Voreppe


Voreppe

45° 17′ 55″ N 5° 38′ 15″ E / 45.2986111111, 5.6375

Voreppe
Voreppe
Voreppe
Administration
Pays France
Région Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement Grenoble
Canton Voiron
Code commune 38565
Code postal 38340
Maire
Mandat en cours
Jean Duchamp
2008-2014
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Pays Voironnais
Démographie
Population 9 696 hab. (2008)
Densité 338 hab./km²
Géographie
Coordonnées 45° 17′ 55″ Nord
       5° 38′ 15″ Est
/ 45.2986111111, 5.6375
Altitudes mini. 185 m — maxi. 1 702 m
Superficie 28,65 km2

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Voreppe est une commune française, située dans le département de l'Isère et la région Rhône-Alpes.

Sommaire

Géographie

Situation

Voreppe est situé à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Grenoble. Son centre se situe sur le flanc de la chaîne de la Chartreuse, mais la commune s'étend jusque dans la vallée de l'Isère.

Voreppe se situe au niveau d'une cluse (coupure étroite et encaissée creusée perpendiculairement à une chaîne de montagne) : la cluse de Voreppe. Cette cluse a été formée par le creusement d'un glacier qui a également donné sa forme en U à la vallée qui relie Voreppe à Grenoble et que suit l'Isère. Cette vallée est bordée de la chaîne de la Chartreuse (à l'est) et de la chaîne du Vercors (à l'ouest). La cluse se situe entre l'extrémité nord du Vercors et l'extrémité sud du massif du Jura.

D'un point de vue altimétrique la commune possède une assez grande amplitude , le point le plus haut se situe à 1702 mètres au niveau du chalet des Bannettes et le plus bas à 185 mètres sur les berges de l'Isère. Les principaux reliefs de ce village sont les Bannettes (1702 mètres) qui font partie du Rocher de Lorzier, l'Aiguille de Chalais (1089 mètres) et la Roche Brune (932 mètres) qui domine les bois de la Tençon. Côté hydrographie, nous pouvons citer le principal ruisseau qui traverse le village, la Roize. De plus quatre canaux sont présents sur le territoire communal : le canal du bas Voreppe, de Palluel, du Mondragon et le canal de la Vence.

Le territoire communal est rattaché au Parc Régional de Chartreuse

La forêt communale s'étend sur 1 400 hectares et propose 12 sentiers de randonnées balisés.

Lieux-dits

  • Le Chevalon

Le Chevalon de Voreppe est un petit village rattaché à la commune de Voreppe et situé sur la route de Grenoble. Il possède de magnifiques carrières et des maisons du XVe siècle. Ce village devenu avec le temps un véritable quartier de Voreppe, possède en outre sa propre école et ses commerçants.

Au Chevalon, le Centre Beauregard (Bocacio) accueillit durant des générations des enfants de familles dysfonctionnelles confiées par l'État. Elle accueillait les pupilles de la Nation et les mineurs sortant de prison. À travers son unique établissement, l’asile du Chevalon de Voreppe, elle dispensait une formation à des métiers agricoles : agriculture, élevage, charronnage, vannerie.[réf. nécessaire]

Les jeunes étaient ensuite placés pour travailler dans les fermes de la région : Chartreuse, Plateau du Vercors …

Dans la première moitié du XXe siècle, il était d’usage en Isère, que les parents de bonne famille fustigent leurs enfants turbulents en les menaçant de les placer à « Boccacio », (nom du Bâtonnier auprès du barreau de Grenoble qui a beaucoup œuvré pour le développement de la Fondation).

Derrière ces intimidations se profilait l’image des « maisons de correction » de l’époque.

Petit à petit avec l’évolution des mentalités, la mise en application des lois nouvelles (1945) et les mesures d’assistance, la structure s’est transformée en Centre Éducatif et Professionnel.

La prise en charge individuelle est privilégiée.

L’effectif passe progressivement de 180 à 90 jeunes.

Les locaux sont réhabilités : les dortoirs de 40 lits laissent la place à des chambres de 2 ou 3 garçons, voire à des chambres individuelles.

