Tarik Ramadan


Tarik Ramadan

Tariq Ramadan

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ramadan (homonymie).
Tariq Ramadan (à droite) tenant une conférence à Oxford

Tariq Ramadan est un intellectuel et universitaire suisse d'origine égyptienne né le 26 août 1962 à Genève. Son œuvre s'articule sur une réflexion philosophique et politique influencée par la religion musulmane.

Sommaire

Biographie

En 1949, Hassan el-Banna, le grand-père de Tariq, pourchassé sur ordre du roi égyptien Farouk est assassiné pour ses activités politiques. En 1954, Wafa el-Banna, la mère de Tariq, part se réfugier en Suisse avec son mari Saïd Ramadan. Ils trouvent refuge à Genève, où ils élèvent leurs enfants Tariq et Hani.

Tariq Ramadan est né à Genève en 1962. Il a étudié la philosophie à l'université de Genève. Après sa thèse de doctorat sur Nietzsche[1], il obtient une licence ès lettres en philosophie et littérature française. En 1988, il obtient le poste de doyen du Collège de Genève.

Puis, Tariq Ramadan étudie les sciences islamiques à l’université islamique d’al-Azhar au Caire entre 1992 et 1993.

À partir de 1994, il vient en France et y donne des conférences. Proche de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), il participe chaque année à ses congrès. Il signe l'Appel des indigènes de la république, qui dénonce la France comme un État n'assumant pas son passé colonial.

En Suisse, il enseigne au collège de Saussure à Genève.17juin2009[réf. nécessaire] Il est également chargé de cours d'islamologie à l'université de Fribourg de 1996 à 2003.

L'université catholique de Notre-Dame à South Bend dans l'Indiana lui offre au début de l'année 2004 une chaire d'un an financée par le Joan B. Kroc Institute pour enseigner sur « les relations entre les religions, les conflits et la promotion de la paix »[2]. En août de la même année, le gouvernement américain lui refuse un visa de travail sans fournir d'explication, arguant que le Patriot Act autorise l'Etat à prendre des mesure sur simple soupçon d'activité terroriste. À la suite de ce refus, de nombreux intellectuels américains, tels Noam Chomsky ou Edward Saïd, signent une pétition pour dénoncer cette entrave à la liberté académique. Le 17 juillet 2009, une cour d'appel de Manhattan donne raison à Tariq Ramadan sur cette affaire en estimant que les accusations portées à l'endroit du plaignant sont non-fondées[3].

Pendant l'été 2005, Tariq Ramadan obtient une invitation de visiting scholar à l'université d'Oxford et est invité à participer à un groupe de réflexion fondé par Tony Blair sur le problème de l'islamisme au Royaume-Uni, suite aux attentats survenus à Londres le 7 juillet de la même année.

En novembre 2006, le magazine EuropeanVoice lui a remis le prix d'Européen de l'année dans la catégorie des personnalités n’étant pas citoyens d'un pays membre de l'Union Européenne[4].

En mai 2008, il a été l'invité vedette du rassemblement annuel de l'UOIF à l'aéroport du Bourget.

Tariq Ramadan est marié et père de quatre enfants. Son épouse est française et convertie à l'Islam depuis leur mariage. Hani Ramadan, le frère de Tariq Ramadan réside à Genève où il enseigne le français et dirige le Centre islamique de Genève.

