jupiter, veilla à sa première éducation avec le secours des Hyades, des Heures et des Nymphes, jusqu'à ce qu'il fût en âge d'être instruit par les Muses et Silène.

Conti, Mythologie.V, 13 : «  Bacchus leva une armée de gens du plat pays et des femmes, avec laquelle il passa jusqu’aux Indes et plus intimes parties d’Asie. Puis ayant subjugué les Indiens qui le nazardoient, et toutes les autres nations orientales, il fit dresser deux piliers sur le rivage de la mer Océane ès montagnes d’Indie emprès la rivière du Gange. »
Rabelais, Cinquième livre, chapitre 44: «  Bacchus, qui fut d'Inde vainqueur »


Au résultat

Devenu grand, il fit la conquête des Indes avec une troupe d'hommes et de femmes portant, au lieu d'armes, des thyrses et des tambours. Son retour fut une marche triomphale de jour et de nuit (thème rappelant l'expédition d'Alexandre le Grand, et fréquemment représenté).

Ensuite, il passa en Égypte, où il enseigna l'agriculture et l'art d'extraire le miel ; il planta la vigne, et fut adoré comme étant le dieu du vin.

Représentations

Bassin de Bacchus, jardins de Versailles

Silène, son père nourricier et en même temps son précepteur, était fils de Mercure ou de Pan et d'une nymphe. On le représente d'ordinaire avec une tête chauve, des cornes, un gros nez retroussé, une petite taille et une corpulence charnue, le plus souvent monté sur un âne, et, comme il est en état d'ivresse, il a peine à se tenir sur sa monture. S'il est à pied, il marche d'un pas chancelant, appuyé sur un bâton ou sur un thyrse, sorte de long javelot. On le reconnaît aisément à sa couronne de lierre, à la tasse qu'il tient, à son air jovial et même un peu goguenard.

Malgré son portrait si peu flatteur, Silène, quand il n'était pas ivre, était un grand sage, capable de donner à son divin élève des leçons de philosophie.

Dans une églogue de Virgile, les vapeurs du vin n'empêchent pas cet étrange vieillard d'exposer sa doctrine sur la formation du monde.

Bacchus est représenté ordinairement avec des cornes, symboles de la force et de la puissance, couronné de pampre, de lierre ou de figuier, sous les traits d'un jeune homme riant et enjoué. D'une main, il tient une grappe de raisin ou une corne en forme de coupe ; de l'autre, un thyrse entouré de feuillage et de bandelettes. Il a les yeux noirs, et, sur ses épaules descend en tresses ondoyantes sa longue chevelure blonde aux reflets d'or. Il est le plus souvent imberbe, sa jeunesse étant éternelle comme celle d'Apollon. Il est vêtu d'un manteau de pourpre.

Il est tantôt assis sur un tonneau, tantôt monté sur un char traîné par des tigres ou des panthères, quelquefois par des centaures dont les uns jouent de la lyre, les autres de la double flûte. Sur les monuments les plus anciens, il est représenté avec une tête de taureau ; sur quelques médailles, on le représente debout, barbu, avec une robe triomphale qui tombe jusque sur ses pieds. Le musée du Louvre possède plusieurs statues de Bacchus, entre autres celle de Bacchus au repos. Une représentation également sur le site de Volubilis à Meknès au Maroc marque le passage des romains.

Ses relations sociales

Il punit sévèrement tous ceux qui voulurent s'opposer à l'établissement de son culte. À Thèbes, Penthée, successeur de Cadmus, fut mis en pièces par les Bacchantes ; les Ménéides ou filles de Minyas furent changées en chauves-souris. Elles étaient trois, Iris, Clymène, Alcithoé. Soutenant que Bacchus n'était pas fils de Jupiter, elles continuèrent à travailler pendant ses fêtes, et refusèrent d'assister à la célébration des Orgies.

Bacchus triompha de tous ses ennemis et de tous les dangers auxquels les persécutions incessantes de Junon l'exposaient. Un jour, fuyant devant l'implacable déesse, il tomba de fatigue et s'endormit. Un serpent à deux têtes l'attaqua, et le dieu, à son réveil, le tua d'un coup de sarment. Junon finit par le frapper de folie, et le fit errer dans une grande partie du monde. Il fut d'abord accueilli avec bienveillance par Protée, roi d’Égypte, puis il passa en Phrygie, où, ayant été admis aux expiations, il fut initié aux mystères de Cybèle. Dans la guerre des géants, il se transforma en lion, et combattit avec rage. Pour l'animer, Jupiter lui criait sans cesse : « Évohé, courage, mon fils. »

Venu dans l'île de Naxos, il consola et épousa Ariane abandonnée par Thésée, et lui donna la fameuse couronne d'or, chef-d'œuvre de Vulcain. C'est Bacchus, dit-on, qui le premier établit une école de musique ; c'est en son honneur que furent données les premières représentations théâtrales.