Les ateliers sont modernisés, équipés de machines et d’outillages récents. Neuf formations sont ainsi dispensées : de la soudure à la mécanique générale et automobile, en passant par la carrosserie et la peinture auto. Les principaux métiers du bâtiment étaient représentés ainsi que la cuisine et la pâtisserie.

Entre 1965 et 1985 ce fut une formidable ascension dans tous les domaines, éducatif, pédagogique, innovation et création de nouvelles structures : Service de Suite de Grenoble (1965), Foyer du Vercors à Claix (1968), Foyer d’Accueil et d’Orientation à Autrans (1972).

L’Association Beauregard qui comptait alors 180 salariés, faisait référence en matière de rééducation et affichait une renommée nationale.

Il faut citer l’instigateur du progrès et l’éducateur mythique qui a présidé aux destinées fameuses de l’Association entre 1950 et 1983 : Monsieur Robert Marre.

Entre 1991 et 1995, des difficultés, à la fois financières et de recrutement, contraignent l’Association à fermer les Établissements du Chevalon et de Claix. Le travail qui se poursuit néanmoins avec les jeunes d’ADAJ (Grenoble) et des Carlines (Autrans) est reconnu et apprécié, la gestion des deux petites structures est équilibrée… Grâce à la détermination de la PJJ, du Conseil Général de l’Isère, des administrateurs et des salariés restants, Beauregard perdure. Depuis octobre 2008 un service d'accueil familial spécialisé est créé à Saint-Jean de Bournay.

Aujourd’hui 65 salariés dans les trois structures, prennent en charge 80 jeunes de 4 à 21 ans. Par son dynamisme et des projets innovants, l’Association espère bien se développer et prendre un nouvel essor.

  • La Gachetière

Petit hameau situé sur une pente de la grande Aiguille (massif de la Chartreuse), aujourd'hui entièrement rattaché au bourg : un institut médico-éducatif accueillant de jeunes enfants handicapés originaires de l'agglomération grenobloise y a été installé. Surplombant la vallée de la Cluse, Gachetière fut autrefois traversée par la route Royale (ancien régime) qui allait en direction de Grenoble.

On y trouve une champignonnière, un petit château/manoir ainsi que les ruines de l'ancien château médiéval dominant la vallée et duquel subsiste quelques ruines (tour, remparts) reposant sur un domaine privé non accessible au public.

Le quartier de la Gachetière fut à la base composé d'une seule et unique rue (la rue de Gachetière) avec une dizaine de maison côte à côte jouissant d'un panorama privilégié sur la vallée, l'Isère et le Vercors.

Le quartier s'est nettement développé au milieu des années 90 avec la construction en contrebas de petits immeubles d'habitations à 2 étages et au-dessus avec des maisons individuelles à flanc de colline et en bordure de la forêt.

Depuis cette époque, la rue de Gachetière a été prolongée afin de faire jonction avec le quartier de Bourg Vieux et ainsi pouvoir rejoindre le Chevalon sans revenir en arrière.


  • L'abbaye de Chalais

L'abbaye de Chalais située au-dessus de Voreppe fut fondée en 1100-1101 par saint Hugues de Châteauneuf, évêque de Grenoble.

L'abbaye bénédictine de Chalais, maison-mère de l'Ordre monastique de Chalais fut acquise en 1303 par les chartreux à qui il servit de maison de retraite. L'ancienne église abbatiale date du XIIe siècle. C'est un des chefs-d'œuvre de l'art roman dans le département.

À la Révolution française, les bâtiments furent vendus au titre des biens nationaux. Rachetée par le Père Henri Lacordaire en 1844, elle devint pendant quarante ans un noviciat dominicain. Passée dans le domaine privé, elle redevint une possession des Dominicaines d'Oullins en 1961. La communauté de moniales dominicaines est affiliée à la Fédération Notre-Dame des Prêcheurs

Communes limitrophes

Toponymie

Le village est attesté sous la forme de de Vuarapio, Vorapium au XIe siècle[1].