Opinions

Tariq Ramadan se fait connaître en France en 1994, après la publication d'un ouvrage intitulé Les musulmans dans la laïcité. Il plaide pour que les musulmans vivant en Occident ne se considèrent plus comme des étrangers, ou comme des résidents temporaires mais comme des citoyens à part entière. Selon lui, ce changement de mentalité doit éviter toute aliénation : il réclame le droit d'« être musulman européen » (titre d'un autre de ses livres), demandant aux parents immigrés de ne pas confondre culture et religion. Dans son livre «Peut-on vivre avec l'islam» il dit que le musulman ne se définit pas par ses croyances mais par ses pratiques, et que la pratique régulière, et en toute légalité, des rites islamiques en europe, est à l'origine de tensions sociales parce qu'elle est ressentie comme un refus d'intégration plutôt que le contraire - contraire qui est l'auto-détermination en tant que musulman européen. Il considère que les musulmans devraient être des citoyens actifs, et agir contre l'injustice dans le cadre des différentes associations (syndicats, parents d'élève etc). Il ressent une sympathie avec certaines des analyses de Karl Marx (« Je n'arrête pas de dire qu'on a trop vite fait d'enterrer Marx »[5]).

Ramadan déclare ne voir aucun conflit entre « être musulman » et « être un citoyen à part entière » dans les pays occidentaux. Il préconise aussi que les intellectuels musulmans occidentaux soient versés dans les manières occidentales, et non uniquement dans des études religieuses provenant de pays musulmans.

Tariq Ramadan enseigne un respect du Coran, lui-même entendu selon une lecture qui d'abord respecte la tradition et son sens fondamental, pour la distinguer d'une autre lecture, rationaliste, et qui pourrait s'accorder avec la tradition du rationalisme occidental et chercherait à s'accorder avec celle-ci. Pour lui le plus important, c'est l'effort d'interprétation - Ijtihad - que doivent accomplir les musulmans, ne pas avoir une lecture du Coran littéral, mais au contraire, prendre compte du contexte historique et actuel des lois et traditions islamiques.[6] En effet, il déclare par exemple, en novembre 2003 sur la radio Beur FM : « Il y a la tendance réformiste rationaliste et la tendance salafie au sens où le salafisme essaie de rester fidèle aux fondements. Je suis de cette tendance-là, c'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de principes qui sont pour moi fondamentaux, que je ne veux pas trahir en tant que musulman.»

Dans son livre Les Musulmans dans la laïcité (éd. Tawhid), il écrit : « Un musulman, résident ou citoyen, doit se considérer sous l'effet d'un contrat à la fois moral et social avec le pays où il séjourne. En d'autres termes, il se doit d'en respecter les lois. » Il est notamment critiqué par la journaliste et essayiste Caroline Fourest qui, dans son ouvrage Frère Tariq, rapporte que Tariq Ramadan, dans une cassette intitulée Vivre en Occident, estime qu'un musulman doit observer les lois du pays où il habite seulement dans la mesure où celles-ci ne s'opposent pas à un principe de l'islam. Tariq Ramadan soutient à ce sujet qu'il précise ultérieurement, dans la même cassette, que c'est le cas des démocraties occidentales.

Tariq Ramadan considère que le Hamas ne devrait pas être qualifié d'organisation terroriste par l'Union Européenne. Au printemps 2009, il a signé la pétition de la Belge Nadine Rosa-Rosso intitulé : "Appel pour le retrait du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes." [7]. Pour résoudre le conflit israélo-palestinien, Tariq Ramadan s'est déclaré personnellement en faveur non de la solution dite de "deux Etats pour deux peuples", mais en faveur « d'un seul État, dans lequel tout le monde vit ». (article Nord Eclair, 08 janvier 2009) [8].

Controverses liées à ses travaux

Ses écrits et déclarations sont très soigneusement observés. Tariq Ramadan est entre autres vivement critiqué par des intellectuels et hommes politiques français et organisations de droite comme de gauche. Lui sont reprochés un "double langage", des ambiguïtés -notamment sur les droits des femmes- qui masqueraient son fondamentalisme, ou des propos antisémites (cf polémique sur les "nouveaux intellectuels communautaires"). Ses critiques vont de l'extrême-gauche à la droite : Lutte ouvrière, Bernard Cassen (Attac), Max Gallo, Manuel Valls (élu PS), Alexandre del Valle (UMP), des organisations féministes comme Pro-choix, etc.

