Vladimir Horowitz


Vladimir Horowitz
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Vladimir Horowitz Володимир Горовіць, Владимир Горовиц
Vladimir Horowitz en 1930
Vladimir Horowitz en 1930

Surnom 'Satan au Clavier'
Nom de naissance Vladimir Samoïlovitch Horowitz
Naissance 1er octobre 1903
Berditchev, Ukraine, Flag of Russia.svg Empire russe
Décès 5 novembre 1989 (à 86 ans)
New York, Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale Pianiste
Années d'activité 1921 - 1989
Conjoint Wanda Toscanini, fille d'Arturo Toscanini
Descendants Sonia Horowitz

Vladimir Samoïlovitch Horowitz (en russe : Владимир Самойлович Горовиц, en ukrainien : Володимир Самійлович Горовиць), né à Berditchev en Ukraine le 1er octobre 1903 (certaines sources citent Kiev) et mort à New York le 5 novembre 1989, est un pianiste virtuose américain d'origine ukrainienne et juive.

Pianiste mythique, « roi des pianistes », Vladimir Horowitz fut admiré pour la puissance de son jeu pianistique et pour ses multiples prouesses techniques, par le public comme par les pianistes professionnels : Clara Haskil, qui le surnommait « Satan au clavier », Martha Argerich, Sviatoslav Richter, Arcadi Volodos, Valery Kuleshov, Arthur Rubinstein[1].

Il gagna la réputation de meilleur virtuose pour ses interprétations de Liszt, Chopin, Rachmaninov, Scriabine et Tchaïkovski. Soulignons aussi l'art d'Horowitz dans l'interprétation de la musique impressionniste (Liszt, Au bord d'une source par exemple ; Wagner Isoldes Liebestod arrangée pour piano par Liszt, un des derniers enregistrements d'Horowitz) mais aussi de la musique moderne : il créa de nombreuses sonates de Dmitri Kabalevski et de Prokofiev aux États-Unis (sixième, septième[2], huitième). Il fit aussi redécouvrir au monde musical des compositeurs tels que Muzio Clementi ou Domenico Scarlatti, en s'ingéniant à démontrer qu'ils furent des précurseurs du romantisme et de la musique de Beethoven.

Il mettait beaucoup de soin à composer ses récitals, et à choisir les quelques morceaux dignes d'être interprétés en concert ou en enregistrement. Comme conséquence, sa discographie est moins étendue qu'on aurait pu le souhaiter. Par exemple, il n'interpréta pas d'autre Rhapsodies hongroises de Liszt que les deuxième, sixième, treizième, quinzième (Marche de Rakoczy) et dix-neuvième (ces deux dernières, ainsi que la seconde, avec des arrangements personnels), ainsi que, dans les années 1930, la rhapsodie espagnole et le Premier concerto. Toutes ses interprétations étaient mûrement réfléchies : il ne jouait pas un compositeur tant qu'il n'en avait pas lu l'œuvre intégrale.

« L'ouragan des steppes » déplaçait des foules pour chacun de ses concerts où les places étaient chères et réservées très longtemps à l'avance. Son très étroit et complice rapport au public était constitutif de son grand charisme. Cependant, ses rares concerts étaient très appréciés du fait qu'il y réalisait ses meilleures interprétations, surpassant de loin tous les enregistrements programmés en studio. Horowitz arrivait à des performances incroyables devant des milliers de personnes, prenant de grands risques pianistiques devant lesquels reculent la quasi-totalité des pianistes en public, et créant une « réaction protoplasmique avec le public »[3].

Il interrompit volontairement sa carrière plusieurs fois, atteint par de profondes dépressions : 1936-1938 (avant son départ aux États-Unis) ; 1953-1965 ; 1969-1974 ; 1983-1985.

Sommaire

Biographie

Vladimir Horowitz nait le 1er octobre 1903, à Kiev. Il est le plus jeunes des quatre enfants de Samuel et Sofia Horowitz. Sa famille appartient à la bourgeoisie juive cultivée d'Ukraine, son père étant ingénieur en électricité et assurant la distribution en Ukraine de moteurs électriques allemands. Quoique né en 1903, Vladimir porte la date de naissance 1904 dans de nombreux documents : c'est le stratagème de son père pour lui éviter le service militaire qui aurait endommagé ses mains.

Horowitz apprend le piano dès son plus jeune âge, d'abord sous la férule de sa mère, qui était elle-même pianiste. En 1912, il entre au conservatoire de Kiev. Il y sera élève de Sergueï Tarnovski, Vladimir Puchalsky, et Felix Blumenfeld. En 1914, il rencontre Alexandre Scriabine

Son premier récital en solo a lieu à Kharkiv en 1920. En 1921, Horowitz donne son premier concert, à Kiev.

1922. Sortie du conservatoire de Kiev. Rencontre de Nathan Milstein.

1922-1925. Concerts dans le cadre du Bureau soviétique de concert.

1925. Départ d'URSS.

1926. En janvier, récital à Berlin (on le surnomme l'« ouragan des steppes ») et concert à Hambourg. En mars, récital à Paris.

1927. Embarquement pour les États-Unis, le 24 décembre.

1928. Concert à Londres. Débuts aux États-Unis avec Thomas Beecham (premier concerto de Tchaïkovski)[4]. Dans le public il y a notamment Rachmaninov, Lhévvine, Hoffman et Moïsewitch. Premiers enregistrements. Horowitz fait la connaissance de Sergueï Rachmaninov ; les deux pianistes deviennent rapidement très amis[5].