Selon Albert Dauzat[2], le second élément est le suffixe pré-latin *-appa. Cependant, la nature des formes anciennes impliquent -apium, latinisation commune du suffixe pré-latin *-apa[3] traité par H. Dittmaier[4]. cf. Gamaches-en-Vexin (Eure, Gamapium 707) et qui aboutit à -epe (Allemagne), -appe (France, Belgique), -eppe (France, Belgique), -ache (France)[5]. Il s'agit d'un hydronyme qui remonte à l'indo-européen *ab-, *ap- de genre animé désignant « les eaux » comme des êtres qui agissent, c'est-à-dire des forces naturelles de caractère religieux, distinct de l'eau perçue comme matière[6].

Le même A. Dauzat compare l'élément Vor- à celui de Voiron (de Voirone XIe siècle, Vorionem XIIe siècle)[7] qu'il considère comme une évolution de l'indo-européen kar- « pierre » > gwar- > gwor-.

Le lieu-dit qu'occupe aujourd'hui Voreppe était appelée Vorago au IXe siècle. En latin, ce terme désigne un « tournant d'eau » (ou un tourbillon), ce tournant correspondrait au virage qu'effectue l'Isère à cet endroit afin de contourner le Vercors. Vorago est ensuite devenu Vorapium au XIe siècle[Informations douteuses], Verespe en 1706 pour enfin devenir Voreppe[8].

Histoire

Un village gaulois

Le village de Voreppe fut certainement fondé par les Allobroges, tribu gauloise belliqueuse qui devint alliée des Romains. Les premières fondations datent donc certainement du IIe siècle av. J.‑C. (tombes gauloises et vieilles pièces de monnaie découvertes dans la grotte dite Grotte à Bibi).

Des envahisseurs de toutes origines passèrent par la cluse étroite de Voreppe (Burgondes, Huns et même Sarrasins) qui empêchèrent un grand développement du village.

Une ville reconstruite

Au XIVe siècle, un nouveau bourg plus important remplaçant l'ancien petit village fut fondé, avec une charte octroyée par le Dauphin Jean II à la suite d'un éboulement de la montagne (massif de la Chartreuse).

La bataille de Voreppe

Voreppe, monument aux morts

En mai-juin 1940, après avoir envahi les deux-tiers du territoire français, les avant-gardes allemandes vont tenter de forcer le seuil de Voreppe à partir du 21 juin, mais elles sont contenues très énergiquement sur la route qui mène à Grenoble (environ à 12 km des portes de la ville).

Le 10 juin 1940, espérant satisfaire au moindre coût ses revendications territoriales sur une France submergée par les divisions allemandes, l'Italie entre en guerre. L’armée des Alpes résiste victorieusement et l'Artillerie du 14e Corps d'Armée inflige de lourdes pertes aux forces italiennes.

Partout elle leur interdit de déboucher et leur inflige une sévère défaite : sur un front de quatre cents kilomètres, en deux semaines d'affrontement, sous un temps parfois "hivernal", les vingt-quatre divisions italiennes de premier échelon et les huit divisions de soutien engagées dans l'attaque des positions de défenses françaises sont stoppées par les destructions opérées en avant de la position de résistance et par la mise en œuvre d'un système de défense cohérent, appuyé par de puissants feux d'artillerie.

Malgré une écrasante supériorité numérique, l'offensive italienne échouera ; les positions de résistance française ne seront franchies en aucun point du front ; les pertes italiennes seront estimées à 20 000 hommes dont 10 000 prisonniers et de nombreux matériels détruits.

Pour prendre l’armée des Alpes à revers, les divisions motorisées et blindées allemandes du 16e Corps occupent Lyon déclarée ville ouverte (par décision gouvernementale, sur la demande d'Édouard Herriot, maire de Lyon) dont les 10 ponts sont restés intacts, le 18 juin.

La première ligne de résistance de l’armée des Alpes, établie sur le Rhône entre Lyon et la Suisse, est alors impossible à tenir, et donc rapidement enfoncée par les troupes allemandes. Plusieurs unités de défense de la position abandonnée ne disposant pas de moyens de transports organiques, ne peuvent être évacuées et seront faits prisonniers.