Tariq Ramadan est défendu par d'autres personnalités, comme Vincent Geisser, Alain Gresh, l'abbé Pierre ou François Burgat[7] qui estiment qu'il n'est ni sexiste, ni antisémite, ni islamiste. Le journaliste Ian Hamel dans un article paru sur le site oumma.com estime en janvier 2005 qu'il existe en France une campagne anti-Ramadan[8]. Il explique également : « J'ai interrogé des spécialistes des services secrets français, des hauts fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, ils sont tous unanimes pour dire que Tariq Ramadan n'est pas Frère musulman, encore moins leur grand chef pour l'Europe. » Cela n'a pas empêché Tariq Ramadan de critiquer vivement la biographie que Ian Hamel lui avait consacré, reprochant notamment au journaliste de qualifier les frères musulmans « d'idéologie totalitaire ». Tariq Ramadan est un interlocuteur régulier des autorités britanniques ou néerlandaises.

Accusation de double discours

Tariq Ramadan est rapidement devenu un penseur musulman populaire parmi les jeunes musulmans, où ses discours sont diffusés sous la forme de cassettes audio et DVD. Il prône la stricte observance du Coran et des hadiths[réf. nécessaire], tout en voulant concilier l'appartenance musulmane avec la vie commune et les lois des sociétés européennes. Il est critiqué sur ce point dans l'article de Leila Babès « L’identité islamique européenne d’après Tariq Ramadan »[9], ainsi que par Ni putes ni soumises en réponse à Tariq Ramadan qui les avait prises à partie[10].

Tariq Ramadan est accusé par Caroline Fourest, ainsi que notamment Soheib Bencheikh, Antoine Sfeir et Mohamed Sifaoui, d'être un « maître du double langage » déclarant une chose au public non musulman et une autre au public musulman[11] ce qui a fait réagir des commentateurs[12].

Caroline Fourest a publié en octobre 2004 Frère Tariq aux éditions Grasset (426 p et 600 notes)[13]. Elle y analyse, en détails, la vingtaine d'ouvrages écrits par Tariq Ramadan, ainsi que la plupart de ses conférences enregistrées sous forme de cassettes. Elle affirme que la pensée de Tariq Ramadan est fondamentalement plus intégriste que réformiste. Un extrait de ces cassettes est en ligne sur son blog pour que chacun puisse juger. Tariq Ramadan a répondu[14] que Caroline Fourest interprétait librement ses discours en les sortant de leur contexte. Il estime également que l’ouvrage de Caroline Fourest comporte un certain nombre de contre-vérités. Caroline Fourest explique que Tariq Ramadan déforme ses propres reproches, pour pouvoir les contrer.</ref> Mensonges et dérobades de Tariq Ramadan, [9]</ref>

Par exemple, elle n'a jamais écrit que Tariq Ramadan était pour l'excision, contre le cinéma ou qu'il était intervenu directement pour faire interdire une pièce de Voltaire en 1993. Reproches que Tariq Ramadan lui attribue pour la discréditer. Elle a écrit, au contraire, qu'il était contre l'excision (qui n'est pas islmaique, "Frère Tariq", p. 155), qu'il souhaitait une "culture islamique alternative" et invitait ses fidèles à trier parmi les films ceux qui étaient corrects du point de vue islamiques et ceux qui ne l'étaient pas, et elle démontrait (articles de la presse Suisse à l'appui) que Tariq Ramadan était intervenu dans le débat public pour contre le fait de jouer la pièce de Voltaire.</ref>Tariq Ramadan ment sur la pièce de Voltaire, [10]</ref>

Lors d'un procès qu'il perdit contre Antoine Sfeir, érudit libanais et directeur des Cahiers de l'Orient, il apparut que celui-ci le considérait comme un islamiste dangereux, militant contre l'intégration, un « fondamentaliste charmeur », un « spécialiste du double langage », ce que vinrent appuyer d'autres témoins, parmi lesquels le journaliste Mohammed Sifaoui - qui vint dire à la barre : « ce que dit Antoine Sfeir est en-deçà de la réalité ». Antoine Sfeir a gagné son procès.