1932. Enregistrement de la Sonate pour piano de Liszt.

1933. Rencontre d'Arturo Toscanini et premier concert avec lui (Cinquième concerto de Beethoven). Il épouse Wanda Toscanini.

1936-1939. Première retraite hors du concert.

1939. Il se fixe à New York.

1946. Contrat d'exclusivité avec RCA.

1949. Création de la sonate en si bémol mineur de Samuel Barber.

1953. Récital à New-York, le 25 février, pour le 25 e anniversaire de ses débuts américains.

1953-1965. Deuxième retraite. Enregistrements à domicile.

1961. Fin du contrat RCA. Contrat CBS.

1965. Rentrée à Carnegie Hall, le 9 mai.

1965-1969. Une dizaine de récitals aux États-Unis.

1969-1974. Troisième interruption de carrière.

1973. Fin du contrat CBS. Contrat RCA.

1974-1985. Disques live.

1975. Sonia, sa fille unique, meurt à Genève.

1977. Récital à Carnegie Hall, « pour les Européens ».

1982. 2 Concerts à Londres.

1985. Passage chez Deutsche Grammophon. 2 Récitals à Paris, au théâtre des Champs-Élysées. Décoré Chevalier de la Légion d'Honneur Française et de l'Ordre du Mérite Italien.

1986. Retour en URSS. Concert à Moscou, au conservatoire Tchaïkovski, avec enregistrement DG. Médaille de la Liberté des Etats-Unis.

1987. Retour en Europe. Enregistrement du 23econcerto (en la majeur, K 488) de Mozart, avec Giulini. Concerts à Berlin, Hambourg, Amsterdam, Londres, Francfort. Concerts au Japon et aux États-Unis.

1989. Sortie du dernier disque DG, Horowitz at home. Il meurt chez lui, à New York, le 5 novembre, d’une crise cardiaque. Il est inhumé dans le tombeau de famille de Toscanini, à Milan.

Horowitz compositeur

Son goût pour l'écriture musicale se manifesta très tôt et le hanta toute sa vie. « Je suis un compositeur », disait-il souvent. Ainsi, il arrangeait de nombreux morceaux, qui sublimaient, musicalement et techniquement, les originaux, et la rareté de ses apparitions en public ne leur donnaient que plus de prix. Par exemple, les Rhapsodies hongroises déjà citées, ou son exceptionnelle réécriture de la Danse macabre de Camille Saint-Saëns arrangée pour piano par Liszt, celle de la Marche nuptiale de Mendelssohn, transcrite par Liszt, ou encore son impressionnante transcription de la marche américaine Stars And Stripes Forever, de John Philip Sousa, où l'on peut entendre par moment trois voix, voire quatre, complètement différentes à la fois. Plus subtilement par exemple de discrètes modifications de scherzos de Chopin, ou du finale de la polonaise héroïque, dont l'interprétation qu'il donna en bis à Berlin dans les années 1980 est un modèle d'interprétation horowitzien, mettant très bien en exergue le « bel canto » caractéristique de son jeu. Les Variations Carmen sur un thème de l'opéra de Bizet sont également particulièrement célèbres. La version jouée au Carnegie Hall en 1965 lors de son retour en concert depuis 1953[6] mérite d'être notée : un connaisseur entend les fautes, mais Horowitz y met tellement de couleurs, de soi-même, d'énergie, de volonté, etc., qu'on les lui pardonne et qu'on écoute bouche bée. Beaucoup de morceaux arrangés ou composés par Horowitz sont d'ailleurs repris actuellement par de jeunes pianistes, tels Arcadi Volodos[7] ou Valeri Koulechov[8]. Cette liste est non exhaustive : on peut ajouter ses paraphrases de Tableaux d'une exposition de Moussorgski.

Horowitz était conscient de la dérive théâtrale que des pièces aussi brillantes faisaient prendre aux récitals, se disant limiter volontairement, en « musicien sérieux », ce type de morceaux en bis, les qualifiant de « mints » dont on ne saurait abuser : « Après ce genre de morceau, le public oublie tout le concert. Ce n'est pas juste ! ».

Bibliographie

  • Glenn Plaskin, Horowitz, biographie de Vladimir Horowitz, trad. par Alain Malraux, Éditions Buchet-Chastel, 1985.

Notes

  1. C'est en entendant, lors d'un concert à Paris, son interprétation de deux études de Liszt d'après Paganini qu'Arthur Rubinstein comprit l'étendue du génie d'Horowitz et remit complètement en question son propre jeu.
  2. Anecdote. Il joua cette 7e sonate de Prokofiev au consulat soviétique de New York en janvier 1944, et envoya le premier exemplaire du disque à Prokofiev qui lui retourna un exemplaire signé de la partition sur lequel il écrivit « au pianiste prodigieux de la part du compositeur ».
  3. Extrait d'une interview dans une file d'attente où campaient les fans afin d'acheter des billets pour l'un de ses récitals au Carnegie Hall)
  4. Au Carnegie Hall, avec l’Orchestre Philharmonique de New York.
  5. Rachmaninov, lui-même pianiste virtuose, déclara au sujet de son Troisième concerto qu'il n'avait pas imaginé qu'on puisse le jouer aussi brillamment qu'Horowitz. Rachmaninov rétablit spécialement pour Horowitz, qui se fit une spécialité de son interprétation, sa Deuxième sonate qu'il avait simplifiée car il n'en dominait plus lui-même les difficultés techniques.
  6. [1]
  7. Variations Carmen, Danse macabre de Saint-Saens, Marche de Rakoczy
  8. Hommage à Horowitz, virtuoso transcriptions for piano, chez BIS.

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