Des milliers d'hommes, de nombreux matériels, armements, parcs et dépôts seront ainsi perdus. Le 20 juin, le haut commandement allemand communique son intention de faire jonction avec les Italiens à Chambéry et de s'emparer de Grenoble.

Une deuxième ligne de résistance française est donc à créer de toute pièce sur l'Isère, la défense en est confiée au général Cartier. On décide de tirer profit du rétrécissement naturel de la vallée de l'Isère au niveau précisément, de ce que les géographes appellent le seuil de Voreppe.

Le général René Olry Commandant de l’armée des Alpes excluant tout prélèvement d'effectifs et de matériels sur le front des Alpes, il faut donc récupérer tous les moyens possibles pour étayer le groupement du général Georges Cartier. On réussit à rassembler une vingtaine de bataillons avec des éléments épars de dépôts (coloniaux, aviateurs, marins...) de réservistes et d'éléments rescapés des combats du Nord-Est ; la marine de Toulon fournit des batteries de marine... Une petite armée improvisée d'environ 30 000 hommes est ainsi réunie en une semaine, il faut y rajouter environ 130 canons. Tout cela forme un ensemble fort disparate à valeur militaire incertaine et sans grande cohésion, bien peu capable d'affronter l'assaut d'une armée allemande aguerrie et disposant d'un matériel puissant.

Le IIème bataillon du 104e Régiment d'Artillerie Lourde Automobile peut se détacher du lot. Composé des restes des Ier et IIème groupes du régiment qui a été décimé au cours de la retraite des Flandres, il avait ramené ses pièces au travers des colonnes ennemies jusqu'à Dunkerque où il allait les détruire sur ordre. Poursuivant sa retraite, il s'était embarqué et avait gagné l'Angleterre pour être redébarqué à Brest. Traversant la France jusqu'à Lyon où il reçoit de nouvelles pièces de 105 long modèle 1936 Schneider (portée 17 500 mètres) destinées à l'armée roumaine (mais ces canons qui viennent d’être évacués du Creusot afin d'éviter qu'ils ne soient pris par les Allemands, sont nus, sans appareils de pointage ni accessoires, aucune munitions ne les accompagnent), il est réduit à 14 officiers et 175 hommes ayant déjà subi l'épreuve du feu.

À Valence il reçoit des canons de 155 GPF (canons de 155 mm à grande puissance Filloux, tracté par automobile, portée de 19 200 mètres) récupérés sur les quais de Toulon. Le général Olry met alors ce groupe aux ordres du XIVème Corps mais, redoutant la rupture du front de l'Isère, il l'affecte à la défense des cols alpestres à quelque 80 km de Grenoble, sur la prochaine ligne de défense programmée.

Le 22 juin au matin, une colonne de 150 chars de la 3e division de panzers, suivie d'éléments de la 7e division motorisée tente de forcer le seuil de Voreppe. C'est dans cette situation désespérée que le général Georges Marchand va s'avérer l'acteur principal de la défense en exploitant au mieux la topographie de la trouée de Voreppe pour verrouiller la poche de Grenoble.

Le général Georges Marchand, premier général français issu de l’Artillerie, commandait celle-ci au sein du XIVème Corps d’Armée.

Ayant pris connaissance de la déclaration des Allemands disant qu'ils n'occuperaient que le territoire français conquis par les armes, le 23 juin, il explique à son supérieur hiérarchique le général Beynet Commandant le XIVème Corps d'Armée, la manœuvre qu'il envisage et recueille son approbation : suppléer par un commando éclair de canons lourds (ceux du II/104 R.A.L.A.) à l'inexplicable absence de moyens d'artillerie lourde dont disposaient les faibles et disparates unités chargées de résister à la pénétration allemande dans la cluse de Voreppe.

Plus tard, il expose à ses officiers cette manœuvre risquée, en totale dépendance de la valeur des exécutants, de les faire descendre sur Voreppe pour livrer encore une bataille au moment où l'armistice allait être conclu. Il les convainc qu'en interdisant à l'ennemi de mettre pied dans les Alpes, des conséquences importantes seront évitées dans l'avenir, il recueille l'adhésion enthousiaste de tous les officiers et la compréhension des hommes rassemblés.