Aux accusations de double discours Tariq Ramadan répond qu’il est confronté à un auditoire varié et que de par cette diversité (musulmans, non-musulmans, acteurs sociaux, étudiants…) ses propos restent inchangés mais son langage et ses références sont adaptés à son public ou interlocuteur. Il explique que certains de ces accusateurs, s’en tiennent qu’à l’énoncé littéral des sources qu’il cite, pour analyser sa pensée, sans prendre en compte son avis sur ces mêmes sources. Enfin, il estime qu’un certain nombre de personnes sont convaincues de l’hermétisme de l’islam religion archaïque et violente, et par conséquent sont rétives à toutes notions d’un islam ouvert[15].

Samedi 28 septembre, dans l'émission "On n'est pas couché" de Laurent Ruquier, Tariq Ramadan a vivement mis en cause Caroline Fourest. Sur son blog, la journaliste a répondu point par point : en expliquant que Tariq Ramadan avait menti cinq fois au cours de cette émission, y compris à son sujet et au sujet de son livre[16] : Tariq Ramadan prétend que j’ai déformé ses propos sur l’homosexualité en vue de lui donner un sens opposé à ses idées. C’est totalement faux. En lisant l’intégralité du passage en question, vous rendrez compte que, loin de désapprouver la position des fondamentalistes homophobes, Ramadan se contente de ne pas approuver le fait que l’on aille jusqu’à traiter les homosexuels de « malades »… tout en considérant l’homosexualité comme un déséquilibre à combattre". [17]

Critique des "nouveaux intellectuels communautaires" et accusation d'antisémitisme

Ramadan a entretenu des liens avec le mouvement altermondialiste. Invité au FSE de Paris (Forum social européen) en 2003, il publie sur le forum de discussion du FSE un texte polémique, qui fait naître l'accusation d'antisémitisme portée contre lui. Ce texte, Critiques des (nouveaux) intellectuels communautaires [18], avait dans un premier temps été envoyé aux quotidiens Le Monde et Libération, qui en avaient refusé la publication. Ramadan y affirme que plusieurs intellectuels juifs (comme Alexandre Adler, Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann ou Bernard Kouchner) ne seraient plus des intellectuels universalistes défendant les droits de l'homme universels, mais développeraient des analyses communautaristes, dictées uniquement par le soutien à Israël (« On perçoit clairement que leur positionnement politique répond à des logiques communautaires, en tant que juifs, ou nationalistes, en tant que défenseurs d’Israël »). Ce soutien les aurait amenés à soutenir la guerre d'Irak, conçue par le « sioniste notoire » Paul Wolfowitz. Établissant une équivalence entre terrorisme islamiste et politique d'Israël, il écrit : «S’il faut exiger des intellectuels et acteurs arabes et musulmans qu’ils condamnent, au nom du droit et des valeurs universelles communes, le terrorisme, la violence, l’antisémitisme et les États musulmans dictatoriaux de l’Arabie saoudite au Pakistan ; on n’en doit pas moins attendre des intellectuels juifs qu’ils dénoncent de façon claire la politique répressive de l’État d’Israël. »

Cette dénonciation d'intellectuels, sa forme, la globalisation de ses critiques (Pierre-André Taguieff et Bernard Kouchner désignés, à tort, comme intellectuels juifs), ce qu'il attribue à chacune des personnalités citées (Bernard-Henri Lévy, par exemple, n'avait aucunement soutenu la guerre d'Irak), lui ont valu des réponses critiques de plusieurs intellectuels et éditorialistes, dont Alain Finkielkraut[19] ou Bernard-Henri Lévy[20]; Lévy lui reproche notamment de tenir des « énoncés antisémites » et invite les mouvements altermondialistes à prendre leur distance avec lui. André Glucksmann répond dans l'article «Une obsession antisémite »[21]. Toujours dans le Nouvel Observateur, trois responsables du PS, Manuel Valls, Vincent Peillon et Jean-Luc Mélenchon demandent -en vain- l'exclusion de Tariq Ramadan du Forum social européen[22].