Fêtes/religion

Les cortèges de Bacchus était fort nombreux. Sans compter Silène et les Bacchantes, on y remarquait des nymphes, des satyres, des bergers, des bergères, et même le dieu Pan. Tous portaient le thyrse enlacé de feuillage, des ceps de vigne, des couronnes de lierre, des coupes et des grappes de raisin. Bacchus ouvre la marche, et tout le cortège le suit, en poussant des cris et faisant retentir de bruyants instruments de musique.

Les Bacchantes ou Ménades étaient primitivement les nymphes ou les femmes que Bacchus avait emmenées avec lui à la conquête des Indes. Plus tard, on désigna de ce nom des jeunes filles qui, simulant un transport bachique, célébraient les Orgies ou fêtes de Bacchus par une attitude, des cris et des bonds désordonnés. Elles avaient les yeux hagards, la voix menaçante : leur chevelure flottait éparse sur leurs épaules nues.

On lui immolait la pie, parce que le vin délie les langues, et rend les buveurs indiscrets ; le bouc et le lièvre, parce qu'ils mangent les bourgeons de la vigne. Parmi les oiseaux fabuleux, le phénix lui était consacré ; parmi les quadrupèdes, la panthère ; et parmi les arbres, la vigne, le lierre, le chêne et le sapin.

Ce dieu avait, en Arcadie, un temple où l'on flagellait cruellement les jeunes filles devant ses autels.

La jeunesse de Bacchus, peinture orgiaque de William Bouguereau (1884)

Il est parfois nommé Liber (Libre), parce que le dieu du vin délivre l'esprit de tout souci ; Evan, parce que ses prêtresses, dans leurs orgies, couraient de tous côtés en criant : Evohé ; Bacchus, dérivé d'un mot grec qui signifie « crier », allusion aux cris des bacchantes ou des grands buveurs. Il porte encore d'autres surnoms empruntés à son pays d'origine ou aux effets de l'ivresse : Nysæus, de Nysa, Lyæus, qui chasse le chagrin, Bromius, bruyant, etc.

Les orgies ou bacchanales étaient célébrées primitivement par des femmes, dans les bois, les montagnes, au milieu des rochers. Elles affectaient un caractère mystérieux. Plus tard, elles admirent des personnes des deux sexes à leur célébration. Il en résulta souvent d'infâmes désordres.

À Athènes, les fêtes de Bacchus, les Dionysiaques, se célébraient officiellement avec plus de pompe que dans tout le reste de la Grèce. C'était le premier archonte qui y présidait. Les principales cérémonies consistaient en processions où l'on portait des thyrses, des vases remplis de vin, des couronnes de pampre, et les principaux attributs de Bacchus. Des jeunes filles, appelées canéphores, portaient sur leurs têtes des corbeilles dorées, pleines de fruits d'où s'échappaient des serpents apprivoisés qui terrifiaient les spectateurs. Dans le cortège figuraient aussi des hommes travestis en Silènes, Pans et Satyres qui faisaient mille gestes bizarres, mille gambades, simulant ainsi les folies de l'ivresse. On distinguait les grandes et les petites dionysiaques : celles-là se célébraient vers le mois de février, celles-ci en automne. À l'occasion des dionysiaques, on instituait non seulement des courses, des luttes, des jeux, mais encore des concours de poésie et de représentations dramatiques.

À Rome, on célébrait, en l'honneur de Bacchus ou Liber, des fêtes dites Libérales. Dans ces fêtes très licencieuses, les dames romaines ne rougissaient pas de tenir des propos indécents, et de couronner les moins honnêtes représentations du dieu. L'an 558 de la fondation de la ville, le sénat rendit un décret pour remédier à cette licence, remède inefficace, les coutumes ou les mœurs étant plus fortes que les lois.

Chose remarquable, on lui faisait, ainsi qu'à Mercure, des libations avec du vin coupé d'eau, tandis que les libations se faisaient aux autres dieux avec du vin pur.

Le culte de Bacchus ou Dionysos fut introduit assez tard dans la religion grecque ; il est du moins bien postérieur à celui des grands dieux proprement dits ; il semble avoir été importé en Grèce de la Haute Asie ou peut-être de l'Égypte. En tout cas, si Bacchus apparut tardivement, il n'en eut pas moins d'adorateurs.

Voir aussi

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