Un travail de préparation intense s'ensuit (reconnaissances des futures positions des pièces, topographie, liaisons téléphoniques...). Par une nuit noire et sous une pluie torrentielle, un groupe de canons lourds tractés, dirigés par le bouillonnant capitaine Charles-Azaïs de Vergeron, parcourt 80 kilomètres tous feux éteints par les routes de montagne en moins de huit heures. À trois heures du matin, le général Marchand retrouve le groupe de Vergeron au pont du Drac.

Le II/RALA avait été accueilli quelques instants auparavant par le chef d'escadron de réserve Marcel Crozet-Fourneyron (industriel et beau-frère du général), de l’état-major de l'Artillerie du XIV Corps d'Armée, arrivé au pont du Drac juste à temps pour empêcher le Génie de le faire sauter. Le groupe rejoint alors des emplacements minutieusement déterminés et profite de la fin de la nuit pour se mettre en place.

Le 24 juin, le 16e Corps blindé allemand se déploie devant les troupes françaises bien camouflées. Ignorant la présence des canons français de longue portée, les blindés de la 3e Panzer se rassemblent et s’apprêtent à forcer la trouée de Voreppe. Durant tout l'après-midi les canons français neutralisent toutes les colonnes de véhicules arrêtés (mitrailleuses, chars, camions), leur occasionnent des pertes sérieuses et les obligent à faire demi-tour. Ils prennent aussi à partie neuf batteries de mortiers et de canons allemands qui tirent sur Voreppe et Grenoble et leur imposent de cesser les tirs. Ils dispersent les rassemblements de chars et incendient un dépôt de carburant. Un terrain d'aviation au Sud-Est de Moirans qui grouille d'activités et sur lequel atterrissent déjà les premiers avions ennemis (12 avions de la Luftwaffe seront détruits), est rendu hors d'usage.

Jusqu'à la tombée de la nuit, l'artillerie reste maître du champ de bataille. Les pertes ont été évaluées à plusieurs centaines de tués côté allemand contre une dizaine côté français (avec malgré tout denombreux blessés). Elle interdit aux Allemands de briser la résistance de Voreppe avant l'armistice et sauve Grenoble de l'occupation.

Pendant que se déroule cette bataille de Voreppe, le général Marchand a aussi d'autres préoccupations puisque la 13e division d'infanterie motorisée allemande vient de franchir le Rhône à Culoz, elle pousse sur Chambéry de part et d'autre du lac du Bourget et s'empare d'Aix-les-Bains le 23 juin vers 18 h 00. Des renforts d'artillerie du 14e Corps d'Armée sont alors envoyés durant la nuit pour défendre la trouée de Viviers d'une part, pour renforcer à l'ouest de Chambéry le dispositif d'infanterie du Colonel de Bissy, commandant le secteur de Guiers du confluent du Rhône jusqu'aux Échelles d'autre part, et enfin pour se mettre à la disposition du Général Cartier sur Chambéry.

Ces troupes arrivent à temps pour bloquer l'infanterie allemande et matraquer toutes les unités ennemies s'aventurant entre le Rhône et le lac du Bourget jusqu'à l'entrée en vigueur de l'armistice et du cessez-le-feu le 25 juin à 0 h 35.

Dans cette bataille défensive contre le 16e Corps blindé allemand, l'artillerie du XIVème Corps d'Armée a joué un rôle décisif. En disloquant les attaques et les concentrations de l'adversaire, elle a permis aux fantassins du groupement Cartier de tenir fermement les positions. D'ailleurs le général Cartier complimentera (à sa manière) l'action du général Marchand en disant :

l'artillerie est entrée dans la bataille comme un cambrioleur.

Cette phrase surprenante voulait dire de façon imagée que les artilleurs, contre toute attente et dans la plus grande discrétion (de nuit), s'étaient introduits dans sa zone de responsabilité et l'avaient dépouillé de son unique préoccupation ; c'est-à-dire : arrêter l'ennemi allemand.