Dans la polémique, Tariq Ramadan a également trouvé des défenseurs, dont José Bové, le journaliste Daniel Mermet ou Noël Mamère [23], ou le directeur de rédaction de l'hebdomadaire de la gauche radicale Denis Sieffert, qui reprenait à son compte une partie de ses arguments:

« Mais que dit Ramadan de si extraordinaire ? Il accuse certains intellectuels « juifs français », ou « nationalistes », « de développer des analyses de plus en plus orientées par un souci communautaire qui tend à relativiser la défense des principes universels d’égalité ou de justice ». Il leur reproche une indignation sélective. Or, c'est un fait que l'on n'a pas souvenir d’avoir beaucoup entendu Finkielkraut, Adler, BHL ou encore Taguieff condamner la politique de répression de Sharon.  »

Tariq Ramadan expliquera dans son entretien avec le journaliste Aziz Zemouri, que si le journal Le Monde et Libération ont refusé le texte, les deux journaux n'ont pas invoqué le caractère antisémite. [24]

Licenciement de son poste de consultant aux Pays bas

En 2007, l’université de Leyde, aux Pays-Bas lui propose d'occuper la chaire d’islamologie. Tariq Ramadan finit par refuser ce poste tout en affirmant que sa décision n'a aucun lien avec les protestations relayées par les médias[25]. La même année il est embauché comme consultant sur les questions d'intégration par la mairie de Rotterdam et comme professeur invité par l'université de cette ville. Les deux institutions le renvoient en août 2009 en raison de sa participation aux programmes de Press TV, la chaine de télévision financée par le régime iranien[26]. Ramadan accuse en réponse ses détracteur néerlandais de se servir de son cas à des fins électorales[27]. Un certain nombre de fonctionnaires de l’Université Erasmus ont protesté contre la façon dont l’université a uni ses forces avec la municipalité de Rotterdam pour renvoyer Tariq Ramadan : selon eux il s’agit d’une atteinte à la liberté académique[28]. Son poste avait déjà été menacé une première fois en avril 2009 lorsque un média néerlandais lui avait attribué de faux propos homophobes et sexistes. Après enquête, la mairie de Rotterdam lui avait renouvelé sa confiance. Dans un communiqué cosigné par plusieurs professeurs et chercheurs, il est dit que « L’Université doit représenter le raisonnement objectif même lorsque les émotions sont vives. Un débat s’impose et non un licenciement» affirmant que « Ramadan est un homme qui croit dans un débat ouvert et constructif en toutes circonstances » et rappelant que « Le programme [mise en cause] ne fait aucune propagande en faveur du régime d’Ahmadinejad ; Ramadan a d’ailleurs condamné la politique de répression de ce gouvernement. »[29]. Les universitaires Paul Aarts, Michiel Leezenberg, Annelies Moors et Ruud Peters de l’Université d’Amsterdam (UvA) souhaitent avoir M.Ramadan comme professeur invité, pour eux « Ce serait un honneur pour l’Université d’Amsterdam si Tariq Ramadan était le bienvenu ici. Ainsi, nous montrerions clairement que l’UvA ne s’associe pas à la campagne diffamante contre les musulmans qui considèrent que l’islam est important pour eux également au-delà de la sphère privée »[30] [31]

Sa pensée

Sur l'antisémitisme

Dans la tribune du Monde du 24 décembre 2001, Tariq Ramadan écrit :