Pour sa clairvoyance, sa préparation minutieuse de la bataille, sa volonté farouche de vaincre et ses décisions énergiques, le général Marchand reçoit la citation suivante des mains du Général Beynet : « Officier général du plus grand mérite. Alors que le Corps d'Armée, attaqué à l'Est par les forces italiennes, s'est trouvé menacé sur ses arrières par des unités blindés allemandes, a su rapidement employer les unités d'artillerie disponibles. Après des reconnaissances personnelles, les a engagées dans des conditions telles que leur bon rendement a très largement contribué au maintien de l'intégrité des positions de défense assignés au Corps d'Armée. »

Cette citation lui attribue la Croix de Guerre avec étoile de vermeil.

On dira alors de lui, plus tard, qu'il avait par ces faits d'armes — génial mélange d'inspiration, de conception et d'exécution, sauvé l'honneur de l'Artillerie française et que la bataille de Voreppe était digne de figurer en exemple et d'être cité en exploit dans les anthologies d'artillerie : 26 divisions italiennes, 3 divisions blindées allemandes ont été tenues en échec. La Savoie et le Dauphiné sont restés inviolés par les armes.

Économie

Au cœur du parc économique Centr'Alp (l'espace économique du bassin d’emplois grenoblois, l’un des plus importants de la région Rhône-Alpes) se trouve le Centre de recherche de Voreppe (CRV) de Rio Tinto Alcan, une entreprise mondiale dans les domaines de la production d'aluminium et de l'emballage.

La commune abrite aussi le siège social de l'entreprise Pomagalski.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
  mars 2001 Michel Hannoun RPR Député
mars 2001 mars 2008 François Mathe DVD  
mars 2008 mars 2014 Jean Duchamp DVG  
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Lors des élections nationales de 2007, la commune s'équipe d'ordinateurs de vote malgré les réticences affichées par le ministère de l'intérieur et l'abandon de plusieurs villes dont l'utilisation est contestée par de certains citoyens[non neutre].

Par délibération du 27 avril 2009[9], le conseil municipal abandonne l'utilisation des ordinateurs de vote.

Municipales 2008

Listes présentées

Pour les élections municipales de mars 2008 plusieurs candidats se sont déclarés :

  • Mr Mathe (Maire sortant DVD)
  • Mr Duchamp (DVG) [10]
  • Mr Thillez (DVD) [11]
  • Mr Naegelan (DVD) [12]

La municipalité reconduit l'utilisation des ordinateurs de vote pour ces élections municipales 2008 malgré les réticences affichées par le ministère de l'intérieur et l'abandon de plusieurs villes (voir à ce sujet l'article sur le vote électronique pour une approche générale et le site[13] pour une mise en exergue des problèmes que soulèvent ces machines).[non neutre]

Résultats du premier tour

Les résultats officiels du premier tour sont disponibles sur le site du ministère de l'intérieur un tableau des résultats par quartiers est disponible ici sur le site de la ville de Voreppe.

  1. Voreppe Avenir, M. Duchamp (35,93%)
  2. Agir pour Voreppe, M. Naegelen (23,52%)
  3. Pour Voreppe, tout simplement, M. Mathé (20,83%)
  4. Voreppe Horizon 2008, M. Thilliez (19,72%)

Négociations entre les deux tours

  • Lundi 10 mars, à l'issue du premier tour, M. Mathé déclare se retirer au profit de sa colistière Mme Gérin. Le même jour, M. Thilliez présente à Mme Gérin un projet de fusion de leurs listes sous le nom "Le choix de Voreppe". Mme Gérin accepte de rejoindre la liste conduite par M. Thillier.
  • Mardi 11 mars, une réunion a lieu entre cette nouvelle équipe et la liste conduite par M. Naegelen pour discuter de la possibilité de fusion de ces trois listes rassemblant des personnes de sensibilités politiques similaires. À l'issue d'une discussion de près de trois heures le consensus s'oriente vers une liste composée d'un tiers de chacune des listes candidates et respectant l'ordre des résultats du premier tour. Cette tentative de rassemblement échoue cependant, M. Naegelen considérant qu'une telle liste ne lui permettrait pas d'avoir une majorité suffisante lors des conseils municipaux.

Résultats du second tour

D'après le site de la mairie, les résultats du second tour des élections municipales donnent la victoire à l'équipe de Jean Duchamp.

  1. Voreppe Avenir, M. Duchamp (45,45%, 22 sièges)
  2. Le choix de Voreppe, M. Thilliez (29,34%, 4 sièges)
  3. Agir pour Voreppe, M. Naegelen (25,22%, 3 sièges)

L'abstention moyenne du deuxième tour est d'environ 33%, le vote blanc représente un peu moins de 3% des suffrages exprimés.

Installation du maire

Le conseil municipal réuni le vendredi 21 mars a procédé à l'installation de Jean Duchamp en tant que maire de Voreppe par 22 voix (22 votes pour J. Duchamp et 7 bulletins blancs). Le nombre de huit adjoints a été proposé et adopté par le conseil municipal. Une liste de huit candidats a été présentée par la majorité. Cette liste a été soumise au vote du conseil et a été validée par 22 votes contre sept bulletins blancs ou nuls.

Démographie

Évolution démographique
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
3 617 4 785 5 995 7 970 8 446 9 231 9 615 9 655 9 696
Nombre retenu à partir de 1968 : Population sans doubles comptes

Lieux et monuments

Monuments religieux

L'église prieurale Saint-Didier
Tête sculptée, façade ouest
Autre tête sculptée, façade ouest

  • Le prieuré Saint-Didier

Fondé par l'abbaye Saint-Pierre de Vienne, l'existence du prieuré Saint-Didier est attestée par un document de 1109. Il ne reste de l'ensemble que l'église romane du XIIe siècle, qui servit d'église paroissiale jusqu'au XIXe siècle et la construction de la nouvelle église plus bas, au cœur du village. Les bâtiments réguliers du prieuré furent vendus comme biens nationaux en 1791. L'église est caractérisée par un plan basilical, composé d'une nef centrale et deux collatéraux étroits, couverts de voûtes en berceau en plein cintre avec arts doubleaux. La croisée du transept est couverte d'une coupole sur trompes, surmontée du clocher de plan carré, à quatre étages percés de baies et orné d'arcatures aveugles. Victime de sa position sur un sol instable, l'église a été agrandie et remaniée au XIXe siècle : le porche massif établi alors joue un rôle de soutien. L'église, entourée du cimetière, n'est plus ouverte au public et constitue une chapelle funéraire pour les tombeaux qui sont à l'intérieur, comme celui du peintre Alexandre Debelle.

  • L'église Saint-Didier (XIXe siècle)

Construite pour remplacer l'église romane de l'ancien prieuré, trop exiguë et excentrée, la nouvelle église fut bâtie sur l'emplacement d'un îlot de maisons. Entre 1870 et 1880, le peintre Alexandre Debelle, natif de Voreppe, offrit à l'église une décoration de peintures murales et les cartons des vitraux.

Monuments civils

Les ruelles médiévales de Voreppe ont servi de passage à Choderlos de Laclos, Stendhal, Stravinski, Liszt venus admirer l'église romane du XIe siècle, bordée par une admirable fontaine. On peut visiter les vestiges d'anciens remparts du XVIIe siècle.

Deux châteaux :

  • Le Château de Sièyes

La belle façade sur jardin de ce château a été construite au XVIIe siècle et s'ouvre sur les terrasses d'un parc à la française qui aurait été dessiné par Le Nôtre. Côté rue, deux pavillons de style Empire, édifiés au XIXe siècle, entourent une petite cour dont l'accès s'effectue par une grille en fer forgé protégée par d'intéressants chasse-roues en pierre cerclés de fer. La haute toiture en ardoise, surmontée de grosses cheminées en briques, domine le bourg. (Source Conseil général de l’Isère) Ce château est classé monument historique par arrêté du 6 juin 1980 (Façade, toiture, pavillons d'entrée, bibliothèque, grand salon, salon d'angle au sud est et rez-de-chaussée avec leur décor, la grande chambre au sud, la chambre jaune au sud et la chambre d'angle au sud est et leur décor). Décor en trompe-l'œil de la façade sur rue. Jardins à la française.