« Des propos malveillants, des "À bas les juifs !" fusant dans certaines manifestations, voire des exactions contre les synagogues, ont pu être enregistrés dans différentes villes de France. Plus généralement, on a pu entendre ici et là des propos ambigus sur les juifs, leur pouvoir occulte, leur rôle insidieux dans les médias, leur sombre stratégie... Après le 11 septembre 2001, les fausses rumeurs sur les 4 000 juifs qui ne se seraient pas présentés à leur poste le matin des attaques contre les World Trade Center ont été relayées jusque dans les banlieues (...). Les musulmans, au nom de leur conscience et de leur foi, se doivent de prendre une position claire en refusant qu'une atmosphère délétère s'installe en France. Rien dans l'islam ne peut légitimer la xénophobie et le rejet d'un être humain par le seul fait de sa religion ou de son appartenance. Ce qu'il faut dire avec force et détermination, c'est que l'antisémitisme est inacceptable et indéfendable. Le message de l'islam impose le respect de la religion et de la spiritualité juives, considérées comme la noble expression des "gens du Livre".»[32].

Sur la loi sur les signes religieux

Sur la laïcité, Tariq Ramadan déclare que: « Ma pensée a évolué. Je considère que la loi de 1905 convient parfaitement à l'intégration de l'islam. Il suffit de l'appliquer de manière simple et égalitaire

Peu après, Tariq Ramadan intervient dans les débats concernant la loi française sur les signes religieux : avant le vote de ladite loi, il engage ceux qui le suivent à s'opposer à cette loi, au nom de l'islamophobie supposée de celle-ci. Dans un texte paru sur oumma.com[33], il déclare : « La lutte que nous sommes en train d’entamer sera longue et elle exige une vision claire des enjeux globaux présents et futurs. (…) il faut se lever aujourd’hui et s’opposer à ce projet de loi discriminatoire et insensé ».

Au moment où ce débat a lieu dans le pays est organisée une rencontre télévisée entre lui et le ministre de l'Intérieur - à l'époque, Nicolas Sarkozy - lors de l'émission 100 Minutes pour convaincre. Sur le thème du voile islamique à l'école, lorsque Nicolas Sarkozy lui demande s'il peut demander que les élèves musulmanes portent seulement un signe discret d'appartenance, Tariq Ramadan répond « elles peuvent enlever le voile » ; alors que Sarkozy le coupe en demandant « on peut, ou on doit ? », T. Ramadan de répondre que le point de vue de Nicolas Sarkozy "ne correspond pas à la loi de 1905" ni à l'arrêt du Conseil d'Etat de 1989 [34].

Sur les châtiments corporels

Sur le thème de la lapidation, il affirme : « Je demande un moratoire pour qu'on cesse l'application de ces peines-là dans le monde musulman. Ce qui compte, c'est de faire évoluer les mentalités. Il faut un discours pédagogique. » Il le rappelle en 2007, dans un débat avec Philippe de Villiers, dans l'émission française Ripostes. Tariq Ramadan condamne les lapidations dans cette même émission et déclare : « La position qui est la mienne aujourd'hui, c'est de faire en sorte que dans le monde musulman, on puisse cesser cela tout de suite .» A l'occasion de la même émission et pour être plus précis encore, c'est contre tous les chatiments corporels que Tariq Ramadan s'est opposé à savoir donc la lapidation contre les femmes, mais aussi contre les hommes; contre la peine de mort et contre la torture.

Sur l’homosexualité

Sur l’homosexualité, Tariq Ramadan rappelle qu’au même titre que les autres religions ainsi que de la pensée freudienne (qui parle de « perversion », de « contre nature », d’« expression d’un déséquilibre ») l’islam condamne l’homosexualité. Cependant pour M. Ramadan « on peut être en désaccord avec le comportement d’une personne (sur le plan public ou privé) mais respecter la personne en tant qu’être. » « Une personne qui prononce l’attestation de foi islamique devient musulmane et si, par ailleurs, elle pratique l’homosexualité, il n’appartient à personne de la sortir de l’islam. Un comportement considéré comme répréhensible par les règles morales ne suffit pas à excommunier un individu. »[35]