Le domaine a successivement appartenu à Léonard Cuchet, à sa fille Marie Cuchet, épouse de François des Alrics de Rousset, au fils de ceux-ci, Jean-François, marquis de Rousset, à la famille d'Armand de Forest de Blacons, à la famille de Vallier puis à celle de Plan de Sieyès de Veynes[14].

  • Le Château de Beauplan

Bâtiment du XVIIIe siècle

Une maison remarquable :

  • La Maison de Catherine Barde fut un ancien hospice dirigé dès 1684 par la fille de Denis Barde, notaire de la Communauté. Le bâtiment hospitalier date du XVIe et, après de multiples transformations, n'a conservé de ses origines qu'un escalier à vis. Catherine Barde géra l'établissement jusqu'à sa mort, en 1724. L'hospice a fermé ses portes en octobre 1990.

Personnalités liées à la commune

  • Jean-François Joseph Debelle (1767-1802), général des armées de la République (nom gravé sous l'Arc de Triomphe).
  • César Alexandre Debelle (1770-1826), général des armées de la République et de l'Empire.
  • Auguste Jean-Baptiste Debelle (1781-1831), général des armées de l'Empire.
Peinture murale d'Alexandre Debelle, église Saint-Didier (XIXe siècle)
Jean Achard par Henri Ding

Voreppe est la ville natale des peintres Jean Achard (1807-1884), Alexandre Debelle (1805-1897) et Jacques Gay. Le décor mural de l'église de Voreppe a été réalisé gracieusement par Debelle. La commune de Voreppe a également la chance de posséder les cartons préparatoires de ces peintures, cartons inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1986.

Honoré de Balzac a séjourné à Voreppe. L'un de ses romans, Le médecin de campagne évoque le Docteur Rome, médecin très charitable, qui ne faisait pas payer de consultations à ses patients pauvres. La tombe du Docteur Rome se trouve au cimetière de Voreppe.

L'écrivain et militaire Choderlos de Laclos vécut à Voreppe (château de Sieyès) et s'inspira des lieux pour écrire son plus célèbre roman : Les liaisons dangereuses. L'écrivain Stendhal découvrit plus tard que Madame de Montmaur, célèbre Voreppine, fut le modèle de Madame de Merteuil dans le roman de Choderlos de Laclos.

François-René de Chateaubriand y fait un séjour avec son épouse en 1804 avant de visiter la Grande Chartreuse (Mémoires d'Outre-Tombe)

On raconte que Stendhal venait à Voreppe (au Chevalon) pour faire le vin de noix de la Saint-Jean et que Berlioz venait au château Saint-Vincent (aujourd'hui chambres d'hôtes) pour y voir sa cousine.

Igor Stravinski, musicien russe, vécut quelque temps en tant qu'invité dans la villa de La Veronnière (cité dans Chronique de ma vie par Igor Stravinski). Aujourd'hui, cette villa est devenue la Médiathèque Stravinski.

Philippe Henri Joseph d'Anselme, né à Voreppe en 1864, général de division, s'est illustré durant la Première Guerre mondiale.

Le chanteur Michel Fugain a vécu une partie de sa jeunesse à Voreppe avec ses parents (père médecin à Voreppe).

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Notes et références

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud 1979. p. 728.
  2. Op. cité.
  3. Jürgen Udolph, Namenkundliche Studien zum Germanenproblem, Berlin, New-York, De Gruyter, 1994. p. 83.
  4. Das Apa-Problem, Louvain 1955
  5. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, éditions Picard 1981. p. 114 - 115
  6. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003.
  7. Op. cité.
  8. André Plank. L'origine du nom des communes du département de l'Isère. Bourg-d'Oisans : L'atelier, 2006. ISBN 2-84424-043-7
  9. Délibération du conseil municipal du 27 avril 2009
  10. Duchamp (DVG)
  11. Thillez (DVD)
  12. Naegelan (DVD)
  13. Voreppe Citoyen
  14. Jean Mourral, La famille Charvet dit Brandegaude, de Voreppe en Dauphiné, Fécamp, 1964, 2 volumes.



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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Voreppe de Wikipédia en français (auteurs)

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