Sur le mariage mixte

Sur le mariage mixte, Tariq Ramadan rappelle qu’il existe deux dimensions : le mariage entre deux personnes de religions différentes et l’union de deux cultures différentes. Tariq Ramadan rappelle l’unanimité des savants musulmans sur la première dimension, le musulman peut se marier avec une juive ou une chrétienne et la musulmane ne peut se marier qu'avec un musulman. Néanmoins, il ajoute que les musulmans ne doivent en aucun cas frapper d’ostracisme une femme musulmane qui se marie avec un non-musulman « elles sont et demeurent musulmanes et il n’y a lieu ni de les condamner ni de les juger ». Quant à l’union de deux cultures différentes Tariq Ramadan rappelle la difficulté de construire un couple à travers des cultures différentes et appelle à la prudence et au discernement « chacun est en droit de faire librement ces choix et ceux-ci doivent être respectés. »[36]

Publications

  • (fr) Mon intime conviction, Ed. Presses du Châtelet (ISBN 9782845922907)
  • (fr) L'autre en nous pour une philosophie du pluralisme , Ed. Presses du Châtelet (ISBN 2845922825 )
  • (fr) Islam, la réforme radicale, éthique et libération , Ed. Presses du Châtelet (ISBN 9782845922662)
  • (fr) Muhammad, Vie du Prophète , Ed. Presses du Châtelet (ISBN 2845922019)
  • (fr) L'islam en questions , Ed. Actes Sud (ISBN 2742737626)
  • (fr) Le face à face des civilisations , Ed. Tawhid (ISBN 2848620498)
  • (fr) Peut-on vivre avec l'Islam ? , Ed. Favre Sa (ISBN 2828907848)
  • (fr) Le Coran : Nouvelle traduction française du sens de ses versets , Ed. Tawhid (ISBN 2848620854)
  • (fr) Les musulmans d'occident et l'avenir de l'islam , Ed. Sindbad (ISBN 2742740058)
  • (fr) Musulman d'occident : Construire et Contribuer Ed.Tawhid (ISBN 2848620455)
  • (fr) Dar ash-shahada : L'Occident, espace du témoignage Ed.Tawhid (ISBN 2848620471)
  • (fr) La foi, la Voie et la résistance , Ed. Tawhid (ISBN 2848620463)
  • (fr) Le Saint Coran Ed.Tawhid (ISBN 284862003X)
  • (fr) Jihâd, violence, guerre et paix en Islam , Ed. Tawhid (ISBN 284862048X)
  • (fr) Aux Sources du renouveau musulman , Ed. Tawhid (ISBN 2909087972)
  • (fr) La Foi, la voie et la résistance , Ed. Tawhid (ISBN 2909087824)
  • (fr) Entre l'Homme et son Cœur... , Ed. Tawhid (ISBN 2909087670)
  • (fr) Islam : Le face à face des civilisations - Quel projet pour quelle modernité ? , Ed. Tawhid (ISBN 2909087581)
  • (fr) Peut-on vivre avec l'Islam en France et en Europe , Ed. Favre (ISBN 2828906264)
  • (fr) La Vie du dernier Prophète , Ed. Tawhid (ISBN 2909087492)
  • (fr) Être musulman européen : Etude des sources islamiques à la lumière du contexte européen , Ed. Tawhid (ISBN 2909087433)
  • (fr) Les Musulmans dans la laïcité , Ed. Tawhid (ISBN 2909087379)
  • (fr) De l'Islam , Ed. Tawhid (ISBN 2909087808)
  • (fr) Mondialisation Résistances musulmanes , Ed. Tawhid (ISBN 2848620161)
  • (fr)L’Islam et les musulmans, grandeur et décadence , Ed. Al Bouraq (ISBN 284161008X)
  • (fr)La spiritualité, un défi pour notre société , Ed. Tawhid (ISBN 9782909087597)
  • (en) The Messenger , Ed. A.Lane (ISBN 0713999608)
  • (en) Western Muslims And the Future of Islam , Ed. Oxford University Press, USA (ISBN 0195183568)
  • (en) Islam, the West, and Challenges of Modernity , Ed. Islamic Foundation (ISBN 0860373118)
  • (en) To Be a European Muslim , Ed. Islamic Foundation (ISBN 0860373002)
  • (en) Muslims in France , Ed. Islamic Foundation (ISBN 0860372995)
  • (en) In the Footsteps of the Prophet: Lessons from the Life of Muhammad , Ed. Oxford University Press, USA (ISBN 0195308808)
  • (es) Reformismo Musulman, El - Desde Sus Origenes , Ed. Bellaterra (ISBN 8472901459)

Annexes

Bibliographie

  • Dictionnaire mondial de l'islamisme, ouvrage collectif, Plon, 2002, 438 p. (ISBN 2259197604)
  • La Croix, 29/01/2004.
  • Aziz Zemouri, Faut-il faire taire Tariq Ramadan ? (ISBN 2841876470)
  • Caroline Fourest, Frère Tariq : Discours, stratégie et méthode de Tariq Ramadan (ISBN 2246667917)[37]
  • Paul Landau, Le sabre et le coran, Tariq Ramadan et les frères musulmans à la conquête de l'Europe, 2005 (ISBN 2-268-05317-2)
  • Lionel Favrot, Tariq Ramadan dévoilé - hors-série de Lyon Mag'.
  • Jack-Alain Léger, Tartuffe fait Ramadan, Denoël, 2003.
  • Jack-Alain Léger, À contre Coran, éditions HC, collection « Hors de moi », mars 2004.

Liens externes

Notes et références

  1. Stcom.net
  2. La Croix, 29/01/2004.
  3. investigativeproject.org
  4. EuropeanVoice, les européens de l'année
  5. in Socialisme international, n°12, mars 2005 Orange.fr
  6. Conférence de Tariq Ramadan : « Réponses aux salafs »
  7. Source
  8. Article disponible en ligne à cette adresse
  9. Islam de France, n°8]
  10. Oumma.com
  11. Source
  12. « Pour Caroline Fourest et Antoine Sfeïr, un moratoire sur Tariq Ramadan est plus important qu’un moratoire sur la lapidation » par Karim Kettani sur oumma.com, 20 avril 2005.
  13. Frère Tariq, [1]
  14. voir sur Oumma.com
  15. Faut-il faire taire Tariq ramadan?, Aziz Zemouri, édition l'Archipel, p.  65-71
  16. Le dernier show de Tariq Ramadan chez Ruquier, [2]
  17. Tariq Ramadan déforme ses propres citations…, [3]
  18. Tariq Ramadan, « Critique des nouveaux intellectuels communautaires », 3 octobre 2003. Consulté le 30 juin 2008
  19. in Le Figaro, 31 octobre 2003.
  20. Le Point [4], Le Point.
  21. [5], le Nouvel Observateur.
  22. [6]
  23. Oumma.com
  24. Faut-il faire taire Tariq Ramadan? Aziz Zemouri, édition l'Archipel pp. 263-264
  25. Explications sur son site personnel
  26. Rotterdam rompt avec Tariq Ramadan, Le Figaro
  27. Lettre ouverte à mes détracteurs aux Pays Bas, site personnel de T. Ramadan
  28. Dutchnews.nl
  29. Tariqramadan.com
  30. Parool.nl
  31. Tariqramadan.com
  32. Propos rapporté dans Alain Gresh, Israël, Palestine. Vérités sur un conflit., Fayard, 2007, pp.40-41.
  33. Manifester pourquoi ?, 14 janvier 2004
  34. YouTube - Sarkozy contre Tariq Ramadan (2)
  35. Tariqramadan.com
  36. Faut-il faire taire Tariq Ramadan?, Aziz Zemouri, édition l'Archipel, p. 67 et 68
  37. Frère Tariq extraits exclusifs publiés dans L'Express
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